Le Flux de conscience

Elizabeth Marie West

Le Flux de conscience dans la Salle de bain de JP Toussaint

Le livre La salle de bain rédigé en 1985 par Jean-Philippe Toussaint et réalisé au cinéma par John Lvoff en 1989 fournit un aperçu unique dans la vie du personnage sans nom, qui s’appelle « Je ». Ce personnage n’a pas de nom parce qu’il est juste un flot de mots, d’ idées et des commentaires. Il ne peut pas s’entendre avec les autres parce qu’il les observe et les voit comme sujets. Il est chercheur mais il se voit comme un sujet. Le style de flux de conscience facilite cette déformation professionnelle. Le style dans lequel Toussaint écrit exemplifie la nature du personnage « Je ». Il montre la séparation qu’il a avec les autres.

L’écriture est flux de conscience. Par exemple, les paragraphes sont courts comme les idées fugaces. De temps en temps il n’y a pas une ligne commune entre les paragraphes mais des idées désordonnées comme si elles suivaient un fil de pensées. Les mots, les observations et les idées semblent n’avoir pas d’intrigue spécifique. Ils sont instantanés dans la vie de « Je » comme les paragraphes 7 et 14 de la deuxième partie, « Je ne descendis pas déjeuner » et “Le lendemain, je me réveillai de bonne heure, passai une journée calme. » Bien que le style appelle le flux de conscience, les paragraphes et les phrases n’ont pas un flot complet comme les histoires américaines et les romans américains dont on a l’habitude. Contrairement aux autres personnages « Je » ne les établit pas bien, indiquant qu’il aime mieux examiner le monde autour de lui et constate qu’il passe plutôt que de participer à ces événements. On peut l’observer quand le personnage « Je » contemple le rue en dessous de lui regardant le déluge de la pluie. Ce style donne une perspicacité unique chez un observateur strict.

« Je » relate seulement ce qu’il voit mais il reflète rarement la signification de ces événements. Il ne parle presque jamais avec personne à part Edmondsson. Quand il parle avec les autres, il n’obtient que l’information essentielle d’eux ou participe à la conversation la plus minimale. « Je » ne peut pas et il ne veut pas s’entendre avec quelqu’un comme le montre le passage au chapitre 1 « Je craignais de rencontrer quiconque. Parfois, un profil entraperçu m’effrayait… la vue de son visage inconnu me soulageait… » Il adore Edmondsson, mais il ne peut pas exprimer cet amour. Quand Edmondsson arrive à Venise ils semblent être un couple amoureux mais pendant que l’histoire progresse « Je » cesse de l’écouter elle et il n’entend seulement que le commentaire qui coure dans sa tête. Il ne comprend pas l’implication de son sentiment qui le gêne. Il se regarde dans le miroir ou il joue aux fléchettes essayant de se résoudre lui-même. Par exemple, chapitre 62 de la deuxième partie « Lorsque je jouais aux fléchettes, j’étais calme, détendu. Je me sentais apaisé. Le vide me gagnait progressivement et je m’en pénétrais jusqu’à ce que disparût toute trace de tension dans mon esprit. »

Alors le personnage « Je » est extrêmement égoïste. Ce qui est montré dans le passage « Il m’indiqua rapidement une direction du doigt et voulut m’éviter pour continuer sa route, mais, lui bloquant courtoisement le passage, je lui demandai quelques éclaircissements. A ce moment-là, il s’immobile vraiment et, prenant la peine de se retourner, avec beaucoup de patience, me donna toutes les indications nécessaires. ». Ceci indique qu’il demande aux autres d’abandonner leur propre échappée pour sa propre satisfaction. C’est un acte très narcissique. Son obsession avec lui-même ne lui permet pas de créer un rapport avec quelqu’un d’autre. Quand Edmondsson a un problème avec « Je » il la quitte et il fait ce qu’il veut sans respect. Il se gèle dans sa solitude pendant qu’il observe le passage du temps dans le miroir.

Donc, le personnage « Je » ne peut pas créer et maintenir de rapports parce qu’il est si distrait et concentré sur des détails mineurs de la scène environnante. Le flux de conscience communique sa difficulté à avoir une vie sociale réussie. Le message qui peut être perçu est que si nous sommes distraits par les composants environnants et les événements individuels, plutôt d’avoir une vue d’ensemble de l’être et du vivre, il ne sera jamais possible de réussir sa vie.

« Les Chats » et l’importance du choix des mots

En 1857, Charles Baudelaire a publié Les Fleurs du Mal, la plus célèbre collection de ses poèmes.  Parce que les poèmes sont si populaires, ils ont été traduits à maintes reprises, mais certains ignorent le champ linguistique de Baudelaire et perdent ses sentiments. Ce morceau sera une réflexion sur un des poèmes de sa collection, « Les Chats, » et une de ses traductions anglaises. Qu’arrive-t-il quand un traducteur ignore les connotations des mots et se concentre plutôt sur les vers ? Cet article analyse une traduction de « Les Chats » par Roy Campbell, et finalement il offrira une nouvelle traduction.baudelaire

Dans la première strophe, Campbell traduit assez bien les sentiments de Baudelaire ; pourtant, il n’accentue pas les paradoxes. Par exemple, dans la première ligne, Campbell traduit « ferventes » comme « fervent » et « austères » comme « austere ». Oui, ces mots sont les traductions les plus directes entre les deux langues, mais ne sont pas assez forts pour distinguer les émotions provoquées par les deux mots en français. Un autre paradoxe apparaît dans la troisième ligne : « Les chats, puissants et doux ».  Baudelaire veut dire qu’ils possèdent une force qui est tempérée par leur douceur. Cependant Campbell les traduit directement et l’essence de ces mots opposés est perdue : il les décrit comme « strong, mild, » mots qui ne montrent pas l’opposition binaire que Baudelaire affiche partout dans le poème. Dans la dernière ligne de cette strophe, Campbell ajoute des mots, dont « chilly stealth » et « sedentary sloth », qui n’apparaissent nulle part dans l’écriture originale.

La deuxième strophe commence avec un nouveau paradoxe : « Amis de la science et de la volupté ». Campbell pense qu’une substitution pour le mot « volupté » est « lust ». En anglais les connotations pour « lust » sont brutes et vulgaires ; la volupté n’est pas le désir sexuel mais le plaisir exquis. Ensuite, dans la troisième strophe, Campbell semble inventer de nouveaux sentiments. Dès son début, il donne l’impression que les chats rêvent, mais, dans le texte original de Baudelaire, ils semblent seulement appartenir à un rêve où ils sont aussi nobles que les sphinx. Campbell traduit « des solitudes » comme « the gloom, » mais ce n’est pas du tout le sens du mot. De plus, Campbell dit que ce sont les chats « that seem to swoon into an endless trance », mais ils ne défaillent pas et ils ne sont pas dans une transe.

Campbell finit sa traduction de la même manière. Dans la premier ligne de la quatrième strophe, il engendre ces mots comme « tingle, » « shingle, » et « glance, » des mots dont le sens n’apparaît pas dans le poème. Il semble que le choix de mots est négligé en faveur de vers ; Campbell ne se soucie guère du sens réel ni du sentiment que Baudelaire essaie de transmettre. Par conséquent, il a créé un poème maladroit qui ne frappe ni l’oreille ni l’œil avec la même beauté que le morceau original de Baudelaire. Une nouvelle traduction de ce poème, cependant, manifeste la passion et mystère derrière l’original :

Cats

Fiery lovers and ascetic scholars

Equally love, in their ripe season,

Powerful yet delicate cats, pride of the house,

Who like them are distant and still.

 

Friends of erudition and pleasure

They search for the silence and terror of darkness

Erebus would make them his funeral messengers,

If toward servitude they could incline their pride.
They take in abstraction the noble attitudes

Of the grand sphinxes protracted at the bottom of their solitudes,

Who seem to sleep in a dream without end;

 

Their fertile loins have many magical sparks,

And particles of gold, like fine sand,

Glimmer starlike in their mysterious eyes.

– Erika Sparby, 2011

 

Les Chats

Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires

Amis de la science et de la volupté
Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres;
L’Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin;

Leurs reins féconds sont plein d’étincelles magiques
Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

Baudelaire, Les fleurs du mal

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, Poche : 158 pages, Editeur : Librio (5 mars 2004). Collection : Librio Poésie. Langue : Français. ISBN-10: 2290339075

La charte de la laïcité communique-t-elle vraiment le bon message aux jeunes ?

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Joseph Bonner,

La charte de la laïcité communique-t-elle vraiment le bon message aux jeunes ?

La Laïcité française est née sur les barricades de la révolution, en exécutant leur Roi, les Français ont coupé le cordon ombilical de l’omniprésence religieuse.  La laïcité est ensuite devenue un fondement de la République lorsqu’elle a été intégrée à la constitution. La laïcité est donc une invention française, fruit de son histoire. Devant une telle spécificité on est en droit de se demander: qu’est-ce que la laïcité à la française? Par ailleurs, le fait que la France ait décidé de légiférer sa laïcité pour l’implémenter au sein même de sa constitution, autorise à lier intimement la nation française et son unité à sa laïcisation en en faisant un outil de cohésion et d’équilibre sociétal.

Il existe un débat aujourd’hui en France sur la nécessité des lois sur la laïcité qui, bien qu’historiquement ancrée dans les fondements de la République française, peut sembler à certains inadaptée aux nouvelles donnes politiques, religieuses et, plus simplement, sociétales de la France du XXIème siècle. C’est pourtant une évolution qui semble avoir été prise en compte par le législateur qui a réorienté son discours vers les jeunes en produisant la charte de la laïcité. Néanmoins, certains acteurs se sentent exclus du débat et se demandent si cette nouvelle étape ne va pas focaliser l’attention sur les minorités religieuses.

Le grand débat sur la laïcité que les événements récents ont ouvert (principalement sur le port du foulard à l’école et dans les administrations) a établi un discours qui non seulement a remis en question certains principes de la laïcité extrême, mais aussi la justification qui avait motivée les législateurs au moment de son instauration. Françoise Lorcerie, auteur de ‘‘La République à l’école de l’immigration’’, compare et oppose les mots clé du changement sociétal pour distinguer les raisons pour lesquelles la France a mis en place la laïcité :

Laïcité républicaine vs démocratique, traditionnelle vs nouvelle, laïciste vs ouverte, – vs pluraliste, droits de l’homme contre droit-de-l’hommisme, empiètements de l’état contre influence du cléricalisme. Laïcité qui ‘exige de cantonner’ les particularismes dans ‘la sphère privée’ / objection qu’on en revient à l’ancien régime, où la conscience était reconnue libre mais pas ses manifestations.

Lorcerie explique qu’il existe des forces opposées qui contribuent à l’effort de la France de créer une loi qui bénéficie au bien du pays. Un fondement qui est guidé par la lutte pour éviter l’influence religieuse dans l’espace public et les affaires non religieuses, par exemple la création de la législation. La manière dont elle tente de peser les pensées des législateurs alors qu’ils étaient en train de former cette nouvelle idée est pertinente. À mon avis c’est une réflexion du débat sur la formation du citoyen et sur l’unité républicaine dans les valeurs fondatrices de la république française (liberté, égalité, fraternité) qui soutient que la liberté de chacun s’arrête où celle des autres commence. C’est-à-dire que ce n’est pas la liberté de croire qui est remise en cause mais ses “manifestations” prosélytiques.

Car c’est bien la Révolution française qui a posé les bases de la liberté religieuse et de la séparation de l’État et de l’Église. Iken Hossein, de son côté, met en contexte les événements historiques liés à la formation de la laïcité en disant que:

Les lumières, la révolution française, l’adoption de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et le XIXème siècle apparaît à ce titre déterminant dans la construction de l’idée laïque. Les révolutions successives du XIXème et les changements de régime ont fait bouger les lignes et les frontières entre pouvoir spirituel et temporel. (Hossein)

Et de fait l’histoire montre que la France est en perpétuelle formation, toujours à s’adapter et se construire au travers de la notion de laïcité, en réfection après des siècles d’influence religieuse sur les affaires gouvernementales et législatives. D’ailleurs le mouvement de la laïcité est progressif et est devenu de plus en plus populaire au travers de l’histoire de France, à commencer par la Révolution. Mais c’est Etienne Balibar qui pose les questions essentielles qui troublent le débat actuel :

Est-ce que la laïcité est nécessaire dans la société française moderne? Est-t-il nécessaire d’avoir la laïcité dans la constitution? Même si la fonction de la laïcité est d’éradiquer l’inégalité dans la société, de séparer les pouvoirs politiques de la religion et de prolonger les droits sociaux; est-elle nécessaire?

C’est pourtant sur cette nécessité que les Français sont le plus en accord car pour eux la laïcité est une manière de maintenir la tradition et en même temps un effort pour moderniser la société française et ne pas mettre un groupe social plus bas qu’un autre. Balibar, dans un sens, critique la rigueur de la laïcité et la raison pour laquelle elle produit la discrimination de certaines communautés, elle questionne l’importance de la laïcité dans la constitution et par conséquent se demande s’il est nécessaire de la mettre dans la loi. Et de fait, ce qui différencie la France des autres pays est que la société française moderne semble avoir besoin d’une loi qui décrit la laïcité. Je crois que la laïcité sert à établir un modèle que chaque citoyen doit respecter pour créer l’égalité. La France (en particulier depuis Napoléon) a une attitude très marquée lorsqu’il s’agit de règlementer. Les règles précises sans doute, sont une façon de renforcer le besoin d’égalité pour tous. D’ailleurs, se poser de telles questions aujourd’hui semble assez futile si l’on tient compte du fait qu’il ne s’agit pas d’une décision soudaine mais d’une longue progression en réaction aux abus de la hiérarchie catholique d’influencer la vie des Français.

Il est nécessaire de savoir que la laïcité a pris ses bases dans l’histoire française. C’est-à-dire qu’avant la laïcité, la France avait une grande tradition religieuse surtout le catholicisme, qui influençait et contrôlait perpétuellement le gouvernement et la manière par laquelle les rois régnaient. C’est avec la Révolution que la France a complètement changé la façon de gouverner, cette fois sans les influences religieuses. À travers l’histoire, peu à peu, la laïcité a subi plusieurs changements et fortifications qui ont modernisé la signification et la manière dans laquelle la laïcité doit être implémentée.

La France et son parcours vers la laïcité

Les dates suivantes sont essentielles quand on regarde les événements les plus importants pour la formation de la laïcité:

–      La loi de 1789: L’article 10 de la charte des droits de l’homme et du citoyen proclame la liberté religieuse : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses (…).

Avec la déclaration des droits de l’homme, pour la première fois, la France a produit une législature déclarative définissant les droits humains pour les Français. En créant cette législation des idées et des droits ont été placés entres deux fronts (les ultrareligieux d’un côté et les anticléricaux de l’autre côté). Mais à travers l’histoire (la Révolution) ces fronts se sont effondrés et ont bougé à cause des idées de l’interprétation exacte du concept de droits humains que la France doit inclure.

–      La loi de 1791: La constitution instaure la liberté des cultes.

–      La loi de 1881-1882: Les lois de Jules Ferry instituent l’école publique gratuite, laïque et obligatoire.

–      La loi de 1905: La loi de séparation des Églises et de l’État : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. »

L’auteur de l’article ‘‘Ecole et laïcité : Réflexion autour de la charte de la laïcité’’, Houssein, interprète les évènements historiques qui ont contribué à la laïcité faisant du processus de laïcisation un combat en disant que, « Ce combat débouch[e…] en particulier sur les lois sur l’école de Ferry et plus tard la loi de 1905 de séparation de l’Eglise et de l’Etat. »

–     Les avis des 27 novembre 1989 et 2 novembre 1992 suite aux incidents « du foulard islamique » du Conseil d’État privilégiant une solution au cas a cas.

–      La loi de 1946: Inscription du principe de laïcité dans le Préambule de la constitution. 1946 est la date de première constitutionnalisation de la laïcité. La Constitution du 27 octobre 1946 stipule en son article 1 : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. ».

–      La loi de 1958: « Reprend la formule en lui ajoutant deux phrases, dans son article 2, alinéa 1… La France est un République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race, ou de religion. Elle respect toutes les croyances.

Cette loi marque un tournant parce qu’elle qualifie la République. Les termes indivisibles, laïque, et sociaux sont des adjectifs. Donc le législateur dessine une identité concrète uniformisée qui explique la devise française: liberté, égalité, fraternité. C’est-à-dire que, oui, la laïcité sert bien de lien entre l’unité du peuple et le fonctionnement démocratique du pays.

–      La loi de 15 mars 2004: Loi interdisant, dans les établissements scolaires, le port de signes ostentatoires ou de tenues manifestant une appartenance religieuse.

–      Le circulaire de 2013: La charte de la laïcité transfert des textes législatifs vers un public scolaire, le législateur communique avec les jeunes.

Ces dates sont profondément importantes pour comprendre comment, pourquoi, et quand la laïcité a été construite. Avec les dates et les changements du langage en ce qui concerne la laïcité, on voit que le processus d’intégrer la laïcité a été très précis et calculé. Sans précipitation c’est peu à peu que la France a pu formuler cette nouvelle idée pour avoir la meilleure réponse pour faire face à une société moderne à la française.

Et l’on remarque que le XIXe siècle fut marqué par l’alternance entre l’affirmation de la place privilégiée de la religion catholique et le progrès de l’idée laïque. La loi de 1905, que nous avons déjà abordée, clôt ce mouvement en instaurant la séparation de l’église et de l’Etat, et la République s’affirme laïque tandis que la religion est définitivement cantonnée à la sphère privée. Comme le souligne La Vie Publique, les instituteurs remplacent les prêtres lorsqu’il s’agit de créer un nouveau citoyen moral et républicain pour mettre en place une nation unitaire qui travaille pour le bien de tous. Une nation, dans laquelle les enseignants enseignent avec le même consensus procure une solution qui valorise l’éducation comme objectif et non pas comme dogme.

La laïcité à l’école publique s’est peu à peu imposée, sans remettre en cause l’existence d’écoles privées (la loi Falloux, 1850). La loi de 1882 a imposé la laïcité des programmes et des locaux des écoles publiques. La loi de 1905 instaure une séparation institutionnelle. Le combat laïque se justifie au nom d’une morale républicaine : l’école forme les citoyens, assure l’unité de la nation, les enseignements étant porteurs de l’intérêt général. La querelle de la laïcité s’incarne alors dans la lutte entre l’école publique et l’école privée. (vie-publique.fr)

Le transfert de la législation laïque à l’éducation publique

En effet, au XXe siècle, la question de la laïcité se concentre surtout sur l’école (c’est à dire sur la formation du jeune citoyen républicain), il s’agit de faire de l’école un lieu idéal, égalitaire et fraternel, et le législateur se préoccupe des enseignants. Dans cette continuité, au XXIe siècle le législateur ne tente plus de réformer les institutions (déjà modelées dans le système laïque), mais de communiquer avec les jeunes. Il ne s’agit plus de nettoyer les institutions mais de former un nouveau citoyen à utiliser l’école pour renforcer l’identité française au sein de la diversité. Ainsi plus récemment, la France propose ce nouvel outil qui s’adresse directement aux écoliers: La Charte de la Laïcité. C’est une charte qui apparaît dans chaque école publique en France. La Charte note les règles (venant des lois de la laïcité) qui établissent un modèle attribuant les droits de chaque étudiant et enseignant.

En 2013, les législateurs tentent d’inclure tous les écoliers français dans le processus laïc, avec la circulaire de La Charte de la Laïcité mise dans toutes les écoles publiques. Cette charte propose une liste de règles (dans un langage que les jeunes peuvent comprendre) que chaque écolier français doit suivre pour protéger la formation du libre arbitre pour lui-même dans le respect des autres. Les mots de la Charte sont un reflet de la constitution et des valeurs identitaires françaises. La charte de la laïcité a une fonction déclarative et pédagogique. À quoi ces « valeurs » font-elles référence? Françoise Lorcerie y répond:

Comme tout fait humain, la valeur des « valeurs républicaines » est soumise à l’histoire, c’est-à-dire au changement, – la laïcité ne fait pas exception. Nous sommes aujourd’hui dans une nouvelle période de réélaboration de la laïcité, et bien malin que dirait comment finira par tourner le conflit normatif qui oppose, typiquement, le juge et la philosophie en la matière, et quelle sera la prochaine position du politique. Pourtant une évolution se fait jour.

Après son premier commentaire, Lorcerie explique qu’aujourd’hui la France se trouve dans un monde qui se modernise continuellement, alors il est nécessaire qu’elle s’y adapte. À mon avis, le rôle des valeurs républicaines et leur position dans la laïcité renforcent l’effet de l’évolution de la France « sociétale » et le besoin d’avoir des mots clés qui peuvent évoluer avec le pays; des mots qui ne sont pas morts mais au contraire vivants. Comme tout fait humain, la valeur républicaine est basée sur l’histoire même de la laïcité. Aujourd’hui la laïcité est toujours confrontée avec de nouveaux défîtes qui viennent avec l’évolution de la société. Il y aura toujours ceux qui prennent les divers points de vus, ceux pour lesquels la laïcité doit évoluer constamment pour rester adaptée au monde. Les mots clé de la laïcité se trouvent dans le lexique de la constitution, « La France est indivisible, laïque, démocratique, sociale, » le lien est fait, le message est explicite.

Il existe quinze articles qui mettent en œuvre les règles pour les écoles publiques. Il est nécessaire d’insister sur l’utilisation d’un langage approprié pour s’adresser aux moins de dix-sept ans. Comme le souligne Paul Airiau,

Le vocabulaire sera notamment considéré comme révélateur. Il permettra de déboucher sur une interrogation à propos du statut et de la fonction accordée à la laïcité, à propos de ce qui est censé s’y opposer absolument, de ce qui peut être public et ce qui doit être privé.

Ce principe est fondamental pour comprendre les mots de la Charte. C’est-à-dire qu’en créant la Charte, le gouvernement s’est investi pour formuler le langage adapté aux jeunes pour une vraie compréhension de la laïcité. Chaque ponctuation et chaque mot sont destinés à souligner l’importance de la Charte. Un lexique précis permet d’ouvrir un débat à l’école dans un espace commun, ce qui est fondamental à l’acceptation des principes. Il faut noter que la Charte n’existe pas pour interdire certains groupes, mais pour protéger chaque écolier. J’analyserai quatre articles, le troisième, le sixième, le huitième et le quatorzième.

–          Article 3: La laïcité garantit la liberté de conscience tous. Chacun est libre de croire ou de ne pas croire. Elle permet la libre expression de ses convictions, dans le respect de celles d’autrui et dans les limites de l’ordre public. (MED)

L’article 3 est révélateur de l’empreinte toujours présente de l’époque des lumières qui a profondément imprégné l’identité française. Cette notion de liberté d’expression se retrouve chez tous les grands penseurs qui ont marqués la France. Par exemple, chez Malesherbes qui assure, que « La liberté de la discussion est le moyen sûr de faire connaître à une nation la vérité. » Le mot clé est la discussion. C’est-à-dire que si on habite un pays où l’on n’a pas le droit de d’exprimer nos propres opinions et convictions on manque un aspect fondamental de la liberté humaine. En plus, le fait que chacun est libre de croire ou de ne pas croire comme le précise George Bernanos qui a dit, « Une pensée qui n’agit pas n’est pas grand-chose, et une action qui ne se pense pas, ce n’est rien, » est un attribut d’une société libre et démocratique. Si on n’explique pas nos sentiments en ce qui concerne l’injustice ou une loi que l’on considère arbitraire on oublie ses devoirs, il faut agir pour ouvrir la discussion, améliorer la situation, c’est-à-dire joindre l’action à la parole.

–          Article 6: La laïcité de l’Ecole offre aux élèves les conditions pour forger leur personnalité, exercer leur libre arbitre et faire l’apprentissage de la citoyenneté. Elle les protège de tout prosélytisme et de toute pression qui les empêcheraient de faire leurs propres choix. (MED)

L’idée de protection de tous prosélytisme que revendique l’article 6, se retrouve aussi chez Montesquieu lorsqu’il affirme, « Il faut que le gouvernement soit tel qu’un citoyen ne puisse pas craindre un citoyen. » En effet, pour assurer la liberté des citoyens, un gouvernement a la responsabilité de protéger la vie de ses citoyens sans peur d’exprimer leurs propres convictions.  Par ailleurs, comme disait Jean Jaurès « Il n’y a pas de vérité sacré. » Donc tous les Français y ont accès qu’ils croient en Dieu ou pas car la vérité est séculaire et on ne doit pas toujours essayer de trouver les raisons dans la religion. La charte exprime clairement que le but n’est pas de contraindre l’écolier, mais de lui permettre d’être heureux dans la continuité de sa formation interne. Emile de Girardin met en contexte cette idée en disant que, « Le problème à résoudre: le plus de bonheur possible pour le plus grand nombre possible. » Finissant cette citation qui clôt toutes les autres mais en reformulant la liberté d’expression vers le bonheur de l’être humain, Girardin repositionne le débat dans une actualité plus réaliste.

– Article 8: La laïcité permet l’exercice de la liberté d’expression des élevés dans la limite du bon fonctionnement de l’école comme du respect des valeurs républicaines et du pluralisme des convictions. (MED)

– Article 14: Dans les établissements scolaires publics, les règles de vie des différents espaces, précisées dans le règlement intérieur, sont respectueuses de la laïcité. Le port de signes ou tenues par lesquels les élevés manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit. (MED)

Il est clair que la Charte de la Laïcité protège la formation du libre arbitre de tous les  écoliers Français qui fréquentent l’école publique. Alors que l’article 8 mentionne « le bon fonctionnement de l’école », c’est l’article 14 (interdisant le port de signes ostentatoires) qui le met en pratique car il favorise les relations entre l’enseignant et les écoliers en évitant: des tensions entre étudiants, l’harcèlement scolaire et les intimidations moqueuses. En un mot en supprimant l’inconfort d’une diversité religieuse dans laquelle les écoliers non pas été encore assimilés. Le but du « bon fonctionnement » de l’article 8 est « Le respect du pluralisme des convictions; s’il n’est pas contraire au bon fonctionnement de l’école, le débat peut avoir lieu mais nul ne doit tenter d’imposer par la force ses convictions personnelles à autrui. » (MED) L’article 14, en interdisant le port de signes ostentatoires, favorise l’ordre public, c’est-à-dire la stabilité et aussi la liberté pour chacun de vivre ses convictions intérieures. On voit que la liberté de se comporter comme on veut, sans interrompre l’apprentissage des autres, ou sans risquer d’être forcé ou exposé à une croyance ou une manière de penser incomprise sera réglée plus efficacement dans un espace neutre. La Charte était nécessaire à cause d’une montée des communautarismes,

La morale laïque avait perdu en visibilité. Pour certains, il convenait de revenir aux sources de la République et de recréer un modèle unique d‘intégration. Pour d’autres, il fallait tenir compte des évolutions de la société et faire une place aux communautarismes et particularismes, même religieux. (vie-publique.fr)

Et c’est justement dans un espace neutre que les communautés les plus minoritaires peuvent s’exprimer en sécurité.

La signification de la laïcité était devenue ambiguë par rapport à son établissement originel de la fin du 18e siècle. Le problème s’est déplacé des enseignants de la fin du 19e siècle encore endoctrinés par le catholicisme, aux jeunes écoliers du 21e siècle qui voient dans la religion un moyen de former leur individualité au milieu de l’océan républicain. Il existe de nombreuses interprétations de la laïcité et de son effet sur les communautés religieuses. Certains pensent que la laïcité produit de mauvais effets sur une communauté particulière et au contraire d’autres qui supportent cette invention française disent qu’elle est nécessaire pour le maintien de la paix républicaine. Avec la mise en place de la laïcité certains groupes pensent qu’ils sont désavantagés ou soumis, à cause des règles strictes qui l’accompagnent la laïcité. D’ailleurs ceux qui questionnent la nécessité d’une loi ne sont pas nécessairement les religions minoritaires mais plutôt les minorités à l’intérieur des communautés religieuses, en particulier les fondamentalistes, qu’ils soient catholiques, juifs, musulmans, bouddhistes ou athéistes. C’est ainsi que certains prétendent que la loi dégrade les fondements religieux. Ils disent que les fondateurs de la loi n’ont pas consultés toutes les tendances des institutions religieuses, et par là, la loi diminue leurs traditions. Par exemples, chez les catholiques, Monseigneur Bernard Podvin atteste que:

La laïcité ne doit pas être creuse, ni se borner à la négation, l’empêchement des religions. Elle doit au contraire se traduire par l’apprivoisement de la culture religieuse, de leur contribution positive à la société, à l’esprit civique. Une laïcité responsable ne peut se vivre uniquement dans la coercition. (Lindell)

C’est-à-dire que la laïcité devrait traduire l’adoption des cultures religieuses et de ses contributions positives à la société dans un esprit civil. En plus, Hossein, souligne:

La laïcité, historiquement outil privilégié d’émancipation, a pu être instrumentalisé à des fins de rejet et de ségrégation sociale de certaines catégories de la population, transformées en boucs émissaires pour masquer les difficultés sociales.

Il est clair qu’il est difficile de maitriser toutes les conséquences du projet laïque; et certaines communautés minoritaires souffrent à cause de la laïcité et une partie de la société française regarde ces groupes minoritaires comme inférieurs. Donc bien que la laïcité ait toujours été un outil qui privilégie l’émancipation, elle peut-être un instrument de rejet et de ségrégation sociale. Car à travers le temps se sont développés des trous qui font ressortir des difficultés sociales. Ce qui est le cas de n’importe quelle loi. Par exemple, l’unicité langagière légiféré à partir du XVIe siècle qui définit le français comme langue officielle unique, ne privilégie-t-elle pas la langue francilienne par au long des communautés régionales (Basque, Corse, Breton) ?

La laïcité ne peut pas vivre seulement avec la coercition mais au contraire elle doit-être soutenue par le peuple avec fierté. En fait, il existe des intellectuels qui défendent le fait que la charte cherche justement à réaliser ce pourquoi d’autres voix se sont levées. Par exemple, celle du président du Conseil français du culte musulman Dalil Boubakeur correspond à une crainte que la laïcité stigmatise la communauté musulmane qui dit que : « 90% des musulmans vont avoir l’impression d’être visés par cette charte alors que, dans 99% des cas, ils ne posent aucun problème à la laïcité… » (Saget). Alors qu’il travaillait avec le ministre de l’éducation nationale, Vincent Penillon notait que, « le communautarisme existe dans certains groupes, mais il est surtout lié au difficulté de vie dans les lieux de relégation des musulmanes, pour lutter les attentes à la laïcité mieux vaudrait s’attaquer à ses ressources sociaux économiques » (Saget). C’est-à-dire qu’une généralisation d’opinion qui juge la population entière pour les faits d’un individu particulier est injuste, sachant que les communautés veulent vivre en paix et ne doivent pas être punies à cause des extrémistes.

À ceux qui se demandent si la religion musulmane est compatible avec la laïcité je réponds, qu’on observe un chevauchement entre les différents phénomènes qui sont mis sous l’étiquette des problèmes de la laïcité, principalement les problèmes d’une immigration non maitrisée. Si l’on tient compte du fait qu’en 2015 la France a 12 millions d’immigrés soit 19% de la population dont (4 millions viennent de Maghreb) on comprend que cette immigration a un coût; il faut les infrastructures pour accueillir les nouveaux venus (les écoles de langue, mosquées et produits alimentaires particuliers). Par ailleurs, la crise économique crée une réaction contre ceux qui sont perçus comme des voleurs d’emplois, ceux qui volent les emplois des Français, ceux qui favorise la montée des parties extrémistes de gauche et de droite. D’autre part, en période de crise économique, les gens ont tendance à se rapprocher de leurs traditions et de les mettre en valeur (porter le voile, la croix, ou la kippa). « La nature d’une civilisation, c’est ce qui s’agrège autour d’une religion. Notre civilisation est incapable de construire un temple ou un tombeau. Elle sera contrainte de trouver sa valeur fondamentale, ou elle se décomposera » (Malraux). Voyant les mots utilisés par André Malraux, on comprend que l’humanité est toujours en train de chercher le vrai message qu’on peut tirer de chaque livre ou écriture religieuse. C’est-à-dire que le sens de l’espoir qui vient de la religion doit-être justifiée pacifiquement et non pas des manifestations violentes.

Tous ces éléments mélangés s’associent à un climat d’insécurité généré par les attentats. Par exemple en 1982, la fusillade antisémite de la rue de Rosiers contre les juifs, (6 morts Fatah Conseille Révolutionnaire). En 1995, il a eu 11 attentats dont huit à la bombe qui ont été attribués aux Groupes Islamiques Armées (GIA) et ont causé 8 morts et les 200 blessés graves. En 2012, il y a eu 7 personnes tuées par Mohammed Merah (Al-Quieda) à Toulouse. Plus récemment, en Janvier 2014, les frères Kouashi ont fusillé 12 personnes au siège de Charlie Hebdo. Ces événements qui ont une forte marque religieuse sont repris par les média et créent une sensation de danger tout en montrant du doigt l’ennemi. Ainsi toutes ces informations, toute cette désinformation, tous ces sentiments et émotions s’amalgament en un concept réactionnaire contre « l’autre. » Alors qu’en fait si l’on analyse plus précisément les problèmes de l’Islam et du port du foulard dont les premiers cas apparaissent en 1989, on s’aperçoit qu’ils sont rares, seulement une dizaine en 30 ans (moins de 100 écolières ont étés expulsés en 30 ans pour 7 millions d’écoliers par an). Et l’on peut remettre en rapport les 7 millions de musulmans, face aux 7 millions d’écoliers, pour réaliser que le problème trop médiatisé ne concerne qu’une quantité négligeable d’établissements.

Françoise Lorcerie ajoute que: « l’objet des combats est assez imprécis… L’un des problèmes d’aujourd’hui est que les musulmans sont convoqués (de façon active ou passive: on parle d’eux) au débat » (Lorcerie 64). Même si les terroristes sont la cause de ces mauvais sentiments contre communautés religieuses, il est clair que les créateurs de ce chaos sont responsables de la peur pour la majorité des autres qui vivent et manifestent leur religion et dévotion d’une manière pacifique. D‘ailleurs Abdel Malik soutient cette idée en disant le suivant,

Car le problème est réellement là, ceux ne sont pas là 7 de millions musulmans qui s’opposent, c’est une infime minorité extrémiste qui utilise la laïcité come outil soulevé un sentiment musulman dans une population qui est jusqu’à une population qui était bien intégrée cela devient d’autant plus évident quand on voit le nombre de musulmans qui se déclarent d’être Charlie et qui se révoltent contre ceux qui attirent l’attention.

Retournant à l’idée fondamentale de fusion culturelle à la France, on voit non seulement en France mais aussi à travers lu monde d’aujourd’hui que cette super-minorité de personnes aux conceptions religieuses extrêmes crée une situation instable pour les autres qui ne veulent rien de plus que vivre en paix. Ceux qui s’intègrent à la fusion culturelle et religieuse ont l’espoir que leurs manifestations religieuses seront bien reçues par la population en général, soit religieuse soit non-religieuse. Tandis qu’une sous-minorité d’extrémistes cherche toujours une justification pour déclencher des actes de terrorisme.

À travers l’histoire, il y a de temps en temps de grands penseurs qui voient dans le futur et dans un sens prédisent les menaces contre la paix dont l’origine vient des extrémistes. C’est-à-dire qu’en réaction à la législation mise en œuvre par le gouvernement, se déclenche une guerre idéologique. En fait ce qui est choquant c’est qu’en 1956, André Malraux ministère des affaires culturelles en France avait prédit cette émergence des extrémistes religieux dans la France moderne et laïque annonçant:

C’est le grand phénomène de notre époque que la violence de la poussée islamique. Sous-estimée par la plupart de nos contemporains, cette montée de l’islam est analogiquement comparable aux débuts du communisme du temps de Lénine. Les conséquences de ce phénomène sont encore imprévisibles. À l’origine de la révolution marxiste, on croyait pouvoir endiguer le courant par des solutions partielles. Ni le christianisme, ni les organisations patronales ou ouvrières n’ont trouvé la réponse. De même aujourd’hui, le monde occidental ne semble guère préparé à affronter le problème de l’islam. (Miribel)

Quand j’ai lu cette citation pour la première fois j’ai pensé qu’elle était récente. Mais je me suis rendu compte qu’il avait été dite il y a plus de soixante ans. Le fait qu’il a prédit la guerre idéologique qui se passe aujourd’hui est intéressant. Même s’il connaissait l’histoire de l’Islam et du monde occidental, sans savoir quelles en seraient les « conséquences », il est frappant que ce soit un spécialiste de la culture et de l’éducation, un laïque convaincu, qui ait dévoilé ce phénomène religieux.

Alors dans le débat, la majorité des enseignants ne prend pas de position pour ou contre la laïcité. Par exemple, Bernard Girard, professeur d’histoire, présente les deux côtés du débat. Il dit que la Charte de la laïcité est une « overdose de grands principes » (Lindell). Il questionne la notion de l’égalité produite par la Charte. On voit qu’avec son commentaire, il présente la laïcité comme excessive, car la signification des principes a été altérée pour mieux s’adapter avec la laïcité.

L’argument est que la laïcité aide à la formation d’une France moderne au risque de créer une inégalité pour certains groupes religieux ethniques ou sociaux-économiques. Il n’est jamais discuté du fait que la laïcité est directement liée à l’histoire entre la France et la religion et avec des événements historiques comme les Croisades par exemple. « Dès l’époque médiévale et jusqu’à aujourd’hui, l’idée laïque a fait son chemin, connu de grandes étapes et des évolutions. On peut ici en relever quelques étapes parmi les plus importantes » (Hossein). À travers l’histoire de France, la laïcité a toujours eu une place. Elle a aussi connu de grandes étapes et de grandes évolutions. Bien que sa définition et ses particularités aient changé, à chaque moment dans l’histoire, sa signification a toujours été pertinente pour son époque.

On voit la difficulté d’exécuter une loi qui plaise à tous. On ne peut pas avoir tout ce que l’on veut et penser que tout le monde sera d’accord. Le gouvernement doit jongler avec les intérêts de chacun pour le bien de tous. Oui, certains groupes se sentent dégradés à cause de la laïcité mais, tous les citoyens ont une certaine paix de vivre dans un pays où ils peuvent aller à l’école ou en public sans subir les influences des autres. En même temps, ils peuvent pratiquer leur religion chez eux sans que d’autres se moquent d’eux. Peut-être y-a-t-il d’autres pays qui pensent que la laïcité enlève les droits humains de chaque citoyen. Mais ils n’ont pas l’histoire tumultueuse de la France ni non connu la lutte que la France a menée.

Quand on regarde la laïcité comme un Américain on voit une différence entre nos lois et notre manière de vivre. Aux Etats-Unis on n’a pas de règles pour la laïcité mais l’on voit qu’il y a environ 1% de musulmanes contre plus de 10% en France. La liberté d’expression est différente, en France la diffamation contre la religion n’a pas des faits, c’est leur liberté d’expression, en revanche on ne peut pas avoir un discours qui inspire la haine. Mais de toute façon, il est difficile pour un Américain de comprendre complètement la laïcité et ses effets sur la société. À mon avis, après tout ce que j’ai lu et étudié, il y a une grande différence entre la France et les Etats-Unis. En France quand on parle d’intégration on parle de fusion tandis qu’aux Etats-Unis il s’agit de superposition. C’est cette différence qui marque la raison pour laquelle la laïcité est absolument nécessaire en France. En d’autres termes, on ne peut pas traduire le mot « laïcité », ce n’est pas « sécularité », car elle a un sens abondamment plus profond. La laïcité est formée à travers plusieurs parties qui sont liées à l’histoire, les temps modernes, les droits de l’homme et la paix.

J’ai présenté l’histoire de la laïcité française, ses raisons, ses effets sur nombreux groupes ainsi que l’éducation de la laïcité à l’école. Après avoir écrit cet essai j’espère qu’un non-Français peut avoir une meilleure idée et une meilleure connaissance du « tableau » de la laïcité. À la surface, la laïcité semble ambiguë et compliquée, mais avec une connaissance de l’histoire de France à travers les siècles, quelqu’un qui ne sait rien de la laïcité pourra je l’espère éduquer les autres. Avant de juger cette « invention française » il faut la comprendre. À mon avis, je crois que la laïcité face aux écoliers français communique non seulement une manière de montrer la fierté de l’héritage mais aussi le fait que la France a réussi par des longs efforts à égaliser et maitriser ses citoyens en ce qui concerne le maintien de l’avenir de la tradition républicaine française. Alors, je dis oui la charte de la laïcité communique parfaitement avec les écoliers en France.

 

 

 

 

 

 

Œuvres Cités

Airiau, Paul. Cent Ans de Laicite Française: 1905-2005. Paris: Presses de la Renaissance, 2005.

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Berger J., Rosenholtz S. J., Zelditch M. (1980). – Status Organizing Processes. Annual                 Review of Sociology, 6, p. 479-508.

Bernanos, Georges, and Pierre Gille. La Liberté, Pour Quoi Faire?Paris: Gallimard, 1995. Print

De Girardin. Journaux et journalistes: La Presse. Par Alfred Sirven, Journaux et Journalistes. Paris F. Cournol, Librarie-Éditeur, 20 Rue De Siene, 20. 1866

Eudscol. “eduscol, Portail national des professionnels de l’education.” Ministere de L’education Nationale, De L’enseignement Superieur et de La Recherche. 5 Mars 2015. Web. 15 Mars 2015. <http://eduscol.education.fr/cid73652/charte-de-la-laicite-a-l-ecole.html&gt;.

Hossein, Iken. “Ecole et laïcité : Réflexion autour de la charte de la laïcité.” Reseau National De Lutte Contre Les Discriminations A L’Ecole, 23 Mars 2014. Web. 3 Mars 2015 <http://reseau-lcd-ecole.ens-lyon.fr/spip.php?article81&gt;.

Jaurès, Jean. La liberté souveraine de l’esprit. 1895.

Langeron P. (1986). – Liberté de conscience des agents publics et laïcité. Aix-en-Provence, Presses universitaires d’Aix-Marseille.

Lindell, Henrik, et al. A quoi sert vraiment la Charte de la laicite? 14 Septembre 2013. Web 16 Fevrier 2015 <http://www.lavie.fr/debats/chretiensendebats/a-quoi-sert-vraiment-la-charte-de-la-laicite-13-09-2013-44047_431.php&gt;.

Lorcerie Françoise. Laïcité 1996. La République à l’école de l’immigration?. In: Revue française  de pédagogie. Volume 117, 1996. L’école et la question de l’immigration. pp. 53-85. url : /web/revues/home/prescript/article/rfp_0556-7807_1996_num_117_1_1185

Malesherbes La Liberté de la Presse. 470 Revue Contemporaine Library of the Ohio State University. 1861 Bureaux de la Revue Contemporaine Rue Du Pont-De-Lodi

Malraux André, le 3 juin 1956. Elisabeth de Miribel, transcription par sténographie. Source Institut Charles de Gaulle. Valeurs Actuelles, n° 3395

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Miribel Elisabeth. Transcription par Sténographie. Source Institut Charles de Gaulle. Valeurs Actuelles, n 3395. Le 3 juin 1956

Montesquieu. De la Constitution d’Angleterre. Chapitre VI du livre XI de l’Esprit des lois. 1748 p. 192

Saget, Joel. Menus de substitution: “hystérie” selon la mosquée de Paris, “hérésie” pour le grand rabbin. 24 Mars 2015. Web : 24 Mars 2015. <http://www.afp.com/fr/info/menus-de-substitution-hysterie-selon-la-mosquee-de-paris-heresie-pour-le-grand-rabbin&gt;.

 

 

 

Barman ! un couloir s’il vous plait

Mikes Sellers

Les couloirs dans la Salle de bain

La Salle de Bain est un roman écrit par Jean-Philippe Toussaint en 1985. Il se déroule à Paris et à Venise. Il y a deux personnages principaux “je” et Edmonsson.” Je” qui est aussi le narrteur est un chercheur français, il passe son temps à ne rien faire, surtout dans la salle de bain, chez-lui ou bien, dans une salle d’un hôtel. L’autre personnage principal est sa femme «Edmondsson» qui travaille dans une galerie d’art. Ils ont des relations bizarres, basées seulement sur des incompréhensions et le sexe.

Il est largement connu que la vie est difficile à cause du travail, de l’argent, des relations et beaucoup d’autres raisons. Toussaint applique un assortiment de techniques littéraires dans ce roman pour montrer qu’il est nécessaire de trouver des manières particulières pour gérer les difficultés de la vie.

Toussaint utilise des couloirs tout au long de l’œuvre. Avec cet “objet”, il met en œuvre des leitmotivs, l’imagerie visuelle et l’allusion. Ils aident tous à générer le thème qu’on doit échapper à la vie ou sinon, souffrir.

La plupart d’entre nous vivent la vie sans considérer l’importance des choses les plus simples. Cela est validé par les couloirs. On quitte les chambres tout le temps. Au matin, on part pour l’université ; en fait, on part pour un autre chapitre de la vie. Ce chapitre commence dès qu’on entre dans le couloir. Pour résoudre les querelles, on dit «faire un tour dans le couloir» ; dans les films, quand les mauvaises choses se passent à l’hôpital, les gens vont dans le couloir pendant un moment bref.

Dans La Salle de Bain, «Je» n’a pas trop de problèmes à s’inquiéter, mais il veut vivre sereinement. C’est pourquoi il décide de s’installer dans la baignoire au début de son roman ; c’est pourquoi il quitte rarement sa chambre à Venise. C’est vraiment pourquoi les couloirs apparaissent et reviennent, parce qu’ils sont un symbole de l’évasion. «Je» vit sa vie dans un grand couloir figuré ; à l’extérieur du monde publique, et la communication des autres. En le faisant, il laisse ses problèmes. Toussaint veut dire que l’évasion nous rend heureux, et qu’on doit échapper à la vie de temps en temps.

Toussaint emploie l’imagerie visuelle dans les scènes avec les couloirs pour continuer à vendre le thème. Quand «le soleil traversait le couloir… toutes les vitres scintillaient, les plantes vertes resplendissaient. [Je] étai[t] heureux» (Toussaint 78). L’imagerie d’éclat met l’accent sur le fait que «Je» est heureux et qu’il n’est pas seulement dans un corridor, mais qu’il est dans un état d’esprit insouciant. Aussi, il y a une scène où Edmondsson et lui «s’embrassent dans le couloir blanc» (Toussaint 97). La couleur blanche illustre le pouvoir de cette action qui s’est passée dans un couloir.

Les objets placés dans les couloirs du roman sont l’explication la plus importante pour trouver la raison pour laquelle ils sont-là. Vraiment, si les couloirs sont un type d’évasion pour «Je», cela aurait du sens que ces objets stimulent les sentiments heureux pour «Je». Quand il jette une fléchette sur le front d’Edmondsson et qu’ils arrivent à l’hôpital, l’auteur dit que «le couloir était désert, d’une longueur infinie… il n’y avait aucun bruit, juste une odeur d’éther» (Toussaint 96). Pour «Je», le silence est le soulagement. C’est la même chose avec l’éther chez les gens normaux ; Toussaint l’a mis-là exprès ; faisant allusion à un analgésique.

À l’aéroport, à la fin du roman, «Je» a eu plusieurs heures à perdre-là avec un étranger. «Après avoir vadrouillé l’un à côté de l’autre dans une partie éloignée du hall, [ils] se retrouv[èrent] à la buvette pour boire des bières» (Toussaint 126). Ici aussi, Toussaint utilise le hall comme un symbole pour échapper la vie, un hall entre Venise et Paris ; il y ajoute la bière, qui est, aussi, une façon courante pour les gens d’oublier la vie.

En fait, dans La Salle de Bain, la vie de «Je» est seulement une grande évasion de la vie quotidienne. C’est pour montrer qu’il est normal de trouver une façon d’échapper à nos problèmes de temps en temps. Cependant, nous devons plonger dans l’évasion avec modération. S’il on ignore nos responsabilités et ceux qu’on aime, on n’oublie de vivre et tout est perdu!

 

L’angoisse du naufrage chez Toussaint

Elizabeth Helen Van Horne,

L ‘Angoisse du Naufrage dans la Salle de bain de Jean Phillipe Toussaint

Avant qu’il ait écrit son premier roman, La Salle de Bain, Jean Philippe Toussaint était inconnu. Mais en 1985 avec cette publication par les éditions Minuit il a immédiatement atteint le succès. Défini comme « très roman post nouveau » par les critiques, La Salle de Bain a été bien acceptée autour du monde et traduit en plus de trente langues. Après plus de vingt ans, La Salle de Bain est encore un grand succès littéraire.  L’œuvre suit la vie d’un chercheur qui habite à Paris avec sa femme Edmondsson. « Je », le narrateur, a peur du temps qui contrôle sa vie. Il se met dans la baignoire où il réfléchit à la vie. Après peu, il quitte la baignoire de Paris pour voyager à Venise mais là il reste à l’hôtel tout seul, jouant aux fléchettes. Ses pensées, dirigées par ses peurs, le indexforcent dans des situations inconfortables et bizarres.

« Je » veut vivre dans un monde immobile où le temps est figé et il observe les choses qui représentent ce monde impossible. La première fois que « Je » décrit la dame blanche, il parle du fait qu’il y a un mélange des contraires dans la glace : « Le chaud et le froid, la consistance et la fluidité. »  Il admire ces choses parce qu’il cherche un équilibre parfait entre la mobilité et l’immobilité dans sa propre vie mais ce n’est pas possible parce qu’il est trop effrayé pour changer son existence statique.

Tout le monde dépend de ses compétences et talents dans sa vie quotidienne.  « Je », en tant que chercheur, dépend de son aptitude observationnelle. Il regarde toujours le monde autour de lui et il est plus confortable dans le rôle du spectateur. Sans sa vision, sans sa capacité de voir ou d’entendre il serait encore plus perdu et sans une direction ou un but en sa vie. C’est inévitable : En vieillissant, nos corps se détériorent, même si nous faisons de l’exercice ou si nous avons une alimentation équilibrée.  La détérioration du corps et de l’esprit est une grande partie de sa crainte.

« Je » décrit le mélange du chocolat chaud et de la glace froide comme « métissés », impliquant qu’on perd sa pureté en vieillissant. La glace, parfaite, froide et figée perd sa forme sous la chaleur du chocolat brûlant. C’est une métaphore pour l’état intellectuel de l’homme avec le passage du temps. En enfance, on est une page blanche ; innocente, impressionnante et toujours en pleine croissance. Mais finalement on arrête de grandir et on est exposée aux problèmes du monde. « Je » veut figer le temps mais il n’est pas comme la glace et il ne peut pas toujours rester dans un congélateur. Comme la glace sous le chocolat chaud, il doit perdre sa forme. Il doit grandir et apprendre qu’il y a rien à faire… il faut changer et s’exposer au monde.

Il est vrai que la misère adore la compagnie. En temps difficiles, nous nous consolons avec l’idée que nous ne sommes pas seuls dans nos luttes. Souvent on se réconforte avec ceux qui ont des problèmes similaires, mais « Je » est un peu effrayé par la socialisation, donc il se réconforte quand il regarde des objets inanimés ou les lieux qui luttent contre le temps. Il pense à la dame blanche fondant sous la chaleur du chocolat et aussi au naufrage du Titanic et il réfléchit sur les conséquences du temps.  Comme l’homme, ces choses sont certaines de perdre leur bataille contre les forces naturelles.

Les endroits où l’histoire se déroule sont aussi connectés à l’idée de la disparation sous l’eau. Il voyage à Venise, une ville qui coule en perdant sa lutte contre la gravitation. Mais l’histoire commence et fini à Paris, dont la devise « Fluctuat nec mergitur », ou en français, « elle est frappée par les vagues mais elle ne sombre pas ». Dans l’histoire, « Je » est plus comme Venise et il est en traîne d’un naufrage de l’esprit. Mais quand il visite Venise, il saute sur le trottoir pour accélérer l’enfoncement de la ville.  Bien qu’un saut soit quelque chose que les enfants font pour s’amuser, sa raison est plus sérieuse. Il ne s’exprime pas auprès des autres donc il cherche les compagnons en souffrance, ou quand il saute, il les créé. Comme ça il trouve un peu de confort mais il continue à souffrir.

L’existence entière de « Je » est commandée par ses craintes débilitantes des forces naturelles comme la gravité et le temps. C’est pour cette raison qu’il n’a pas une vie productive ou aventureuse et il reste dans une existence statique.

Pour trouver un équilibre entre l’immobilité et la mobilité dans sa vie, il faut chercher et par conséquence perdre temporairement l’ordre et la raison. Si « Je » a réalisé cette idée, l’histoire serait très différente et il ne resterait jamais dans la baignoire. Comme la plupart des romans et films français, l’histoire n’a pas de fin définie donc on ne sait pas s’il va gagner contre ses craintes comme Paris avait gagné contre les vagues de l’histoire ou s’il va couler comme Venise et se tourmenter avec peur.

 

Je suis mon héroïne, L’Idole

Je suis mon héroïne, dans Idole de B. Masocco

De nos jours les medias ont un accès illimité aux idoles de l’écran et de la musique. Ce type de publicité crée un faux semblant d’intimité entre l’idole et ses fans. Parfois elle suscite chez les fans une émotion qui pourrait être décrite comme une obsession ou une passion. On se peut demander si une obsession est un type de passion où même si la différence entre les deux peut être réduit à une question de degré. Dans la terminologie psychologique, cependant, les passions sont regardées comme normales tandis qu’une obsession est vue comme une maladie. Sigmund Freud a constitué l’entité de la névrose obsessionnelle en 1905.  Il l’a liée aux fixations sexuelles qui commencent en enfance. Mais cette composition ne traite pas des origines d’obsessions. Plutôt, elle explore leurs manifestations et les moyens pour distinguer une obsession d’une passion.

Les obsessions sont pour la plupart dangereuses. Si une personne ne pense à rien d’autre que son obsession, elle se peut ignorer sa santé et ses responsabilités. Les personnes obsédées sont souvent prêtes à s’abaisser pour gagner accès à leur idole. Par exemple, les «groupies» d’une rock star peuvent avoir des rapports sexuels non protégés et impersonnels, elles risquent ainsi des blessures physiques et affectives.  De plus, ce n’est que l’obsédé lui-même qui est menacé par l’obsession. Parfois c’est l’objet de l’obsession comme John Lennon qui en a souffert, mais ce pourrait être n’importe qui. Nous avons le cas de John Hinkley qui a essayé d’assassiner Ronald Reagan pour attirer l’attention de Jodie Foster.

Mais on ne peut pas dire que tout le monde qui fantasme se blesse. La preuve qu’une illusion peut être saine est illustrée par les malades qui croient qu’ils seront guéris. Ils ont une meilleure possibilité pour le rétablissement que les malades plus réalistes. De plus, un rêve peut nous aider à persévérer face à des obstacles. Même si c’est la question d’une idole de pop musique comme dans le court métrage Idole de Benoît Masocco, les illusions peuvent entraîner des bienfaits. Dans ce film la narratrice est inspirée par sa passion à essayer des choses qui sont en dehors de sa zone de confort. Sa quête à rencontrer son idole la mène à sa carrière.

Il est important d’être conscient des différences entre une obsession dangereuses et une passion saine.  Une personne obsédée réprime ses anciens intérêts. Par contraste, une personne passionnante les retient en même temps qu’elle augmente ses horizons. Comme nous voyons dans le court métrage Idole, la narratrice reste amoureuse de la littérature moderne tandis qu’elle travaille comme animatrice. En général, une obsession est liée à la destruction tandis que la passion est une force créatrice.

Nous ne nous distinguons pas des gens désaxés à cause de leurs illusions, nous avons les mêmes qu’elles. En fait, tout le monde vit dans un univers de sa propre création. Plutôt, c’est une question de quelles sortes d’histoires ce que nous racontons. Donc, on se peut demander si cette tendance à raconter est innée ou acquise.

Works Cited or Referenced :

Idole,  court métrage réalisé par Benoiît Masocco en 2003

http://psychiatriinfirmiere.free.fr/infirmiere/formation/psychiatrie/adulte/pathologie/nevrose-obsessionnelle.htm

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Obsession_(médecine)

Le Minimalisme : la voie de penser du chercheur

Lindsey Catherine Mills,

Le Minimalisme : la voie de penser du chercheur dans la Salle de bain de Toussaint

Certainement, le livre de Jean-Philippe Toussaint, La salle de bain  est un livres les particulièrement “calculé”. Avec les romans de fiction et de fiction scientifique, il y a toujours une estrade pour un livre intelligent et même un peu stimulant. L’histoire tourne autour de la vie, et plus particulièrement autour des pensées, de « Je » entre ses interactions avec sa femme et d’autres personnes aléatoires qui entrent dans sa vie.  D’abord, « Je » passe beaucoup de son temps dans la salle de bain, non pas pour l’utiliser mais pour l’observer. Après quelques événements, il quitte la salle de bain et commence à explorer son espace pour se trouver lui-même. La façon d’écrire que Toussaint emploi dans ce livre définit l’esprit de « Je » en utilisant des phrases analytiques et calculées, ainsi nous pouvons entrer dans l’avis – la vie de « Je ».

Le minimalisme se solde par l’imitation des travaux de recherche. Le personnage principal, « Je », est lui-même un objet de minimalisme dans ce livre.  Tout au long de l’histoire, « Je » ne fait rien. Simplement, il pense, il observe, et il traite de toutes les choses qu’il a pensées et observées. Le minimalisme aide à décrire ces événements parce que les idées et les observations sont très précises, très organisées et très courtes. Ce style est caractérisé par une économie de mots, Toussaint utilise le minimum de mots pour peindre les détails de la surface des pensées de « Je ». Cet économie de mots aide à positionner « Je » comme chercheur. Il y a une obsession sur les bagatelles qui ne décrivent pas les idées très profondes où les penses fouillées, mais seulement les éléments simplistes. Mais avec ça, rien ne passe inaperçu.

Les chercheurs ont un style très exact et éclatant, il n’y a pas de frivolité quand ils écrivent des rapports ou des analyses. Le minimalisme aide Toussaint à créer le personnage de « Je » et sa vie comme chercheur. Du début jusqu’à la fin, il décrit toutes les particularités mais pas avec beaucoup de profondeur. Il y a beaucoup de cas où « Je » parle avec un ton d’ennui mais on sait qu’il y a quelque chose d’autre qu’il pense où qu’il veut faire. Les chercheurs sont présumés être les personnes les plus intelligentes dans leur domaine. Alors, les pensées de « Je » reflètent l’implication d’intelligence et d’expertise avec un peu maladresse en même temps.

Pour les chercheurs, il y a des façons spécifiques de faire des rapports et des outils pour organiser leurs observations. En utilisant ces modes de recherche exacts, Toussaint donne une impression que « Je » est hanté par son travail. Il implique que « Je » organise ses pensées comme son travail. Les numéros des chapitres sont un des outils pour s’organiser. Les chapitres impliquent que toutes les idées de « Je » sont aussi importantes que les autres. Toutes ses pensées sont en ordre par leur création comme une expérience où toutes les observations sont en ordre et offrent des opportunités d’analyser. Il y a seulement de l’espace et du temps, des événements et des changements.

Le problème peut-être de « Je » est qu’il n’analyse jamais ses idées ou ses chemins de penser. Il n’y a jamais de choses troublantes dans sa tête alors qu’en réalité, il est fou. L’autre problème potentiel est qu’il ne parle pas souvent. En gardant ses pensées pour lui-même, « Je » n’a pas de libération de ses avis. Ses voies d’émancipation après tout sont de lancer des fléchettes sans cesse au point de frapper sa propre femme. Il n’y a pas de psychologie ou d’interprétation dans ce livre mais des fins desserrées. Sans la libération des émotions ou l’examen des observations, il n’est pas possible d’avoir des relations avec les autres ou d’avoir des opinions. « Je » n’a pas la chance d’être créatif parce qu’il faut qu’il utilise les modes de sa profession pour décrire ses émotions.

Avec les déformations professionnelles qui affectent « Je » d’une manière très sévère, il a des difficultés quand il a des interactions avec des personnes. Ces difficultés commencent avec la scène qui le dépeint avec sa mère dans sa salle de bain. Quand elle s’assied et mange des pâtisseries, il n’y a pas de conversation mais, tristement, elle parle à « Je » et non pas avec « Je ». Si on cherche étroitement on peut voir, qu’il n’y a pas beaucoup de conversation avec « Je » pendant tous ce segment de sa vie. L’autre cas très important pour voir les déformations professionnelles sont les relations entre « Je » et Edmondsson qui travaille dans une galerie alors elle montre des peintures à ceux qui veulent les voir. Elle parle toujours avec tout le monde et elle est toujours celle qui ordonne et prend des décisions. C’est une personnalité très différente de « Je » et c’est la raison des difficultés entre eux dans les deux premières parties de l’histoire. « Je » utilise son travail dans tous ses événements quotidiens, avec ses pensées et ses interactions avec des personnes de sa vie. Il y a toujours des pensées que nous ne connaissons pas et qu’il ne veut dire à personne. Ce problème est présenté tout au long de l’histoire.

Le minimalisme produit un thème de déformation professionnelle dans la vie de « Je » dans tous ses aspects comme les pensées, les émotions, et les relations avec sa femme. Sans ce style, Toussaint ne peut pas donner l’impression du chercheur qui est trop affecté par son emploi et fournir l’effet dramatique d’un héros endommagé. Est-ce que tout le monde à ses déformations ? Est-ce qu’il y a toujours quelque chose à changer dans une personnalité ?

Les larmes de Bernardin dans “Paul et Virginie”

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Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre est l’histoire de deux enfants qui grandissent dans une niche naturelle et idyllique jusqu’au moment où ils sont séparés et confrontés aux idéaux européens. La narration se caractérise par l’enchâssement; au début du livre, un étranger à l’île de la France commence l’histoire, mais après quelque pages, c’est un vieillard qui prend le contrôle. Ce changement est intéressant parce qu’il introduit l’idée d’un narrateur omniscient qui, de plusieurs manières, agit comme Dieu.

Tout d’abord, le vieillard est décrit comme un homme qui a les cheveux blancs et une physionomie noble et simple (110). Cette description ainsi que le fait que ce vieil homme a “formé deux portions (de la terre sur l’île) à peu près égales” (114) pour les deux femmes fait allusion au point de vue classique que Dieu est un homme blanc, sage, et vieux qui a divisé la terre et créé le jardin d’Éden.

En second lieu, bien que le vieillard ne soit pas un membre de l’une des deux familles principales, il connaît tous les détails intimes de leurs vies. Dieu savait quand le premier péché a été commis par Adam et Eve, et notre narrateur, comme Dieu, n’était pas à la fontaine quand Virginie “entrevoit dans l’eau, sur ses bras nus et sur son sein, les reflets des deux palmiers plantés à la naissance de son frère et à la sienne, qui s’entrelaçaient au-dessus de sa tête…” (159) néanmoins il a quand même noté cet événement comme sa chute.

Ce qui est difficile de déterminer c’est quand le vieillard arrête d’être le Dieu omniscient et que Bernard de Saint-Pierre l’utilise pour annoncer ses propres opinions. Il existe par ailleurs de nombreux parallèles entre Bernard de Saint-Pierre et le vieillard. Les deux ont eu deux enfants qui s’appellent Paul et Virginie (le narrateur considère les enfants comme les siens.) Les deux adorent la nature et sont éduqués. Il est possible que Bernard de Saint-Pierre ait eu un peu peur parce qu’il a beaucoup critiqué la nature des Français dans son livre. Afin d’éviter être complètement rejeté pour ses avis, il a construit Dieu comme narrateur. Ainsi, les lecteurs sentent plus d’empathie pour le vieil homme et Dieu parce qu’ils ont tous deux vu leurs créations détruire la nature et la vertu dans le but d’assouvir leur désir perpétuel pour obtenir plus.

Ce n’est pas simplement Dieu qui pleure pour la triste chute de ses chers enfants et amis du jardin d’Éden, mais c’est aussi Bernardin de Saint-Pierre.

Hali Wolf

Le langage n’est pas un outil, seulement un autre piège

Sigrid Johannes,

Les limitations du langage construit 

Le langage n’est pas un outil, seulement un autre piège

Jean-Philippe Toussaint, La Salle de Bain

 

À chaque époque et pour chaque culture, la majeure partie de l’identité se forme par l’entremise de ceux qui nous entourent. La communication naturelle et construite, est la manière par laquelle nous nouons des relations avec notre environnement. Jean Philippe Toussaint utilise « je » et ses interactions avec trois personnages, parmi d’autres, pour illustrer comment le langage construit et littéral peut détruire la communication humaine.

D’abord, le dialogue entre « je » et le barman, un épisode célébré pour son humour subtil, fonctionne comme une étude sur le langage. Les deux personnages parlent à coup de noms propres en traversant une pléthore des footballeurs et cyclistes. « Il nous arrivait de converser », sans échanger un seul mot en français ou italien (Toussaint 66). Le Narrateur ajoute « L’absence d’une langue commune ne nous décourageait pas ; sur le cyclisme, par exemple, nous étions intarissables » (66). Toussaint montre que les affinités personnelles et culturelles (qui sont des sujets de prédilection innée à cause de notre personnalité ou de la société) forment une fondation solide pour la communication. Pour « je », cette base fonctionne mieux que celle qui est formée par les mots. Cela explique comment la communication atypique nourrit la relation émotionnelle, en disant « Peu à peu, je commençais à sympathiser avec le barman » (66). Le rapport renferme la substance. En addition, il endure et progresse avec un rythme naturel, comme on le voit quand « je » dit « Je pensais que la conversation s’en tiendrait là, mais, alors que je me disposais à quitter le comptoir, me retenant par le bras, il m’a dit Gimondi» (66).  

En effet, cet épisode correspond au « soi social », une des trois facettes de l’identité différenciée par le psychologue William James. Les deux hommes partagent une « identité collective », comme Jean-François Dortier explique dans son article. Ils n’ont ni langue commune ni pays commun, mais ils ont une passion et une expertise communes qui forment l’essentiel de leur communication et donc la base de leur identité l’un par rapport à l’autre. Par ailleurs, l’environnement de la conversation symbolise la naturalité et l’efficacité de leur manière de communiquer. Le bar et l’hôtel symbolise les besoins élémentaires pour l’eau, la nourriture et l’abri. Ces conditions ne sont pas construites, en opposition avec les langages comme le français et l’italien.

 

Toussaint réutilise les symboles pour illustrer le thème de la nature contre l’artificialité dans la scène entre « je » et la femme de Standa. Équivalent de son aisance avec le barman, « je » démontre que la physicalité est une meilleure manière de parler que le langage. « Je » décrit leur communication en disant « Après quelques échanges de signes infructueux, elle se rapprocha de moi en traînant les pieds et, ouvrant bien grand les deux mains, me fit voir neuf doigts. Puis, avançant plus près encore, la poitrine et le ventre collés contre la vitre qui nous séparait à peine, la bouche pratiquement posée sur la mienne, elle articula lascivement : alle nove, en faisant naitre entre nous un nuage de buée » (79). La sensualité et les instincts corporels sont essentiellement naturels. Nous nous relions par nos corps ; le rythme du cœur d’un bébé suit celui de sa mère, on offre le confort à un ami en détresse par le toucher, les ados se connectent par les attractions sexuelles.

Cet épisode correspond évidemment au « soi matériel », la deuxième facette de l’identité définit par James. On retrouve ce sentiment dans les conversations téléphoniques entre Edmondsson et « je ». Le narrateur raconte « Edmondsson me téléphonait de plus en plus souvent. Nous avions parfois, sur la ligne, de longs silences ensemble. J’aimais ce moment-là. Tout près de l’écouteur, je faisais des efforts pour entendre son souffle, sa respiration. Quand elle rompait le silence, sa voix prenait de la valeur » (72).  Consistant avec sa démarche scientifique, « je » observe profondément les détails physiques de son monde et trouve qu’ils forment une langue qu’il peut comprendre. L’environnement de cette conversation est aussi un symbole. « Je » rencontre la femme pendant une visite au grand magasin Standa. La procuration des biens est quelque chose de très humain, depuis toujours l’homme à l’instinct de garder des objets utiles, rares ou simplement intéressants.

 

Contrairement aux méthodes innées, l’interaction entre « je » et le docteur est basée sur des mots, le langage littéral. Bien qu’au commencement elle fonctionne, leur communication finalement s’effondre. Ils ne se comprennent pas. Le langage est forcé et donc il échoue. Le malentendu en respect du match de tennis, quand « je » dit « à ce moment-là seulement, pas avant…je compris que c’était lui, le gros blond, mon partenaire de doble mixte », est un incident dans une série (116-117). En utilisant les propres mots, « je » et le docteur perdent leur signifiance. Cette situation ressemble au dialogue dans le court métrage « Stricteternum » de Didier Fontan, où les deux personnages répètent les mêmes mots dans un cycle vicieux. Ils n’arrivent jamais à une communication qui casse la monotonie ou résout leurs problèmes. Le langage n’est pas un outil, seulement un autre piège. Le cadre de l’hôpital renforce le sentiment de construction et d’artificialité. Car à l’hôpital on perturbe l’ordre naturel. L’environnement est l’apogée des efforts des humains de construire quelque chose contre la nature, la place ou l’on triche avec la mort.  Ensuite, le malentendu qui casse la relation tourmentée culmine aux cours de tennis, un autre environnement artificiel.

Ce dernier épisode correspond à la troisième facette, « le soi connaissant ». William James explique cet aspect en disant « qui renvoie au fait que chacun d’entre nous, lorsqu’il agit ou pense, au sentiment d’être un sujet autonome, doué de volonté. » Au moment où sa communication, et donc sa relation, avec le docteur s’interrompt, « je » réalise qu’il  s’est éloigné de son but (l’observation du temps et l’espace) et décide de retourner dans la salle de bain. L’épiphanie égale celle de Lise, l’héroïne du roman « Stallone » d’Emmanuelle Bernheim. Dans une interview Bernheim exprime « Je crois que cela peut nous arriver à tous de tomber sur un film, un livre, ou autre chose qui fait écho à ce que nous avons envie d’entendre, ou de comprendre à un moment précis de notre vie. » La vie se clarifie pour Lise pendant un film, et pour « je » pendant son échec social. Le psychologue Georges H. Mead explique que c’est dans le « cadre de l’interaction sociale que l’individu émerge » et devient conscient de soi. Dans ces interactions avec le docteur et sa femme, les seules relations qui se rapprochent des normes sociétales, « je » laisse, son identité solidifiée. Le retour à la salle de bain à la fin du livre symbolise son retour à lui-même.

 

            Jean Philipe Toussaint utilise les études sur la communication comme articulateurs dans son développement de l’identité de « je ». Le personnage trouve la communication par les mots trop constrictive et subjective parce qu’elle dépend du terrain d’entente avec son correspondant (quelque chose qui lui manque). Mais sans mots, on voit que « je » peut communiquer efficacement, bien que son comportement diverge souvent des normes sociétales. C’est ainsi qu’on peut appliquer les grandes lignes de ces trois épisodes en examinant la relation entre « je » et Edmondsson et questionner le succès de la communication traditionnelle.

 

Sigrid Johannes

Le langage n’est pas un outil, seulement un autre piège

Couples Impairs dans “La salle de bain”

Maeve O’Leary Sloan,

Les Couples Impairs

Paru en France en 1985 aux éditions de Minuit, La Salle de Bain est le premier roman de Jean-Philippe Toussaint, cinéaste et auteur réputé, est un homme très introspectif et curieux..

L’intrigue de l’histoire se concentre sur un jeune chercheur parisien qui vit à l’intérieur de sa baignoire. Après avoir obtenu une invitation à l’Ambassade d’Autriche, le jeune chercheur (dénommé «Je») prend le risque de laisser sa salle de bain. Le reste de l’histoire documente les expériences de «Je» dans le monde en dehors de sa salle de bain. Même si ce livre semble suivre l’histoire d’un jeune homme, il est également axé sur ​​les relations humaines.

En Français, on utilise le mot couple pour définir une relation entre deux personnes, mais aussi on parle du couple moteur. Donc, les couples sont une force d’entraînement dans nos vies, qu’elles nous conduisent émotionnellement ou physiquement. Chez-Toussaint, on rencontre quatre types de couples: le couple fusionnel, le couple passionné, le couple parfait, et le couple indépendant. Les deux premiers sont peut-être plus influencés par les standards américains, alors que le dernier est une meilleure représentation de l’idéal français.
Tous les jours, nous sommes subconsciemment poussés à correspondre avec nos relations dans le moule de ce que le statu quo décrit comme un couple doit être. Par exemple, aux États-Unis, le couple idéal est interdépendant, ils communiquent ouvertement, et font tout ensemble. Alors qu’en France, le couple idéal est indépendant, et n’a pas nécessairement de nombreux point en communs, c’est la différence qui créé le couple.
Habituellement, ces différences culturelles restent dans les frontières. Et pourtant, avec la présence grandissante des médias dans nos vies, l’idéal américain d’un couple est devenu beaucoup plus fréquent dans les pays étrangers.

Dans son roman, La Salle de Bain, Jean-Philippe Toussaint suggère qu’il n’y a pas seulement un idéal. Il le fait en donnant aux lecteurs de nombreuses images de ce qui constitue un couple heureux. Et en fin de compte, il demande aux lecteurs de réfléchir pour décider lequel a la relation la plus profonde.
Le premier couple que Toussaint présente aux lecteurs est composé de deux personnes quasi-jumelles (Partie 1, Chapitre 36). Ce couple entre dans l’histoire après qu’ils vendent leur appartement. Ils invitent les nouveaux locataires, «Je» et Edmonsson, à venir prendre l’apéritif. Toussaint se réfère toujours au couple comme «ils», signalant à son lecteur que le couple est entièrement fusionnel. Ils sont jumeaux, ils sont ils. Après que le couple apprend que «Je» est un chercheur, il tente de donner des conseils sur la façon dont il (comme une unité) ferai sa recherche différemment. Par conséquent, ce couple essaie de fusionner l’identité de «Je» à la sienne. Parce que le couple est tellement habitué à avoir une identité unique, ils essaient d’y intégrer tout le monde («Je» et Edmonsson inclus). Mais, comme Toussaint nous le montre, ce n’est pas toujours une bonne idée. Beaucoup de gens, comme les protagonistes, ont besoin d’avoir leur propre identité afin de fonctionner sainement dans leur couple.
Le deuxième couple que les lecteurs rencontrent est un couple célèbre et Français (Partie 2, Chaptire 4). Le couple est d’abord aperçu entrain de parler de Titian et de Véronèse, deux peintres qui sont très similaires dans leur travail. Les deux artistes peignent des scènes monotones, des hommes et femmes avec leurs enfants, ou de vieux hommes assis et qui regardent fixement dans l’espace. De la même façon, ce couple est aussi monotone. Cependant, les deux parlent la même langue. En incluant ce couple dans de nombreuses scènes, Toussaint indique aux lecteurs à quel point la communication est importante dans une relation – la communication, mais aussi la passion. Car si les deux étaient très différents l’un de l’autre, ils auraient toujours la même passion à partager : l’art. C’est ce qui les unit et ce qui maintient leur amour vivant. Peut-être la raison pour laquelle «Je» est tellement fasciné par ce couple, est parce qu’il sent qu’il a quelque chose à apprendre d’eux. Peut-être que sa relation avec Edmonsson s’améliorerait avec un peu plus de passion. Est-ce qu’avec Edmonsson il existe une passion partagée ?
Le troisième couple dans le roman est le médecin et sa femme. Par rapport aux normes américaines, ils forment le couple parfait (Partie 3, Chapitres 4-6). Ils visent un objectif identique. Ils ont une belle maison, beaucoup d’argent, et un enfant. Même si «Je» passe beaucoup de temps avec ce couple, il se rend compte que sa relation avec Edmonsson est différente. Ils ont tous deux des professions différentes, ne gagnent pas nécessairement beaucoup d’argent, et ils n’ont pas d’enfant ; Ils ne sont même pas mariés. Mais, simplement parce qu’ils ne peuvent pas cocher toutes les cases du standard de la perfection, ne signifie pas qu’ils ne construisent pas un couple solide.
En fin de compte, tous les traits que les lecteurs voient dans les différents couples sont essentiels à la santé d’une relation. Un couple doit chercher à être fusionnel, à communiquer, et à avoir les mêmes objectifs. Sont-ils nécessaires à de telles extrêmes qu’ils sont considérés dans le roman. Un couple peut être fusionnel, communicatif, et avoir les mêmes objectifs tout en restant indépendant et différent l’un de l’autre. Par conséquent, Toussaint propose que peut-être «Je» et Edmonsson sont le couple idéal, ou, peut-être qu’ils sont tout aussi idéal que tous les autres couples rencontrés.
Bien qu’ à la surface, ils composent un couple qui semble déconnecté, en vérité, ils sont toujours là l’un pour l’autre. Les deux se rencontrent dans l’espace de l’autre. Ils ne cherchent pas à créer un espace intermédiaire pour que les deux co-habitent, mais plutôt, ils respectent les différences de l’autre, et fonctionnent avec soutien dans leurs deux espaces distincts.

Après avoir lu le roman de Toussaint, nous devons alors nous demander, est-ce que l’amour entre deux personnes est plus profond lorsque leurs identités sont fusionnées ? Ou plutôt, est-ce que l’amour d’un couple est plus profond quand ils conservent des entités différentes, mais tout de même respectueuse ? Quelle est la meilleure façon d’aimer ? Faut-il renoncer à une partie de qui nous sommes pour aimer pleinement ? Ou plutôt, doit-on faire simplement un espace à côté de nous pour une autre identité ? Donc, pour avoir une relation saine, est-ce que c’est une question de compromis ou de composition ?
En fin de compte , même si l’intrigue principale de ce roman ne suit qu’un individu dans sa tête, Toussaint parvient à inclure subtilement les exemples de quatre types de couples différents au long de son texte. En ce sens, il envoie un message aux lecteurs à un niveau subconscient que les relations aident à se définir soi-même.

Ce livre a été lu tout autour du monde et ainsi touché différentes visions du couple. Par conséquent, ce sentiment que les relations saines sont la clé d’une vie heureuse est également parvenu à l’esprit de beaucoup. Étymologiquement, le mot «couple» ne fonctionne pas sans un individu. Un couple est un couple – il y a une personne qui définit une autre en quelque sorte. Les synonymes pour le couple au-delà d’une «paire» comprennent «un duo», «une tandem», etc. Tous ces mots fonctionnent sur ​​l’hypothèse que deux personnes sont impliquées inséparablement. C’est pour cette raison qu’on utilise le terme «âme sœur» pour désigner nos partenaires car on est constamment à la recherche d’être le membre du couple parfait, toujours à essayer d’être défini, non seulement par nous-mêmes, mais aussi par un autre.
Dans un court-métrage qui s’appelle «Demi-Paire», une jeune femme découvre des objets chez-elle auxquels il manque une moitié, comme une seul chaussette, ou une paire de ciseaux cassée en deux. La femme erre, en essayant de trouver chaque demi-paire, mais sans succès, elle sort de chez-elle pour s’apercevoir qu’il manque une roue à son vélo. En face, il y a un homme auquel il ne reste que le roue manquante. Les deux mettent en commun leurs pieces, pour former un vélo qui fonctionne et ainsi resolvent leur problème à deux. Ce sentiment est vrai pour tous les couples que nous voyons dans La Salle de Bain. Le barman ne peut pas tenir une conversation sans «Je», les deux hommes polonais ne peuvent remodeler la cuisine sans l’aide de l’autre.
En lisant La Salle de Bain, l’idée qu’un couple ne peut pas fonctionner sans deux parties distinctes est confirmée. Plus précisément, il s’est affirmé à travers les images de quatre types de couples différents. De cette façon, Toussaint dit à ses lecteurs qu’il n’y a pas qu’un moule pour un couple heureux. Même si la plupart des cultures ont leurs propres idéaux distincts, il existe de nombreuses façons par lesquelles un couple peut s’épanouir, il lui suffit juste d’être deux.

Maeve O’Leary Sloan, Whitman College, Walla Walla, WA

Pour Madame Bourdier

Dieudonné et ses objets dans “La belle créole”

Dieudonné et ses objets

            Le livre La Belle Créole de Maryse Condé (Folio, 2001), est une histoire de la passion, du crime et du destin. Elle raconte l’histoire d’un homme qui s’appelle Dieudonné. C’est un jardinier, qui est acquitté pour le meurtre de sa maitresse békée, Loraine. Dieudonné était amoureux d’elle, mais quand les choses devenaient plus compliquées, il l’a tuée. Condé raconte les circonstances avant et après le meurtre, et elle développe les personnages, en particulier Dieudonné, qui est quelqu’un de très violent et un peu dérangé, mais aussi très compliqué. En particulier, l’importance des objets pour Dieudonné montre sa complexité. Quand il était plus jeune et sans père, sa mère a trouvé un emploi chez une famille très fortunée mais aussi gentille, qui s’appelle Cohen. Ils ont traité Dieudonné comme leur fils, et pendant une partie de sa jeunesse, il était heureux avec cette famille et sa mère. Mais un jour, les Cohen sont partis sans un mot, et il s’était retrouvé plus seul encore. Finalement, après la mort de sa mère, Marine, et l’abandon des indexCohen, il semble que Dieudonné ne pense pas qu’il puisse avoir confiance en les autres. Tous les êtres humains qui étaient importants dans sa vie l’ont quitté. Il est évident qu’à cause de cela il a du mal à s’entendre avec les gens. Il a deux amis, mais c’est quelque chose de différent pour lui. Ses amis ont leur propre vie sans lui. Mais il trouve des compagnons dans les objets ou endroits importants. Le narrateur décrit son rapport avec la mer, et comment il considère la mer comme un vrai ami. Pour Dieudonné, « Seule la mer ne l’avait pas abandonné…il la trouvait toujours à la même place ; bouillante en carême ; fraiche en saison d’hivernage ; toujours prête à s’enrouler autour de son corps et à le saluer du baiser humide de sa bouche » (42-43). Il peut compter sur l’océan, comme il n’avait jamais pu compter sur quelqu’un d’autre auparavant. Avec la mer, c’est toujours la même, et il n’y a pas d’évènements inattendus, comme la mort ou l’abandon. C’est une relation similaire à celle qu’il a avec La Belle Créole, le voilier de la famille Cohen. Quand il était avec les Cohen, il avait passé du temps sur ce voilier, et il en a beaucoup de souvenirs très heureux. Quand il retourne au quai pour visiter le voilier, « c’était comme si le présent avait rejoint le passé. Comme si Marine n’était pas sous la terre. Comme s’il était redevenu gamin, ma foi, pas malheureux qu’un autre » (35). L’objet peut représenter son passé, et il peut se souvenir des moments où il n’était pas si seul. Dans ce sens, les objets, comme la mer et La Belle Créole deviennent une source de réconfort. Cela continue tout au long du livre, jusqu’à la fin. Pendant toute l’histoire, Dieudonné ne peut pas comprendre les autres êtres humains, et personne ne le comprend. Il est seul, mais il a toujours la mer et La Belle Créole.

Noëlle Butler, Whitman College, Walla Walla, WA

Patricia Mosele, la phonétique française, histoire d’u et d’ou.

L’interview de Patricia Mosele, la phonétique française

F:En quoi l’étude de la phonétique est importante pour l’acquisition d’une langue ?

PM:L’étude de la phonétique est importante dans l’acquisition d’une langue seconde parce que la bonne prononciation facilite la communication. Si les étudiants prononcent bien le français ils ont plus de chance pour se faire comprendre et pour pouvoir comprendre ce que disent les français quand ils sont en train de discuter. Ça c’est la raison la plus important.

F:Quels sont les sons les plus difficiles pour les étudiants américains ?

PM: En général (pas de ), il y a des sons qui existent en français qui n’existent pas en anglais… ça pose parfois des problèmes. Par exemple le “r” francais; tout à fait différent comparé au “r” anglais. Et puis il y a des voyelles qui sont similaires à des voyelles américaines mais pas tout à fait la même chose. Donc ça pose des problèmes aussi. Le “e” le “u” qui n’existe pas en anglais et le “ou.” Qui n’existent pas en anglais mais il y a des sons similaires

F:Quelles sont les découvertes les plus intéressantes que vous avez faites lors de vos recherches?

PM:Il y avait certains choses très intéressant du point de vue phonétique. C’est à dire, les américains ont plus de mal a produire la voyelle “ou” en français comparé à la voyelle “u” en français. C’est la raison pour laquelle c’est une distinction à faire, c’est que le “ou” existe en anglais c’est une voyelle très similaire. Pour une raison ou un autre on ne sait pas exactement parfois les sons qui sont plus similaires sont plus difficiles à prononcer. On a tendance à reproduire le son qu’on a dans la langue maternelle. Tandis que le “u” n’existe pas en anglais. C’est quelque chose que les étudiants peuvent percevoir beaucoup plus facilement que les sons similaires.

F:Est-ce que vous faites d’autres recherches?

PM: Je fais des recherches en pédagogie. Je fais des recherches aussi en culture… Tout ce qu’il y a faire avec l’apprentissage des langues secondes. Dans un pays comme les États-Unis où on n’a pas de contact avec la langue cible. Par exemple ici, si on étudie l’espagnol, on peut trouver des gens qui parlent espagnol et il est très rare de trouver des gens qui parlent français. Je me spécialise dans ce domaine-là.

F:Si vous aviez des conseils à donner aux étudiants américains qui étudient le français, quels seraient-ils ?

PM:À mon avis, la meilleure chose à faire c’est de vraiment apprendre à parler français. C’est d’avoir le plus de contacts avec la langue naturelle que possible. Regarder les films, lire les journaux, les magazines, etc. Ce qu’on appelle en anglais, “input”: “natural input.” Aller dans un pays francophone, mettez-vous à la place des gens qui parlent français tout le temps et comme ça vous allez l’apprendre !

Philippe Alexandre : gros plan sur les fans

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Alexandre Philippe est né à Genève et a reçu un master en écriture dramatique à l’Université de New York. Maintenant, il est réalisateur et est plus particulièrement connu pour le film « The People vs George Lucas ». Il a récemment fait un documentaire intitulé « The Life and Times of Paul the Psychic Octopus », qui traite de Paul, une pieuvre qui est devenue célèbre pendant la Coupe du Monde de football en 2010 pour c’est huit prédictions corrects. Il a créé sa propre compagnie de production située à Denver.

Transcript:

Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir la voie cinématographique ?

Je voulais vraiment être écrivain et je suis allé à New-York, New-York University programme de l’écriture dramatique où j’ai vraiment commencé à apprendre à écrire des scénarios. C’est comme ça petit à petit que je suis vraiment rentré dans le monde du cinéma. J’ai déménagé à Denver il y a onze ans et puis j’ai créé ma propre compagnie de production. Maintenant, je fais beaucoup de films et j’ai beaucoup de projets futurs.

 

Quel est élément essentiel entre les fans d’un film culte comme « La Guerre des étoiles » et son réalisateur ?

Ce qui est vraiment  fascinant est que trente ans plus tard, quand un film ou en fait je dirais même une peinture, toute forme d’art qui est vraiment adulé par le public à ce point, on peut vraiment se demander, se poser la question est-ce que cette œuvre d’art appartient uniquement à son créateur ou est-ce qu’elle appartient également au public. C’est vraiment la question fondamentale que je voulais examiner dans le film. parce que bien évidemment, légalement ça appartient à George Lucas mais quand un public est tellement énorme, puissant et passionné, et finalement a fondé car c’est quand même eux qui ont payé pour tout ça.  On peut vraiment se poser la question, est-ce que ça leur appartient aussi. C’est là que cette dynamique entre le créateur et les fans devient être intéressante parce que les fans disent cet univers il est à nous,  il nous appartient et on peut en faire ce qu’on veut. On peut le changer et faire nos versions à nous-même, si on en a envie. C’est ça la problématique.

 

Est-ce qu’il y a quelque chose de l’extrémité des réactions qui vous intéressent ?

Quand il y a des réactions extrêmes, pour moi  il y a déjà un drame qui est au sein de l’histoire. Il y a d’amour, de la passion, de la folie, de la haine. Il y a toutes ces choses. Je suis très intéressé par le pop-culture, très intéressé par tout ce qui se passe dans ce domaine et pas seulement dans le cinéma, mais toutes les choses dans le pop-culture qui poussent les gens à avoir des réactions fortes, extrêmes. … C’est toujours des thèmes j’ai exploré dans mes films et je continuerai à explorer. Je fais d’autres types de film, mais enfin sur le plan du documentaire c’est principalement la chose qui m’intéresse le plus.

 

Quels conseils donneriez-vous à nos lecteurs qui souhaitent devenir cinéastes ?

Un conseil que je donnerais toujours c’est de commencer par un court métrage. Un court métrage qui dure 5 minutes, qui soit très bien fait et très bien ficelé, puissant, et d’essayer de le faire rentrer dans les festivals de films. Il suffit vraiment, dans un certain sens, de faire un court métrage qui marche très bien et qui gagne quelque prix, pour commencer à se faire remarquer, pour commencer à avoir des bourses, pour voir des gens et des producteurs qui s’intéressent suffisamment pour vous financer un premier long métrage, il faut finalement, et ce n’est pas unique au cinéma, je pense que c’est vrai pour toutes les carrières, il faut être acharné. Il faut vraiment le vouloir et il faut le vouloir parce que vous aimez ça. Parce que finalement si vous aimez pas travailler autant, il y a plein de jobs qui sont beaucoup plus faciles que faire du cinéma. Donc, à partir du moment, s’il y a cette envie, cette étincelle,  il faut simplement suivre la voie.

Frédéric Pichon, art – chitecture …

Frederic Pichon est peintre et architecte. C’est un artiste qui nous vient du Havre, en Normandie. Il a reçu son diplôme de l’école d’architecture de Paris Belleville. Maintenant, il habite à Denver et ses peintures s’exposent à la Spark Gallery..

Votre peinture “supernova” est fantastique. Quelle est son histoire?

Dans trois milliards d’année, le soleil va exploser et va se transformer en supernova. Euh, il va complètement englober une grande partie du système solaire euh, et la terre sera brûlée. Donc c’est dans 3 milliards d‘années, donc ça nous laisse un petit peu de temps euh, en anglais c’est « three billion » euh, mais donc, en fait, j’imaginais que dans trois milliard d’années, il y aurait encore des humains, et que il y aurait encore de l’architecture et en particulier l’architecture que j’aime aujourd’hui au 21ème siècle. Euh et que donc, comme la terre sera brûlée, les humains seront obligés de s’enterrer en profondeur parce qu’il fera beaucoup trop chaud et qu’il n’y aura plus d’eau, et voilà c’est l’idée de la peinture. Donc en fait c’est une coupe sur l’écorce terrestre. Le ciel est ici, ça c’est le terre et les humains vivent dans des tunnels qui sont creusés dans la terre. Dans les tunnels il y a de l’eau et il y a des bâtiments d’architecture que j’aime aujourd’hui et que les humains on démontés et recréés dans les galeries souterraines pour se protéger du soleil qui a explosé. Voilà une idée de que les artistes on pour le futur dans trois milliards d’années.

Que voulez-vous communiquer ou partager avec vos peintures ?

Quand je travail, je fais beaucoup de choses sur l’ordinateur et j’ai besoin de travailler avec mes mains, j’aime le contact tactile entre autre chose, et la peintures ça permet faire ça. Et aussi la peinture ça fait quelque chose de physique, quelque chose de matériel. Euh, quand on peut bouger, quand on peut regarder, il y a quelque part que peut-être que je suis un peu traditionnel pour ça. Mais pour moi, ça a plus de valeur que quand c’est juste une image sur un écran, parce que pour moi la peinture c’est quelque chose d’important, j’ai toujours aimé ça.  J’ai toujours été dans des musées. J’ai toujours beaucoup aimer ça, même aller dans des musées et regarder, j’ai passé des heures quand j’étais étudiant à regarder les peintures pour moi c’est important.

2.  L’architecture, est-ce qu’elle vous donne le même exutoire créatif que l’art ?

Non, ce n’est pas du tout la même chose. D’abord, l’architecture c’est beaucoup plus long, comme processus, c’est le processus sur un bâtiment, ça peut prendre des années, parfois entre le moment où on commence à le concevoir et le moments où il est finalement, réalisé, construit, parfois, ce coule de cinq, dix ans. C’est pas du tout la même chose, c’est un processus évolutif, dans lequel le projet change beaucoup, entre les premières esquisses qu’on fait et est-ce qui réalisé finalement. Et il y a généralement un grand différance. On passe par plusieurs phases on passe par plusieurs étapes, très souvent on refait le projet, parce qu’il y a tout une règlementation qui impose de faire des changement qu’on avait pas prévus au départ, donc dans le projet d’architecture c’est quelque chose, c’est un processus beaucoup plus long. La peinture, c’est presqu’immédiat, on sait ce qu’on veut faire et on le réalise.

3. Où trouvez-vous l’inspiration pour l’art et l’architecture ?

J’ai beaucoup été dans des musées, j’ai beaucoup vu de peintures. ça m’a beaucoup inspiré,  il y a plein d’artistes que j’aime, et je me dis tient, ça c’est vraiment bien, j’aimerais bien faire la même chose. Euh, Je lis, ça me donne des idées, euh les textes parfois me donnent des idées, euh, et puis je suis quand même quelqu’un de très graphique quand je vois des images, ça enclenche un processus de réflection, une image en créé une autre et euh je fais des recherches, j’en trouve une autre, j’en trouve en autre, et finalement ça me donne une idée pour faire une peinture. Pour faire des bâtiments, c’est un peu la même chose, sauf qu’on est beaucoup plus contraints, on est contraints par le budget, par la demande des clients, par la réglementation donc on essaie de faire ce qu’on a dans la tête.

Le premier jour du reste de ta vie, unité et individualisme

La Famille: Unifiée et Individualisée

     Réalisé et écrit par Rémi Bezançon, Le Premier Jour du Reste de Ta Vie est un film en couleur français sorti en 2008. C’est une comédie, mais aussi un drame qui montre le dysfonctionnement de la famille Duval. Les acteurs principaux sont Jacques Gamblin, Zabou Breitman, Déborah François, Marc-André Grondin et Pio Marmaï. Ce film exceptionnel invite les téléspectateurs à se pencher et à réfléchir au-delà des clichés de ce que la société pense qu’une famille devrait être. Peut-être que la société décide du schéma idéal des familles heureuses ou de celles qui ne le sont pas, mais ce film transmet aux téléspectateurs un autre message, parce que l’unité d’une famille n’est pas si manichéenne. Chaque membre d’une famille est son propre individu. Donc, chaque membre doit apprendre à maîtriser son propre indépendance pour être un élément fonctionnel de sa famille. C’est en ce sens que dans ce film il n’y a pas un seul narrateur, mais qu’au contraire, l’histoire est racontée par chaque membre de la famille, au cours de cinq jours aléatoires qui couvrent douze années. Chaque fois, chaque personnage se bat contre ses propres démons. Mais inévitablement la famille commence à se dégrader parce que chaque individu ne fonctionne pas correctement.le premier jour du reste de ta viea

Ce film raconte une histoire de la jeunesse et de la vieillesse, une histoire d’amour et de blessure et en fin de compte, c’est une histoire des hauts et des bas des relations humaines. Le ton de ce film est comique mais pourtant profondément sombre, gardant les spectateurs amusés mais également investis dans le bien-être de chaque protagoniste. Bien que s’étendant de 1988 à 2008, le message du film est intemporel : toutes les familles sont soumises à des difficultés, et ce n’est que par la patience, le rire, et les larmes que la famille peut rester intacte. Ce film a été fortement reconnu pour son message universel ; tant et si bien qu’il a reçu neuf nominations aux César et a gagné trois prix.

Même s’il traite d’une famille en son entier, le réalisateur se concentre également sur une personne à la fois. Mise à part les scènes qui se déroulent autour du dîner, les téléspectateurs reçoivent une perspective individuelle sur la vie de chaque membre. En regardant chaque personnage individuellement, le film confirme l’indépendance comme une qualité importante, une qualité qu’il faut avoir pour développer des relations saines avec les autres. Même si l’autonomie est appréciée dans chaque détail du film, il est aussi clair que son obtention n’est pas facile.

On voit la bataille que mène chaque enfant de la famille Duval pour atteindre l’indépendance : Albert découvre d’abord qu’il est difficile de survivre tout seul, Fleur se bat contre l’autorité parentale, et Ralph n’arrive pas à trouver un sens à sa vie. Mais le film suit chaque personnage dans sa lutte unique dans le but de prouver que pour qu’une famille fonctionne, ils ont tous besoin d’être opérationnels de façon autonome — c’est alors seulement qu’ils peuvent former une unité cohérente.

Mais quelle est la définition d’une personne fonctionnelle ? Si quelqu’un peut prendre soin de son hygiène personnelle, est-il alors «indépendant» ? Ou est-ce qu’il doit plutôt juste être capable de vivre seul et ne pas compter sur les autres ? En montrant aux téléspectateurs les hauts et les bas de chaque individu, le film affirme que pour atteindre l’indépendance, chaque personnage doit être capable de confronter sa faiblesse. Ensuite, chacun doit accepter certains de ses défauts de caractères, parce que personne n’est jamais parfait. Ce n’est qu’alors qu’il sera «indépendant».

Donc, le message principal de ce film est optimiste, mais aussi réaliste : malgré quelques faiblesses intrinsèques, on est aussi né avec de grandes forces. En saisissant ces forces, on peut être heureux en nous-même et, par conséquent, peut être heureux dans nos relations avec les autres.

Même s’il semble que ce film présente des questions sur la famille, il s’attarde également sur les problèmes de l’individu. En séparant le film en cinq jours axés sur cinq personnes différentes, les spectateurs du film sont confrontés à un paradoxe — la famille, quelque chose qui semble être si unifiée, est plutôt individualisé. Il suffit qu’un membre soit malheureux pour que la famille ne fonctionne plus correctement. Cela soulève la question suivante : Est-ce qu’une famille peut seulement être heureuse quand chaque membre de cette famille est heureux avec lui-même ?

En outre, est-ce que la société idéalise trop l’image de la famille ? N’y a-t-il pas de la beauté dans l’imperfection ? Donc, est-ce qu’on peut transformer nos pensées et dire plutôt que les familles fonctionnent mieux quand les membres de la famille ont besoin de l’aide de l’autre ?

 

Maeve O’Leary Sloan, Whitman College

Le premier jour du reste de ta vie, au-delà des stéréotypes

Stéréotypes éclairants

 le-premier-jour-du-reste-de-ta-vie_206Rémi Bezançon a réalisé et écrit la comédie dramatique française, Le premier jour du reste de ta vie en 2008 qui dépeint une famille dysfonctionnelle au cours des cinq jours les plus importants de leur vie avec une variété d’acteurs français : Jacques Gamblin, Zabou Breitman, Déborah François, Marc-André Grondin et Pio Marmaï. Ce film prend les petits moments et les montre avec humour et honnêteté d’une manière qui laisse l’audience s’attacher aux personnages qui essayent de trouver leur place dans la famille. Le film a été bien reçu par l’audience. Les acteurs et le réalisateur utilisent des stéréotypes pour apporter de l’esprit dans des scènes sombres, et les personnages sont décrits comme des clichés ce qui leur permet de révéler leur propre identité.

Bezançon n’a pas seulement réalisé ce film, mais il l’a aussi écrit. Ce n’est pas la première fois que Bezançon prend les deux rôles ; il a réalisé la majorité des scenarii qu’il a écrits. Les acteurs Déborah François et Pio Marmaï ont travaillés avec Bezançon après ce film. Par exemple, François dans le dessin animé Zarafa et Marmaï dans la comédie sentimentale A Happy Ending.

Le Premier Jour…a reçu neuf nominations aux Césars et a gagné trois prix : le César du meilleur espoir féminin pour Déborah François, le César du meilleur espoir masculin pour Marc-André Grondin et le César du meilleur montage pour Sophie Reine. Le film présente douze années de l’histoire d’une famille dans les années 80 avec des mouvements de balancier entre le présent et le passe.  Le film débute avec toute la famille dans la banlieue Parisienne et décrit l’épreuve de recherche d’une identité pour la famille mais aussi pour chacun de les membres en montrant différent jours au cours desquels leur vie a changé drastiquement.

Dans Le premier jour…, le réalisateur utilise les stéréotypes comme des points pour apporter de l’humour dans une histoire sur les luttes familiales qui sont présentées par l’analyse des difficultés rencontrées par un membre et l’audience observe les réactions du reste de la famille. Dans des moments intimes, Bezaçon les prend un par un et apporte une touche de comédie pour se rire des stéréotypes et montrer que toutes les familles passent par les mêmes problèmes.

Il réussit à transformer des préconceptions sur les relations entre enfants et parents. Tandis que Marie-Jeanne essaie d’adopter la même attitude que sa fille, Fleur pense que sa mère est immature et pathétique. Avant les stéréotypes sur la relation entre mère et fille étaient comme des jeux mais lorsque la mère lit le journal de sa fille tout devient sombre. C’est l’unique moment où Bezaçon décrit les deux femmes à leur plus bas niveau. Fleur est présenté comme une fille qui grandit seule, trop rapidement et qui perd contrôle. Marie-Jeanne, trop préoccupée par le plaisir de sa fille, a oublié que c’est plus important de savoir qui elle est vraiment.  La relation progresse finalement quand la mère comprend qu’elle doit laisser sa fille commettre ses propres erreurs.

Trouver sa propre identité prend du temps. Ce n’est pas une chose qui arrive par pur caprice. Il y en a tellement d’individus dans le monde qui passent leur vie dans un état passif car ils n’ont jamais eu la capacité de se remettre en question. Le réalisateur utilise les préconceptions qui sont formées par la société comme des points de départ pour ses personnages. Mais le but du film est d’affirmer que chaque personnage doit se découvrir lui-même sans oublier les personnes qui font d’eux qui ils sont.

Alors, le postulat du film est que la façon dont on grandit et les morales que nos parents nous enseignent sont des facteurs qui influencent notre identité. Les liens familiaux sont essentiels dans la recherche identitire, « La déstabilisation des liens familiaux est le premier facteur d’incertitude identitaire ». Chaque personnage du film éprouve ces liens mais tous retourne vers leur famille à la fin.

Selon moi, le film décrit les luttes d’une famille avec réalisme et honnête. Contrairement à des films populaires qui montrent des fins avec des dénouements heureux, « Le premier jour du reste de ta vie » indique que la vie nous met des bâtons dans les rues. Et finalement, on peut se demander s’il est normal que les familles ne soient pas parfaites et la famille Duval affirme que les personnes les plus proches sont celles qui nous connaissent le mieux, même si on ne se connaît pas encore soi-même.

 

La France : un choix parfait pour les étudiants étrangers ?

Un billet d’Ashton Green

La France : un choix parfait pour les étudiants étrangers ?

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Étrangers dans les universités françaises

Est-ce qu’il est vraiment nécessaire d’étudier ou de recevoir un diplôme dans votre pays de naissance ? Selon l’article, « Étudiants étrangers : La France demeure l’une des trois destinations préférées » (Le Monde. Eric Nunes. 19/02/16) les chiffres de L’UNESCO[1] montrent que la France est le troisième pays le plus populaire pour les étudiants étrangers. Les Chinois, les Sud–Coréens, les Marocains et les Indiens sont ceux qui sont les plus nombreux à choisir d’étudier en France (Le Monde) [2].

Mais, quelle est la raison de ces chiffres ? D’après le site web de Campus France[3], la qualité de l’enseignement est supérieure, les étudiants étrangers et français ont la même égalité de traitement, et tous les domaines de l’éducation sont accessible à tous[4]. Tous ces aspects combinés créé une atmosphère attractive pour les jeunes qui veulent continuer leurs études à un haut niveau.

 

Universités Françaises à l’étranger

Delphine Dauvergne, journaliste pour l’Etudiant [5], explique que l’agence Campus France a créé une carte avec 133 sites d’enseignement supérieur français à l’étranger. En d’autres mots, les universités françaises s’installent dans les pays étranger pour « Offrir une expérience unique à l’étranger aux étudiants ou répondre aux besoins de formation du pays en recrutant pour l’essentiel des étudiants locaux » (L’Etudiant). Il y a les sites situés en Amérique du Nord (le Canada et Les États-Unis), au Mexique ou en Afrique. Les universités offrent une formation française aux élèves sans qu’ils aient à quitter leur pays. Le but de Campus France est de permettre à tous de profiter de l’enseignement supérieur.

 

Université gratuite en ligne

Si on n’a pas la chance d’étudier dans une université française où dans un site d’enseignement supérieur français à l’étranger, il y a les cours français en ligne ouverts pour tous et gratuits. Oui, GRATUITS !  Ces courses s’appellent les MOOCs[6] et ils couvrent des sujets très spécialisés et très divers. Toutes les universités françaises participent à ces programmes qui sont parfaits pour une formation complémentaire. En plus, les cours sont ciblés sur une durée courte et il y a toujours une classe intéressante disponible immédiatement ou dans un proche avenir.[7]  Ce qui est frappant est le fait que tous les cours sont gratuits, parfois il n’y a aucun prérequis pour les suivre, et il n’est pas nécessaire d’être inscrit dans une université (Studyrama). Le système permet de créer des liens avec les autres étudiants puisque la majorité des devoirs  impliquent une collaboration entre les différents participants. Alors pour un étudiant étranger, cela permet de créer des amitiés avec des francophones. À la fin de chaque MOOC si on réussit l’examen final, on reçoit un certificat.

 

Aux États-Unis, l’éducation supérieure n’est pas ouverte à tous et souvent très onéreuse. Malgré cela, pour les Américains qui parlent français, il est facile et gratuit d’obtenir un certificat tout en améliorant leur niveau de français. La France est le troisième pays le plus populaire pour les étrangers parce que l’attitude des français envers la formation est que tout le monde doit avoir la chance d’accéder à une bonne éducation. Alors vous aussi, après avoir obtenu votre licence, pensez à la France pour continuer vos études.

 

Les Sources :

http://www.lemonde.fr/campus/article/2016/02/19/etudiants-etrangers…

 

http://www.letudiant.fr/educpros/actualite/campus-france-publie-une…

 

http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/moins-de-5…

 

http://www.campusfrance.org/fr

 

http://www.studyrama.com/formations/filieres/universite/les-mooc-de…

 

http://www.agence-erasmus.fr/index.php

 

 

 


[1] L’UNESCO est l’organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture. http://www.uis.unesco.org/Education/Pages/international-student-flo…

[2] « Les États-Unis ont la préférence des étudiants qui choisissent de s’expatrier (740 482), puis le Royaume-Uni (427 686), suivi par la France (271 399). » Eric Nunes. Le Monde

[3] Campus France est « l’agence française pour la promotion de l’enseignement supérieur, l’accueil et la mobilité international ».

[4] http://www.campusfrance.org/fr/page/pour-louverture-internationale-…

[5] « La France compte 133 campus à l’étranger » L’Étudiant. Delphine Dauvergne. 24/02/16

[6] MOOC en anglais : massive open online course. Les MOOCs sont accessible pour tous et soutenus et enseignés par les universités de France.

[7] Le site web : https://www.fun-mooc.fr/cours/ propose une multitude de cours gratuits dans divers domaines de la formation (Droit et Juridique, L’Économie et Finance, L’Éducation et Formation, etc.). Il y a beaucoup d’étudiants dans chaque cours avec lesquels on interagit et l’on peut se créer de nombreux amis. Les professeurs des universités françaises (et même francophones comme la Belgique) les enseignent avec des présentations vidéos et des leçons en ligne. Ils fonctionnent comme un cours universitaire, chaque cours dure six ou sept semaines, et à la fin il y a un examen. En plus, les forums et les réseaux sociaux (Forums FUN, Twitter, Facebook) renforcent la collaboration entre le prof et les étudiants.

 

ERASMUS, une agence d’éducation européenne créée en 1987, est le premier grand programme européen pour l’enseignement supérieur. Il facilite également la coopération entre les universités européennes par l’élaboration de programmes intensifs. Les universités ne sont pas les seules concernées par l’agence ; les instituts, les conservatoires et les lycées ont aussi accès aux services. ERASMUS offrent des campus aux 27 états membres de l’union européenne, aux états de l’espace économique européen (Suisse, Norvège), et à la Croatie et la Turquie. Donc les étudiants européens peuvent effectuer leurs études entre plusieurs pays et recevoir des diplômes valables dans toute l’Europe.

 

 

Youtubeurs… une nouvelle forme de communication ?

Billet d’humeur de Patrick Magwood

L’implication des youtubeurs : changent-ils le divertissement ?

En 2008, le phénomène des youtubeurs français s’est lancé avec quelques personnalités de DailyMotion, qui sont aujourd’hui riches et célèbres.

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 Dans un article du Monde du 11 août 2015, Pascale Krémer déclare que les “youtubeurs” sont peut-être plus populaires que certaines vedettes de films. C’est très facile à comprendre, quand les top trois, Cyprien, Norman, et Squeezie, ont près de 19 millions d’abonnées sur leurs chaînes (Le Monde, centre droit, 8/11/15). Norman, par exemple, a plus que 7 millions d’abonnés (Wikipédia), et a fait ses débuts sur Youtube en 2008, et son audience s’élargit constamment, d’ailleurs en 2014, on a enregistré que “le temps passé sur Youtube était en hausse de 60%, avec 31 millions de visiteurs uniques” (Le Monde).

 À côté de celles des humoristes, les chaînes les plus populaires de YouTube en France sont aussi celles qui traitent des jeux vidéo, plus particulièrement celles qui mettent en scène un animateur. Selon Chloé Woitier dans un article dans du Figaro de 19/6/13, une grande partie des Youtubeurs, ont moins de 20 ans. Il y a une relation directe entre l’appartenance à une tranche d’âge et le source des succès qui permet une identification (Le Monde).

De plus, les moyens de transmettre leurs idées et créations s’étend  au-delà de Youtube, grâce à l’Instagram, Vine, Snapchat, Facebook et Twitter, et les animateurs se métamorphosent de “Youtubeur” à “Socialtubeur” (Le Monde). Alexandre Malsch, créateur de Melty, suggère ce changement de titre, en disant aussi qu’ils ne sont pas juste des vedettes de vidéos, mais avant tout “des talents sociaux”, parce qu’ils utilisent d’autres plate-formes afin de communiquer plus et d’interagir directement avec leurs admirateurs (Le Monde).

 Antoine de Tavernost, journaliste au Monde, affirme que “les gens sont saturés de messages descendants… eux [les socialtubeurs] parlent vrai, sans langue de bois, de choses qui concernent les ados et auxquels les plus de trente ans ne comprennent rien”. C’est aussi le cas pour le Joueur de Grenier, et d’autres “Youtubeurs” qui traitent des jeux vidéos, et “attirent une audience à peine plus âgée qu’eux” (Le Figaro). Parce que finalement, et selon Krémer, les “Youtubeurs” incarnent un certain modèle de réussite démocratique qu’il attribue aussi à leur succès.

 À part YouTube et DailyMotion, le fait que les “Youtubeurs” utilisent d’autres réseaux sociaux pour toucher des admirateurs sert à les raccorder au monde ; de plus, ils sont capables de produire plus de contenu par semaine que les séries  télé. Ils bénéficient principalement de leur jeune âge, ce qui leur permet de rester plus facilement en contact avec les adolescent et jeunes adultes, qui forment la base de leur groupe d’admirateurs. Avec un large éventail de disciples, on suppose qu’il faudra juste quelques années avant qu’ils surpassent les grandes vedettes traditionnelles du cinéma, où peut-être qu’ils les auront complètement remplacées.

Ils sont vraiment en train de révolutionner le divertissement et la manière dans laquelle il nous touche.

1. Un internaute publiant des vidéos sur le site de partage YouTube et qui exerce cette activité à titre principal et en tire une rémunération notamment via les recettes de publicité en ligne. Les plus connus utilisaient d’abord le site DailyMotion pour poster des vidéos, mais ils utilisent maintenant YouTube; les plus connus ont des millions d’abonnés.

2. Dailymotion est une entreprise française proposant, sur le site web du même nom, un service d’hébergement, de partage et de visionnage de vidéo en ligne. Elle a été créee le 5 août 2005 par Benjamin Bejbaum et Olivier Poitrey.

3. Un sondage fait par Le Journal de Mickey trouve que Norman et Cyprien sont les célébrités préférés des enfants de 7-14 ans. Norman se trouve en premier place, suivi de Cyprien en deuxième, puis Maître Gims, un rap-star en troisième place. La même recherche affirme que 43% des 7-14 regardent des vidéos comme première activité sur Internet.

4. Norman Thavaud est un humoriste et acteur français né le 14 avril 1987 à Arras. Il se fait connaître en publiant ses vidéos sur internet et en les relayant sur les réseaux sociaux, à l’instar de Cyprien, Mister V, Hugo Tout Seul, Natoo ou Jérme Niel, la nouvelle génération d’humoristes utilisant ces outils. Il a fait ses début sur internet en 2008 en faisant parti du groupe “Velcrou” avec Hugo Dessioux. La plus populaire de ses vidéos est “Avoir un chat”, a presque 23.000.000 vues.

 

  1. http://www.lemonde.fr/pixels/article/2015/11/08/les-youtubers-plus-forts-que-les-rockstars_4805441_4408996.html?xtmc=les_youtubeurs&xtcr=18

  2. http://www.lefigaro.fr/jeux-video/2013/06/18/03019-20130618ARTFIG00386-les-youtubeurs-nouveau-business-du-jeu-video.php

  3. https://fr.wikipedia.org/wiki/Youtubeur

  4. https://fr.wikipedia.org/wiki/Norman_Thavaud

  5. http://www.lepoint.fr/ces-gens-la/celebrites-norman-et-cyprien-personnalites-preferees-des-7-14-ans-08-03-2016-2023954_264.php

  6. http://www.franceinfo.fr/emission/le-17-20-numerique/2015-2016/youtubeurs-premieres-sanctions-attendues-avant-l-ete-08-03-2016-14-55

 

“La cité des enfants perdus”, violence absurde et émouvante

« La cité des enfants perdus » est un film d’aventures fantastique français de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro sorti, en 1995, qui met en scène Ron Perlman dans le rôle d’Un, baleinier costaud qui sauve son frère d’un scientifique fou et terrifiant joué par Daniel Emilfork. On remarquera la présence de Judith Vittet dans le rôle de Miette, chef des enfants voleurs, et Dominique Pinon qui montre sa grande polyvalence dans les rôles du scaphandrier et des clones du méchant Krank. Ce film de 1h 52 minutes, produit par Canal + offre le ton d’un conte de fées noir qui ne manquera pas de séduire tous ceux qui aiment l’aventure et la fantaisie.

C’est le deuxième film de l’équipe Jeunet-Caro, après « Delicatessen, » qui mettait déjà en scène Dominique Pinon.  Le film a fait l’ouverture du festival de Cannes après six ans de réalisation et 80 millions de francs. Ce grand budget, obtenu grâce au succès de « Delicatessen, » a été principalement dépensé en effets spéciaux. Pour 17 minutes du film 15 artistes ont travaillé pendant plus de 30 mois.

Un, le héros du film, est joué par l’acteur américain Ron Perlman, c’était son premier film en français. Il ne parlait pas la langue, ce qui est audible bien qu’il ait mémorisé son texte parfaitement. Il a déclaré dans une interview, combien il avait détesté la scène dans laquelle Un, possédé par la mite, frappe sa compagne Miette au visage.

Le film commence dans une chambre décorée pour Noël, un petit garçon dressé dans son berceau est entouré de jouets. Le Père Nöel descend de la cheminée avec un sourire, suivi d’une dizaine d’autres. Le petit observe avec horreur la chambre envahie de pères noëls aux visages grotesques. Tout se distord, il commence à crier, la scène arrive à son apogée avec un cri et un gros plan du visage du scientifique fou Krank. Travaillant avec sa femme et ses fils clonés, il vole les rêves des petits enfants enlevés, mais ne récolte que des cauchemars. Un, un costaud de carnaval, doit sauver son petit frère de Krank et sa machine terrible dans une aventure d’horreur et fantaisie.

Jeunet et Caro voulaient raconter l’histoire de Miette, Un, Krank, et les rêves depuis quatorze ans, bien avant la conception de « Delicatessen. » Leur but était d’utiliser l’art noir et futuriste pour créer un monde sombre et sans rêves. Krank manque d’imagination, il ne peut rien sentir ; alors il est enfermé dans le monde banal de la réalité . Ici, Jeunet et Caro explorent la perte de l’esprit de l’enfance et le pouvoir des rêves et de l’imagination contre le mal dans une aventure palpitant et touchante.

Le charme et la magie du film vient principalement de la mise en scène de Caro. Les rues et les bâtiments sont tous noirs et sales sous un suaire de brouillard. Les enfants s’habillent comme des adultes miniatures, et les grands sont des caricatures, avec des costumes noirs et excentriques mêlés à la technique futuriste, comme les yeux en métal et les inventions de Krank nous donnent le sens d’être dans un autre monde. On trouve aussi une tendance vers le grotesque, les méchants sont en contre-plongée pour apparaître plus grands et intimidants. Le film déborde de scènes de rats, insectes, et d’oiseaux qui déchirent en morceaux des poissons morts.

«La cité des enfants perdus » est parfait pour ceux qui ont l’esprit d’aventure et apprécie l’absurde, le noir et le bizarre. Ce film est à voir pour ses superbes décors, ses effets spéciaux fabuleux, et le monde surréel où les enfants règnent dans les rues, les puces sont dressées pur tuer, et les rêves ont un pouvoir. Ils ont créé un conte de fées fantastique pour adultes, aux images violentes et plusieurs complots de meurtre qui provoquent une réaction viscérale. Jeunet et Caro nous plongent dans un monde de magie et de mystère avec des effets magnifiques et une histoire très émouvante.

Cette image de cauchemar apparaît après la première scène, c’est notre introduction au monde de Krank. Le fond est tout noir, avec une fenêtre rouge derrière Krank La_Cite_des_enfants_perduspour évoquer le mal et attirer l’attention. On voit son expression grotesque en gros plan et contre plongée, pour qu’il apparaisse plus menaçant. Sur sa tête, on voit la technologie rétro, on dirait un robot. C’est une réflexion sur la réalité de Krank, vide à l’intérieur parce qu’il n’a plus d’imagination.

Togo : Comment garder les élites au pays ?

Billet d’humeur par Jared Shapiro

Togo : Comment garder les élites au pays ?

Le 21 janvier 2016, peu de temps après les manifestations des profs togolais d’octobre 2015 sur le campus universitaire de Lomé, les étudiants ont manifesté contre les mauvaises conditions, laissant une dizaine de blessés.

Edmond d’Almeida, un correspondant togolais pour Jeune Afrique, raconte la manifestation des étudiants mécontents qui est arrivé à l’Université de Lomé le 21 janvier, laissant au moins huit blessés dont les étudiants et les policiers. Le 13 janvier 2016, le MEET, Mouvement pour l’Épanouissement de l’Étudiant Togolais, a tenu une assemblée générale “pour soumettre une série de doléances à la présidence de l’université” (Jeune Afrique, centre gauche, 12.01.2016). Komlanvi Kondo, président du MEET, détaille ces plaintes en expliquant “qu’il n’y a pas suffisamment de bus pour assurer le transport de nos camarades. Les frais de logement dans les cités sur le campus sont onéreux ; l’université n’est pas bien électrifiée et l’insécurité y règne la nuit,” en plus du problème perpétuel des bourses et des allocations financières (Jeune Afrique). L’appel de MEET a été ignoré par les chefs de l’enseignement supérieur, selon d’Almeida, donc le MEET en réponse a proposé une manifestation durant 48 heures.

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Un étudiant tient un gilet pare-balles de la gendarmerie (Photo publiée sur le site Facebook du Togolais Révolté le 21 janvier 2016)

 

 

La manifestation a attiré l’attention du gouvernement qui a envoyé les forces de l’ordre. Les étudiants ont brûlé un véhicule policier et ils se sont heurtés à la gendarmerie qui leur jetait des gaz lacrymogènes. Après une journée tendue et violente, Octave Nicoué Broohm, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, a annoncé que les autorités gouvernementales et universitaires seraient en discussion avec les étudiants sur chacune de leur revendications. Un étudiant effréné s’exclame, “ il faut secouer un peu le campus pour nous faire entendre. Les Assemblées générales ne servent à rien,” montrant une méfiance vers l’autorité universitaire (Jeune Afrique).

 

 

 

 

 

 

Cette démonstration vient à peine trois mois après une grève des professeurs insatisfaits de leurs allocations de rentrée scolaire et de bibliothèque (Jeune Afrique). Edmond d’Almeida précise que le gouvernement togolais a débloqué six milliards de francs CFA (environ 9 millions d’Euros) pour compenser les professeurs et pour rassurer les parents que l’année scolaire allait avoir lieu. En outre, une délégation gouvernementale a été fondée dans laquelle “les ministres de la Fonction publique, des Enseignements primaires et secondaires, et de la Formation professionnelle” ont discuté avec les “organisations syndicales du secteur de l’éducation” pour résoudre le conflit (Jeune Afrique). Selon d’Almeida, les syndicats espèrent casser “le cycle des perturbations dans le monde de l’éducation [togolaise],” mais les primes de rentrée n’étaient que le début d’un long catalogue(1) de plaintes qui vise le système éducatif togolais. La réponse expéditive du gouvernement a sensiblement dépanné une crise véritable mais il reste apparemment du travail à faire.

L’agitation éducative arrive au mauvais moment en étant donné que “Sur 6 millions de Togolais, environ 2 millions vivent à l’étranger(2) – 1,5 million en Afrique et 500 000 sur d’autres continents,” selon Robert Dussey, le ministre des affaires étrangères togolaises (Jeune Afrique). En ce moment, le ministère des affaires étrangères lance un appel à la diaspora pour qu’elle revienne au Togo en ramenant leurs compétences techniques et professionnelles. Ceux qui rentrent recevront “un financement pour faciliter leur retour et leur installation,” une récompense tentante. La récupération de la diaspora togolaise est confrontée au problème de l’employabilité des jeunes croissante (3).

La question de la formation se situe dans un contexte éducationnel, alors comment attirer la diaspora éduquée quand on voit des grèves et des manifestations violentes dans le secteur éducatif ? Alors que les jeunes Togolais se battent contre la structure universitaire, ce sera assez difficile de convaincre les Togolais partis de revenir, notamment quand il y a autant de détresse. Vu que les étudiants sont mécontents du système universitaire et que les professeurs au Togo portent plainte contre le même système, peut-être que le gouvernement togolais ferait mieux de se focaliser en gardant les jeunes et les professionnels qui sont toujours au pays.

Encarts:
1.) Y compris la mise en place d’un statut spécial, la situation des enseignants du confessionnel, et la création d’une coopérative promise depuis 2013
2.) Ce qui représente environ 25% de la population togolaise. L’immigration togolaise s’est réalisée en trois vagues distinctives (Samir Abi, CADTM, gauche, 23 janvier 2012)

  1. La première vague se composait des bacheliers envoyés
    Des étudiants restreint un policier sanglant (Photo publiée sur le site Facebook du Togolais Révolté le 23 janvier 2016)
    Des étudiants restreint un policier sanglant
    (Photo publiée sur le site Facebook du Togolais Révolté le 23 janvier 2016)

    à l’étranger pour étudier parce que le Togo n’avait pas l’infrastructure éducative pour leur formation. Au début des années 80, la dette encourue par l’ajustement structurel a forcé les émigrés de rester à l’étranger pour éviter le chômage qu’ils auraient trouvé au Togo.

  2. Dans les années 90, une crise politique a incité de nombreux Togolais à quitter le pays pour l’asile politique à l’étranger.
  3. La troisième vague est plus récente et elle se produit à cause de la quête d’un bien-être à l’étranger qu’on ne trouve pas au Togo.

3.) Dussey admet “qu’il est urgent de résoudre la question de [l’employabilité des jeunes], de trouver une meilleure adéquation entre formation et emploi, de faciliter la création de PME pourvoyeuses d’emplois, sinon nous ne pourrons pas les empêcher de vouloir partir. Et si le chômage des jeunes devait perdurer, alors nous irions vers une catastrophe. Regardez les rangs de Boko Haram et des Shebab : ils recrutent parmi les jeunes qui n’ont pas de travail.”

Sources:

http://www.jeuneafrique.com/295935/politique/togo-dizaine-de-blesse…

http://www.jeuneafrique.com/271236/societe/togo-gouvernement-debloq…

http://www.jeuneafrique.com/mag/282396/politique/robert-dussey-chom…

http://cadtm.org/Les-migrant-e-s-togolais-e-s

 

“Un prophète” : histoire d’une métamorphose

Un Prophète est un drame criminel que se déroule en prison réalisé par Jacques Audiard et qui a été présente à Cannes, en 2009. C’est l’histoire de Malik (Tahar Rahim), un jeune délinquant que se retrouve en prison sans amis ni ennemis. Il devient-le protégé du chef de mafia Corse, César Luciani (Niels Arestrup), mais ses racines arabes lui posent des problèmes. Ce film de 2h35, produit par Why Not Productions, a gagné le Prix du Jury à cannes ainsi que d’autres distinctions pour sa représentation de la vie des criminels.

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Un Prophète est l’histoire d’un jeune homme qui dans de mauvaises circonstances prend six ans de prison et doit faire le mal pour sauver sa vie. Ce jeune délinquant semble vierge il n’a pas de patrimoine, il n’st pas musulman bien qu’arabe, il n’a pas de famille culturelle à laquelle s’associer ni de formation professionnelle pour se projeter, il lui est donc plus facile de se transforme en un nouvel être méconnaissable. C’est un film sur l’apprentissage, qui a pris les tropismes du mentor, que l’on trouve dans les films mafiosi comme Goodfellas ou le Parrain à la française. Le tournage s’est fait dans les couleurs grises et bleues pour montrer la froideur et la sombre nature de la prison. Dans quelques séquences des rêves, l’image devient saccadée pour augmenter le sens de l’insécurité, l’instabilité et cette perpétuelle sensation d’inconstance qui existe dans une prison.

Le film commence sur un écran noir, on entend le brouhaha chaotique de la prison, les portes qui claquent, les hommes qui cherchent à se battre. L’image est troublée, un peu instable, mais elle se concentre sur un jeune homme, mal rasé, visage cabossé et ses mains enchaînées toutes seules. Le caméra qui suit Malik de très près, pendant la majorité du film, essaie de réfléchir ses humeurs et sentiments. Ce film ressemble à une étude psychologique, où le spectateur s’entraîne à la psychologie et observe la transformation irrémédiable d’un être humain. Cela rapproche le spectateur du personnage principal: quand il a peur, qu’il est heureux, qu’il a mal, le spectateur s’engouffre dans ses sentiments avec lui.

 

Céline Trézéguet, archéologue urbain… gérer les époques

Madame Céline Trézéguet – archéologue française

Céline Trézéguet est achéologue en Charente-Maritime. Entre 2000 et 2009, elle a étudié à l’Université de Montaigne-Bordeaux III où elle a obtenu son Doctorat en archéologie. Actuellement, elle est responsable d’opérations et de réalisation de diagnostiques archéologiques (préventives et programmées).

Interviewée par Jonah Crisanti

Q : J’ai vu sur votre profil LinkedIn, que vous êtes actuellement au poste de responsable d’opérations et de réalisation de diagnostiques archéologiques. Est-ce qu’un dirigeant continue toujours a faire des fouilles, c’est à dire, gardez vous un contact avec la terre ?

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R : En tant que responsable d’opérations, je m’occupe des chantiers de fouilles (préventifs et programmés) et des diagnostics archéologiques de A à Z. C’est à dire qu’une fois que j’ai l’autorisation de l’État (sous forme d’un arrêté de nomination), je prépare le terrain : je rencontre toutes les personnes ayant un rôle dans l’organisation du chantier (aménageurs, élus locaux, entreprises de travaux publics, par exemple). Je rencontre le chef de projet, l’architecte et les techniciens avec qui je vais travailler sur le terrain (choix de la pelle mécanique, du lieu de stockage des remblais, etc…). Tous ensembles, nous organisons le planning des travaux. Lorsque je réalise des fouilles préventives, je recrute des équipes constituées d’archéologues professionnels qui viennent fouiller avec moi sur le terrain. C’est la phase de préparation du chantier, indispensable pour que tout se déroule bien par la suite.

Au moment du chantier à proprement parler, je suis obligatoirement sur le terrain, notamment parce que je donne les instructions au chauffeur de la pelle mécanique, et à toutes les personnes qui travaillent sous mes ordres.

C’est à ce moment-là que j’ai un contact direct avec la terre : je suis toujours sur le terrain, mais c’est vrai que je fouille concrètement moins que lorsque j’étais technicienne de fouille. Je dois désormais diriger mon équipe, gérer les aléas du chantier et être en contact permanent avec toutes les personnes qui interviennent lors des travaux.

 

Q : Qu’est ce qu’un archéologue urbain exactement ? Quels sont les problèmes majeurs avec lesquels on est confronté lors de l’excavation d’un site urbain ?

 

R  : Un archéologue urbain est un archéologue qui a l’habitude de fouiller en milieu urbain, dans les centres villes (depuis le petit bourg de campagne à la grande agglomération, comme La Rochelle).

Que ce soit dans les grandes villes ou au cœur des petits villages, il est impératif de gérer la sécurité des gens qui circulent tout autour du chantier. Imaginez que vous fouillez à côté d’une école, vous devez prendre en compte la sécurité des enfants, des parents, des enseignants tout en effectuant les fouilles.

Ensuite, se posent des problèmes techniques. En effet, le sous-sol urbain en France est truffé de réseaux enfouis (eau potable, eaux pluviales, gaz, électricité, fibre optique, …). Il faut en tenir compte et donc implanter les sondages et les tranchées en fonction du tracé de ces réseaux. Enfin, la superposition des couches archéologiques anciennes (étalées sur des siècles et même parfois sur des millénaires) est plus importante et généralement assez complexe : les lectures stratigraphiques sont par conséquent très complexes et nécessitent d’avoir de solides compétences.

Les obstacles et les difficultés sont donc beaucoup plus nombreux à gérer que l’lorsqu’on mène des fouilles en contexte rural, en plein champs par exemple.

 

Q : En tant que dirigeant des fouilles et des diagnostics, pourriez-vous nous dire exactement quelles sont les qualités que vous recherchez pour des volontaires ? Est-il plus important d’être expérimenté ou bien motivé?

 

R : J’essaie d’avoir autant de novices – d’étudiants qui n’ont jamais fouillé – que de bénévoles qui ont un peu ou beaucoup d’expérience. Ainsi, je peux confier à ceux qui connaissent le métier (une fois après avoir vu leur façon de travailler) la formation et la surveillance des étudiants qui n’ont jamais fouillé. Procéder ainsi permet de développer un esprit d’équipe, vital dans le bon déroulement d’un chantier. Je préfère travailler avec une équipe bien soudée et dont les membres s’entendent bien et qui surtout arrive à s’entraider, parce que je suis persuadée qu’ainsi les résultats sont meilleurs. Et qui aime travailler dans un contexte délétère ?!

Après, c’est vrai que la motivation est très importante. Aussi, je demande un CV et une lettre de motivation parce qu’une personne qui n’a jamais fouillé mais qui fait preuve d’une très grande motivation a tout autant le droit à une première chance que les autres plus expérimentés. Enfin, j’accorde une importance toute particulière au style, à la grammaire et à la syntaxe dans la lettre de motivation, car il me parait aussi très important de savoir s’exprimer et démontrer de façon claire (et sans faute…) sa motivation et sa détermination.

 

“la jeune fille et les loups”, un ange face à l’oppression

La jeune fille et les loups est un drame fictif français du réalisateur Gilles Legrand sorti en 2008 qui met en scène Laetitia Casta, dans le rôle d’Angèle, une jeune française qui vit à la fin de la première guerre mondiale. On remarquera la présence de Jean-Paul Rouve dans le rôle d’Émile Garcin, le fiancé sexiste d’Angèle, qui s’oppose à Stefano Accorsi, dans le rôle de Guiseppe, un paysan fou et profondément romantique. Ce film, produit par Epithète Films, dure 110 minutes et nous montre une histoire captivante d’une fillette qui essaie de sauvegarder les loups contre toute attente.

Cette fiction rappelle un film sorti l’année précédente, Survivre avec les loups, réalisé par Véra Belmont, et qui suit la vie d’une jeune fille juive qui fuit les Nazis à travers l’Allemagne, la Pologne et l’Ukraine pendant la Seconde Guerre Mondiale. Dans le film de Gilles Legrand, Angèle, le personnage principal, essaie de sauver la vie des loups tandis que son fiancé pense que c’est une cause perdue. Le tournage a commencé en mars 2007 et a duré 4 mois en Ile-de-France, en région Rhône-Alpes et en Italie. Legrand a fait le choix de tourner son film en numérique avec des caméras Génésis sous l’expertise d’Yves Angelo, le directeur photo. Steve Martin met en scène 14 loups magnifiques devenus vedette et acteur le temps du tournage, leur casting a été très particulier puisque la majorité est venue des États-Unis et du Canada.. .

Le film commence dans la forêt tandis qu’une meute de loups dévore un cerf quand soudain un groupe d’hommes les abat à coups de fusils. Il n’y a qu’un loupiot tout noir qui survit à l’attaque, recueillit par Angèle, il change sa vie. Cette jeune fille montre une grande audace, de la force et la persévérance tout au long du film lorsqu’elle doit choisir le chemin de sa vie.

Legrand dépeint ses personnages sortis d’une petite campagne, comme irresponsables face aux effets de leurs actes sur l’écologie de la planète autant que sur le rôle de la femme dans la société. Legrand décrit les conditions de l’éradication des loups face à l’esprit avide des entrepreneurs qu’il contraste avec de superbes paysages de montagne et de forêt qui ajoutent un sens de pureté sauvage à son œuvre.

Si ce film ne mérite pas un César, il raconte cependant l’histoire captivante de la dernière meute de loups en France. Décrivant en parallèle, la vie d’une jeune femme face à la misogynie des sociétés traditionnelles, ce film montre la détermination et la force nécessaire pour surmonter l’oppression des stéréotypes. Il est impressionnant de voir de tels idéaux féministes dans une période très masculine. Je vous le conseille, il vous émouvra.

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Le point focal de cette image est clairement la femme, Angèle, pourtant entourée et obscurcie par l’avion qui symbolise les obstacles et décisions qui la menacent. Dans ce cadre, les barres de l’avion agissent d’une manière suppressive. D’autre part, la couleur rouge de l’avion, vaisseau d’évasion, renforce la féminité d’Angèle, sa colère autant que sa passion. Couleur qui rappelle la robe écarlate de la mère de l’amant fou, séductrice maudite par quoi tout à commencé.

http://www.naive.fr/oeuvre/la-jeune-fille-et-les-loups

http://image.toutlecine.com/photos/l/a/0/la-jeune-fille-et-les-loup…

http://www.cinetrafic.fr/actu-cine/54/ces-filles-proches-de-la-nature

http://www.lemonde.fr/cinema/article/2008/02/12/la-jeune-fille-et-l…

http://www.allocine.fr/film/fichefilm-120643/secrets-tournage/

http://www.imdb.com/title/tt0962782/plotsummary?ref_=tt_ov_pl

“Entre les murs”, enseigner c’est renforcer les rêves

Entre les murs est un drame français de Laurent Cantet, sorti en 2008, qui met en scène François Bégaudeau dans le rôle de Francois Martin, un jeune professeur de français qui enseigne des écoliers dans un collège difficile.

Le film est inspiré d’un livre du même titre, écrit par François Bégaudeau en 2006. Les scènes du film sont presque toujours dans la salle de classe pour focaliser non seulement sur la relation entre les étudiants et le professeur mais aussi sur la pédagogie. Jean-Luc Douin déclare que « la magie du film est là, dans…, cette vie bouillonnante entre quatre murs, ce brouhaha permanent, la honte de soi des uns et la tchatche des autres… » Pour rendre le film plus réaliste la plupart des acteurs ont gardé leurs propres noms. Douin révèle aussi que « Entre les murs filme la guerre de la parole. » Fondé sur la méthode de Socrate, « le film rend hommage à ce prof capable d’amener ses élèves à décoder le savoir en leur parlant comme à des adultes” en posant des questions sur ce qu’ils pensent, croient, et font. »

Un homme est assis dans un café avant d’aller à l’école, il fait dos à la caméra. Il tourne la tête et la camera fait le point sur lui pendant quelques secondes. Il pense. Les seuls sons que l’on entend sont ceux des voitures dehors. Il n’a mis ni sucre ni lait dans sa boisson. Il a regardé dehors par la fenêtre et a fini son café. Après l’avoir fini, il est allé au collège. La caméra, restée dans le café, observe l’homme qui traverse la rue. Il sourit enfin en rencontrant ses collègues. Le film va  présenter les problèmes qui peuvent affecter l’éducation, la culture, l’identité et l’intégration des étudiants dans les écoles à haute diversité ethniques.

En dehors de l’aspect multiculturel, un de ses problèmes est la langue. Il y a une barrière établie au début du film entre le prof et les étudiants ; car le rôle social ici est d’enseigner et d’apprendre. Cependant « la question de la langue est centrale », et de l’argot au français classique, le sens d’un mot diffère dans chaque registre langagier.

Ce film, qui propose une étude psychologique, évoque les sentiments de chacun au travers de leurs actions. J’adore le film et il a m’inspiré à devenir un prof qui offre des outils de motivation et croit en chaque étudiant. Pour lui comme pour moi, enseigner c’est aider chaque écolier à atteindre ses rêves.

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Dans cette photo, le focus est sur le personnage principal, Marin qui est prof. Les étudiants sont flous. La photo communique ainsi une impression de chaos mais aussi renforce l’effet de pouvoir du prof dressé au milieu, net, soutenu par les lignes des fenêtres, qui rappellent celles d’un cahier.

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/05/27/un-acteur-d-entre-…

http://www.lemonde.fr/cinema/article/2008/09/23/entre-les-murs-la-g…

http://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/entre-les-murs/

“Café de Flore” : à la Recherche de l’âme soeur

Une critique filmique de Patrick Magwood

“Café de Flore” est un film franco-québécois, réalisé par Jean-Marc Vallée sorti en 2011 qui met en scène Kevin Parent dans le rôle d’Antoine, un DJ montréalais qui a quitté la mère de ses deux filles, Carole, joué par Hélène Florent. C’est une drame psychologique qui raconte deux histoires en parallèle; celle d’Antoine et Carole, et celle de Jacqueline, jouée par Vanessa Paradis, une française avec un fils trisomique pendant les années soixantes. Ce film de 120 minutes offre au public un ton réconfortant, mais à la fois aigre-doux qui plaira bien à ceux qui cherchent un film qui juxtapose la joie et la tragédie.

Ce film du réalisateur de “C.R.A.Z.Y”, s’est inspiré de la pièce musicale “Café de Flore”, composé en 2001 par Matthew Herbert sous le nom “Doctor Rockit”. La mélodie, qui est répétée tout au long du film sous une forme éléctro et “acoustique”, est le fil conducteur du film, autour duquel tourne la fiction. La partie la plus difficile du casting a été de trouver deux jeunes enfants trisomiques pour remplir les rôles de Véro et Laurent et cette rencontre c’est faite par hasard.

Le film s’ouvre sur une ambiance détendue et confortable, la caméra fixe deux petites filles installées à l’arrière d’une voiture, puis elle se tourne vers Antoine, qui caresse le genou de Rose, son amante. La mélodie éléctro de “Café de Flore” joue dans le fond, qui projette la passion d’Antoine. Ici commence l’histoire d’un homme qui a tout, mais aussi celle de la mère de ses enfants, qui galère avec un divorce inégal. En parallèle, on voit l’histoire d’une mère célibataire d’un fils trisomique, qui doit choisir entre l’envoyer dans un “établissement spécialisé” avec sa meilleure amie trisomique, ou les séparer et le garder près d’elle.

Ces deux histoires racontent l’amour entre les âmes-sœurs, et la destiné de nos vies amoureuses. Le réalisateur a choisi de couvrir deux histoires d’amour fusionnel, et comment cette inconditionnalité peut être destructrice. Il s’attaque au septiques de la notion de l’âme-sœur.

En ce qui concerne la technique du film, les éléments musicaux et visuels sont les plus remarqués. Le style est vraiment composé de la juxtaposition des deux. La caméra nous montre toutes sortes d’angles, de loin et de près, de face et d’arrière, qui donnent l’impression que du point de vue d’Antoine, on ressent du déjà vu, comme si on regarde notre propre vie des yeux d’un autre qui l’a, en quelque sorte, vécue. La musique se marie bien avec la cinématographie avec la présence permanente de la même mélodie de “Café de Flore”, qui très rythmée et néanmoins douce, glisse dans l’air sur les percussions conductrices.

pasted image 0 Voici une image en plan taillé d’Antoine et son amante dans l’étreinte sous le regard de la la fille d’Antoine appuyée sur un mur. Le cadrage centré, souligné par l’éclairage central qui les surplombe, appuie le fait qu’il n’y a qu’eux au monde à ce moment-là. La courte focale, néanmoins, attire notre attention sur la distance physique et émotionnelle entre Antoine et sa fille, qui est un peu hors du focus de la caméra, et cadrée par la lumière du fond.

Bien sûr que pour les audiophiles, ce film sera très intéressant, simplement par l’emploi de la musique. Pour ceux qui aiment les drames psychologiques avec un fil conducteur surnaturel, c’est aussi un très bon film. Désormais, la juxtaposition de deux histoires qui ne se relient qu’indirectement, au moins, au premier coup d’œil, pourrait être un élément perturbateur. J’ai eu ce sentiment, mais après un deuxième regard tout a pris du sens. J’aime ce film parce qu’il présente une belle interprétation de l’amour et du concept de l’âme sœur, et il vaut vraiment le temps de le regarder.

 

La tête haute, le désarroi et la rébellion

La tête haute est un drame français réalisé par Emmanuelle  Bercot, qui raconte l’histoire de Malony (Rod Paradot), un adolescent rebelle placé sous l’autorité  d’une juge d’enfants (Catherine Deneuve). Sa famille instable l’a placé dans un avenir  incertain et le récit le suit de 6 à 18 ans et décrit son voyage vers l’âge adulte préparé pour le vrai monde.  Les scènes sont tournées rapidement mais dans un calme tragique, laissant des sentiments intenses flotter dans l’air. D’ailleurs, la caméra reste immobile et ne se déplace que lorsque les personnages se disputent. Ce sont les deux extrêmes qui aident à raconter l’imprévisibilité de Malony, le personnage principal.

La carrière cinématographique de la réalisatrice Emmanuelle Bercot commence en 1997, tandis qu’elle pratique son son métier d’actrice. Elle recherche le réalisme et les sentiments authentiques des personnages. Grâce à un stage d’immersion au tribunal des enfants, elle offre une image de vérité. C’est d’ailleurs un univers  qui lui est familier puisque son oncle était un éducateur aux tribunaux.

Tout commence dans le bureau de la juge qui est balayé d’émotions denses, un jeune Malony anxieux  observe son frère cadet crier pendant que sa mère sur le bord de la crise de nerf se révolte contre le  système, mais tous écoutent la décision que va changer le chemin de leur vie.

Le style du film reflète l’instabilité de Malony qui s’oppose à l’immuabilité de la juge figée derrière son bureau. Cette situation accentue la distance entre le système qui veut aider et l’incontrôlable rébellion d’un jeune déraciné.

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Dans cette image, on peut noter l’aspect des angles de la caméra. Elle met en lumière l’instabilité des émotions de Malony personnifiant une bombe prête à exploser qui regardant ailleurs refuse de reconnaître la caméra.

J’ai aimé La tête haute pour son évocation brusque qui conserve un style traditionnel et répond aux attentes des téléspectateurs sans les déstabiliser. Les force et passion des personnages dépeignent les secrets sombres du désarroi dans un récit prévisible et attendrissant.

http://www.festival-cannes.com/fr/article/61631.html

http://www.telerama.fr/cinema/films/la-tete-haute,498512,casting.php

 

Cybersécurité : Les hackers peuvent-ils être au-dessus des lois?

Un billet de Jakob Hahn

Cybersécurité: Les hackers peuvent-ils être au-dessus des lois?

France, janvier 2016, un amendement protégeant les hackers qui signalent des failles informatiques a été rejeté par la commission des lois.

 Cyber-terrorisme : Les 7 femmes arrêtées récemment sont des lycéennes et des étudiantes, Nov2015, Business News

Cyber-terrorisme : Les 7 femmes arrêtées récemment sont des lycéennes et des étudiantes, Nov2015, Business News

Depuis l’incident d’Edward Snowden (un ancien informaticien de la C.I.A. et du N.S.A. qui a révélé des informations concernant plusieurs programmes de surveillance de masse), le sentiment selon lequel tous les citoyens ont le droit à l’information a gagné en popularité.

Avec cette notion s’est généralisée l’idée que l’Internet n’est pas sans danger. Le 14 janvier 2016, la commission des lois a rejeté un amendement défendu par le député Patrice Martin-Lalande visant à protéger les «lanceurs d’alertes». Le conseil de l’Europe définit le lanceur d’alerte comme: « toute personne qui fait des signalements ou révèle des informations concernant des menaces » pour l’internet. En effet, il s’agissait de défendre ceux qui trouvent des failles informatiques sur le net afin que les propriétaires des sites Web fragilisés puissent les corriger (Le Monde, centre gauche, 14.01.16). La raison de ce refus est que l’article proposé offre une faille avec laquelle les cybercriminels peuvent se défendre en cas de procès.

 

Heureusement, l’Assemblée Nationale a finalement voté le 21 janvier 2016 une disposition en faveur des lanceurs d’alertes, néanmoins « il n’est aucunement question d’introduire une exemption pénale qui permettrait à des personnes délibérément hostiles de se voir exonérées de toute responsabilité » (Le Monde, 25.01.16).

Qu’en est-il ? Il s’agit de considérer que certains experts peuvent identifier les failles du Web pour maintenir un internet plus sûr et ainsi d’éviter que des criminels volent de grandes sommes d’argent, des informations cruciales ou même ne déclenchent des incidents plus graves. Ces contre-hackeurs fournissent un nouveau service et renforcent la sécurité des entreprises. Quelques grandes multinationales, comme United Airlines ou Microsoft utilisent déjà les «lanceurs d’alertes» et les «chapeaux blancs» (les professionnels de la sécurité informatique) qui leur font économiser sur des frais élevés de système de protection et de défense contre les attaques hostiles d’hackeurs (Le Monde, 25.01.16). Grâce à ce partenariat, les entreprises bénéficient de l’aide d’un allié de poids contre les hackers car, qui peut penser comme un hacker sinon qu’un hacker?

 

Depuis le 21 janvier, il y a donc un service en France qui met en relation les hackeurs et les entreprises pour mettre en place des campagnes de recherche de vulnérabilités des entreprises (Next Inpact, informatique, 21.01.16). Cette plate-forme, B0unty Factory a été fondée pour relier les entreprises et les bons hackers et renforcer leur présence sur l’Internet. Une entreprise qui décide de s’affilier avec cette plate-forme transmet des informations à l’attention des hackeurs bien intentionnés pour détecter et corriger les failles éventuelles (Le Monde, 25.01.16).

Ce service est essentiel parce que beaucoup de transactions se produisent en ligne où les informations personnelles d’un client peuvent être volées. Les dangers que courent tous les mécanismes de la vente en ligne sont trop graves pour être ignorés et peuvent ruiner une entreprise, ses produits, sa réputation ou les données de ses clients. Il est donc indispensable que les sociétés cibles mettent en place toutes les mesures possibles pour assurer la sécurité et la tranquillité d’esprit de leurs clients.

C’est pourquoi un amendement qui protégerait les «lanceurs d’alertes» doit être ajouté, sinon, la France risque de subir les conséquences d’un Internet dangereux où même les vigiles du système sont traités comme des hors la loi. Il est louable que la France ait finalement choisi d’adopter une législation innovante. Les bienfaits semblent largement dépasser les éventuels inconvénients. Par ailleurs, cette disposition donne aux hackers la possibilité de faire de nouveaux choix dans leur vie. Ils pourront dorénavant se recycler et opter pour une vie de justice au lieu d’une vie de l’infamie.

Malheureusement, puisque les entreprises ne savent pas autant sur l’Internet que les hackers, on ne peut pas être certain que les« lanceurs d’alertes » soient toujours honnêtes. Cette décision pose vraiment une arme à double tranchant. Mais si tous les intervenants se font confiance et renforcent les dispositifs de protection des données, peut-être que l’Internet peut devenir plus sûr et participer à la communautarisation d’un espace parallèle au monde réel qu’il domine de plus en plus.

 

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/01/25/cybersecurite-la-france-tend-la-main-aux-hackeurs-bien-intentionnes_4853386_4408996.html?xtmc=les_hackeurs&xtcr=1

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/01/14/un-amendement-prote…

http://www.nextimpact.com/news/98176-b0unty-factory-plateforme-euro…

Terrorisme Islamiste : La France doit-elle aider ses anciennes colonies africaines ?

billet de Jonah Crisanti

Terrorisme Islamiste : La France doit-elle aider ses anciennes colonies africaines ?

Dans les pays africains en voie de développement, les groupes terroristes profitent de l’absence de fortes armées nationales. Dans plusieurs cas, la France est devenue une sentinelle. Tôt le matin du 28, au Mali, des islamistes ont tué  deux soldats de l’ONU et un civil ainsi que blessé de nombreuses victimes [1].

 

Le Monde Afrique, Au Mali, les attaques contre l'armée se multiplient dans le Nord, 2013
Le Monde Afrique, Au Mali, les attaques contre l’armée se multiplient dans le Nord, 2013

Située au nord-est du Mali [2], la base de l’ONU à Kidal a été attaquée par des terroristes islamistes. L’attaque a pris place à 4 heures du matin, elle a été perpétuée par des membres du groupe djihadiste Ansar Dine [3]. Les assaillants ont utilisé des roquettes dans leur attaque qui a touché gravement deux soldats guinéens et un civil. Vingt personnes ont été blessées, mais leur état est stabilisé.

 

Le groupe Ansar Dine revendique la responsabilité de l’attaque en réponse à la violation de leurs terres par les ennemis de l’islam (France 24, 29.11.15).

 

Dès 2013, la France a joué un grand rôle dans les affaires du Mali [4] surtout celles concernant le terrorisme et la sécurité nationale de la France. Selon le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, on ne peut pas laisser se développer un état terroriste aux portes de l’Europe (Le Figaro, 14.1.13).

Hors, les radicaux qui se situent généralement dans les régions désertiques du nord menacent le pays. L’intervention française est une action préliminaire contre le mouvement des adeptes d’Ansar Dine vers la capitale, Bamako (Le Monde, 15.7.14). Donc, lancée le 11 Janvier 2013, le but de l’opération Serval est de  stopper les extrémistes dans leur conquête du pays en aidant la force militaire malienne (Le Monde, 15.1.13).

 

Al-Qaida au Maghreb Islamique (A.Q.M.I.) veut imposer la loi charia sur le peuple Malien contre leur volonté. Dans une autre attaque au grand hôtel Radisson Blu [5], les participants d’AQMI ont tué 27 personnes tandis qu’ils en ont gardé plusieurs en otage (Le Parisien, 20.11.15). Les forces militaires maliennes ne sont ni assez nombreuses ni assez fortes pour combattre efficacement ces fanatiques, ce ne sont pas les seuls, d’ailleurs, dans une lettre au président sénégalais, le président François Hollande déclare que la France sera à leurs côtés pour identifier et arrêter les commanditaires de cette attaque terroriste (L’express, 14.12.13).

 

On peut penser que si la zone du nord du pays est contrôlée par l’ONU, les militaires maliens, et les forces françaises, les radicaux devront disparaître ;  ce n’est cependant pas le cas. Plusieurs des anciennes colonies de la France, comme le Burkina Faso par exemple, ont besoin de l’aide militaire et économique que le gouvernement français leur propose. Par rapport à ce qui est passé à Kidar, une puissance neutre est nécessaire comme les français et l’ONU pour garantir la paix. Ces pays ne sont pas assez établis militairement et l’aide internationale peut les aider à protéger leurs citoyens.

 

 

 

http://www.france24.com/fr/20151128-mali-attaque-terroriste-camp-on…

http://www.lefigaro.fr/international/2013/01/13/01003-20130113ARTFI…

http://www.lemonde.fr/afrique/chat/2013/01/15/pourquoi-la-france-in…

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2014/07/13/l-operation-serval…

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/mali-au-moins-deux-s…

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/mali/presentation-du…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tourisme_au_Mali

http://www.bobodioulasso.net/auteurs/mali.htm

http://www.leparisien.fr/international/mali-attaque-terroriste-cont…

 


[1] Le Mali a une histoire riche qui commence à l’époque médiévale (VIIIe siècle) quand des grands empires y ont été établis. Dès 1855, le pays a été colonisé par la France, il a acquis son indépendance en 1960. Le premier président de la République du Mali, Modibo Këita avait installé un régime autoritaire. Il a été remplacé par Moussa Traoré qui a instauré une dictature militaire. Le Mali connaît une période de stabilité et d’approfondissement de la démocratie dans les années 1990 et 2000. Mais la reprise de la rébellion touarègue provoque une grave crise en 2012 (diplomatie.gouv.fr)

[2] Le secteur le plus productif de l’économie malienne est l’agriculture qui représente 38,5%. du PIB (Produit Intérieur brut), il est suivi de près par les services (37%) et puis l’industrie (24,4%). En 2014, il y avait environ 17 millions habitants, dont 95% étaient musulmans. Les ressources nationales sont les minéraux et les produits agricoles. Le pays est le troisième producteur africain d’or (85% de ses exportations). (diplomatie.gouv.fr)

[3] Ansar Dine est un des trois groupes extrémistes implantés dans la région. Au nord du pays, le groupe force les gens à suivre la loi charia (le système juridique de base de l’Islam qui suit fermement le coran et les hadiths) (Le Figaro).

[4] Le taux d’alphabétisation est faible (seulement 33,4%). Depuis le début des années 2000, tourisme a connu une croissance significative dans tout le pays . Cependant, dès l’insurrection islamique récente, le tourisme a baissé.

Un des plus grands écrivains malien, Mamadou Ouane, a publié un livre internationalement connu, Les Dogons du Soudan (1938).

[5] Le grand hôtel Radisson Blu se situe à Bamako, la capitale du pays.

Les attentats : ont-ils changé Paris ? #jaimeParis

Un billet de Jenna Moxley

Les attentats : ont-ils changé Paris?

À  la suite des attentats du 13 novembre, la destination Paris a été affectée dans les aéroports, l’hôtellerie, et la restauration.

jesuisparis 

À la fin novembre, le tourisme parisien était en difficulté car l’image de la capitale avait été un peu ternie après les attentats du 13 novembre1. Les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration, et les compagnies aériennes ont subi des chutes sensibles de la fréquentation et s’inquiétaient des répercussions à long terme. L’article « Paris : l’activité touristique a chuté de 30 à 50 % après les attentats » (Le Parisien, centre-droite, 24/11/2015) cite Nicolas Lefebvre, directeur général de l’office de tourisme de Paris, lorsqu’il déclarait « Les événements dramatiques du 13 novembre ont eu un impact très significatif sur l’activité touristique. »

En effet, pendant la deuxième quinzaine de novembre, le nombre de passagers a diminué de 6 % dans les aéroports de Paris. Ce sont 123 000 passagers de moins comparé à la même période en 2015. De la même façon, les réservations de vols internationaux vers Paris prenaient un retard de 17 % par rapport à l’année précédente (Le Figaro, centre-droit, 19/01/2016). Le porte-parole d’Air France déclarait qu’une baisse des réservations avait été constatée, mais que cela ne révélait pas l’ampleur du repli de son trafic passager. Le 23 novembre, de son côté, le département d’État américain a adressé « une mise en garde » aux touristes américains leur conseillant une vigilance accrue (Le Monde, centre-gauche, 25/11/2015).

Bien que les voyages d’affaires ont recommencé assez vite dans les hôtels haut de gamme, il y avait moins de touristes étrangers. Les grands hôtels ont d’ailleurs enregistré beaucoup d’annulations de touristes étrangers, surtout les clients américains et asiatiques (France Info, 21/11/2015)

Dans l’hôtellerie parisienne, la COP212, la Conférence de Paris de 2015 sur le climat du 30 novembre au 11 décembre, a amorti l’impact des attentats, grâce à cette réunion internationale, certains hôtels étaient encore pleins. Néanmoins, la reprise est bien timide pour le reste de l’hôtellerie (Les Échos, libéralisme économique, 15/12/2015), par exemple, certains palaces ont connu une chute de l’activité de 50 %. Didier Le Calvez, PDG du Bristol et président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie s’attend, « lors des trois à six prochains mois [donc au premier semestre 2016], à une baisse significative de l’activité. »  Si les palaces sont touchés, les hôtels des catégories inférieures souffrent aussi. « Le revenu par chambre disponible [indicateur-clé du secteur] a chuté de 15 points dans les hôtels quatre étoiles et de 25 points dans les hôtels trois étoiles », a annoncé Franck Trouet, directeur général du Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs (Le Monde). Pour les fêtes de fin d’année, le taux d’occupation hôtelier a baissé de -16,3 points entre le 22 et le 24 décembre. La baisse cumulée du taux d’occupation hôtelier pour le 30 et le 31 décembre a atteint -24,8 % (l’Office du Tourisme et des Congrès de Paris, site touristique, 01/01/2016).

Le monde de la restauration s’est également retrouvé en difficulté. Le marché était en baisse de 20 % en moyenne, surtout le soir, où les tables se sont vidées. (France TV Info, 15/12/2015) La baisse de fréquentation à Paris était pour novembre 2015 de 40 % comparativement à la même période en 2014. Christian Navet, responsable de la branche restauration pour l’UMIH Paris et l’Île-de-France déclarait, « Nous avons subi une vague d’annulations immédiate catastrophique » et il prenait l’exemple s’un restaurateur parisien qui a fait « 60 couverts dans ses trois établissements pendant le week-end suivant les attaques, contre plus de 450 habituellement ». Évidement le taux des réservations dans la restauration a lui aussi baissé (La Croix, journal catholique, 26/11/2015).

Pour atténuer les impacts des attaques terroristes, les restaurateurs et hôteliers ont lancé une campagne sur les réseaux sociaux. L’objectif de cette campagne est de rassurer les touristes et de renforcer l’image de Paris. Une association, Alliance 46.2, regroupe les entreprises liées au tourisme et fournit un réservoir d’idées sur la politique touristique. Il y a aussi le fameux hashtag #ParisWeLoveYou avec lequel les amoureux de la capitale peuvent attacher des photos ou des mots bienveillants (La Croix, journal catholique, 16/12/2015).

Alors, malgré tout, il y a de bonnes nouvelles. Même si les attentats de novembre ont affecté la fréquentation de la fin d’année, la France est restée la destination favorite des touristes en 2015. Taleb Rifai, le secrétaire général de l’O.M.T. a assuré, « Le tourisme international continue à croître fortement » et « il n’y aura pas d’impact à moyen et long terme» après les attaques terroristes (Le Figaro, centre-droit, 19/01/2016).

Tout comme le 11 septembre 2001 (qui a  été la pire attaque terroriste des temps modernes) avait secoué le monde et découragé les touristes de voyager, les évènements de novembre 2015 peuvent avoir des implications similaires sur la France. Mais comme New York, Paris va montrer sa force et va améliorer son image. Rappelons-nous qu’après les attentats de Madrid en 2004 ou de Londres en 2005, l’activité économique n’avait pas été durablement affectée.

La fréquentation touristique reviendra rapidement à Paris.

 

 

[1] Dans la soirée du 13 novembre 2015, il y a eu une série de fusillades et d’attaques-suicides meurtrières qui ont été perpétrées à Paris et dans sa périphérie. Elles ont été  revendiquées par l’organisation terroriste État Islamique. Une première attaque a eu lieu à Saint-Denis, aux abords du Stade de France, pendant un match de football. D’autres attaques ont ensuite eu lieu à Paris, dans plusieurs rues des 10e et 11e arrondissements. L’attaque la plus meurtrière a eu lieu dans la salle de spectacle du Bataclan où 1.500 personnes assistaient à un concert.

 

[2] La France a accueilli la 21e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Ce sommet international a abouti à un accord universel sur le climat dont l’objectif est de contenir la hausse des températures pour lutter contre le réchauffement climatique. La COP21 a eu lieu au Parc des expositions de Paris-Le Bourget et a réuni 195 pays.

Sources

http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-l-activite-touristique-a-ch…

http://www.lesechos.fr/paris-climat-2015/actualites/021557729117-ap…

http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/attaques-du-13-n…

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/01/19/20002-20160119ARTFIG0…

http://www.la-croix.com/Actualite/Economie-Entreprises/Economie/Des…

http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/11/25/les-effets-des-at…

http://presse.parisinfo.com/etudes-et-chiffres/tableau-de-bord

http://www.franceinfo.fr/emission/le-mot-de-l-eco/2015-2016/le-mot-…

http://www.la-croix.com/Actualite/Economie-Entreprises/Economie/Att…