Volume 9

entretiens

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  1. Jean-François Lamarque, parlons du réchauffement de la planète.
  2. Miguel Bonneyfoy : de l’exil au voyage
  3. Patricia Mosele, la phonétique française, histoire d’u et d’ou.
  4. Philippe Alexandre : gros plan sur les fans
  5. Frédéric Pichon, art – chitecture …
  6. Céline Trézéguet, archéologue urbain… gérer les époques
  7. Philippe Marsé, l’alliance française plus que la langue
  8. Kevin Bodkin rencontre Juliette Bourdier, parlons de Bruit de Moquette !
  9. Carmen Grace, le plaisir d’enseigner
  10. Juliette Bourdier, le problème sur une péniche : c’est la rouille !
  11. Chris Braider, parlons journalisme
  12. Mark Knowles, parlons langues !
  13. Benoit Guin, Anticipez : Amélie Company, une longueur avance
  14. Françoise Smith, Le lien entre l’obésité, les enfants et le diabète

 

Volume 8

mise en scènes

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  1. « Les Chats » et l’importance du choix des mots
  2. Les larmes de Bernardin dans “Paul et Virginie”
  3. L’émotion inhérente chez Molière
  4. La Beauté chez Molière
  5. Le Pouvoir du Scepticisme chez Molière
  6. En Tombant
  7. La Place Corps Saint
  8. On n’est jamais près de la mort
  9. Le Paris d’Haussmann (1853-1870) : un portrait.
  10. Francis-Alfred Moerman : portrait d’un musicien

 

 

 

Volume 7

nord-sud

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  1. Underground Electro : Le culte acoustique Video - Jordan Crabtree
  2. L’âne et le frigo, L’héritage du griot (Dani Kouyaté, 1995) - Miriam Moran
  3. Aimé Césaire, armes miraculeuses - Marisa Ikert
  4. Dieudonné et ses objets dans “La belle créole” - Noëlle Butler
  5. Togo : Comment garder les élites au pays ? - Jared Shapiro
  6. Perspectives d’après la colonisation dans La Belle Créole - Tina Welsh
  7. Solibo, Un Christ martiniquais ? - Leda Zakarison
  8. Sexe, Drogues et Démons : Les Représentations de Vaudou aux États-Unis - Elizabeth Helen Van Horne
  9. Underground Electro : Le culte acoustique - Jordan Crabtree
  10. Mariama Bâ : Une féministe africaine proche des traditions - Bethany Rose Krueger
  11. Sensuel Erotique Xplicite : Le hip hop français - Rachael Camille Ryals
  12. Nord contre Sud : hip hop parisien et marseillais - Kevin Lanning Bodkin
  13. Gueulards : hip hop français, fonction sociale - Joseph Ali Chehouri

Volume 6

sociétés

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  1. Famille française : L’animal caméléon de la société
  2. La laïcité, pour promouvoir la paix et l’égalité entre les religions
  3. La laïcité, particularité à la française
  4. Le graff gagne sa place
  5. Vous ne pouvez pas vous marier ? Pacsez-vous !
  6. Post-it : C’est la guerre à Paris !
  7. Les djeuns parlent sms
  8. Il était une fois …le baiser de la lune
  9. Les Français coupent-ils la parole ?
  10. Insolite : holala ces Français !!
  11. Chacun son voyage !
  12. Une université qui a des ressources
  13. Culture Pub !
  14. French Kiss… Le goût de la France
  15. Religion : Paradoxe chez les Parisiens

Volume 5

septième art

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  1. Je suis mon héroïne, L’Idole
  2. Une Illusion d’amour : Idole de Masocco
  3. Le Mozart des pickpockets
  4. Rapt
  5. Cannes : festival dans la récession !
  6. Surfer une Nouvelle Vague
  7. Festival : regards féminins
  8. Il y a longtemps que je t’aime
  9. Incendies
  10. Pas de sport dans le Cinéma français !
  11. Festival de Cannes : Politiquement correct

 

 

 

Volume 4

l’amour du goût

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  1. Taxe sur le sucre : une taxe contre l’obésité ?
  2. Les arts de la table, chacun garde sa place !
  3. Un conte de Bulles : La légende Pérignon
  4. L’obésité en France : un problème social
  5. C’est plus que du pain, c’est du pain français !
  6. Le pays aux 3.000 vins !
  7. Vous avez dit Fromages ?
  8. MacDo : Venez comme vous êtes !
  9. McDo : croquez dans la mondialisation !
  10. Pouding chômeur : du riche pour les pauvres

Volume 3

écologies

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  1. Rien ne sert de courir il faut partir à point …et marcher !
  2. Le recyclage : préservons notre terre
  3. Parcours, découvrons une île
  4. Parcours, découvrons un village
  5. Guadeloupe, joyaux Menacés : La Beauté Disparaît
  6. Les OGM : Un sauveur dangereux ?
  7. Un bouchon pour la bonne cause
  8. Réserves : Un bijou caché
  9. José Bové : Éco-terroriste entre nous
  10. Paradoxe Nutritionnel OGM
  11. Voyage au cœur des Pyrénées : le Pays Basque français

Volume 2

parcours

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  1. L’esprit de Marseille : Le foot
  2. Le Football américain en France ?
  3. Plus qu’un refuge ! Le Montréal Souterrain
  4. Fashion night : haute couture pour tous
  5. Une péniche : Évasion ou gouffre financier ?
  6. Paris Plages – des plages urbaines ouvertes à tous !
  7. Le Parfum : Une Tradition Royale
  8. Une ville, une histoire
  9. Voyez la ville-lumière d’un ballon lumineux
  10. Parcours, découvrons l’art dans la cité
  11. Un héritage d’innovation : Chanel, Dior et Yves Saint Laurent
  12. Sainte Dentelle
  13. La Statue de la liberté : Le Cadeau devenu symbole

Volume 1

francophonies

  1. La France : un choix parfait pour les étudiants étrangers ? - Un billet d’Ashton Green La France : un choix parfait pour les étudiants étrangers ?   Étrangers dans les universités françaises Est-ce qu’il est vraiment nécessaire d’étudier ou de recevoir un diplôme dans votre pays de naissance ? Selon l’article, « Étudiants étrangers : La France demeure l’une des trois destinations préférées » (Le Monde. Eric Nunes. 19/02/16) les chiffres de … Continue reading La France : un choix parfait pour les étudiants étrangers ?
  2. Philippe Marsé, l’alliance française plus que la langue - Philippe Marsé est le directeur de l’alliance française à Denver. Il vient du sud de la France où il a aussi obtenu ses certificats de pédagogie. Avant qu’il ne vienne au Colorado, il a travaillé comme directeur de l’alliance française à Adelaïde (Australie Méridionale) 2007-2011. Il a aussi été professeur d’économie et de gestion, et … Continue reading Philippe Marsé, l’alliance française plus que la langue
  3. Tout savoir sur l’alliance française -  
  4. Cirque du Soleil : de l’atlhète à l’artiste - Le monde de la gymnastique est basé sur la compétition et des compétences particulières mais il offre rarement une carrière stable surtout sans diplôme universitaire. Il existe cependant une solution pour les plus doués: travailler pour le Cirque du Soleil. En 2011, 100 artistes ont été engagés, alors qu’il n’y a que six gymnastes dans … Continue reading Cirque du Soleil : de l’atlhète à l’artiste
  5. Carmen Grace, le plaisir d’enseigner - Madame Carmen Grace est     Quels conseils donneriez-vous aux élèves du département de français ici, à CU ? (en particulier à ceux qui souhaitent devenir Prof de français) C’est une excellent question et je dirais que la chose la plus importante à comprendre c’est qu’appr endre une langue c’est un marathon. Ce n’est pas … Continue reading Carmen Grace, le plaisir d’enseigner
  6. Mark Knowles, parlons langues ! - Interview de Mark Knowles, Directeur d’Altec à CU Boulder. Mark KNowles à un PhD en Français, et en SLATE (Second Language Acquisition and Teacher Education). Aujourd’hui j’ai la chance de parler avec Mark Knowles, qui est le directeur d’Altec. Voici sa mission présentée de ses propres mots. 1. Quelle est la mission d’Altec ? La mission … Continue reading Mark Knowles, parlons langues !
  7. Langue Française : Une fête pour tous - Chaque année, la langue française est fêtée partout dans le monde le 20 mars lors de la Journée internationale de la francophonie.  Une autre célébration de la langue et la culture francophones sont les Jeux de la francophonie, un rassemblement des nations parlant français autour de manifestations artistiques et sportives. La journée internationale de la … Continue reading Langue Française : Une fête pour tous
  8. « Le Créole : le français transformé » - La multitude des langues créoles dans la Francophonie exemplifie l’intégration du français dans plusieurs contextes culturels différents. En incorporant des éléments indigènes et des langues de pouvoir, les créoles témoignent de  l’adaptabilité du français et la diversité dans la Francophonie. En Louisiane, le Créole est vraiment le résultat d’un mélange de cultures. Le français est … Continue reading « Le Créole : le français transformé »
  9. L’élégance de la tradition. - La mode sénégalaise est devenue très connue dans le monde pour son élégance et son style toujours un peu traditionnel. Bien que les créations soient parfois outrancières, utilisant des couleurs vives et une certaine théâtralité, leurs racines sociales les distinguent des autres. Certains créateurs sénégalais sont très connus à Paris tel que Adama Paris, Eva … Continue reading L’élégance de la tradition.
  10. Alliance Française : vitrine, enseignement et diplomatie… - Quand vous cherchez un endroit où vous pouvez apprendre le français et la culture française, il n’y a pas de meilleure organisation que l’alliance française. Elle a donné la possibilité d’explorer ce monde aux gens qui n’ont pas la chance d’y aller. L’accessibilité aux langues à l’étranger promeut la curiosité d’une culture et de sa … Continue reading Alliance Française : vitrine, enseignement et diplomatie…
  11. Francophonie : Plus qu’une langue commune ! - Il y a plus de 220 million de personnes qui parlent français autour du monde pourtant « La Francophonie » est un terme qui est souvent mal compris. La définition donnée par la communauté est « le dispositif institutionnel qui organise les relations politiques et de coopération entre les États et gouvernements de l’OIF, ayant … Continue reading Francophonie : Plus qu’une langue commune !
  12. FLE : Quand l’étudiant devient prof - Le FLE, ou « Français Langue Étrangère », est la méthode avec laquelle la langue française est enseignée aux étudiants non francophones. C’est un système fantastique et efficace pour encourager l’étude de langue française. Le FLE s’adresse aux étudiants étrangers ou aux immigrants. Pour les gens qui veulent une expérience immersive, c’est une bonne idée d’aller en … Continue reading FLE : Quand l’étudiant devient prof

French Poetry Contest Rules

In collaboration with L’AMOPA, the Department of French, Francophone, and Italian Studies, and the Global Business Resource Center,
LibreMot is pleased to announce the LibreMot French Poetry Contest 2019-2020

Due to Coronavirus the deadline has been postponed to September 2020

at the College of Charleston, School of Languages, Cultures, and World Affairs.

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LibreMot French Poetry Contest 2019-2020

Deadline September 2020

Conditions

  • Any student of French is eligible to enter the contest.
  • The poem must be written in French.
  • Word count must be no shorter than 60 and no longer than 300 words. You may choose any style of poetry you wish (free verse, rhyming, sonnet, etc.) provided that it fits within these parameters.
  • The poem must be original and unpublished. If it has previously been posted online (on a personal blog or elsewhere), that classifies as published. You may seek the help of critique readers to refine your poem, but coauthored pieces are not permitted.

Submission

  • Entries must be submitted via our form (you cannot send your entry by email).
  • Each candidate must enter Name, First name, Title of the poem and email address, name of their institution of study.
  • Each candidate must select a category in which they want to compete.
    • Beginner (101-102 courses) or one or two years of French in school
    • Intermediate (201-202 courses) or three years of French in school
    • Confirmed (313-314 courses) or four or five years of French in school
    • Advanced (33x -38x -39x courses) five years at least of French in school
    • Expert (47x-49x courses)
  • Type your poem’s title before entering your poem, do not put your name anywhere on the poem (that information will be collected on the entry form). Use 12 pt. Times New Roman. Center and left alignment are both acceptable.
  • Entries can be text only or it can contain Images, graphics, or illustrations (use the media upload buttons if necessary).

Evaluation

  • Only one entry is allowed per person. Once a poem has been submitted, we will not accept edits or exchanges, so be sure to polish your work thoroughly and upload the correct document.
  • The finalists are subject to our editorial policy, and LibreMot.com will publish the winning poems but authors are free to reprint their pieces elsewhere.
  • Entries that contain objectionable content (such as gratuitous violence, profanity, or sex) will be disqualified.
  • Poems will be evaluated on the basis of rhythm/meter, theme, imagery, word choice, and originality. The review is blind and performed by our acting judges. We are eager to be captivated by your words!
  • Entries must be submitted by 11:59 p.m. EDT on September 25th, 2020. That gives you one month to craft a compelling poem, so find a subject that inspires you and get to work! Winners will be announced on October 25, 2020.
  • For each section, there will be 3 winners.
  • Winners will choose from the list prizes according to their ranking: e.g. first place, first choice.
  • We reserve the right to disqualify entrants for not following our criteria, and the judges’ decisions are final..

 

Have a question about the contest? Email Dr. Juliette Bourdier, bourdier@cofc.edu.

This contest is supported by

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Revue académique

La revue Libre mot a pour vocation de diffuser les articles des apprenants du français au niveau universitaire. À son orientation transdisciplinaire et transgéographique s’ajoute le souci d’une diversité des approches critiques et méthodologiques. Les numéros thématiques s’organisent autour d’une problématique comparatiste.

 

Les articles publiés présentent un caractère académique et des conclusions originales relatives à des questions liées aux littératures francophones, au cinéma francophones, aux sociétés francophones, à des cas d’études sociologiques francophones, des interviews d’auteurs ou de chercheurs francophones, ou aux thématiques des appels à publication spécifiques.  

Les articles retenus par la revue, rédigés en français uniquement, s’intéressent à la littérature, au cinéma, aux acteurs et aux processus socio-économiques, analysent les dynamiques de rapports de forces et d’asymétries des pouvoirs et des médias, soulignent la complexité des relations et des actions entre littérature et société, mettent en valeur des études empiriques et offrent, par leur approche critique, un contrepoint aux théories acquisent à l’université.

 

Le comité de rédaction choisit les thèmes des dossiers centraux, rédige les appels à contribution diffusés sur plusieurs plateformes. La sélection des contributions se déroule en deux temps : les propositions de communication donnent lieu à une première sélection par le comité de lecture, qui se réunit à nouveau lors de la réception des articles rédigés pour une lecture à l’aveugle.

Le comité scientifique, composé de chercheurs de différentes universités, est le garant de la spécificité disciplinaire de la revue et de la qualité des contributions. Il définit les orientations de la revue, lui assure une cohérence et un caractère proprement comparatiste et étudie avec soin les propositions de communication et les articles présélectionnés du dossier central. Il assure une seconde lecture des articles. Composé du comité de rédaction et de chercheurs de différentes universités, il regroupe des spécialistes de différents champs linguistiques et théoriques : cette diversité garantit la qualité scientifique des articles sélectionnés.

 

Rédacteur en Chef,

Juliette Bourdier, Université de Charleston

 

Comités Scientifiques

Juliette Bourdier, Université de Charleston,

Néné Diop, Colorado College, Colorado Spring, Colorado,

Jean-Christophe Reymond, Johns Hopkins University, Baltimore, Maryland,

Aïcha Ennaciri, University of Colorado, Boulder, Colorado,

Sarah Gray, The Taft School, Watertown, Connecticut,

Paola Scarpini, University of York,

Caroline Whiteman, Missouri Western University,

 

 

Format du document

Article à envoyer par email

Envoyez dans un email les trois documents attachés.

  • Article : article en français uniquement, format word (900-3.000 mots)
    • Word .doc ou .docx ;
    • LEBLANC Les choix de Béatric.docx
    • Your last name in Caps, the 20 first characteres of the title of your article.
    • entre 900 et 3.000 mots maximum (résumé non compris)
  • Résumé : format word (50 à 100 mots) en français et en anglais avec mots-clé
    • résumé en français et en anglais (moins de 100 mots sur un paragraphe par résumé = 200 mots maximum)
      2 abstracts of 100 words maximum, one in English and one in French
    • de quatre ou cinq mots-clés en français et en anglais.
      4-5 keywords in French and in English
  • Biographie : format word (100-200 mots). L’auteur indique ses coordonnées complètes (courriel, téléphone, adresse postale), son rattachement institutionnel, sa fonction et sa discipline et une courte biographie. Si le texte compte plusieurs auteurs, chaque auteur apporte ces renseignements sur le fichier joint.

Les règles générales

  • Police : Times new Roman 12
  • Interligne : double interligne
  • Titres
    • titre de l’article : gras centré, small caps, Times new Roman 12
    • sous-titres : gras aligné à gauche, Times new Roman 12
    • sous, sous-titres : gras aligné dans le texte, Times new Roman 12
  • Citations
    • bloc de citations, indent 0.49, Times new Roman 11.
    • courtes citations dans le texte entre guillemets.
  • Note de bas de page
    • uniquement pour les commentaires
    • notes de bas de page Times new Roman 11.

Citations 

  • si moins de deux ligne, la citation doit être intégrée dans le texte entre “….” guillemets.
  • si plus de deux lignes, la citation doit être mise en bloc, Times new roman 11.

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Bibliographie 

  • signalées dans le texte, entre parenthèses (nom de l’auteur, année)
    • Selon Maxime Leblanc, Molière aurait……. (Leblanc, 2018 : 56)
  • développées dans la bibliographie limitée aux références citées dans le texte. Références aux pages : p.23, p.23-25, p.23, 29.
  • Livre
    • Maxime LEBLANC, Molière, un inconnu, Ville, Editeur : année, p.23.
      (First LASTNAME, Title of the book, city, publisher : year, pages.)
  • Revue
    • Maxime LEBLANC, “Titre de l’article”, Revue, vol., n° : année, p.23.
      (First LASTNAME, “Title of the article”, Journal, vol., n° : year, p.23.)
  • Chapitre
    • Maxime LEBLANC, “titre du chapitre”, Livre, ed. : année, p.23.
      (First LASTNAME, “Title of the chapter”, Book, ed. : year, p.23.)
  • Journal
    • Maxime LEBLANC, “titre de l’article”, Journal de Presse : Année, Mois, Jour.(First LASTNAME, “Title of the article”, Newspaper : year, month day.)
  • Site internet
    • Maxime LEBLANC, “titre du post/de la page”, nomdusite.com, lien_hypertexte, date de consultation aaaa/mmm/jj.
      (First LASTNAME, “Title of the post”, NameOfTheSite.com : link, yyyy/mmm/dd.)

Marina biblio

Fichiers complémentaires

  • Illustrations : Les illustrations, (format JPEG et en haute définition -300 dp), sont libres de droits et leurs sources sont précisées.
  • Tableaux : les tableaux peuvent être insérés dans Word directement et seront fournis séparément par la suite (ainsi que les données brutes, afin de les adapter au format de la revue.
  • Graphiques :  graphiques, cartes et photographies sont fournis séparément (format JPEG et en haute définition -300 dp).

 

Appel 2019,Volume 14 : Etude Médiévales

La revue LibreMot lance un appel à des sujets sur les études médiévales.

Tout étudiant en Français Langue Étrangère est invité à participer.
Les articles de 900 à 2.000 caractères doivent traiter d’un sujet en rapport avec les études médiévales ou littéraires .

  • étude de manuscrit
  • étude sociale
  • étude historique
  • littérature médiévale…

Une présentation du projet avec son titre (une page maximum) accompagnée d’une notice bio-bibliographique est attendue pour acceptation à Bourdier@cofc.edu.
Les articles retenus seront remis au plus tard 60 jours après pré-acceptation et feront l’objet d’une expertise par le comité de lecture de la revue.

Vous devez utiliser un correcteur orthographique, vous pouvez recevoir l’aide d’un tuteur, de vos professeurs.

Article

  • Introduction
    • spatialisation : contextualisation de votre étude
    • annonce du sujet : de quoi vous allez parler
    • problématique : l’ordre que vous allez suivre
  • Le corps de votre texte
  • Conclusion
    • transition : clôture la conversation
    • synthèse : quelles sont vos conclusions
    • ouverture : élargissement

Votre articles doit respecter le format

Tout article soumis à la rédaction pour publication dans la Revue LibreMot doit présenter un caractère académique et des conclusions originales relatives à des questions liées aux littératures francophones, aux sociétés francophones, à des cas d’études sociologiques francophones ou aux thématiques des appels à publication spécifiques.

Appel 2020,Volume 15 : Etude de Cas

La revue LibreMot lance un appel
Une présentation du projet avec son titre (une page maximum) accompagnée d’une notice bio-bibliographique est attendue pour acceptation à Bourdier@cofc.edu.
Les articles retenus seront remis au plus tard 60 jours après pré-acceptation et feront l’objet d’une expertise par le comité de lecture de la revue.

La revue LibreMot lance un appel à contributions spontanées.

Vous êtes étudiant en français dans le système universitaire américain, Français Langue Étrangère (FLE) et vous voulez partager vos réflexions à caractère académique avec la communauté universitaire francophone ?

uverts

Tout article soumis à la rédaction pour publication dans la Revue LibreMot doit présenter un caractère académique et des conclusions originales relatives à des questions liées aux littératures francophones, aux sociétés francophones, à des cas d’études sociologiques francophones ou aux thématiques des appels à publication spécifiques.
Les articles retenus par la revue, rédigés en français uniquement, s’intéressent aux acteurs et aux processus socio-économiques, analysent les dynamiques de rapports de forces et d’asymétries de pouvoir, soulignent la complexité des relations et des actions, mettent en valeur des études empiriques et offrent, par leur approche critique,
un contrepoint aux littératures grises des institutions internationales.

Appel 2019,Volume 15 : Etude de Cas

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un contrepoint aux littératures grises des institutions internationales.

Appel à contribution varia

La revue LibreMot lance un appel à contributions spontanées.

Outre ses numéros thématiques, la revue en ligne LibreMot publie des ensembles de Varia qui rassemblent des études originales concernant les multiples formes du dialogue Francophonie-Société-Littérature.
Une présentation du projet avec son titre (une page maximum) accompagnée d’une notice bio-bibliographique est attendue pour acceptation à Bourdier@cofc.edu.
Les articles retenus seront remis au plus tard 60 jours après pré-acceptation et feront l’objet d’une expertise par le comité de lecture de la revue.

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Les articles retenus par la revue, rédigés en français uniquement, s’intéressent aux acteurs et aux processus socio-économiques, analysent les dynamiques de rapports de forces et d’asymétries de pouvoir, soulignent la complexité des relations et des actions, mettent en valeur des études empiriques et offrent, par leur approche critique,
un contrepoint aux littératures grises des institutions internationales.

Appel à contribution permanent

Appel à contribution

Vous êtes étudiant en français dans le système universitaire américain et vous voulez partager vos réflexions à caractère académique avec la communauté universitaire francophone ? Nous publions des articles composés en Français Langue Étrangère (FLE) par des étudiants en licence ou master qui .

Fidèle à son principe de diffusion d’une expression vivante et librement accessible, LibreMot met l’accent sur l’interdisciplinarité ‐sciences humaines et sociales, sciences de la nature, monde des affaires et du commerce et sciences ‐, comme le meilleur moyen d’inventer une opportunité pour les étudiants du français langue étrangère d’être publiés dans le monde académique.

Outre ses numéros thématiques, la revue en ligne LibreMot publie des ensembles de Varia qui rassemblent des études originales concernant les multiples formes du dialogue Francophonie-Société-Littérature.

La revue LibreMot lance les appels suivants.

  • Bourdier @ cofc.edu.

  • Les articles retenus seront remis au plus tard 60 jours après acceptation et feront l’objet d’une expertise par le comité de lecture de la revue.

Conditions de publication

Une présentation du projet avec son titre (une page maximum) accompagnée d’une notice bio-bibliographique est attendue pour acceptation à

Tout article soumis à la rédaction pour publication dans la Revue LibreMot doit présenter un caractère académique et des conclusions originales relatives à des questions liées aux littératures francophones, aux sociétés francophones, à des cas d’études sociologiques francophones ou aux thématiques des appels à publication spécifiques.

Tapuscrit

Les articles retenus par la revue, rédigés en français uniquement. Les études font entre 900 et 3.000 mots maximum (hors résumé).

Le texte est adressé à la directrice de rédaction, Dr. Juliette Bourdier, bourdier @ cofc.edu  (en version électronique au format Word (uniquement fichier Word Microsoft, pas de liens).

Image result for click iconRègles de soumission des articles (link)

Lorsque le manuscrit est complet, il est soumis à une lecture-filtre réalisée par le comité éditorial, lequel juge de l’adéquation avec la ligne éditoriale.La décision de publication est prise par le comité de rédaction qui informe l’auteur de cette décision, selon trois possibilités :

  1. Accepté sous réserve de remaniements ;
  2. Soumission d’une nouvelle version – devant repasser devant le comité de lecture ;
  3. Refus.

La rédaction se réserve le droit d’effectuer des modifications de forme. L’acceptation d’un article n’implique aucun engagement quant à la date de parution. Seuls sont susceptibles de paraître des articles qui n’ont pas fait l’objet d’une publication ailleurs ni de soumission à d’autres revues. Les documents de travail, les documents publiés en ligne et les traductions non substantiellement modifiées n’ont pas vocation à intégrer la revue.

Underground Electro : Le culte acoustique Video

 


La France est connue pour avoir créé des artistes révolutionnaires dans toutes les disciplines. Toutefois quand on parle de la musique ou de l’« underground électro, » il s’agit de plus que d’une révolution, ses artistes ont créé une culture.

Les fans de ces artistes surtout les fans français sont très loyaux et ils ne manquent jamais un concert. Ils adorent cette musique et ils le montrent avec fierté en portant des t-shirts, en programmant leur IPod mais aussi au cours de leurs conversations, car s’il s’agit de musique, on parlera underground !

Pour commencer Daft Punk, Justice, Sébastien, Breakbot, Kavinsky sont des artistes très connus sur la scène en France. Leur style de musique est très influencé par les uns les autres mais il va plus loin que ça. Ils ont tous des images particulières avec leurs personnages, par exemple, il y a plusieurs DJs en France qui ne montrent pas leur visage. Tous ces DJs ont un style très français et ils s’inspirent les uns les autres avec leur musique et aussi ils motivent des nouveaux DJs.

Chaque jour en France il y a des nouveaux essais par des jeunes qui rêvent d’être aussi doués que leurs prédécesseurs. Souvent ils ne réussissent pas mais quelque fois ils apportent des choses nouvelles et  spéciales et contribuent à la variété tel qu’Irish Steph. Irish Steph est un DJ bien parti qui vient du sud de la France avec un style très français mais avec des petits ajouts irlandais. Pour en savoir plus de ces DJs aller sur indiebubbles.com où vous pourrez découvrir des nouveaux DJs.

 

L’âne et le frigo, L’héritage du griot (Dani Kouyaté, 1995)

Miriam Moran

indexL’âne et le frigo

            Le film Keita ! L’héritage du griot (Dani Kouyaté, 1995) est souvent décrit comme une adaptation de l’histoire fameuse de Soundjata empereur du Mali, que le griot Djeliba Kouyaté raconte au jeune garçon Mabo Keïta. Cependant, le film se termine bien avant que le griot puisse raconter la fin de l’histoire de Soundjata. Mabo peut poursuivre un autre griot qui lui raconterait la fin de l’histoire de Soundjata, ou bien il peut complètement laisser tomber ce qu’il a appris de Kouyaté. Donc, au contraire de l’empereur Soundjata qui ne peut que suivre son destin, Mabo a un grand choix entre les connaissances traditionnelles et la modernité. Cependant, même si Mabo choisit de laisser tomber les connaissances traditionnelles, il n’a plus vraiment l’occasion de poursuivre encore l’éducation moderne, parce qu’il a été exclu de son école (1:23). Alors, il semble que Mabo ait un choix à la fin du film, mais ce n’est pas forcement un choix—il peut poursuivre les connaissances traditionnelles, ou bien il peut essayer d’exister dans le monde moderne sans l’aide et le soutien de sa mère et de son prof, qui représentent sa société.

L’interaction entre le griot et le maître d’école peut éclaircir l’importance des connaissances traditionnelles vis à vis la modernité. Au contraire de ce que pensent sa mère et le maître d’école, il est possible pour les connaissances traditionnelles et modernes de coexister dans ce film. Quand le griot demande au maître d’école son nom, le maître le lui dit, mais ne sait pas ce qu’il signifie. Le griot répond : « C’est dommage. Tu ne sais pas. Qu’est-ce que tu peux enseigner aux enfants sans savoir ta propre origine ? » (1:03).[1] Donc, le griot veut dire que l’éducation moderne est insuffisante en soi si les profs ignorent les connaissances traditionnelles. Il n’y avait jamais de choix entre la tradition et la modernité—la modernité ne peut même pas réussir sans respecter les connaissances traditionnelles. Comme l’image dans le film de l’âne qui tire le frigo, respecter la tradition est essentiel pour soutenir la modernité (50 :37-47). Malgré ce que pensent le maître d’école et la mère de Mabo, respecter les connaissances traditionnelles n’exclut pas nécessairement la modernité.

Le film lui-même tente de mélanger l’histoire traditionnelle de Soundjata avec le cinéma, une technologie moderne, mais qui inclut l’oralité. De cette façon, le film semble respecter le passé en incorporant la modernité. Cependant, le cinéma pose aussi des problèmes : il donne accès à l’histoire de Soundjata à un public plus large, surtout avec des sous-titres en anglais. Alors, ce mélange ne respecte pas l’idée du griot comme garde des connaissances—l’histoire de Soundjata devient commune, une histoire à laquelle n’importe qui peut avoir accès. Cette idée est vraiment un bouleversement de la tradition, mais si la seule façon de perpétuer l’histoire de Soundjata dans le monde moderne est de l’adapter, peut-être qu’il vaut mieux le faire. De plus, un des stéréotypes racistes sur l’Afrique est qu’elle n’a jamais changé et est figée dans le passé, un stéréotype qui n’est évidemment pas vrai. L’Afrique a changé et peut continuer à adapter. Garder l’équilibre entre le passé et la modernité ne serait pas facile, mais comme l’âne qui tire le frigo, le film laisse la porte ouverte à une harmonie entre les deux.

Miriam Moran, Whitman College, Walla Walla, WA


[1] Il le dit dans la langue jula, mais les sous-titres en anglais (que j’ai traduit en français) disent: « That’s a pity. You don’t know. What can you teach to children without knowing your own origin ? »

 

Ibrahima Wade, Mémoires Francophones d’Indochine

Docteur Ibrahima Wade est professeur et chair du Départmeent de Francophonie et Etudes Méditéranéennes au Colorado Collège à Colorado Spring. Ses recherches actuelles se sont orientées vers les mémoires Francophones d’Indochine, rédigées principalements par les femmes et les filles es tirailleurs sénégalais, venus avec les Français combattre Ho-Chi-Minh.

Une interview avec Dr. Ibrahima Wade

Beth : Pouvez-vous nous expliquer votre recherche sur l’Indochine. S’il vous plait.

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Professeur Ibrahima Wade

Dr. Ibrahima Wade : Donc, cette recherche, elle est intéressante. Elle a été accentuée par cette expérience que j’ai eue avec une de mes étudiants. J’avais une étudiante qui était d’origine américano-vietnamienne. Donc elle est née ici mais ses parents sont Vietnamiens. Elle s’intéressait à la diaspora vietnamienne à travers le monde et surtout elle s’intéressait, à la diaspora vietnamienne en l’Afrique. Je savais qu’il y avait une diaspora, peut-être pas seulement vietnamienne mais indochinoise en Afrique et comment est-ce que cette diaspora est arrivée en Afrique, c’était à travers la guerre franco-indochinoise. Pourquoi ? Parce que dans l’armée française il y avait des bataillons militaires de soldats africains. J’étais très curieux de savoir ce qui s’est passé et de capter la mémoire des tirailleurs parce que pour la plupart ce ne sont pas des gens qui ont fait l’école, le lycée  ou l’université. C’est des gens qui ont initiés à l’écriture française donc ils n’ont pas écrit – personne n’a recueilli leurs mémoires etc. Et  moi, je voulais recueillir leurs mémoires et ensuite essayer de faire cela partie ou de mettre cela ou de contribuer cela à l’histoire francophone en général et l’histoire franco-africaine. C’est compliqué ! C’est encore inexact, mais j’en suis au niveau des données, mais je trouve que c’est quelque chose n’est-ce pas ? Oui devrait exister parce que finalement, il faut dire qu’il y a pas beaucoup de traces de la rencontre afro-asiatique à travers l’expérience coloniale. Donc, j’espère que ce que je fais va essayer d’ouvrir le chemin un peu plus vers la compréhension de cette rencontre, non seulement militaire et historique mais aussi culturelle.

   BK : Comme il n’y avait pas beaucoup de documentation pendant cette période, existe-t-il une littérature francophone indochinoise ?

IW : Il y a une littérature francophone indochinoise, mais elle est dans la diaspora. C’est-à-dire que c’est en dehors de l’Indochine. Il y a pas mal d’auteurs et de cinéastes vietnamiens, surtout cambodgiens – mais en France, en Europe, ou  aux États-Unis, peut-être, ou au Canada, mais pas en Indochine et en Indochine, il y a en a même très peu. Je crois que la partie la plus importante se trouve en dehors de l’Indochine. Je me suis basé surtout sur l’écriture des femmes. Les femmes indochinoises ou les femmes dont les mères étaient indochinoises et qui ont écrit sur leur expérience ou l’expérience de leur maman en Indochine étant mariée ou fiancée avec un soldat africain.

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   BK : Si l’écriture existante est générée par les femmes, quel types d’idées sont vues le plus souvent ?

IW : Au niveau de sa culture d’origine, une fois que le couple reviens dans la culture d’origine de l’homme, l’homme dans son milieu naturel, redevient, l’élément naturel, qu’il était avec son comportement et bien sur les femmes sont vraiment choquées, parce que cet homme, qu’elles ont devant elles en Afrique, ce n’est pas l’homme qu’elles ont épousé au Vietnam, au Laos, ou au Cambodge. Il y a ce thème qui revient dans l’écriture féminine francophone indochinoise, il y a ce thème, le comportement de l’homme. Comment les femmes éprouvent le sentiment d’avoir été trahies, un sentiment de trahison de la part de l’homme comment l’homme naturellement évoque ses droits d’homme africain – qui peut être polygame, qui peut faire le libertinage de manière impunie et évoque, la religion musulmane !

   BK : Avez-vous d’autres objectifs que celui de préserver l’histoire d’Indochine ?

IW : Pour revenir à ma motivation et aussi à ce qui m’a poussé à creuser d’avantage pour peut-être déterminer différentes choses, d’abord la relation franco-indochinoise, comprendre cette relation française dans cette partie du monde, et son impact socioculturel et économique et politique éventuellement, mais aussi comprendre cette expérience qui a été vécue par les Africains qui n’a pas été documentée et dont la France ne parle jamais.

« je » est-il un « Mondrian » de salle de bain ?

Julie O’Arnheim

« je » est-il un « Mondrian » ? ou Le jeu de couleur chez Mondrian et « je »

L’abstraction est un mouvement dans l’art moderne qui a débuté au 20eme siècle.  Au lieu de rester fidèle à la réalité visuelle, les artistes employaient des couleurs et des formes pour s’exprimer.  Dans la littérature aussi, le style d’expression des auteurs change au fil de temps.  Souvent les thèmes et les sentiments semblables peuvent s’exprimer à travers l’art et la littérature.  Après la première guerre mondiale, Pieter Mondrian, un peintre imagesnéerlandais, fait partie du groupe des pionniers dans l’art moderne de l’abstraction.  Il a développé un style réaliste, le néoplasticisme, sans aucune trace de la nature.

La Salle de Bain, le roman minimaliste de Jean–Philippe Toussaint, aussi de l’avant-garde, écrit en 1985, fait référence à la couleur et à plusieurs peintres célèbres de Raphael (Toussaint, 27) jusqu’à Jasper Johns. (Toussaint, 90)  Il relie les peintures de Mondrian à son caractère, « je ».  Mondrian travaille avec les couleurs pures et d’une manière géométrique.  Ses peintures, toujours sur un fond blanc, suggèrent un plan théorétique, statique et étudié, et donne au visionneur un sentiment impersonnel et froid sauf pour l’éclat des couleurs vives enfermées le plus souvent avec une bordure noire. Le personnage qui s’appelle « je » dans La Salle de Bain se comporte d’une manière stricte, ciblée et contrôlée.

On reconnait les peintures de Mondrian des années 1920 jusqu’à sa mort car il suit une formule qui varie à peine alors qu’il cherche une forme d’expression pure. Il essaie d’établir de l’ordre, de l’équilibre et de l’harmonie avec des angles droits, des lignes et des rectangles–pourtant asymétriques sur la toile—associés aux trois couleurs primaires.  Dans son œuvre artistique Mondrian exprime par écrit sa philosophie mystique et spirituelle bien qu’il ait un tempérament de reclus. Mondrian cherche à s’exposer au monde.  Mais les œuvres de Mondrian sont-elles immobiles et rassurantes comme “je” les perçois?

Comme un chercheur et théoricien, « je » observe les menus détails.  Il accepte les limites de sa vie comme la limitation des données, mais il ne cherche pas à repousser les frontières ou à prendre des risques. Son bien être découle de la maitrise de soi.  « Je » n’a même pas de nom propre.  Au fond, son identité manque de couleur vive; il est blanc.  «Je », au tempérament solitaire, n’arrive à communiquer confortablement avec personne, bien qu’il se fasse comprendre et arrive à ne pas provoquer les autres quand leurs opinions s’opposent (Trenet versus Zappa, Mondrian versus les peintres italiens, le bordeaux versus le bourgogne). « Je » cherche un refuge plutôt qu’un exutoire.  Etant sensible au mouvement et au déséquilibre, « je » trouve la calme et le manque de tension dans le jeu de fléchettes et dans l’immobilité—une absence de toute perspective de mouvement–dans les peintures de Mondrian. (Toussaint, 90)  Ses peintures le consolent. Cependant, il est fasciné par la dame blanche qui fonde et se mélange au chocolat.

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Mondrian est passé à la postérité car ses œuvres communiquaient au public une réalité calme, attrayante et au-dessus du banal dans la période de l’après-guerre à aujourd’hui. La Salle de Bain dans son ensemble est semblable à une peinture de Mondrian. Toussaint a appelé les chapitres, auxquels il a donné des numéros, comme un triangle rectangle—Paris, L’Hypoténuse, Paris—donc la géométrie et l’équilibre.  C’est Toussaint, auteur, qui aspire à la perfection et à la simplicité de Mondrian plutôt que « je ».  Une différence significative est que l’œuvre de Mondrian a évolué, quoique le caractère, « je », n’ait pas évolué. Le temps passe, et « je » reste le même. Pendant un moment, à Venise, on tient l’espoir que « je » se transformerait en personnage plus communicatif et mondain; mais il reste agité et isolé tandis que les peintures de Mondrian sont devenues plus paisibles et ont plu aux amateurs d’art.  Au lieu d’être blanc, on peut dire que « je » est noir, où noir signifie l’absence de toute couleur.  « Je » n’est pas un Mondrian bien qu’ils soient semblables.  Après une calamité, comme une guerre ou une catastrophe naturelle, les artistes de tous genres essayent de retrouver le bien être.  Leurs identités s’expriment et se montrent dans leurs œuvres.

Bibliographie

Toussaint, Jean-Philippe.  La salle de bain, suivi de “Le jour où j’ai rencontré Jérôme Lindon”.  Paris : Les Éditions de Minuit, 2005.

Identité, inspiration et motivation dans Stallone de Bernheim

Clare Valentine

L’Identité, L’inspiration et la Motivation, Stallone d’Emanuèle Bernheim

Il est dit que l’identité est formée par la nature et la nourriture ; l’environnement d’une personne influence sa croissance et sa personnalité. De la même façon, les idoles qu’on choisit nous influencent, et elles peuvent nous inspirer, motiver, et fournir des conseils. Les idoles sont des individus dont on ne voit qu’un côté—on voit l’image qu’elles projettent, non leur personnalité réelle. L’image publique d’une star peut nous inspirer, cependant, il faut être prudent en suivant ses idoles— bien qu’elles puissent nous guider, il est nécessaire qu’on prenne en charge son propre développement.

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Les idoles ont un rôle unique dans notre vie. Avoir une idole est une sorte de relation imaginaire qui est fondée fréquemment sur l’image que l’on se fait d’une personne. C’est souvent une image statique et irréelle, une image qui n’incarne que certaines qualités. Comme discuté par Jean Garneau dans son article « Le grand amour », l’image parfaite d’une idole crée intrinsèquement une dynamique de puissance, où l’idole est supérieure à l’autre. Quand on idolâtre quelqu’un, on peut choisir les caractéristiques que l’on voit. Comme tel, elle apparaît parfaite et ainsi supérieure. 

Dans beaucoup de cas, les idoles peuvent être avantageuses. Parce qu’elles semblent supérieures à celui qui l’admire, cela l’encourage à poursuivre des projets pour s’améliorer. Dans « Stallone » d’Emmanuèle Bernheim, le protagoniste, Lise, a vu le film « Rocky » et la persistance et le dévouement de Sylvester Stallone l’ont inspirée. Elle a utilisé ces qualités pour se motiver. Les admirateurs ont une image définie de la personne qu’ils veulent être dans le futur. Quand Lise a vu que le personnage de Rocky Balboa a vaincu ses défis, elle savait qu’elle voulait aussi vaincre les siens. Avec l’image définie de Rocky Balboa, elle pouvait créer une image similaire pour elle-même.

Mais, les idoles peuvent aussi être dangereuses. Puisque l’image d’une idole est statique, il est possible qu’un fan perde de vue le fait qu’elle est imparfaite. Par exemple, quand des jeunes regardent les magazines contenant des modèles, elles voient que les modèles ont des corps parfaits,  la peau sans tache, et les cheveux en place. Elles ne voient pas le maquillage, les heures de préparation, et le photoshopping. Alors, les jeunes pensent qu’ils peuvent et doivent être comme ça. De plus, les admirateurs pourraient s’habituer à développer leurs relations en se basant sur de fausses images, et non les qualités réelles. Dans le court métrage « Idole », le protagoniste aime la célébrité Markus. Elle ne le connaît pas personnellement, mais elle change sa vie afin de le rencontrer. Son obsession pour Markus n’est pas basée sur les qualités réelles. A la suite, elle est déçue lorsque Markus n’a pas les mêmes sentiments. Cependant, elle continue sa vie ; ce n’est pas toujours le cas.

En fait, avoir une idole change nos perspectives sur la vie. Il est nécessaire qu’on utilise les qualités réalistes de l’idole comme un point de départ d’où évoluer ; après  un temps, on doit commencer à innover, et non plus seulement à imiter l’idole.
Il reste alors une question pour la société : est-il juste de vénérer des célébrités aux qualités superficielles, si elles encouragent les personnalités simples et statiques ?

Clare Valentine, Whitman College, Walla Walla, WA

À la recherche de couloirs identitaires chez Toussaint

Pascale Carpentier

À la recherche de couloirs identitaires

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Publié en 1985 aux éditions de Minuit, « La Salle de Bain » est le premier livre de Jean-Philippe Toussaint.

Le livre commence par une épigraphe qui reprend le théorème de Pythagore, parallèlement l’histoire est repartie en trois sections : Paris, Venise (dans le rôle de l’hypoténuse) et Paris de nouveau reliées par un couloir invisible, car dans ce roman, le couloir est un composant qui apparaît continuellement.

Les couloirs mènent « Je » à la communication parfaite et Edmondsson (sa compagne) est une forme de couloir qui permet à « Je » de se découvrir.

La mise en valeur du couloir dans le roman de Jean-Philippe Toussaint n’est pas une coïncidence. Un couloir est décrit comme un « passage qui met en communication plusieurs pièces, appartements ou immeubles, ou qui leur sert de dégagement » (CNRTL).

L’auteur utilise les couloirs littéralement comme objets, ainsi que les personnages comme  tunnel de conversation.  Il y en a trois catégories: le couloir privé à Paris, celui caché où secret à Venise et puis les couloirs publics qui mènent à la fin du roman.

Le couloir privé se trouve dans l’appartement où Toussaint le décrit parallèlement à l’incapacité du personnage principal de communiquer avec le reste du monde : « Je trottais dans le couloir pour aller répondre au téléphone…Dans la chambre, un jour gris traversait les rideaux de tulle » (Toussaint 1 :26). La description du couloir et l’interruption de la communication montrent que les couloirs privés échouent à ouvrir une correspondance entre « Je » et le monde. Ce couloir dans l’appartement, est sombre et vide, un signe que l’échange n’est pas apprécié ou vu comme nécessaire.

Le couloir caché dans l’hôtel mène à concevoir une quête identitaire et langagière: « Je suivais des couloirs, montais escaliers. L’hôtel était désert ; c’était un labyrinthe, nulle indication ne se trouvait nulle part » (Toussaint 2 :6). Le couloir est une course folle, qui dirige « Je » vers une communion linguistique avec le barman, de l’interactivité parfaite d’un couple Français, et dans un autre couloir où il trouve un type de rapport unique avec Edmondsson. Le labyrinthe expose la difficulté et le désordre que « Je » découvre quand il essaye de trouver son identité, il montre que se connaître soi même n’est pas facile : il y a des obstacles qui empêche de la trouver. Toussaint emploi les couloirs dans l’hôtel comme un lieu de détention pour « Je » alors qu’il cherche comment communiquer avec les autres.

À la fin du roman, les couloirs à l’hôpital, l’aéroport, et le club de tennis sont dans des lieux publics : « Je traînais dans les couloirs de l’aéroport, m’assis dans une salle d’attente, ne savais pas quoi faire » (Toussaint 3 :42). C’est la ou « Je » comprend, au milieu d’un aéroport entouré par des étrangers, qu’il avait une forme de communication avec Edmondsson mais qu’il l’avait détruite et était maintenant tous seul.

L’histoire de « Je » commence dans sa salle de bain, le seul endroit où il peut avoir une conversation normale avec les autres. Quand le protagoniste essaie de communiquer avec quelqu’un c’est l’échec assuré. D’ailleurs l’échange lui est refusé à plusieurs reprises. Çela commence avec le coup de téléphone (qui n’était qu’un mauvais numéro), la situation maladroite pendant la crémaillère (où les invités l’ignorent) et la relation avec Kabrowisnki, le polonais (qui triture un poulpe dont il répand l’encre).

Le personnage principal a une opportunité de partager une relation avec un autre couple dans l’appartement en compagnie d’Edmondsson : « Nos amis refermèrent leurs journaux et, se donnant le bras, me suivirent dans le couloir étroitement enlacés » (Toussaint 1 :38). « Je » ne montre pas beaucoup d’enthousiasme basée sur le fait qu’il devrait amuser ses invités.  Mais, même s’il avait essayé d’être sympathique, les invités l’auraient ignoré de la même façon. Le couple est décrit comme compatible et « Je » ne peut pas briser leur relation pour avoir une interaction. « Je » est incapable d’avoir une conversation avec des étrangers, il répond au téléphone et est rejeté rapidement : «  Je trottais dans le couloir pour aller répondre au téléphone. C’était une erreur, un appel destine aux anciens locataires » (Toussaint 1 :26). Les actions de « Je » sont peintes comme s’il était dans l’urgence ainsi il voudrait une interaction qui n’arrive pas. Il est plus déçu qu’avant, il se retrouve dans sa salle de bain où il peut être enfin seul. La relation avec le « polonais » montre que « Je » a des difficultés à former des amitiés avec des inconnus. Pour la plupart, « Je » observe Kabrowisnki au lieu de lui parler : « Au passage, je jetais un coup d’œil sur le poulpe dont la seule moitié supérieure, parfaitement lisse, était pour l’instant écorchée. » (Toussaint 1 :25). Au cours de que la scène en compagnie du polonais, les lecteurs peuvent voir que « Je » commence sa quête identitaire en étant un observateur avant de se risquer dans un voyage.

En dépassant les Alpes dans le train entre Paris et Venise, « Je » fuit sa personnalité antisociale pour trouver une manière d’interagir avec le monde. Il laisse Paris, l’endroit où il a eu tant d’insuccès pour Venise, la ville entourée de couloirs d’eau, à la quête de la communication et de sa propre identité. La majeure partie du temps, le personnage principal erre dans les rues de Venise et les couloirs de son hôtel, observant des interactions entre les autres personnes mais aussi entre lui et le reste du monde.

Arrivé à l’hôtel dans la deuxième partie du roman, « Je » aspire a chercher la salle de bain commune, car il n’y en a pas dans sa chambre. Cela l’oblige à poursuivre une zone de confort, dans sa recherche il trébuche sur la conversation d’un couple français : « Pour m’y rendre, je devais suivre un long corridor, descendre un escalier en colimaçon et, sur le palier, prendre la première porte à gauche » (Toussaint 2 :8). « Je » est confronté à une conversation à laquelle il pourrait contribuer mais est limité par sa situation physique puisqu’il n’a qu’une serviette sur lui. Même s’il ne peut pas participer à la conversation, c’est la première fois où  « Je » assiste à une interaction fonctionnelle entre deux personnes. Le couple réapparaît, renforçant l’idée qu’il peut y avoir un communication parfaite, et cette révélation à lieu dans un couloir.

Avec un peu de confiance, le protagoniste ouvre un tunnel conversationnel avec le barman. Cet échange n’est pas particulièrement normal, parce que les deux ne forment pas des phrases entières mais ils créent leur propre jargon compétitif. Il y a une repartie entre les deux sur des cyclistes professionnel, pas une conversation profonde mais ça donne à « Je » l’opportunité de converser avec quelqu’un qui n’est pas Edmondsson. C’est après cette conversation avec le barman, en pleine nuit que « Je » commence à se sentir seul sans Edmondsson : « L’hôtel était sombre. Je descendis les escaliers en regardant autour de moi. Les meubles présentaient des formes humaines, plusieurs chaises me fixaient. Des ombres noires et grises, ocellées, ça et la…tous était silencieux » (Toussaint 2 :24). Sa quête identitaire s’arrête pour qu’il aspire à retourner vers Edmondsson. Le labyrinthe de son voyage l’aide à comprendre comment il pourrait interagir avec les autres mais aussi qu’il est capable de le faire.

Ces interactions avec des étrangers mènent le protagoniste à rencontrer un couloir de conversation avec Edmondsson. Ce tunnel littéraire qui se continuait entre eux: « Edmondsson me téléphonait de plus en plus souvent. Nous avions parfois, sur la ligne de longs silences ensemble. J’aimais ces moments-là » (Toussaint 2 :33). Ce n’est pas un couloir physique où visuel, mais ça lie le personnage principal et Edmondsson ensemble sans mots mais avec la conviction que la communication ne doit pas être toujours parlée.

L’apparition d’Edmondsson à Venise ne résout pas les problèmes de « Je », mais interrompt la recherche identitaire. Même s’il a trouvé une façon de parler avec des étrangers, le protagoniste rencontre toujours des difficultés avec Edmondsson. Son arrivée à Venise ne l’aide pas car ils ne sont pas dans un environnent égal pour les deux. « Je », en essayant de reconstruire un couloir de communication avec Edmondsson, lui tire une fléchette au visage, comme un cri d’alarme. Cette situation les envoient à l’hôpital, « De temps à autre, quelqu’un entrait dans le couloir, passait devant moi et continuait a marcher jusqu’à l’autre extrémité du couloir » (Toussaint 2 : 78). Tout l’effort que « Je » avait fait a disparu, après le fiasco, Edmondsson retourne à Paris sans le personnage principal. Leur dernière interaction était un long baiser dans un couloir blanc et vide.

En pensant qu’il avait un problème de santé « Je » se rend lui-même a l’hôpital pour subir une chirurgie. Il a l’espoir que le docteur peut changer ce qu’il est défectueux dans sa tête. Quand il est à l’hôpital « Je » marche tout seul dans un lieu auquel il pense appartenir: « Pour finir, je fus conduit dans une chambre au fond d’un couloir » (Toussaint 3 : 5). La profondeur du couloir définit tout le travail que « Je » doit faire avant qu’il ne réalise que la nouvelle solitude n’est pas ce qu’il veut.

Tout revient dans le cycle où le protagoniste découvre que la communication qu’il avait avec Edmondsson, au commencent du roman, était parfaite. Elle l’écoute, elle comprend ses maniérismes et ses obsessions. Edmondsson veut communiquer avec « Je », elle aime la salle de bain et elle est le couloir de communication entre « Je » et le monde. Il découvre tout ça au club de tennis quand il voit le médecin et sa femme jouer ensemble. Il observe leur repartie idéale, de la continuation d’interaction : « En bas, dans un vestibule très sombre, éclairé artificiellement, se trouvaient plusieurs portes, des vestiaires, un lavabo » (Toussaint 3 : 31). La solitude de « Je » dans des endroits publiques révèle que dans les couloirs privés, il aurait dû apprécier la seule personne qui garde une communication ouverte avec lui.

La quête identitaire du personnage dans « La Salle de Bain » apparaît dans les couloirs et aide « Je » à comprendre comment interagir avec les autres. L’emplacement et l’isolement des couloirs dans ce roman correspondent à la capacité du protagoniste à communiquer avec Edmondsson et le monde.

Le cycle commence dans l’appartement, erre à Venise, et revient à Paris montrant des endroits privés et publiques. Il n’y a pas seulement des couloirs physiques mais il en existe aussi des métaphoriques. Emondsson représente un couloir qui influe et motive « Je » à trouver une forme d’échange. Les deux villes dans le roman peuvent être lues comme des objets littéraires, les voyages entre les deux sont des couloirs. L’utilisation et la répétition du couloir par Toussaint ouvrent la porte pour dévoiler aux lecteurs des points importants du livre. Le voyage identitaire de « Je » n’est pas le seul scenario du roman : les relations entre les personnages, la communication, l’immobilité et le temps.

Toussaint est obsédé par la précision et les descriptions de ce qui l’entoure, dans une interview, où Laurent Hanson, pose une question sur le choix des titres de ses romans, Toussaint répond : « Je choisis des titres assez simples, qui définissent parfois un programme..où on sait de quoi ça va parler » (Interview de Jean-Philippe Toussaint). Toussaint a le talent de prendre des objets très purs et de les étudier sous différents angles pour les transformer en quête littéraire.

Pascale Carpentier, Whitman College

“Le Scaphandre et le papillon”

 Jenna Moxley

Le Scaphandre et le Papillon est un drame franco-américain de Julian Schnabel sorti en 2007 qui met en scène Mathieu Amalric, dans le rôle de Jean-Dominique, plongé dans un coma d’où il ressort plus tard affecté du syndrome d’enfermement. On appréciera la présence d’Emmanuelle Seigner dans le rôle de Céline et Marie-Josée Croze dans le rôle de Henriette, qui expriment les émotions face à l’épreuve de Jean-Dominique qui semble subir dans l’immobilité. Ce film de 112 minutes, produit par Pathé Renn Productions offre un ton émouvant qui ne manquera pas de séduire le public de Schnabel.

Le Scaphandre et le Papillon est adapté du livre français du même titre, écrit par Jean-Dominique Bauby en 1997. A l’origine, Johnny Depp était prévu pour le rôle de Jean-Dominique, mais son engagement sur ‘Pirates des Caraïbes’ l’a finalement forcé à renoncer au projet. Mathieu Amalric n’était pas en tête de liste au moment d’incarner Jean-Do. Ce film est le résultat d’une collaboration entre des acteurs français et un réalisateur américain, Schnabel qui déclarait que le film devait être en français, il a donc appris le français, considérant que la langue riche du livre fonctionnerait mieux dans son original.

Un homme se réveille dans un lit d’hôpital sans pouvoir bouger, parler, ni même respirer sans assistance. La caméra représente son point de vue pendant qu’il essaie de garder son oeil ouvert. Le spectateur s’inquiète pour cet inconnu et son avenirr.

Jean-Dominique Bauby, rédacteur en chef, a un accident vasculaire brutal, il est plongé dans un coma d’où il ressort plus tard affecté du syndrome d’enfermement, totalement privé de ses fonctions organiques, il tente de reconquérir son autonomie avec l’aide des meilleurs spécialistes. Son corps est inerte, mais son cerveau fonctionne. Au fil des semaines et des mois, il observe le monde de son seul œil encore valide, qui devient un lien avec le monde extérieur. Il communique en clignant de l’œil et ainsi dicte son livre. Ce film autobiographique est fondé sur l’histoire personnelle de Bauby et sur l’épreuve de l’écriture du Scaphandre et Le Papillon. Schnabel nous montre une réalisation étonnante de Bauby et de ses émotions silencieuses.

Jean-Dominique est enfermé dans son corps et Schnabel enferme avec lui les spectateurs. La majorité du film est vécu du point de vue de Bauby, ainsi la caméra agit comme son œil. Avec la voix off de Mathieu Amalric, les jeux de lumière et les effets de caméra (comme l’objectif embué par les larmes), Schnabel nous fait vivre la vie à l’intérieur du “scaphandre.”

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Ici on voit un plan subjectif, qui est le plan dominant du film. Ce plan permet au spectateur de voir à travers l’oeil de Jean-Do qui communique en en clignant, donc nous clignons aussi nos yeux. Cette image montre son infirmière affichant les lettres qu’il utilise pour communiquer. En terme d’espace, elle est très près de la caméra et elle nous regarde avec insistance. Seule couleur chaude, elle est entourée du bleu froid de l’hôpital et de la vie inerte de Baudy.

C’est un très bon drame à voir qui n’est pas accessible à tous. Si vous aimez des films sérieux et lents vous allez apprécier Le Scaphandre et le Papillon. Mais si vous allez au cinéma pour le divertissement, ce n’est pas le meilleur choix. Je ne le conseille pas aux plus jeunes enfants parce qu’il y a des scènes qui sont difficiles à voir. Pour ma part, je le trouve la lutte de Jean-Dominique émouvante, touchante et enrichissante.

http://www.lexpress.fr/culture/cinema/le-scaphandre-et-le-papillon_…

http://evene.lefigaro.fr/cinema/films/le-scaphandre-et-le-papillon-…

 

Au bord du ridicule

Jordan Gardner

Au bord du ridicule

Lorsque Molière écrit « Le misanthrope »,  le concept de l’honnête homme est ancré dans la société du XVIIe et sert d’étalon à la bienséance. Bien que ce mot fasse référence à l’honnêteté, il ne doit pas être pris en son sens littéral, il adresse la politesse et les bonnes manières. L’homme honnête serait très poli, même si sa politesse était une façade et son comportement toujours neutre ou calme. Donc, dans « Le misanthrope », le personnage d’Alceste avec sa conduite extrême représente le contraire de cette idée. Il se fatigue des formalités dans une société qui vénére tout le monde, même ceux qui ne le méritent pas. Quoiqu’au début de cette pièce on pourrait voir Alceste comme un héros parce qu’il combat la fausse courtoisie, son comportement dénote d’un manque de contrôle qui est nécessaire pour fonctionner dans le monde, ce qui lui donne l’air d’être un personnage ridicule.

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Misanthrope_-®-Robert-Day, Oxford

En premier lieu, bien qu’Alceste se comporte dans l’ensemble de façon ridicule, plusieurs arguments viennent renforcer sa position contre le concept de l’honnête homme. Pour Alceste, qui reste dans une mentalité traditionnelle, cette philosophie des fausses politesses est dérangeante et non sans raison. A titre d’exemple Philante, qui au début est repris par Alceste pour avoir loué un inconnu.

Alceste :          Allez, vous devriez mourir de pure honte ;
                         Une telle action ne saurait s’excuser,
                         Et tout homme d’honneur s’en doit scandaliser.
                         Je vous vois accabler un homme de caresses,
                         Et témoigner pour lui les dernières tendresses ;
                         De protestations, d’offres et de serments,
                         Vous chargez la fureur de vos embrassements ;
                         Et quand je vous demande après quel est cet homme,
                         A peine pouvez-vous dire comme il se nomme ;
                         Votre chaleur pour lui tombe en vous séparant,
                         Et vous me le traitez, à moi, d’indifférent. (14-24)

Par cet exemple, Alceste soulève un bon point, pourquoi louer quelqu’un qu’on ne connaît pas ou qu’on n’aime pas ? Il n’est pas ridicule d’être honnête (et donc de ne pas être un honnête homme) avec ceux dont on ne partage pas l’opinion. Cependant, ce qui le dérange le plus, c’est le fait que les honnêtes hommes sont polis en public puis cancanent contre les uns et les autres. On s’en aperçoit lorsque la coquête Célimène bavarde avec les hommes :

Alceste :          Allons, ferme, poussez, mes bons amis de cour ;
                         Vous n’en épargnez point, et chacun à son tour ;
                         Cependant aucun d’eux à vos yeux ne se montre
                         Qu’on ne vous voie, en hâte, aller à sa rencontre,
                         Lui présenter la main, et d’un baiser flatteur
                         Appuyer les serments d’être son serviteur. (651-656)

Comme on peut voir, les choses qui le dérangent ne sont pas ridicules du tout. Dans ce sens, Alceste se trouve comme un héros parce qu’il critique une société fausse et finalement malpolie, toutefois, ce qui le rend ridicule est le fait qu’il ne sait pas où il doit fixer la limite de ses réactions.

Après avoir discuté ce concept étrange de l’honnête homme et pourquoi Alceste avait raison de les critiquer, il convient maintenant d’analyser la raison qui fait de lui personnage ridicule dans l’ensemble. Parmi toutes ses réactions, il y en a deux qui ressortent comme des exemples parfaits. Premièrement, bien qu’Alceste n’aime pas les fausses politesses, il considère que tout le monde doit donner de vraies opinions même si elles blessent les sentiments des autres,

Alceste :         Non, vous dis-je, on devrait châtier, sans pitié,
                         Ce commerce honteux de semblants d’amitié.
                         Je veux que l’on soit homme, et qu’en toute rencontre
                         Le fond de notre cœur dans nos discours se montre,
                         Que ce soit lui qui parle, et que nos sentiments
                         Ne se masquent jamais sous de vains compliments.
                         Philante : Il est bien des endroits ou la pleine franchise
                         Deviendrait ridicule et serait peu permise ;
                         Et parfois, n’en déplaise à votre austère honneur,
                         Il est bon de cacher ce qu’on a dans le cœur. (67-76)

 

                         Alceste ne se sent pas concerné par les sentiments des autres parce qu’un homme bon ne compromet jamais son honneur. Cependant, en cela, Alceste a l’air de ne pas être compatissant, un trait qui est nécessaire dans une société fonctionnelle. Dans ce cas, tout est une question de la maîtrise de soi parce que tout le monde voudrait exprimer quelquefois de vraies opinions, toutefois, il vaut mieux les cacher si elles sont blessantes. Cela n’insinue pas qu’il faille toujours les cacher mais qu’on doive être sélectif avec ce qu’on partage. Si tout le monde faisait le tour en exprimant de vrais sentiments, il est clair que le monde finirait en chaos. Ensuite, ce qui le rend d’autant plus ridicule est le fait qu’il est des aspirations contradictoires, ainsi il veut quitter la société pour le désert avec Célimène et refuse de lui pardonner tout refus.

Alceste :          Pourvu que votre cœur veuille donner les mains
                         Au dessein que j’ai fait de fuir tous les humains,
                         Et que dans mon désert, où j’ai fait vœu de vivre,
                         Vous soyez, sans tarder, résolue à me suivre (1761-1764).

Par cette tirade il présente encore son caractère extrême, en montrant qu’il n’a pas d’équilibre dans ses sentiments. De plus, le fait qu’il veuille quitter la société et vivre dans un endroit isolé n’est pas un choix héroïque mais plutôt une fuite lâche et ridicule.

                         Tout bien réfléchi, bien qu’Alceste soit un homme qui ait des critiques légitimes concernant l’idée de l’honnête homme, son manque de contrôle le rend ridicule. Dans un monde où les formalités sont très importantes, il faut trouver un équilibre entre ce qu’on a envie de dire et ce qu’on peut effectivement dire. Même si l’honnêteté est fondamentale, la compassion est indispensable au fonctionnement d’une société.
Bien entendu au XXIe siècle, on sourit de l’idée de l’honnête homme et de la bienséance, vraiment ? N’est-elle pourtant pas toujours pertinente ?

Bibliographie

1. Molière, and Loïc Marcou. Le Misanthrope. Paris: Flammarion, 1997.

 

Jordan Gardner

Théatre XVIIe.

 

Le grotesque au service de l’Humanisme

Hali Wolf

Le grotesque au service de l’Humanisme dans le Gargantua de Rabelais

Gargantua de Rabelais, est une œuvre dans laquelle le rire, le grotesque et la fête s’entremêlent. Cet entrelacement met en relief l’opinion de Rabelais sur la liberté des hommes tout en satirisant l’église catholique et le gouvernement du XVIe siècle. Il semble que la fête soit un élément fondamental du “vivre” pour Rabelais. Même dans son prologue il avoue avoir écrit Gargantua pendant ses heures de la table alors qu’il buvait et mangeait avec ces amis. Tout au long du livre the-childhood-of-gargantuaRabelais associe la fête avec le bonheur, la socialisation, la liberté, et la créativité. Par exemple, au chapitre 24, Gargantua, après avoir appris de nombreuses chose dans ses livres et ses lectures, quitte la ville avec Ponocrates, et tous les deux “ passent toute la journée à faire la plus grande chère qu’ils peuvent imaginer, s’amusant, buvant, jouant, chantant, dansant…”(178). Cette fête a soulagé la violente tension de l’esprit de Gargantua, et ironiquement lui a donné l’envie d’apprendre plus. La fête n’était alors plus un péché a condamner, mais plutôt une expérience d’apprentissage.

Il est donné à l’idée du grotesque ou des faits et les actions ridicules tout autant d’importance dans cette œuvre, car le grotesque sert à renforcer les concepts principaux de l’humanisme et à rendre comiques les croyances de l’Église. Rabelais se concentre sur les rituels exigeants et contraignants de l’érudition de Gargantua, en les comparants aux rites chrétiens. En réclamant que Gargantua passe plusieurs années à étudier les textes pour les mémoriser (et après, découvrir qu’ils sont inutiles), Rabelais rabaisse les prêtres et les autres religieux qui passent toutes leurs vie à étudier les textes sacrés. De plus, après la naissance incroyable de Gargantua, Rabelais dit qu’il faut la croire, parce que “les Sorbonnistes disent que la foi consiste à croire en l’absence de preuves,” réclamant clairement que cet événement soit comparable à ceux de la Bible.

Par conséquent, il affirme qu’il faut penser par soi-même, sans permettre aux autres à se contraindre trop dans l’éducation, ce qui est une des idées principales de l’humanisme. Ce mélange du grotesque avec l’humour crée un œuvre qui peut être lue comme une critique de la religion et de l’éducation scolaire ou comme une livre dont le seul but est de faire rire le lecteur.

Jean-François Lamarque, parlons du réchauffement de la planète.

Lyrana Deirdre Hughes

Jean-François Lamarque, parlons du réchauffement de la planète.

Docteur Lamarque a un PhD en Physique 1993. Il est chercheur (Scientifique III) à NCAR(National Center for Atmospheric Research)  à Boulder au Colorado.

Lyrana Hughes : On dit que le changement climatique est le problème d’aujourd’hui, il aura de grandes répercussions et on ne les connaît pas encore toutes. Une de vos missions est de faire des modèles, est-ce qu’ils nous informent sur ce qui va nous arriver ?

Dct JF Lamarque

Lamarque : Ils nous informent jusqu’à un certain point. Les modèles ont des capacités de reproduire certains phénomènes et d’autre pas. Ils sont surtout liés aux manières dont les processus sont représentés et aussi le degré d’échelle que le modèle  peut représenter. Donc il y a certaines choses qu’un modèle peut faire d’une manière assez représentative et des choses qu’il ne peut pas faire. Et donc un des problèmes à l’utilisation d’un modèle c’est de savoir quelle est la partie qu’on peut accepter et quelle est la partie qu’on ne peut pas accepter. Et donc on a besoin de le comparer beaucoup aux observations et donc ça nous donne une évaluation (en tous cas par rapport à ce qu’on connait maintenant et aussi au système présent) comment un modèle se comporte dans la représentation de certains phénomènes.

 

Hughes : Quelle sera votre contribution au cinquième Rapport d’évaluation du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et quel est le but de ce document ?

Lamarque : Alors, ma contribution sera dans le chapitre 8 sur ce qu’on appelle le forçage radiatif. Le forçage radiatif c’est en gros essayer de définir comment l’atmosphère va être poussé vers un réchauffement ou un refroidissement en fonction du changement de concentration d’espèces chimiques. Donc par exemple si on change le CO2 dans l’atmosphère on peut calculer quelle est la quantité d’énergie solaire ou venant du sol qui va être absorbée dans l’atmosphère par le CO2.

 

Hughes : Si un citoyen ordinaire, voulait faire un changement positif dans sa vie pour atténuer le changement du climat Quel est le geste de tous les jours qui a le plus d’impact ?

Lamarque : Une chose qu’on discute beaucoup dans ces temps-ci, c’est en fait que n’importe quelle quantité de CO2, dioxine carbone, qui est émise dans l’atmosphère va conduire à un réchauffement. Et en fait c’est quelque chose qui va être là pour…cet impact va durer pendant des dizaines, des centaines, et jusqu’à un certain point des milliers d’années. Donc tout ce qu’on fait maintenant qui requiert une utilisation de fuel, va avoir un impact bien bien bien après l’époque où on sera mort et nos enfants et leurs enfants et leurs enfants. Donc je crois que toute limitation d’utilisation d’hydrocarbure est bonne. En tant que personne, on peut essayer de limiter autant que possible les émissions qui sont liées au carbone. Mieux isoler sa maison, moins conduire, d’une certaine manière acheter des produits locaux, tout ce qui peut réduire une consommation de fuel peut aider.

Du temps qui s’inverse indéfiniment

Lise Bloom

Du temps qui s’inverse indéfiniment dans Stricteternum

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Le concept du temps est souvent exploré en cinématographie. Dans le court-métrage, « Stricteternum », réalisé par Didier Fontan, le passage du temps va-et-vient en circuit fermé dans une boule de neige. Le temps est parfois interrompu par une clé, qui le déplace temporairement.

L’image de la clé est introduite quand le personnage principal a besoin d’une clé de 32 pour réparer sa voiture. Sa femme déconcertée lui propose une série de clé, toutes sont là, sauf celle de 32. Un nain de jardin qui regarde l’homme désemparé arbore fièrement une clé… plus tard la symbole de l clé réapparait dans le générique du programme télévisé que la femme regarde sans cesse. A la fin, c’est lorsqu’une femme remonte la clé de la boule de de neige que le temps dans la boule est inversé, et avec lui les rôles et les dialogues le sont aussi.

Parce qu’en tournant la clé, la femme a inversé l’espace temporel de l’univers  de la boule de neige. Soudain les dialogues sont inversés, non seulement l’homme et la femme échangent leur rôle mais leurs dialogues sont inversés chronologiquement. C’est ce processus qui sert de mesure au temps dans la boule, un cycle de vie correspond au déroulement d’un dialogue. c’est lors qu’on comprend que les personnages sont prisonniers et qu’ils ont perdu tout libre arbitre.

La liaison entre les deux personnages n’est pas l’amour, mais ce cycle répétitif dans le prison de verre. la clé est alors le symbole du contrôle de la vie. celui qui trouve la clé peut contrôler son destin. Notre personnage va alors passé sa vie entière à chercher une clé qu’il ne peut trouver et sans laquelle il ne sera jamais libre. Mais la cherche-t-il vraiment ? Il semble être soumis à cette répétition et accepter son destin.

Finalement, le réalisateur de Stricteternum utilise les motifs de la répétition et de l’éternité pour communiquer le thème de la relation de l’homme à son espace.

Tant que l’homme ne possède pas la clé de la vie, il ne peut être libre.

Miguel Bonneyfoy : de l’exil au voyage

Wiebke Mason

Né en France, Miguel Bonneyfoy a grandi au Venezuela et au Portugal. En 2009, il a remporté le Grand Prix de la Nouvelle de la Sorbonne Nouvelle avec La Maison et le Voleur. Il a ensuite publié Quand on enferma le labyrinthe dans le Minotaure (edizione del Giano, Rome, 2009) et Naufrages (éditions Quespire, Paris, 2011) remarqué au Prix de l’Inaperçu 2012. En 2013, Prix du Jeune Ecrivain avec Icare et autres nouvelles (Buchet-Chastel, Paris, 2013). Le Voyage d’Octavio (Rivages, Paris, 2015) son premier roman, fut finaliste du Prix Goncourt du Premier Roman, Prix Edmée de la Rochefoucauld, Prix L’Ile aux Livres, Prix de la Vocation, Mention Spéciale du Jury au Prix des Cinq Continents et Prix Fénéon. En 2016, il a publié Jungle aux éditions Paulsen.

PORTRAITS

Q : Vous décrivez des situations et des personnages “exotiques”, comme dans le Voyage d’Octavio, pensez-vous que l’usage du français exotise votre analyse et vous positionne en observateur ?

R : En effet ce n’est pas nouveau que la langue française soit au service de la tropicalisation des termes. Quand on lit par exemple le Père Labar, Césaire, ou certains écrivains antillais, je pense par exemple à Lyonel Trouillot, on peut retrouver là, un français qui est tropicalisé, qui est exotisé. Un français dans lequel on trouve des termes qui essaient de rendre à la langue plus de fasteté, plus d’étendue, qui ramifie qui flexibilise le français en lui donnant, notamment avec les nouveaux termes, mais également avec une sorte de manière de tordre le français pour pouvoir le soumettre à une nature qui ne rassemble pas à la nature européenne. Donc, peut-être que dans Le Voyage d’Octavio on peut retrouver cet héritage. Il peut se positionner dans cette lignée de roman qui essaie de prendre le français pour parler de terres, d’une nature, de climats, de situation qui n’ont peut-être rien avoir avec la France. Alors, en effet, Le Voyage d’Octavio se trouve à ce niveau-là. Je ne pense cependant pas avoir inventé grand chose, mais tout simplement avoir pris des termes d’un français parfois désuet et l’avoir croisé avec un imaginaire vénézuélien, un imaginaire caribéen, comme on le retrouve dans énormément de livres.

Q : Les titres de vos romans font souvent appel au voyage ou à l’évasion “naufrage, Icare, labyrinthe, voyage”, pensez-vous que votre voix (dans le sens de la voix de l’auteur) est celle d’un éternel voyageur ?

R : Sans doute. Je pense qu’on écrit d’abord sur ce qu’on connaît. Moi, je connais le voyage, puisqu’il a constitué ma vie comme pour beaucoup de personnes. Alors au moment, bien entendu, de faire des fictions, des autofictions ou même de faire des structures ou des édifices narratifs avec d’autres personnages fictifs et bien il est évident que le voyage revient, que l’idée de l’ailleurs, que l’idée du départ, que l’idée de l’exil est sans cesse au centre de la préoccupation. Donc, il peut y avoir là dans les titres qu’on retrouve, et bien un écho, un reflet de ce qu’il y a dans les livres. Cependant, moi je ne suis qu’à l’aube de ma plume, à l’orée d’un chemin, donc je pense que ça va finir probablement par changer et que les prochains titres auront quelque chose de plus immobile.

Aimé Césaire, armes miraculeuses

aiméDétruire, défendre, ou digérer ? La littérature comme cannibalisme

Quand Aimé Césaire a nommé les mots « les armes miraculeuses », il n’était pas le premier à associer le langage à la possibilité de la violence. Les partisans de la négritude comme Césaire, les surréalistes comme André Breton et d’autres ont exploré le potentiel des mots pour gagner le pouvoir et même effectuer la révolution. Mais étroitement liée est la question de la violence de l’écriture dans un sens plus négatif : si l’écriture est un moyen imparfait et peut-être inauthentique d’exprimer nos pensées, elle a la possibilité de détruire quelque chose.

Ces questions sur le pouvoir et l’authenticité du langage écrit, ainsi que ceux des langues elles-mêmes, surviennent dans le discours de Maryse Condé « Language and Power : Words as Miraculous Weapons » (CLA Journal 39.1 [1995] : 18-25). Commençant ses propos avec l’idée d’Aimé Césaire des « armes miraculeuses », elle la suit avec une citation de sa femme, Suzanne Césaire : « La poésie martiniquaise sera cannibale ou ne sera pas. » Condé glose cette citation avec l’explication que, selon Suzanne Césaire, il faut le « cannibalisme » dans une poésie francophone pour détruire l’influence européenne et ainsi redécouvrir la vraie identité caribéenne (18). Mais la signification du cannibalisme est plus riche qu’une simple destruction de l’autre : il suggère aussi une appropriation, par définition une prise de l’autre en soi. L’usage de ce mot commence donc à introduire le relativisme dans les débats sur l’authenticité et l’artificialité linguistique : il est difficile de distinguer ce qui est tout à soi et tout à l’autre, dans la langue ainsi que dans la culture.

Condé prend ce point de vue quand elle parle de la controverse de « l’authenticité » de la langue française dans un contexte créole. Certains, dit Condé, ont critiqué Césaire pour avoir utilisé le français pour écrire, soutenant que cette langue est « inauthentique » et qu’elle représente le pouvoir colonial. Mais cette accusation devient un peu ironique à la lumière de l’histoire coloniale : au lieu d’être imposée, la langue française était par contre « volée » par les esclaves, qui ont utilisé le français pour s’éduquer et, de cette façon, se rebeller (22). Il semble, alors, que le mouvement moderne de la négritude n’est pas la première fois que les francophones poussent à la « cannibalisation » du pouvoir dominant à travers la langue. Avec cette appropriation initiale, ils ont pris quelque chose aux Français et l’ont utilisé pour développer leurs propres « armes miraculeuses ».

Condé conclut son discours en rendant cette dispute sur l’authenticité encore plus relativiste, avec la position que les écrivains n’ont pas de langue maternelle : en écrivant, chacun doit créer sa propre langue pour s’exprimer. Pour cette raison, toute conception de l’authenticité n’est qu’une illusion (22-23). Cet argument renvoie encore une fois à l’idée de la littérature comme cannibale. Elle a le pouvoir d’être puissante, même agressive, mais elle ne gagne pas ce pouvoir simplement d’elle-même, le prenant plutôt d’une multiplicité de sources. Ayant ingéré et digéré ces sources variées, y compris non seulement la diversité des expériences historiques et culturelles mais aussi la gamme de possibilités linguistiques et significatives contenue dans une seule langue, l’écrivain peut coudre un langage qui vit et qui résonne.

Marisa Ikert, Whitman College, Walla Walla, WA

“La vie d’Adèle”, un bateau perdu dans l’océan

Une critique de Jared Shapiro

La vie d’Adèle, un bateau perdu dans l’océan

La vie d’Adèle l’adaptation d’une bande dessinée française, « Le bleu est une couleur chaude », écrit par Julie Maroh en 2010. Abdellatif Kechiche, le réalisateur, dit que “c’est avant tout un film sur la rupture,” et qu’il donne une nostalgie de l’adolescence. Les acteurs, Adèle Exarchopolous et Léa Seydoux, n’ont jamais joué ensemble avant le tournage, mais toutes deux disent que c’était une expérience vraiment bouleversante.

Une porte s’ouvre sur le chant des oiseaux dans l’air, et une jeune fille sort en mettant son chapeau de laine. Pendant qu’elle marche vers un carrefour, la caméra reste derrière elle et la suit. Un autobus s’arrête au carrefour, puis repart et la jeune fille court après lui.

Adèle est une élève de littérature en première année de lycée. En dehors de son cours de français, elle cherche l’amour avec ses amies. Kechiche nous montre l’émotion et la puissance de l’amour en utilisant beaucoup de gros plans et de scènes avec les dialogues longs. Le réalisateur cherche à montrer la nostalgie et la rupture, et comment on peut se mettre d’une rupture.

Ce film n’est pas pour tout le monde. Ceux qui aiment les films lents, sérieux, ou artistiques en profiteront, mais si vous allez au cinéma pour le divertissement, vous risquez de vous ennuyer. J’adore ce film, il est émouvant et enrichissant ; pourtant, je ne le conseille pas aux plus jeunes à cause des scènes érotiques et réalistes qui pourraient perturber certains.

Brève de tournage : Quand le film est sorti en 2013, le Spiac-CGT (syndicat des professionnels de l’industrie de l’audiovisuel et du cinéma) s’est plaint à cause “des horaires de travail anarchiques.” En décembre 2015, un groupe catholique, Promouvoir, a réussi à annuler le visa d’exploitation du film à cause des “scènes de sexe réalistes de nature à heurter la sensibilité du jeune public,“ auquel Kechiche a répondu en admettant que c’est une décision plutôt “saine.”

Technique : Dans ce film il n’y a pas de Steadicam (stabilisateur de caméra) ce qui rend l’action très crédible, tangible et humaine. La caméra est portée à l’épaule et suit les personnages librement. Grâce aux gros plans et aux travellings, les spectateurs se sentent vraiment proche de ce qui se passe sur l’écran. Il n’y a pas d’artifice dans ce film donc la caméra ne doit pas sembler artificielle non plus et l’on peut considérer que le réalisateur propose un documentaire fictionnel intimiste.

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Image : Ici on voit un plan moyen qui montre Adèle toute seule sur un banc bleu (qui rappelle le titre de la bande dessinée « le bleu est une couleur chaude ». Elle, au milieu du cadre, regarde tristement à gauche, les yeux baissés. Le cadre est légèrement décentré mais il est rééquilibré par le regard d’Adèle. Kechiche utilise trois couleurs distinctes pour diviser l’écran en trois du haut en bas. Le rose du cerisier, le vert du buisson, et le bleu du banc et de l’asphalte. Même dans ce cadre équilibré symétrique, Adèle a honte et elle se sent seule. Elle est isolée sur le banc au milieu du trottoir comme un bateau perdu dans l’océan.

http://www.lemonde.fr/cinema/article/2015/12/09/la-justice-annule-le-visa-d-exploitation-de-la-vie-d-adele_4827785_3476.html


http://www.lemonde.fr/festival-de-cannes/article/2013/05/23/une-manifestation-contre-les-conditions-de-tournage-de-la-vie-d-adele_3416426_766360.html

 

Le Triangle des réflexions

Le Triangle des réflexions dans la Salle de bain de Toussaint

Jean-Philippe Toussaint a écrit La Salle de bain en 1985. C’est vraiment une contribution très unique à la littérature mondiale. En 1989, un film basé sur ce livre est réalisé par John Lvoff. L’histoire est racontée du point de vue du personnage principal, mais son nom n’est jamais mentionné. Il est chercheur et c’est un homme réservé, qui décide de passer son temps dans la salle de bain. La majorité de l’action se déroule à Paris et à Venise. «Je» passe ses journées à regarder les miroirs, les fenêtres et les murs, à jouer aux fléchettes, à écouter des matches de football, et surtout se contente d’observer le monde autour de lui, sans jamais vraiment y  perpacuteparticiper.  Le style distinctif de Toussaint exprime avec succès une histoire qui serait autrement assez ennuyeuse.  La série de morceaux de textes numérotés et la structure des trois parties du livre aident à développer la personnalité unique de «Je », qui créent une histoire profonde.

Jean-Philippe Toussaint est connu pour son style minimaliste. Le titre, l’apparence et l’écriture du livre sont très simples. Cependant, grâce à ce style unique, il excelle pour dépeindre des idées complexes philosophiques à travers l’histoire de la vie quotidienne, racontée du personnage principal.

Dans chaque section on trouve une série de morceaux de texte numérotés, mais beaucoup ne sont pas vraiment des paragraphes. Cette structure unique du texte est utilisée pour simuler les processus de pensée de «Je». Étant donné que la caractéristique d’être observateur de la vie est si importante dans sa personnalité, cette structure est très importante pour l’idée générale du livre. Beaucoup de ces morceaux de texte n’ont pas de début ni de fin distincts , et encore moins d’objectif spécifique.  Cela démontre le caractère aléatoire et incomplet de beaucoup de ses pensées et aide le lecteur à voir par ses yeux.

Les trois parties du livre, structurées comme un triangle, créent un arrangement unique qui pourrait impliquer que l’ordre des parties est différent de la réalité.  Le livre commence avec «Je» dans son appartement à Paris, puis son passage à Venise et puis il retourne à Paris.  Même si c’est l’ordre dans lequel l’histoire est racontée dans le livre, il est possible que l’histoire entière soit réellement dite seulement de la salle de bain dans l’appartement à Paris et la seconde partie, l’hypoténuse, est seulement le souvenir de son séjour à Venise. Ses flash-backs sur la soirée avec les locataires précédents et le dîner de pendaison de crémaillère sont d’autres exemples de ses souvenirs qu’il médite pendant son séjour dans la baignoire. La structure d’un triangle symbolise le fait qu’il n’y a pas de début ni de fin à l’histoire, que ce triangle forme en quelque sorte un cercle.

En plus de cette structure, il y a aussi d’autres aspects de l’histoire qui pourrait être représentés avec un triangle.  Un exemple, les triangles sociaux que «je» rencontre souvent. Le premier est le triangle entre «Je», l’aspect féminin et l’aspect masculin d’Edmondsson, qui aident à compléter sa personnalité.  Pendant son séjour à Venise, il passe du temps avec son médecin et sa femme, un autre triangle social. Dans le flashback du dîner avec les locataires précédents dans leur appartement, «Je» est laissé seul avec les deux locataires qui mène à une autre situation sociale inconfortable. Ces triangles sociaux contribueront à accentuer sa personnalité en démontrant qu’il préfère être seul et observer les gens autour de lui.

La personnalité de «Je» est ce qui rend ce livre intéressant et même comique à certains moments. Après avoir appris à le connaître à travers l’histoire, il est évident qu’il n’y a pas de véritable motif derrière ses actions, sauf qu’il fait tout avec l’objectif d’observer. Bien que cela lui cause d’avoir une vie que beaucoup considéreraient assez ennuyeuse, il semble s’en contenter. En raison de sa personnalité et de son personnage qui sont si importants de l’histoire, le narrateur utilise un style et une structure pour exprimer sa personnalité. Aussi, la plupart de l’histoire est au passé, donc il raconte ses observations et expériences à l’abri de la salle de bain.

Parfois, il semble intéressé à avoir une vie plus excitante, mais il n’a jamais fait réellement quelque chose pour la changer. Par exemple, il reçoit une invitation à un événement à l’ambassade d’Autriche et il insiste c’est parce que il y avait une erreur. Toutefois, il ne peut pas arrêter de fantasmer sur sa participation à l’événement, même s’il ne le fera jamais dans la réalité. Même quand il décide de sortir de sa vie quotidienne normale et d’aller spontanément à Venise, il ne fait jamais rien de nouveau. Il passe toujours ses journées assis dans l’hôtel, à écouter des jeux de football, regardant les fenêtres et les miroirs, et surtout, observant les gens.  Ses observations l’amènent constamment à penser méthodiquement sur des choses auxquelles les gens n’auraient normalement pas pensé, par exemple comment on devrait observer la chute de la pluie ou ce qui est effrayant dans le passage du temps.

La personnalité de «Je» et la structure de l’écriture rendent ce livre très original. C’est une histoire extraordinairement simple qui examine les aspects les plus larges de la vie, tels que le passage du temps et des interactions sociales. L’auteur laisse au lecteur décider les sens de cette histoire abstraite et d’extraire les idées philosophiques profondes de la vie quotidienne d’un homme singulier. Peut-être nous pourrions apprendre en tentant d’observant le monde comme «Je» le voit.

Le macho de service

Lise Bloom

Le Macho de service

Stallone, publié par Gallimard en 2003, est une nouvelle d’Emmanuèle Bernheim (1955).  La Parisienne est l’auteur de Le Cran d’arrêt (1985) et Un Couple (1988) en plus de Sa Femme qui a gagné le Prix Médicis en 1993. Sa nouvelle Vendredi soir (1998) a été adaptée au cinéma par Claire Denis. Comme scénariste Bernheim a collaboré avec François Ozon sur Sous le sa sable (2001) Swimming Pool (2003) et 5×2 (2004).

Dans Stallone, un œuvre de moins de soixante pages, Bernheim lie l’histoire de son héroïne aux films de Sylvester Stallone, à commencer par Rocky III. Ce film appartient à une série de suites du premier film Rocky qui a fait un tabac en 1976. La suite traite de la valeur du travail dur en exprimant le fait que tout est possible avec un peu de talent et beaucoup de sueur. Donc, c’est l’expression du rêve américain, bien que ces idées soient un peu simplistes. De son côté, la nouvelle nous présente une héroïne française qui se coule dans le moule d’un héros de tragédie classique. Cependant, cette nouvelle minimaliste a l’air de se moquer des conventions, celles des Américains en plus de celles des Français. Ainsi, Bernheim nous offre un conte qui est à la fois émouvant et drôle.

Stallone se déroule entre les années 1982 et 1997, entre les débuts de Rocky III et Copland. La nouvelle s’axe sur la vie d’une Parisienne qui n’a que vingt-cinq ans quand l’histoire commence. Cet ouvrage parle des choses imprévues qui peuvent changer le cours de notre vie. De plus, il montre la difficulté, même de nos jours, de surmonter la pression de devenir une femme traditionnelle.

Au commencement de la nouvelle, nous sommes dans une salle sombre de cinéma en 1982 avec une jeune Parisienne qui vient de regarder Rocky III. Bouleversée, elle refuse de bouger.  Mais ce manque d’activité est comme le commencement d’une course juste avant que le revolver ne tire. Après avoir quitté le cinéma, et son amant, l’héroïne commence à courir. Elle commence ainsi à échapper aux contraintes de sa vie qui l’empêchent d’atteindre ses rêves. Comme Rocky Balboa elle se refait et se bat pour l’opportunité de réaliser tout ce qu’elle peut devenir.

À première vue, Sylvester Stallone est un sujet étrange pour une auteur qui traite des problèmes auxquelles les femmes doivent faire face. Il n’a pas la réputation d’un intellectuel sensible, il est plutôt perçu comme un homme rustre. Les personnages qu’il joue sont des incarnations du machisme. Cependant, il y a des correspondances très révélatrices entre Stallone et Bernheim. Les deux ont écrits des scénarios. Ils partagent aussi la tendance de ne pas trop parler. Bernheim est maîtresse du minimalisme tandis que les personnages que Stallone joue sont tous très laconique. De plus, le premier Rocky a montré une sorte de minimalisme en disposant d’un budget modeste de moins d’un million dollars.

En se servant de Stallone comme modèle pour une jeune femme qui combat les tendances chauvinistes de la société, Bernheim crée une drôle d’image. Néanmoins, c’est une juxtaposition très éclairante. Alors que la nouvelle se déroule, nous comprenons que l’héroïne ne veut pas trouver un homme comme Stallone. Elle ne s’intéresse pas à un homme qui aime les sports de combat.  Au contraire, c’est elle qui se battra pour son droit de devenir tout ce qu’elle désire. Elle ne veut pas jouer un rôle conventionnel. Son choix de modèle n’est que la première preuve de son désir de détruire les stéréotypes sexuels. De plus, elle traite Stallone d’égal à égal. Loin de le placer sur un piédestal, elle admet les faiblesses que Stallone a lui-même. Parce qu’il lui a servi d’inspiration, elle aimerait l’aider s’il était jamais dans le besoin.

Pendant un entretien avec son éditeur, Gallimard, en 2002, Bernheim a dit : «Et enfin, à la différence de tout ce que j’ai écrit jusqu’à présent, il ne s’agit pas d’une histoire de désir, ni d’une rencontre érotique…
  Décidément, Stallone c’est autre chose…»[1] La morale de cette histoire est très simplement : si nous n’aimons pas ce que nous voyons dans le miroir, nous pouvons le changer. Mais Bernheim étend les possibilités, elle  réclame les héros des films d’action pour les femmes. Rocky pourquoi n’est-il pas de «chick flick» ? Dans cette nouvelle, l’héroïne essaye d’échapper aux stéréotypes.  Le public est aussi invité à abandonner ses préjuges, à voir, par exemple, Rocky Balboa comme un modèle idéal pour une femme. Dans cette nouvelle, décidément, Stallone c’est autre chose.