“Le Scaphandre et le papillon”

 Jenna Moxley

Le Scaphandre et le Papillon est un drame franco-américain de Julian Schnabel sorti en 2007 qui met en scène Mathieu Amalric, dans le rôle de Jean-Dominique, plongé dans un coma d’où il ressort plus tard affecté du syndrome d’enfermement. On appréciera la présence d’Emmanuelle Seigner dans le rôle de Céline et Marie-Josée Croze dans le rôle de Henriette, qui expriment les émotions face à l’épreuve de Jean-Dominique qui semble subir dans l’immobilité. Ce film de 112 minutes, produit par Pathé Renn Productions offre un ton émouvant qui ne manquera pas de séduire le public de Schnabel.

Le Scaphandre et le Papillon est adapté du livre français du même titre, écrit par Jean-Dominique Bauby en 1997. A l’origine, Johnny Depp était prévu pour le rôle de Jean-Dominique, mais son engagement sur ‘Pirates des Caraïbes’ l’a finalement forcé à renoncer au projet. Mathieu Amalric n’était pas en tête de liste au moment d’incarner Jean-Do. Ce film est le résultat d’une collaboration entre des acteurs français et un réalisateur américain, Schnabel qui déclarait que le film devait être en français, il a donc appris le français, considérant que la langue riche du livre fonctionnerait mieux dans son original.

Un homme se réveille dans un lit d’hôpital sans pouvoir bouger, parler, ni même respirer sans assistance. La caméra représente son point de vue pendant qu’il essaie de garder son oeil ouvert. Le spectateur s’inquiète pour cet inconnu et son avenirr.

Jean-Dominique Bauby, rédacteur en chef, a un accident vasculaire brutal, il est plongé dans un coma d’où il ressort plus tard affecté du syndrome d’enfermement, totalement privé de ses fonctions organiques, il tente de reconquérir son autonomie avec l’aide des meilleurs spécialistes. Son corps est inerte, mais son cerveau fonctionne. Au fil des semaines et des mois, il observe le monde de son seul œil encore valide, qui devient un lien avec le monde extérieur. Il communique en clignant de l’œil et ainsi dicte son livre. Ce film autobiographique est fondé sur l’histoire personnelle de Bauby et sur l’épreuve de l’écriture du Scaphandre et Le Papillon. Schnabel nous montre une réalisation étonnante de Bauby et de ses émotions silencieuses.

Jean-Dominique est enfermé dans son corps et Schnabel enferme avec lui les spectateurs. La majorité du film est vécu du point de vue de Bauby, ainsi la caméra agit comme son œil. Avec la voix off de Mathieu Amalric, les jeux de lumière et les effets de caméra (comme l’objectif embué par les larmes), Schnabel nous fait vivre la vie à l’intérieur du “scaphandre.”

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Ici on voit un plan subjectif, qui est le plan dominant du film. Ce plan permet au spectateur de voir à travers l’oeil de Jean-Do qui communique en en clignant, donc nous clignons aussi nos yeux. Cette image montre son infirmière affichant les lettres qu’il utilise pour communiquer. En terme d’espace, elle est très près de la caméra et elle nous regarde avec insistance. Seule couleur chaude, elle est entourée du bleu froid de l’hôpital et de la vie inerte de Baudy.

C’est un très bon drame à voir qui n’est pas accessible à tous. Si vous aimez des films sérieux et lents vous allez apprécier Le Scaphandre et le Papillon. Mais si vous allez au cinéma pour le divertissement, ce n’est pas le meilleur choix. Je ne le conseille pas aux plus jeunes enfants parce qu’il y a des scènes qui sont difficiles à voir. Pour ma part, je le trouve la lutte de Jean-Dominique émouvante, touchante et enrichissante.

http://www.lexpress.fr/culture/cinema/le-scaphandre-et-le-papillon_…

http://evene.lefigaro.fr/cinema/films/le-scaphandre-et-le-papillon-…

 

Du temps qui s’inverse indéfiniment

Lise Bloom

Du temps qui s’inverse indéfiniment dans Stricteternum

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Le concept du temps est souvent exploré en cinématographie. Dans le court-métrage, « Stricteternum », réalisé par Didier Fontan, le passage du temps va-et-vient en circuit fermé dans une boule de neige. Le temps est parfois interrompu par une clé, qui le déplace temporairement.

L’image de la clé est introduite quand le personnage principal a besoin d’une clé de 32 pour réparer sa voiture. Sa femme déconcertée lui propose une série de clé, toutes sont là, sauf celle de 32. Un nain de jardin qui regarde l’homme désemparé arbore fièrement une clé… plus tard la symbole de l clé réapparait dans le générique du programme télévisé que la femme regarde sans cesse. A la fin, c’est lorsqu’une femme remonte la clé de la boule de de neige que le temps dans la boule est inversé, et avec lui les rôles et les dialogues le sont aussi.

Parce qu’en tournant la clé, la femme a inversé l’espace temporel de l’univers  de la boule de neige. Soudain les dialogues sont inversés, non seulement l’homme et la femme échangent leur rôle mais leurs dialogues sont inversés chronologiquement. C’est ce processus qui sert de mesure au temps dans la boule, un cycle de vie correspond au déroulement d’un dialogue. c’est lors qu’on comprend que les personnages sont prisonniers et qu’ils ont perdu tout libre arbitre.

La liaison entre les deux personnages n’est pas l’amour, mais ce cycle répétitif dans le prison de verre. la clé est alors le symbole du contrôle de la vie. celui qui trouve la clé peut contrôler son destin. Notre personnage va alors passé sa vie entière à chercher une clé qu’il ne peut trouver et sans laquelle il ne sera jamais libre. Mais la cherche-t-il vraiment ? Il semble être soumis à cette répétition et accepter son destin.

Finalement, le réalisateur de Stricteternum utilise les motifs de la répétition et de l’éternité pour communiquer le thème de la relation de l’homme à son espace.

Tant que l’homme ne possède pas la clé de la vie, il ne peut être libre.

“La vie d’Adèle”, un bateau perdu dans l’océan

Une critique de Jared Shapiro

La vie d’Adèle, un bateau perdu dans l’océan

La vie d’Adèle l’adaptation d’une bande dessinée française, « Le bleu est une couleur chaude », écrit par Julie Maroh en 2010. Abdellatif Kechiche, le réalisateur, dit que “c’est avant tout un film sur la rupture,” et qu’il donne une nostalgie de l’adolescence. Les acteurs, Adèle Exarchopolous et Léa Seydoux, n’ont jamais joué ensemble avant le tournage, mais toutes deux disent que c’était une expérience vraiment bouleversante.

Une porte s’ouvre sur le chant des oiseaux dans l’air, et une jeune fille sort en mettant son chapeau de laine. Pendant qu’elle marche vers un carrefour, la caméra reste derrière elle et la suit. Un autobus s’arrête au carrefour, puis repart et la jeune fille court après lui.

Adèle est une élève de littérature en première année de lycée. En dehors de son cours de français, elle cherche l’amour avec ses amies. Kechiche nous montre l’émotion et la puissance de l’amour en utilisant beaucoup de gros plans et de scènes avec les dialogues longs. Le réalisateur cherche à montrer la nostalgie et la rupture, et comment on peut se mettre d’une rupture.

Ce film n’est pas pour tout le monde. Ceux qui aiment les films lents, sérieux, ou artistiques en profiteront, mais si vous allez au cinéma pour le divertissement, vous risquez de vous ennuyer. J’adore ce film, il est émouvant et enrichissant ; pourtant, je ne le conseille pas aux plus jeunes à cause des scènes érotiques et réalistes qui pourraient perturber certains.

Brève de tournage : Quand le film est sorti en 2013, le Spiac-CGT (syndicat des professionnels de l’industrie de l’audiovisuel et du cinéma) s’est plaint à cause “des horaires de travail anarchiques.” En décembre 2015, un groupe catholique, Promouvoir, a réussi à annuler le visa d’exploitation du film à cause des “scènes de sexe réalistes de nature à heurter la sensibilité du jeune public,“ auquel Kechiche a répondu en admettant que c’est une décision plutôt “saine.”

Technique : Dans ce film il n’y a pas de Steadicam (stabilisateur de caméra) ce qui rend l’action très crédible, tangible et humaine. La caméra est portée à l’épaule et suit les personnages librement. Grâce aux gros plans et aux travellings, les spectateurs se sentent vraiment proche de ce qui se passe sur l’écran. Il n’y a pas d’artifice dans ce film donc la caméra ne doit pas sembler artificielle non plus et l’on peut considérer que le réalisateur propose un documentaire fictionnel intimiste.

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Image : Ici on voit un plan moyen qui montre Adèle toute seule sur un banc bleu (qui rappelle le titre de la bande dessinée « le bleu est une couleur chaude ». Elle, au milieu du cadre, regarde tristement à gauche, les yeux baissés. Le cadre est légèrement décentré mais il est rééquilibré par le regard d’Adèle. Kechiche utilise trois couleurs distinctes pour diviser l’écran en trois du haut en bas. Le rose du cerisier, le vert du buisson, et le bleu du banc et de l’asphalte. Même dans ce cadre équilibré symétrique, Adèle a honte et elle se sent seule. Elle est isolée sur le banc au milieu du trottoir comme un bateau perdu dans l’océan.

http://www.lemonde.fr/cinema/article/2015/12/09/la-justice-annule-le-visa-d-exploitation-de-la-vie-d-adele_4827785_3476.html


http://www.lemonde.fr/festival-de-cannes/article/2013/05/23/une-manifestation-contre-les-conditions-de-tournage-de-la-vie-d-adele_3416426_766360.html

 

Le premier jour du reste de ta vie, unité et individualisme

La Famille: Unifiée et Individualisée

     Réalisé et écrit par Rémi Bezançon, Le Premier Jour du Reste de Ta Vie est un film en couleur français sorti en 2008. C’est une comédie, mais aussi un drame qui montre le dysfonctionnement de la famille Duval. Les acteurs principaux sont Jacques Gamblin, Zabou Breitman, Déborah François, Marc-André Grondin et Pio Marmaï. Ce film exceptionnel invite les téléspectateurs à se pencher et à réfléchir au-delà des clichés de ce que la société pense qu’une famille devrait être. Peut-être que la société décide du schéma idéal des familles heureuses ou de celles qui ne le sont pas, mais ce film transmet aux téléspectateurs un autre message, parce que l’unité d’une famille n’est pas si manichéenne. Chaque membre d’une famille est son propre individu. Donc, chaque membre doit apprendre à maîtriser son propre indépendance pour être un élément fonctionnel de sa famille. C’est en ce sens que dans ce film il n’y a pas un seul narrateur, mais qu’au contraire, l’histoire est racontée par chaque membre de la famille, au cours de cinq jours aléatoires qui couvrent douze années. Chaque fois, chaque personnage se bat contre ses propres démons. Mais inévitablement la famille commence à se dégrader parce que chaque individu ne fonctionne pas correctement.le premier jour du reste de ta viea

Ce film raconte une histoire de la jeunesse et de la vieillesse, une histoire d’amour et de blessure et en fin de compte, c’est une histoire des hauts et des bas des relations humaines. Le ton de ce film est comique mais pourtant profondément sombre, gardant les spectateurs amusés mais également investis dans le bien-être de chaque protagoniste. Bien que s’étendant de 1988 à 2008, le message du film est intemporel : toutes les familles sont soumises à des difficultés, et ce n’est que par la patience, le rire, et les larmes que la famille peut rester intacte. Ce film a été fortement reconnu pour son message universel ; tant et si bien qu’il a reçu neuf nominations aux César et a gagné trois prix.

Même s’il traite d’une famille en son entier, le réalisateur se concentre également sur une personne à la fois. Mise à part les scènes qui se déroulent autour du dîner, les téléspectateurs reçoivent une perspective individuelle sur la vie de chaque membre. En regardant chaque personnage individuellement, le film confirme l’indépendance comme une qualité importante, une qualité qu’il faut avoir pour développer des relations saines avec les autres. Même si l’autonomie est appréciée dans chaque détail du film, il est aussi clair que son obtention n’est pas facile.

On voit la bataille que mène chaque enfant de la famille Duval pour atteindre l’indépendance : Albert découvre d’abord qu’il est difficile de survivre tout seul, Fleur se bat contre l’autorité parentale, et Ralph n’arrive pas à trouver un sens à sa vie. Mais le film suit chaque personnage dans sa lutte unique dans le but de prouver que pour qu’une famille fonctionne, ils ont tous besoin d’être opérationnels de façon autonome — c’est alors seulement qu’ils peuvent former une unité cohérente.

Mais quelle est la définition d’une personne fonctionnelle ? Si quelqu’un peut prendre soin de son hygiène personnelle, est-il alors «indépendant» ? Ou est-ce qu’il doit plutôt juste être capable de vivre seul et ne pas compter sur les autres ? En montrant aux téléspectateurs les hauts et les bas de chaque individu, le film affirme que pour atteindre l’indépendance, chaque personnage doit être capable de confronter sa faiblesse. Ensuite, chacun doit accepter certains de ses défauts de caractères, parce que personne n’est jamais parfait. Ce n’est qu’alors qu’il sera «indépendant».

Donc, le message principal de ce film est optimiste, mais aussi réaliste : malgré quelques faiblesses intrinsèques, on est aussi né avec de grandes forces. En saisissant ces forces, on peut être heureux en nous-même et, par conséquent, peut être heureux dans nos relations avec les autres.

Même s’il semble que ce film présente des questions sur la famille, il s’attarde également sur les problèmes de l’individu. En séparant le film en cinq jours axés sur cinq personnes différentes, les spectateurs du film sont confrontés à un paradoxe — la famille, quelque chose qui semble être si unifiée, est plutôt individualisé. Il suffit qu’un membre soit malheureux pour que la famille ne fonctionne plus correctement. Cela soulève la question suivante : Est-ce qu’une famille peut seulement être heureuse quand chaque membre de cette famille est heureux avec lui-même ?

En outre, est-ce que la société idéalise trop l’image de la famille ? N’y a-t-il pas de la beauté dans l’imperfection ? Donc, est-ce qu’on peut transformer nos pensées et dire plutôt que les familles fonctionnent mieux quand les membres de la famille ont besoin de l’aide de l’autre ?

 

Maeve O’Leary Sloan, Whitman College

Le premier jour du reste de ta vie, au-delà des stéréotypes

Stéréotypes éclairants

 le-premier-jour-du-reste-de-ta-vie_206Rémi Bezançon a réalisé et écrit la comédie dramatique française, Le premier jour du reste de ta vie en 2008 qui dépeint une famille dysfonctionnelle au cours des cinq jours les plus importants de leur vie avec une variété d’acteurs français : Jacques Gamblin, Zabou Breitman, Déborah François, Marc-André Grondin et Pio Marmaï. Ce film prend les petits moments et les montre avec humour et honnêteté d’une manière qui laisse l’audience s’attacher aux personnages qui essayent de trouver leur place dans la famille. Le film a été bien reçu par l’audience. Les acteurs et le réalisateur utilisent des stéréotypes pour apporter de l’esprit dans des scènes sombres, et les personnages sont décrits comme des clichés ce qui leur permet de révéler leur propre identité.

Bezançon n’a pas seulement réalisé ce film, mais il l’a aussi écrit. Ce n’est pas la première fois que Bezançon prend les deux rôles ; il a réalisé la majorité des scenarii qu’il a écrits. Les acteurs Déborah François et Pio Marmaï ont travaillés avec Bezançon après ce film. Par exemple, François dans le dessin animé Zarafa et Marmaï dans la comédie sentimentale A Happy Ending.

Le Premier Jour…a reçu neuf nominations aux Césars et a gagné trois prix : le César du meilleur espoir féminin pour Déborah François, le César du meilleur espoir masculin pour Marc-André Grondin et le César du meilleur montage pour Sophie Reine. Le film présente douze années de l’histoire d’une famille dans les années 80 avec des mouvements de balancier entre le présent et le passe.  Le film débute avec toute la famille dans la banlieue Parisienne et décrit l’épreuve de recherche d’une identité pour la famille mais aussi pour chacun de les membres en montrant différent jours au cours desquels leur vie a changé drastiquement.

Dans Le premier jour…, le réalisateur utilise les stéréotypes comme des points pour apporter de l’humour dans une histoire sur les luttes familiales qui sont présentées par l’analyse des difficultés rencontrées par un membre et l’audience observe les réactions du reste de la famille. Dans des moments intimes, Bezaçon les prend un par un et apporte une touche de comédie pour se rire des stéréotypes et montrer que toutes les familles passent par les mêmes problèmes.

Il réussit à transformer des préconceptions sur les relations entre enfants et parents. Tandis que Marie-Jeanne essaie d’adopter la même attitude que sa fille, Fleur pense que sa mère est immature et pathétique. Avant les stéréotypes sur la relation entre mère et fille étaient comme des jeux mais lorsque la mère lit le journal de sa fille tout devient sombre. C’est l’unique moment où Bezaçon décrit les deux femmes à leur plus bas niveau. Fleur est présenté comme une fille qui grandit seule, trop rapidement et qui perd contrôle. Marie-Jeanne, trop préoccupée par le plaisir de sa fille, a oublié que c’est plus important de savoir qui elle est vraiment.  La relation progresse finalement quand la mère comprend qu’elle doit laisser sa fille commettre ses propres erreurs.

Trouver sa propre identité prend du temps. Ce n’est pas une chose qui arrive par pur caprice. Il y en a tellement d’individus dans le monde qui passent leur vie dans un état passif car ils n’ont jamais eu la capacité de se remettre en question. Le réalisateur utilise les préconceptions qui sont formées par la société comme des points de départ pour ses personnages. Mais le but du film est d’affirmer que chaque personnage doit se découvrir lui-même sans oublier les personnes qui font d’eux qui ils sont.

Alors, le postulat du film est que la façon dont on grandit et les morales que nos parents nous enseignent sont des facteurs qui influencent notre identité. Les liens familiaux sont essentiels dans la recherche identitire, « La déstabilisation des liens familiaux est le premier facteur d’incertitude identitaire ». Chaque personnage du film éprouve ces liens mais tous retourne vers leur famille à la fin.

Selon moi, le film décrit les luttes d’une famille avec réalisme et honnête. Contrairement à des films populaires qui montrent des fins avec des dénouements heureux, « Le premier jour du reste de ta vie » indique que la vie nous met des bâtons dans les rues. Et finalement, on peut se demander s’il est normal que les familles ne soient pas parfaites et la famille Duval affirme que les personnes les plus proches sont celles qui nous connaissent le mieux, même si on ne se connaît pas encore soi-même.

 

“La cité des enfants perdus”, violence absurde et émouvante

« La cité des enfants perdus » est un film d’aventures fantastique français de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro sorti, en 1995, qui met en scène Ron Perlman dans le rôle d’Un, baleinier costaud qui sauve son frère d’un scientifique fou et terrifiant joué par Daniel Emilfork. On remarquera la présence de Judith Vittet dans le rôle de Miette, chef des enfants voleurs, et Dominique Pinon qui montre sa grande polyvalence dans les rôles du scaphandrier et des clones du méchant Krank. Ce film de 1h 52 minutes, produit par Canal + offre le ton d’un conte de fées noir qui ne manquera pas de séduire tous ceux qui aiment l’aventure et la fantaisie.

C’est le deuxième film de l’équipe Jeunet-Caro, après « Delicatessen, » qui mettait déjà en scène Dominique Pinon.  Le film a fait l’ouverture du festival de Cannes après six ans de réalisation et 80 millions de francs. Ce grand budget, obtenu grâce au succès de « Delicatessen, » a été principalement dépensé en effets spéciaux. Pour 17 minutes du film 15 artistes ont travaillé pendant plus de 30 mois.

Un, le héros du film, est joué par l’acteur américain Ron Perlman, c’était son premier film en français. Il ne parlait pas la langue, ce qui est audible bien qu’il ait mémorisé son texte parfaitement. Il a déclaré dans une interview, combien il avait détesté la scène dans laquelle Un, possédé par la mite, frappe sa compagne Miette au visage.

Le film commence dans une chambre décorée pour Noël, un petit garçon dressé dans son berceau est entouré de jouets. Le Père Nöel descend de la cheminée avec un sourire, suivi d’une dizaine d’autres. Le petit observe avec horreur la chambre envahie de pères noëls aux visages grotesques. Tout se distord, il commence à crier, la scène arrive à son apogée avec un cri et un gros plan du visage du scientifique fou Krank. Travaillant avec sa femme et ses fils clonés, il vole les rêves des petits enfants enlevés, mais ne récolte que des cauchemars. Un, un costaud de carnaval, doit sauver son petit frère de Krank et sa machine terrible dans une aventure d’horreur et fantaisie.

Jeunet et Caro voulaient raconter l’histoire de Miette, Un, Krank, et les rêves depuis quatorze ans, bien avant la conception de « Delicatessen. » Leur but était d’utiliser l’art noir et futuriste pour créer un monde sombre et sans rêves. Krank manque d’imagination, il ne peut rien sentir ; alors il est enfermé dans le monde banal de la réalité . Ici, Jeunet et Caro explorent la perte de l’esprit de l’enfance et le pouvoir des rêves et de l’imagination contre le mal dans une aventure palpitant et touchante.

Le charme et la magie du film vient principalement de la mise en scène de Caro. Les rues et les bâtiments sont tous noirs et sales sous un suaire de brouillard. Les enfants s’habillent comme des adultes miniatures, et les grands sont des caricatures, avec des costumes noirs et excentriques mêlés à la technique futuriste, comme les yeux en métal et les inventions de Krank nous donnent le sens d’être dans un autre monde. On trouve aussi une tendance vers le grotesque, les méchants sont en contre-plongée pour apparaître plus grands et intimidants. Le film déborde de scènes de rats, insectes, et d’oiseaux qui déchirent en morceaux des poissons morts.

«La cité des enfants perdus » est parfait pour ceux qui ont l’esprit d’aventure et apprécie l’absurde, le noir et le bizarre. Ce film est à voir pour ses superbes décors, ses effets spéciaux fabuleux, et le monde surréel où les enfants règnent dans les rues, les puces sont dressées pur tuer, et les rêves ont un pouvoir. Ils ont créé un conte de fées fantastique pour adultes, aux images violentes et plusieurs complots de meurtre qui provoquent une réaction viscérale. Jeunet et Caro nous plongent dans un monde de magie et de mystère avec des effets magnifiques et une histoire très émouvante.

Cette image de cauchemar apparaît après la première scène, c’est notre introduction au monde de Krank. Le fond est tout noir, avec une fenêtre rouge derrière Krank La_Cite_des_enfants_perduspour évoquer le mal et attirer l’attention. On voit son expression grotesque en gros plan et contre plongée, pour qu’il apparaisse plus menaçant. Sur sa tête, on voit la technologie rétro, on dirait un robot. C’est une réflexion sur la réalité de Krank, vide à l’intérieur parce qu’il n’a plus d’imagination.

“Un prophète” : histoire d’une métamorphose

Un Prophète est un drame criminel que se déroule en prison réalisé par Jacques Audiard et qui a été présente à Cannes, en 2009. C’est l’histoire de Malik (Tahar Rahim), un jeune délinquant que se retrouve en prison sans amis ni ennemis. Il devient-le protégé du chef de mafia Corse, César Luciani (Niels Arestrup), mais ses racines arabes lui posent des problèmes. Ce film de 2h35, produit par Why Not Productions, a gagné le Prix du Jury à cannes ainsi que d’autres distinctions pour sa représentation de la vie des criminels.

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Un Prophète est l’histoire d’un jeune homme qui dans de mauvaises circonstances prend six ans de prison et doit faire le mal pour sauver sa vie. Ce jeune délinquant semble vierge il n’a pas de patrimoine, il n’st pas musulman bien qu’arabe, il n’a pas de famille culturelle à laquelle s’associer ni de formation professionnelle pour se projeter, il lui est donc plus facile de se transforme en un nouvel être méconnaissable. C’est un film sur l’apprentissage, qui a pris les tropismes du mentor, que l’on trouve dans les films mafiosi comme Goodfellas ou le Parrain à la française. Le tournage s’est fait dans les couleurs grises et bleues pour montrer la froideur et la sombre nature de la prison. Dans quelques séquences des rêves, l’image devient saccadée pour augmenter le sens de l’insécurité, l’instabilité et cette perpétuelle sensation d’inconstance qui existe dans une prison.

Le film commence sur un écran noir, on entend le brouhaha chaotique de la prison, les portes qui claquent, les hommes qui cherchent à se battre. L’image est troublée, un peu instable, mais elle se concentre sur un jeune homme, mal rasé, visage cabossé et ses mains enchaînées toutes seules. Le caméra qui suit Malik de très près, pendant la majorité du film, essaie de réfléchir ses humeurs et sentiments. Ce film ressemble à une étude psychologique, où le spectateur s’entraîne à la psychologie et observe la transformation irrémédiable d’un être humain. Cela rapproche le spectateur du personnage principal: quand il a peur, qu’il est heureux, qu’il a mal, le spectateur s’engouffre dans ses sentiments avec lui.

 

“la jeune fille et les loups”, un ange face à l’oppression

La jeune fille et les loups est un drame fictif français du réalisateur Gilles Legrand sorti en 2008 qui met en scène Laetitia Casta, dans le rôle d’Angèle, une jeune française qui vit à la fin de la première guerre mondiale. On remarquera la présence de Jean-Paul Rouve dans le rôle d’Émile Garcin, le fiancé sexiste d’Angèle, qui s’oppose à Stefano Accorsi, dans le rôle de Guiseppe, un paysan fou et profondément romantique. Ce film, produit par Epithète Films, dure 110 minutes et nous montre une histoire captivante d’une fillette qui essaie de sauvegarder les loups contre toute attente.

Cette fiction rappelle un film sorti l’année précédente, Survivre avec les loups, réalisé par Véra Belmont, et qui suit la vie d’une jeune fille juive qui fuit les Nazis à travers l’Allemagne, la Pologne et l’Ukraine pendant la Seconde Guerre Mondiale. Dans le film de Gilles Legrand, Angèle, le personnage principal, essaie de sauver la vie des loups tandis que son fiancé pense que c’est une cause perdue. Le tournage a commencé en mars 2007 et a duré 4 mois en Ile-de-France, en région Rhône-Alpes et en Italie. Legrand a fait le choix de tourner son film en numérique avec des caméras Génésis sous l’expertise d’Yves Angelo, le directeur photo. Steve Martin met en scène 14 loups magnifiques devenus vedette et acteur le temps du tournage, leur casting a été très particulier puisque la majorité est venue des États-Unis et du Canada.. .

Le film commence dans la forêt tandis qu’une meute de loups dévore un cerf quand soudain un groupe d’hommes les abat à coups de fusils. Il n’y a qu’un loupiot tout noir qui survit à l’attaque, recueillit par Angèle, il change sa vie. Cette jeune fille montre une grande audace, de la force et la persévérance tout au long du film lorsqu’elle doit choisir le chemin de sa vie.

Legrand dépeint ses personnages sortis d’une petite campagne, comme irresponsables face aux effets de leurs actes sur l’écologie de la planète autant que sur le rôle de la femme dans la société. Legrand décrit les conditions de l’éradication des loups face à l’esprit avide des entrepreneurs qu’il contraste avec de superbes paysages de montagne et de forêt qui ajoutent un sens de pureté sauvage à son œuvre.

Si ce film ne mérite pas un César, il raconte cependant l’histoire captivante de la dernière meute de loups en France. Décrivant en parallèle, la vie d’une jeune femme face à la misogynie des sociétés traditionnelles, ce film montre la détermination et la force nécessaire pour surmonter l’oppression des stéréotypes. Il est impressionnant de voir de tels idéaux féministes dans une période très masculine. Je vous le conseille, il vous émouvra.

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Le point focal de cette image est clairement la femme, Angèle, pourtant entourée et obscurcie par l’avion qui symbolise les obstacles et décisions qui la menacent. Dans ce cadre, les barres de l’avion agissent d’une manière suppressive. D’autre part, la couleur rouge de l’avion, vaisseau d’évasion, renforce la féminité d’Angèle, sa colère autant que sa passion. Couleur qui rappelle la robe écarlate de la mère de l’amant fou, séductrice maudite par quoi tout à commencé.

http://www.naive.fr/oeuvre/la-jeune-fille-et-les-loups

http://image.toutlecine.com/photos/l/a/0/la-jeune-fille-et-les-loup…

http://www.cinetrafic.fr/actu-cine/54/ces-filles-proches-de-la-nature

http://www.lemonde.fr/cinema/article/2008/02/12/la-jeune-fille-et-l…

http://www.allocine.fr/film/fichefilm-120643/secrets-tournage/

http://www.imdb.com/title/tt0962782/plotsummary?ref_=tt_ov_pl

“Entre les murs”, enseigner c’est renforcer les rêves

Entre les murs est un drame français de Laurent Cantet, sorti en 2008, qui met en scène François Bégaudeau dans le rôle de Francois Martin, un jeune professeur de français qui enseigne des écoliers dans un collège difficile.

Le film est inspiré d’un livre du même titre, écrit par François Bégaudeau en 2006. Les scènes du film sont presque toujours dans la salle de classe pour focaliser non seulement sur la relation entre les étudiants et le professeur mais aussi sur la pédagogie. Jean-Luc Douin déclare que « la magie du film est là, dans…, cette vie bouillonnante entre quatre murs, ce brouhaha permanent, la honte de soi des uns et la tchatche des autres… » Pour rendre le film plus réaliste la plupart des acteurs ont gardé leurs propres noms. Douin révèle aussi que « Entre les murs filme la guerre de la parole. » Fondé sur la méthode de Socrate, « le film rend hommage à ce prof capable d’amener ses élèves à décoder le savoir en leur parlant comme à des adultes” en posant des questions sur ce qu’ils pensent, croient, et font. »

Un homme est assis dans un café avant d’aller à l’école, il fait dos à la caméra. Il tourne la tête et la camera fait le point sur lui pendant quelques secondes. Il pense. Les seuls sons que l’on entend sont ceux des voitures dehors. Il n’a mis ni sucre ni lait dans sa boisson. Il a regardé dehors par la fenêtre et a fini son café. Après l’avoir fini, il est allé au collège. La caméra, restée dans le café, observe l’homme qui traverse la rue. Il sourit enfin en rencontrant ses collègues. Le film va  présenter les problèmes qui peuvent affecter l’éducation, la culture, l’identité et l’intégration des étudiants dans les écoles à haute diversité ethniques.

En dehors de l’aspect multiculturel, un de ses problèmes est la langue. Il y a une barrière établie au début du film entre le prof et les étudiants ; car le rôle social ici est d’enseigner et d’apprendre. Cependant « la question de la langue est centrale », et de l’argot au français classique, le sens d’un mot diffère dans chaque registre langagier.

Ce film, qui propose une étude psychologique, évoque les sentiments de chacun au travers de leurs actions. J’adore le film et il a m’inspiré à devenir un prof qui offre des outils de motivation et croit en chaque étudiant. Pour lui comme pour moi, enseigner c’est aider chaque écolier à atteindre ses rêves.

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Dans cette photo, le focus est sur le personnage principal, Marin qui est prof. Les étudiants sont flous. La photo communique ainsi une impression de chaos mais aussi renforce l’effet de pouvoir du prof dressé au milieu, net, soutenu par les lignes des fenêtres, qui rappellent celles d’un cahier.

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/05/27/un-acteur-d-entre-…

http://www.lemonde.fr/cinema/article/2008/09/23/entre-les-murs-la-g…

http://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/entre-les-murs/

“Café de Flore” : à la Recherche de l’âme soeur

Une critique filmique de Patrick Magwood

“Café de Flore” est un film franco-québécois, réalisé par Jean-Marc Vallée sorti en 2011 qui met en scène Kevin Parent dans le rôle d’Antoine, un DJ montréalais qui a quitté la mère de ses deux filles, Carole, joué par Hélène Florent. C’est une drame psychologique qui raconte deux histoires en parallèle; celle d’Antoine et Carole, et celle de Jacqueline, jouée par Vanessa Paradis, une française avec un fils trisomique pendant les années soixantes. Ce film de 120 minutes offre au public un ton réconfortant, mais à la fois aigre-doux qui plaira bien à ceux qui cherchent un film qui juxtapose la joie et la tragédie.

Ce film du réalisateur de “C.R.A.Z.Y”, s’est inspiré de la pièce musicale “Café de Flore”, composé en 2001 par Matthew Herbert sous le nom “Doctor Rockit”. La mélodie, qui est répétée tout au long du film sous une forme éléctro et “acoustique”, est le fil conducteur du film, autour duquel tourne la fiction. La partie la plus difficile du casting a été de trouver deux jeunes enfants trisomiques pour remplir les rôles de Véro et Laurent et cette rencontre c’est faite par hasard.

Le film s’ouvre sur une ambiance détendue et confortable, la caméra fixe deux petites filles installées à l’arrière d’une voiture, puis elle se tourne vers Antoine, qui caresse le genou de Rose, son amante. La mélodie éléctro de “Café de Flore” joue dans le fond, qui projette la passion d’Antoine. Ici commence l’histoire d’un homme qui a tout, mais aussi celle de la mère de ses enfants, qui galère avec un divorce inégal. En parallèle, on voit l’histoire d’une mère célibataire d’un fils trisomique, qui doit choisir entre l’envoyer dans un “établissement spécialisé” avec sa meilleure amie trisomique, ou les séparer et le garder près d’elle.

Ces deux histoires racontent l’amour entre les âmes-sœurs, et la destiné de nos vies amoureuses. Le réalisateur a choisi de couvrir deux histoires d’amour fusionnel, et comment cette inconditionnalité peut être destructrice. Il s’attaque au septiques de la notion de l’âme-sœur.

En ce qui concerne la technique du film, les éléments musicaux et visuels sont les plus remarqués. Le style est vraiment composé de la juxtaposition des deux. La caméra nous montre toutes sortes d’angles, de loin et de près, de face et d’arrière, qui donnent l’impression que du point de vue d’Antoine, on ressent du déjà vu, comme si on regarde notre propre vie des yeux d’un autre qui l’a, en quelque sorte, vécue. La musique se marie bien avec la cinématographie avec la présence permanente de la même mélodie de “Café de Flore”, qui très rythmée et néanmoins douce, glisse dans l’air sur les percussions conductrices.

pasted image 0 Voici une image en plan taillé d’Antoine et son amante dans l’étreinte sous le regard de la la fille d’Antoine appuyée sur un mur. Le cadrage centré, souligné par l’éclairage central qui les surplombe, appuie le fait qu’il n’y a qu’eux au monde à ce moment-là. La courte focale, néanmoins, attire notre attention sur la distance physique et émotionnelle entre Antoine et sa fille, qui est un peu hors du focus de la caméra, et cadrée par la lumière du fond.

Bien sûr que pour les audiophiles, ce film sera très intéressant, simplement par l’emploi de la musique. Pour ceux qui aiment les drames psychologiques avec un fil conducteur surnaturel, c’est aussi un très bon film. Désormais, la juxtaposition de deux histoires qui ne se relient qu’indirectement, au moins, au premier coup d’œil, pourrait être un élément perturbateur. J’ai eu ce sentiment, mais après un deuxième regard tout a pris du sens. J’aime ce film parce qu’il présente une belle interprétation de l’amour et du concept de l’âme sœur, et il vaut vraiment le temps de le regarder.

 

La tête haute, le désarroi et la rébellion

La tête haute est un drame français réalisé par Emmanuelle  Bercot, qui raconte l’histoire de Malony (Rod Paradot), un adolescent rebelle placé sous l’autorité  d’une juge d’enfants (Catherine Deneuve). Sa famille instable l’a placé dans un avenir  incertain et le récit le suit de 6 à 18 ans et décrit son voyage vers l’âge adulte préparé pour le vrai monde.  Les scènes sont tournées rapidement mais dans un calme tragique, laissant des sentiments intenses flotter dans l’air. D’ailleurs, la caméra reste immobile et ne se déplace que lorsque les personnages se disputent. Ce sont les deux extrêmes qui aident à raconter l’imprévisibilité de Malony, le personnage principal.

La carrière cinématographique de la réalisatrice Emmanuelle Bercot commence en 1997, tandis qu’elle pratique son son métier d’actrice. Elle recherche le réalisme et les sentiments authentiques des personnages. Grâce à un stage d’immersion au tribunal des enfants, elle offre une image de vérité. C’est d’ailleurs un univers  qui lui est familier puisque son oncle était un éducateur aux tribunaux.

Tout commence dans le bureau de la juge qui est balayé d’émotions denses, un jeune Malony anxieux  observe son frère cadet crier pendant que sa mère sur le bord de la crise de nerf se révolte contre le  système, mais tous écoutent la décision que va changer le chemin de leur vie.

Le style du film reflète l’instabilité de Malony qui s’oppose à l’immuabilité de la juge figée derrière son bureau. Cette situation accentue la distance entre le système qui veut aider et l’incontrôlable rébellion d’un jeune déraciné.

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Dans cette image, on peut noter l’aspect des angles de la caméra. Elle met en lumière l’instabilité des émotions de Malony personnifiant une bombe prête à exploser qui regardant ailleurs refuse de reconnaître la caméra.

J’ai aimé La tête haute pour son évocation brusque qui conserve un style traditionnel et répond aux attentes des téléspectateurs sans les déstabiliser. Les force et passion des personnages dépeignent les secrets sombres du désarroi dans un récit prévisible et attendrissant.

http://www.festival-cannes.com/fr/article/61631.html

http://www.telerama.fr/cinema/films/la-tete-haute,498512,casting.php

 

Le Cinéma français, un cinéma intimiste ?

Un billet de Carson Schafer

Le Cinéma français, un cinéma intimiste ?

 Holy Motors (2012) Cesar award du meilleur film
Holy Motors (2012) Cesar award du meilleur film

 

En 2007, l’édition européenne du Time a publié un article demandant si la création française était encore vivante. Leur réponse ? Non. Apparemment la culture française est morte.

Pourtant selon Morrison, “En France, la culture se porte bien : chaque village a son festival, la scène culturelle française est vigoureuse,” (cité dans Libération, Gauche, 29/11/2007). Il affirme que la création n’est morte que parce qu’elle ne plaît pas toujours aux spectateurs internationaux. Est-ce une méthode juste pour déterminer l’état de la culture ?

Morrison se plaint du besoin de démocratisation dans la culture. Il tient responsable un système “dirigiste” et “subventionné.” La culture reste riche en France et c’est cela le problème. “Si la High culture française demeure puissante, notre pays ne figure plus dans le peloton de tête de la culture de masse,” déclare Frédéric Martel dans un article du Figaro (Droite, 11/11/2012). La culture française n’est créée que pour les Français, et n’est pas très accessible pour quelqu’un à l’extérieur des implicites et nombreux référents culturels.

Le média français décrit les critiques publiés par Morrison en défendant l’influence de la culture Française. Néanmoins, Launet a dû concéder que Morrison avait un peu raison, “Si la culture française est toujours bien vivante, elle est désormais incapable de s’exporter.”

La musique, les romans et les programmes de télévision ne sont pas traduits ni envoyés à l’étranger autant que les exportations culturelles américaines basées sur l’explicite et la langue anglaise. Néanmoins, le film français demeure assez fort car la France a une relation profonde avec le cinéma mondial qui est lié avec son rôle dans l’évolution du montage et de la narration cinématographique.

Depuis Méliès (1861 – 1938), la France a créé une multitude de films connus partout dans le monde et toujours regardés, longtemps après leur sortie. Une infographique sur Ciné-Directors montre les entrées et recettes financières annuelles des films français aux États-Unis. Et de fait, les films du Top 10 sont ceux qui étaient écrits pour les Américains et en anglais par des réalisateurs ou des scénaristes français, comme “Lucy” et la trilogie “Taken,” qui a rapporté plus de 100 millions de dollars.

Si son regarde une liste des films étrangers les plus populaires en version originale, on trouve “La Cage aux Folles” (1978), et parmi les plus récents, “Amélie,” (2001) ou “Un long Dimanche de fiançailles” (2004), (Guardian, 12/12/2013) ou plus récemment, « le Prophète » (2009),  « Les intouchables » (2011). Alors il est évident que la France produit invariablement des films qui capturent l’attention à l’internationale et marquent leur décennie.

Aujourd’hui, le rapport d’UniFrance, (31/1/2016) une organisation qui fait de la promotion du cinéma français à l’étranger et suit le succès des films français, annonce que 2015 était la 3e meilleure année pour les films français à l’étranger, gagnant plus de 600,000,000 euros. Le nombre d’étrangers ayant vu un film français était presque le même que le nombre de Francais qui en ont vu. Selon L’Express (Droit, 17/01/2014) le film français “s’exporte le mieux derrière le cinéma américain, bien entendu.”Taken 3, un film d’action créé pour un public internationalreprésentait 261,7 millions d’euros et 43,6 millions d’entrées malgré ses mauvaises notes sur Sens Critique (4,1/10) et Rotten Tomatoes (critiques: 10% publics: 45%). Le Petit Prince avait atteint la deuxième place, avant même d’être publié aux États-Unis. La Famille Bélier, en quatrième place, était le meilleur des films en langue française avec une note de 90% sur Rotten Tomatoes et 3,3 millions d’entrées. Le Transporteur – Héritage a eu quatre fois plus d’entrées avec une note de 3,9/10 sur SensCritique et 17% sur Rotten Tomatoes.

Ce sont donc des films qui reçoivent de mauvaises critiques de la part des professionnels autant que du public qui pourtant s’exportent le mieux. Puisque les films réalisés par des Français pour un public américain s’exportent bien, on peut se demander s’ils sont vraiment des films français ? Les critiques américains et français adorent les films vraiment français, alors pourquoi n’arrivent-ils à attirer les grands nombres d’entrées comme les films en anglais ?

“Les films français sont appréciés d’un public cultivé, plus âgé, et sont programmés principalement dans les salles d’art et d’essai,” dit Andrea Occhipiati, un distributeur de films italien. La règle générale, selon Jean-Thomas Bernardini, distributeur brésilien, dicte que le public préfère des films d’action « de type » à l’américaine (très explicite et avec beaucoup d’action) ou des films de comédie domestiques. Chaque pays à sa propre préférence; Les Allemands, par exemple, aiment la romance et la comédie décalée, déclare le réalisateur Marc Gabizon, donc tout dépend de la culture.

Un article du Figaro avait nommé 2012 une année record pour le cinéma français à l’étranger avec trois films présélectionnés aux Oscars créés dans un style en particulier que les Français continuent à dominer : l’animation. Sur les 106 millions d’entrées pour les films français, 20% concernaient les films animés.  Selon le Figaro (09/11/2012), la France a toujours maintenu une influence sur le monde de l’animation. Patron de la maison de production Les Armateurs (responsable pour Kirikou et les Triplettes de Belleville), Didier Brunner dit que la France a les meilleures écoles d’animation du monde. “Notre spécificité est de réussir à produire des films d’auteur de haute volée qui vont charmer le public, sans jamais calquer sur un modèle hollywoodien ou avoir le budget d’un blockbuster,” affirme Brunner.

On ne peut pas dire que la création est morte seulement parce que la culture ne s’exporte pas. Quand même, c’est un paradoxe intéressant ; les meilleurs films d’auteur Français réalisent moins d’entrées que les films créés pour des Américains, même si ils sont accompagnés de mauvaises revues.

 

 

Encarts

Les frères Lumière étaient parmi les premiers à jouer avec la nouvelle invention du caméra. Leurs scènes de la vie quotidienne ont inspiré le jeune Georges Méliès à explorer le potentiel de ces techniques inconnues (Institut Lumière). Méliès a été le premier à utiliser le montage et les coupures pour raconter des histoires. Il était aussi innovateur des effets spéciaux et a construit le premier studio de film avec des plateaux de cinéma. Il a réalisé 520 films dans sa carrière (cf : AlloCiné) qui ont posé les bases pour la matérialisation du cinéma moderne.

Les écoles françaises de l’animation, Les Gobelins et Supinfocom travaillent sur des films bien connus et leurs étudiants reçoivent des bourses de The Jim Henson Company pour faire des stages aux États-Unis. Même Framestore, la compagnie londonienne qui a fait les effets spéciaux pour Harry Potter, a été renommée en plaisantant “French store” parce que la majorité de ses artistes viennent des écoles d’animation françaises.