La charte de la laïcité communique-t-elle vraiment le bon message aux jeunes ?

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Joseph Bonner,

La charte de la laïcité communique-t-elle vraiment le bon message aux jeunes ?

La Laïcité française est née sur les barricades de la révolution, en exécutant leur Roi, les Français ont coupé le cordon ombilical de l’omniprésence religieuse.  La laïcité est ensuite devenue un fondement de la République lorsqu’elle a été intégrée à la constitution. La laïcité est donc une invention française, fruit de son histoire. Devant une telle spécificité on est en droit de se demander: qu’est-ce que la laïcité à la française? Par ailleurs, le fait que la France ait décidé de légiférer sa laïcité pour l’implémenter au sein même de sa constitution, autorise à lier intimement la nation française et son unité à sa laïcisation en en faisant un outil de cohésion et d’équilibre sociétal.

Il existe un débat aujourd’hui en France sur la nécessité des lois sur la laïcité qui, bien qu’historiquement ancrée dans les fondements de la République française, peut sembler à certains inadaptée aux nouvelles donnes politiques, religieuses et, plus simplement, sociétales de la France du XXIème siècle. C’est pourtant une évolution qui semble avoir été prise en compte par le législateur qui a réorienté son discours vers les jeunes en produisant la charte de la laïcité. Néanmoins, certains acteurs se sentent exclus du débat et se demandent si cette nouvelle étape ne va pas focaliser l’attention sur les minorités religieuses.

Le grand débat sur la laïcité que les événements récents ont ouvert (principalement sur le port du foulard à l’école et dans les administrations) a établi un discours qui non seulement a remis en question certains principes de la laïcité extrême, mais aussi la justification qui avait motivée les législateurs au moment de son instauration. Françoise Lorcerie, auteur de ‘‘La République à l’école de l’immigration’’, compare et oppose les mots clé du changement sociétal pour distinguer les raisons pour lesquelles la France a mis en place la laïcité :

Laïcité républicaine vs démocratique, traditionnelle vs nouvelle, laïciste vs ouverte, – vs pluraliste, droits de l’homme contre droit-de-l’hommisme, empiètements de l’état contre influence du cléricalisme. Laïcité qui ‘exige de cantonner’ les particularismes dans ‘la sphère privée’ / objection qu’on en revient à l’ancien régime, où la conscience était reconnue libre mais pas ses manifestations.

Lorcerie explique qu’il existe des forces opposées qui contribuent à l’effort de la France de créer une loi qui bénéficie au bien du pays. Un fondement qui est guidé par la lutte pour éviter l’influence religieuse dans l’espace public et les affaires non religieuses, par exemple la création de la législation. La manière dont elle tente de peser les pensées des législateurs alors qu’ils étaient en train de former cette nouvelle idée est pertinente. À mon avis c’est une réflexion du débat sur la formation du citoyen et sur l’unité républicaine dans les valeurs fondatrices de la république française (liberté, égalité, fraternité) qui soutient que la liberté de chacun s’arrête où celle des autres commence. C’est-à-dire que ce n’est pas la liberté de croire qui est remise en cause mais ses “manifestations” prosélytiques.

Car c’est bien la Révolution française qui a posé les bases de la liberté religieuse et de la séparation de l’État et de l’Église. Iken Hossein, de son côté, met en contexte les événements historiques liés à la formation de la laïcité en disant que:

Les lumières, la révolution française, l’adoption de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et le XIXème siècle apparaît à ce titre déterminant dans la construction de l’idée laïque. Les révolutions successives du XIXème et les changements de régime ont fait bouger les lignes et les frontières entre pouvoir spirituel et temporel. (Hossein)

Et de fait l’histoire montre que la France est en perpétuelle formation, toujours à s’adapter et se construire au travers de la notion de laïcité, en réfection après des siècles d’influence religieuse sur les affaires gouvernementales et législatives. D’ailleurs le mouvement de la laïcité est progressif et est devenu de plus en plus populaire au travers de l’histoire de France, à commencer par la Révolution. Mais c’est Etienne Balibar qui pose les questions essentielles qui troublent le débat actuel :

Est-ce que la laïcité est nécessaire dans la société française moderne? Est-t-il nécessaire d’avoir la laïcité dans la constitution? Même si la fonction de la laïcité est d’éradiquer l’inégalité dans la société, de séparer les pouvoirs politiques de la religion et de prolonger les droits sociaux; est-elle nécessaire?

C’est pourtant sur cette nécessité que les Français sont le plus en accord car pour eux la laïcité est une manière de maintenir la tradition et en même temps un effort pour moderniser la société française et ne pas mettre un groupe social plus bas qu’un autre. Balibar, dans un sens, critique la rigueur de la laïcité et la raison pour laquelle elle produit la discrimination de certaines communautés, elle questionne l’importance de la laïcité dans la constitution et par conséquent se demande s’il est nécessaire de la mettre dans la loi. Et de fait, ce qui différencie la France des autres pays est que la société française moderne semble avoir besoin d’une loi qui décrit la laïcité. Je crois que la laïcité sert à établir un modèle que chaque citoyen doit respecter pour créer l’égalité. La France (en particulier depuis Napoléon) a une attitude très marquée lorsqu’il s’agit de règlementer. Les règles précises sans doute, sont une façon de renforcer le besoin d’égalité pour tous. D’ailleurs, se poser de telles questions aujourd’hui semble assez futile si l’on tient compte du fait qu’il ne s’agit pas d’une décision soudaine mais d’une longue progression en réaction aux abus de la hiérarchie catholique d’influencer la vie des Français.

Il est nécessaire de savoir que la laïcité a pris ses bases dans l’histoire française. C’est-à-dire qu’avant la laïcité, la France avait une grande tradition religieuse surtout le catholicisme, qui influençait et contrôlait perpétuellement le gouvernement et la manière par laquelle les rois régnaient. C’est avec la Révolution que la France a complètement changé la façon de gouverner, cette fois sans les influences religieuses. À travers l’histoire, peu à peu, la laïcité a subi plusieurs changements et fortifications qui ont modernisé la signification et la manière dans laquelle la laïcité doit être implémentée.

La France et son parcours vers la laïcité

Les dates suivantes sont essentielles quand on regarde les événements les plus importants pour la formation de la laïcité:

–      La loi de 1789: L’article 10 de la charte des droits de l’homme et du citoyen proclame la liberté religieuse : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses (…).

Avec la déclaration des droits de l’homme, pour la première fois, la France a produit une législature déclarative définissant les droits humains pour les Français. En créant cette législation des idées et des droits ont été placés entres deux fronts (les ultrareligieux d’un côté et les anticléricaux de l’autre côté). Mais à travers l’histoire (la Révolution) ces fronts se sont effondrés et ont bougé à cause des idées de l’interprétation exacte du concept de droits humains que la France doit inclure.

–      La loi de 1791: La constitution instaure la liberté des cultes.

–      La loi de 1881-1882: Les lois de Jules Ferry instituent l’école publique gratuite, laïque et obligatoire.

–      La loi de 1905: La loi de séparation des Églises et de l’État : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. »

L’auteur de l’article ‘‘Ecole et laïcité : Réflexion autour de la charte de la laïcité’’, Houssein, interprète les évènements historiques qui ont contribué à la laïcité faisant du processus de laïcisation un combat en disant que, « Ce combat débouch[e…] en particulier sur les lois sur l’école de Ferry et plus tard la loi de 1905 de séparation de l’Eglise et de l’Etat. »

–     Les avis des 27 novembre 1989 et 2 novembre 1992 suite aux incidents « du foulard islamique » du Conseil d’État privilégiant une solution au cas a cas.

–      La loi de 1946: Inscription du principe de laïcité dans le Préambule de la constitution. 1946 est la date de première constitutionnalisation de la laïcité. La Constitution du 27 octobre 1946 stipule en son article 1 : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. ».

–      La loi de 1958: « Reprend la formule en lui ajoutant deux phrases, dans son article 2, alinéa 1… La France est un République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race, ou de religion. Elle respect toutes les croyances.

Cette loi marque un tournant parce qu’elle qualifie la République. Les termes indivisibles, laïque, et sociaux sont des adjectifs. Donc le législateur dessine une identité concrète uniformisée qui explique la devise française: liberté, égalité, fraternité. C’est-à-dire que, oui, la laïcité sert bien de lien entre l’unité du peuple et le fonctionnement démocratique du pays.

–      La loi de 15 mars 2004: Loi interdisant, dans les établissements scolaires, le port de signes ostentatoires ou de tenues manifestant une appartenance religieuse.

–      Le circulaire de 2013: La charte de la laïcité transfert des textes législatifs vers un public scolaire, le législateur communique avec les jeunes.

Ces dates sont profondément importantes pour comprendre comment, pourquoi, et quand la laïcité a été construite. Avec les dates et les changements du langage en ce qui concerne la laïcité, on voit que le processus d’intégrer la laïcité a été très précis et calculé. Sans précipitation c’est peu à peu que la France a pu formuler cette nouvelle idée pour avoir la meilleure réponse pour faire face à une société moderne à la française.

Et l’on remarque que le XIXe siècle fut marqué par l’alternance entre l’affirmation de la place privilégiée de la religion catholique et le progrès de l’idée laïque. La loi de 1905, que nous avons déjà abordée, clôt ce mouvement en instaurant la séparation de l’église et de l’Etat, et la République s’affirme laïque tandis que la religion est définitivement cantonnée à la sphère privée. Comme le souligne La Vie Publique, les instituteurs remplacent les prêtres lorsqu’il s’agit de créer un nouveau citoyen moral et républicain pour mettre en place une nation unitaire qui travaille pour le bien de tous. Une nation, dans laquelle les enseignants enseignent avec le même consensus procure une solution qui valorise l’éducation comme objectif et non pas comme dogme.

La laïcité à l’école publique s’est peu à peu imposée, sans remettre en cause l’existence d’écoles privées (la loi Falloux, 1850). La loi de 1882 a imposé la laïcité des programmes et des locaux des écoles publiques. La loi de 1905 instaure une séparation institutionnelle. Le combat laïque se justifie au nom d’une morale républicaine : l’école forme les citoyens, assure l’unité de la nation, les enseignements étant porteurs de l’intérêt général. La querelle de la laïcité s’incarne alors dans la lutte entre l’école publique et l’école privée. (vie-publique.fr)

Le transfert de la législation laïque à l’éducation publique

En effet, au XXe siècle, la question de la laïcité se concentre surtout sur l’école (c’est à dire sur la formation du jeune citoyen républicain), il s’agit de faire de l’école un lieu idéal, égalitaire et fraternel, et le législateur se préoccupe des enseignants. Dans cette continuité, au XXIe siècle le législateur ne tente plus de réformer les institutions (déjà modelées dans le système laïque), mais de communiquer avec les jeunes. Il ne s’agit plus de nettoyer les institutions mais de former un nouveau citoyen à utiliser l’école pour renforcer l’identité française au sein de la diversité. Ainsi plus récemment, la France propose ce nouvel outil qui s’adresse directement aux écoliers: La Charte de la Laïcité. C’est une charte qui apparaît dans chaque école publique en France. La Charte note les règles (venant des lois de la laïcité) qui établissent un modèle attribuant les droits de chaque étudiant et enseignant.

En 2013, les législateurs tentent d’inclure tous les écoliers français dans le processus laïc, avec la circulaire de La Charte de la Laïcité mise dans toutes les écoles publiques. Cette charte propose une liste de règles (dans un langage que les jeunes peuvent comprendre) que chaque écolier français doit suivre pour protéger la formation du libre arbitre pour lui-même dans le respect des autres. Les mots de la Charte sont un reflet de la constitution et des valeurs identitaires françaises. La charte de la laïcité a une fonction déclarative et pédagogique. À quoi ces « valeurs » font-elles référence? Françoise Lorcerie y répond:

Comme tout fait humain, la valeur des « valeurs républicaines » est soumise à l’histoire, c’est-à-dire au changement, – la laïcité ne fait pas exception. Nous sommes aujourd’hui dans une nouvelle période de réélaboration de la laïcité, et bien malin que dirait comment finira par tourner le conflit normatif qui oppose, typiquement, le juge et la philosophie en la matière, et quelle sera la prochaine position du politique. Pourtant une évolution se fait jour.

Après son premier commentaire, Lorcerie explique qu’aujourd’hui la France se trouve dans un monde qui se modernise continuellement, alors il est nécessaire qu’elle s’y adapte. À mon avis, le rôle des valeurs républicaines et leur position dans la laïcité renforcent l’effet de l’évolution de la France « sociétale » et le besoin d’avoir des mots clés qui peuvent évoluer avec le pays; des mots qui ne sont pas morts mais au contraire vivants. Comme tout fait humain, la valeur républicaine est basée sur l’histoire même de la laïcité. Aujourd’hui la laïcité est toujours confrontée avec de nouveaux défîtes qui viennent avec l’évolution de la société. Il y aura toujours ceux qui prennent les divers points de vus, ceux pour lesquels la laïcité doit évoluer constamment pour rester adaptée au monde. Les mots clé de la laïcité se trouvent dans le lexique de la constitution, « La France est indivisible, laïque, démocratique, sociale, » le lien est fait, le message est explicite.

Il existe quinze articles qui mettent en œuvre les règles pour les écoles publiques. Il est nécessaire d’insister sur l’utilisation d’un langage approprié pour s’adresser aux moins de dix-sept ans. Comme le souligne Paul Airiau,

Le vocabulaire sera notamment considéré comme révélateur. Il permettra de déboucher sur une interrogation à propos du statut et de la fonction accordée à la laïcité, à propos de ce qui est censé s’y opposer absolument, de ce qui peut être public et ce qui doit être privé.

Ce principe est fondamental pour comprendre les mots de la Charte. C’est-à-dire qu’en créant la Charte, le gouvernement s’est investi pour formuler le langage adapté aux jeunes pour une vraie compréhension de la laïcité. Chaque ponctuation et chaque mot sont destinés à souligner l’importance de la Charte. Un lexique précis permet d’ouvrir un débat à l’école dans un espace commun, ce qui est fondamental à l’acceptation des principes. Il faut noter que la Charte n’existe pas pour interdire certains groupes, mais pour protéger chaque écolier. J’analyserai quatre articles, le troisième, le sixième, le huitième et le quatorzième.

–          Article 3: La laïcité garantit la liberté de conscience tous. Chacun est libre de croire ou de ne pas croire. Elle permet la libre expression de ses convictions, dans le respect de celles d’autrui et dans les limites de l’ordre public. (MED)

L’article 3 est révélateur de l’empreinte toujours présente de l’époque des lumières qui a profondément imprégné l’identité française. Cette notion de liberté d’expression se retrouve chez tous les grands penseurs qui ont marqués la France. Par exemple, chez Malesherbes qui assure, que « La liberté de la discussion est le moyen sûr de faire connaître à une nation la vérité. » Le mot clé est la discussion. C’est-à-dire que si on habite un pays où l’on n’a pas le droit de d’exprimer nos propres opinions et convictions on manque un aspect fondamental de la liberté humaine. En plus, le fait que chacun est libre de croire ou de ne pas croire comme le précise George Bernanos qui a dit, « Une pensée qui n’agit pas n’est pas grand-chose, et une action qui ne se pense pas, ce n’est rien, » est un attribut d’une société libre et démocratique. Si on n’explique pas nos sentiments en ce qui concerne l’injustice ou une loi que l’on considère arbitraire on oublie ses devoirs, il faut agir pour ouvrir la discussion, améliorer la situation, c’est-à-dire joindre l’action à la parole.

–          Article 6: La laïcité de l’Ecole offre aux élèves les conditions pour forger leur personnalité, exercer leur libre arbitre et faire l’apprentissage de la citoyenneté. Elle les protège de tout prosélytisme et de toute pression qui les empêcheraient de faire leurs propres choix. (MED)

L’idée de protection de tous prosélytisme que revendique l’article 6, se retrouve aussi chez Montesquieu lorsqu’il affirme, « Il faut que le gouvernement soit tel qu’un citoyen ne puisse pas craindre un citoyen. » En effet, pour assurer la liberté des citoyens, un gouvernement a la responsabilité de protéger la vie de ses citoyens sans peur d’exprimer leurs propres convictions.  Par ailleurs, comme disait Jean Jaurès « Il n’y a pas de vérité sacré. » Donc tous les Français y ont accès qu’ils croient en Dieu ou pas car la vérité est séculaire et on ne doit pas toujours essayer de trouver les raisons dans la religion. La charte exprime clairement que le but n’est pas de contraindre l’écolier, mais de lui permettre d’être heureux dans la continuité de sa formation interne. Emile de Girardin met en contexte cette idée en disant que, « Le problème à résoudre: le plus de bonheur possible pour le plus grand nombre possible. » Finissant cette citation qui clôt toutes les autres mais en reformulant la liberté d’expression vers le bonheur de l’être humain, Girardin repositionne le débat dans une actualité plus réaliste.

– Article 8: La laïcité permet l’exercice de la liberté d’expression des élevés dans la limite du bon fonctionnement de l’école comme du respect des valeurs républicaines et du pluralisme des convictions. (MED)

– Article 14: Dans les établissements scolaires publics, les règles de vie des différents espaces, précisées dans le règlement intérieur, sont respectueuses de la laïcité. Le port de signes ou tenues par lesquels les élevés manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit. (MED)

Il est clair que la Charte de la Laïcité protège la formation du libre arbitre de tous les  écoliers Français qui fréquentent l’école publique. Alors que l’article 8 mentionne « le bon fonctionnement de l’école », c’est l’article 14 (interdisant le port de signes ostentatoires) qui le met en pratique car il favorise les relations entre l’enseignant et les écoliers en évitant: des tensions entre étudiants, l’harcèlement scolaire et les intimidations moqueuses. En un mot en supprimant l’inconfort d’une diversité religieuse dans laquelle les écoliers non pas été encore assimilés. Le but du « bon fonctionnement » de l’article 8 est « Le respect du pluralisme des convictions; s’il n’est pas contraire au bon fonctionnement de l’école, le débat peut avoir lieu mais nul ne doit tenter d’imposer par la force ses convictions personnelles à autrui. » (MED) L’article 14, en interdisant le port de signes ostentatoires, favorise l’ordre public, c’est-à-dire la stabilité et aussi la liberté pour chacun de vivre ses convictions intérieures. On voit que la liberté de se comporter comme on veut, sans interrompre l’apprentissage des autres, ou sans risquer d’être forcé ou exposé à une croyance ou une manière de penser incomprise sera réglée plus efficacement dans un espace neutre. La Charte était nécessaire à cause d’une montée des communautarismes,

La morale laïque avait perdu en visibilité. Pour certains, il convenait de revenir aux sources de la République et de recréer un modèle unique d‘intégration. Pour d’autres, il fallait tenir compte des évolutions de la société et faire une place aux communautarismes et particularismes, même religieux. (vie-publique.fr)

Et c’est justement dans un espace neutre que les communautés les plus minoritaires peuvent s’exprimer en sécurité.

La signification de la laïcité était devenue ambiguë par rapport à son établissement originel de la fin du 18e siècle. Le problème s’est déplacé des enseignants de la fin du 19e siècle encore endoctrinés par le catholicisme, aux jeunes écoliers du 21e siècle qui voient dans la religion un moyen de former leur individualité au milieu de l’océan républicain. Il existe de nombreuses interprétations de la laïcité et de son effet sur les communautés religieuses. Certains pensent que la laïcité produit de mauvais effets sur une communauté particulière et au contraire d’autres qui supportent cette invention française disent qu’elle est nécessaire pour le maintien de la paix républicaine. Avec la mise en place de la laïcité certains groupes pensent qu’ils sont désavantagés ou soumis, à cause des règles strictes qui l’accompagnent la laïcité. D’ailleurs ceux qui questionnent la nécessité d’une loi ne sont pas nécessairement les religions minoritaires mais plutôt les minorités à l’intérieur des communautés religieuses, en particulier les fondamentalistes, qu’ils soient catholiques, juifs, musulmans, bouddhistes ou athéistes. C’est ainsi que certains prétendent que la loi dégrade les fondements religieux. Ils disent que les fondateurs de la loi n’ont pas consultés toutes les tendances des institutions religieuses, et par là, la loi diminue leurs traditions. Par exemples, chez les catholiques, Monseigneur Bernard Podvin atteste que:

La laïcité ne doit pas être creuse, ni se borner à la négation, l’empêchement des religions. Elle doit au contraire se traduire par l’apprivoisement de la culture religieuse, de leur contribution positive à la société, à l’esprit civique. Une laïcité responsable ne peut se vivre uniquement dans la coercition. (Lindell)

C’est-à-dire que la laïcité devrait traduire l’adoption des cultures religieuses et de ses contributions positives à la société dans un esprit civil. En plus, Hossein, souligne:

La laïcité, historiquement outil privilégié d’émancipation, a pu être instrumentalisé à des fins de rejet et de ségrégation sociale de certaines catégories de la population, transformées en boucs émissaires pour masquer les difficultés sociales.

Il est clair qu’il est difficile de maitriser toutes les conséquences du projet laïque; et certaines communautés minoritaires souffrent à cause de la laïcité et une partie de la société française regarde ces groupes minoritaires comme inférieurs. Donc bien que la laïcité ait toujours été un outil qui privilégie l’émancipation, elle peut-être un instrument de rejet et de ségrégation sociale. Car à travers le temps se sont développés des trous qui font ressortir des difficultés sociales. Ce qui est le cas de n’importe quelle loi. Par exemple, l’unicité langagière légiféré à partir du XVIe siècle qui définit le français comme langue officielle unique, ne privilégie-t-elle pas la langue francilienne par au long des communautés régionales (Basque, Corse, Breton) ?

La laïcité ne peut pas vivre seulement avec la coercition mais au contraire elle doit-être soutenue par le peuple avec fierté. En fait, il existe des intellectuels qui défendent le fait que la charte cherche justement à réaliser ce pourquoi d’autres voix se sont levées. Par exemple, celle du président du Conseil français du culte musulman Dalil Boubakeur correspond à une crainte que la laïcité stigmatise la communauté musulmane qui dit que : « 90% des musulmans vont avoir l’impression d’être visés par cette charte alors que, dans 99% des cas, ils ne posent aucun problème à la laïcité… » (Saget). Alors qu’il travaillait avec le ministre de l’éducation nationale, Vincent Penillon notait que, « le communautarisme existe dans certains groupes, mais il est surtout lié au difficulté de vie dans les lieux de relégation des musulmanes, pour lutter les attentes à la laïcité mieux vaudrait s’attaquer à ses ressources sociaux économiques » (Saget). C’est-à-dire qu’une généralisation d’opinion qui juge la population entière pour les faits d’un individu particulier est injuste, sachant que les communautés veulent vivre en paix et ne doivent pas être punies à cause des extrémistes.

À ceux qui se demandent si la religion musulmane est compatible avec la laïcité je réponds, qu’on observe un chevauchement entre les différents phénomènes qui sont mis sous l’étiquette des problèmes de la laïcité, principalement les problèmes d’une immigration non maitrisée. Si l’on tient compte du fait qu’en 2015 la France a 12 millions d’immigrés soit 19% de la population dont (4 millions viennent de Maghreb) on comprend que cette immigration a un coût; il faut les infrastructures pour accueillir les nouveaux venus (les écoles de langue, mosquées et produits alimentaires particuliers). Par ailleurs, la crise économique crée une réaction contre ceux qui sont perçus comme des voleurs d’emplois, ceux qui volent les emplois des Français, ceux qui favorise la montée des parties extrémistes de gauche et de droite. D’autre part, en période de crise économique, les gens ont tendance à se rapprocher de leurs traditions et de les mettre en valeur (porter le voile, la croix, ou la kippa). « La nature d’une civilisation, c’est ce qui s’agrège autour d’une religion. Notre civilisation est incapable de construire un temple ou un tombeau. Elle sera contrainte de trouver sa valeur fondamentale, ou elle se décomposera » (Malraux). Voyant les mots utilisés par André Malraux, on comprend que l’humanité est toujours en train de chercher le vrai message qu’on peut tirer de chaque livre ou écriture religieuse. C’est-à-dire que le sens de l’espoir qui vient de la religion doit-être justifiée pacifiquement et non pas des manifestations violentes.

Tous ces éléments mélangés s’associent à un climat d’insécurité généré par les attentats. Par exemple en 1982, la fusillade antisémite de la rue de Rosiers contre les juifs, (6 morts Fatah Conseille Révolutionnaire). En 1995, il a eu 11 attentats dont huit à la bombe qui ont été attribués aux Groupes Islamiques Armées (GIA) et ont causé 8 morts et les 200 blessés graves. En 2012, il y a eu 7 personnes tuées par Mohammed Merah (Al-Quieda) à Toulouse. Plus récemment, en Janvier 2014, les frères Kouashi ont fusillé 12 personnes au siège de Charlie Hebdo. Ces événements qui ont une forte marque religieuse sont repris par les média et créent une sensation de danger tout en montrant du doigt l’ennemi. Ainsi toutes ces informations, toute cette désinformation, tous ces sentiments et émotions s’amalgament en un concept réactionnaire contre « l’autre. » Alors qu’en fait si l’on analyse plus précisément les problèmes de l’Islam et du port du foulard dont les premiers cas apparaissent en 1989, on s’aperçoit qu’ils sont rares, seulement une dizaine en 30 ans (moins de 100 écolières ont étés expulsés en 30 ans pour 7 millions d’écoliers par an). Et l’on peut remettre en rapport les 7 millions de musulmans, face aux 7 millions d’écoliers, pour réaliser que le problème trop médiatisé ne concerne qu’une quantité négligeable d’établissements.

Françoise Lorcerie ajoute que: « l’objet des combats est assez imprécis… L’un des problèmes d’aujourd’hui est que les musulmans sont convoqués (de façon active ou passive: on parle d’eux) au débat » (Lorcerie 64). Même si les terroristes sont la cause de ces mauvais sentiments contre communautés religieuses, il est clair que les créateurs de ce chaos sont responsables de la peur pour la majorité des autres qui vivent et manifestent leur religion et dévotion d’une manière pacifique. D‘ailleurs Abdel Malik soutient cette idée en disant le suivant,

Car le problème est réellement là, ceux ne sont pas là 7 de millions musulmans qui s’opposent, c’est une infime minorité extrémiste qui utilise la laïcité come outil soulevé un sentiment musulman dans une population qui est jusqu’à une population qui était bien intégrée cela devient d’autant plus évident quand on voit le nombre de musulmans qui se déclarent d’être Charlie et qui se révoltent contre ceux qui attirent l’attention.

Retournant à l’idée fondamentale de fusion culturelle à la France, on voit non seulement en France mais aussi à travers lu monde d’aujourd’hui que cette super-minorité de personnes aux conceptions religieuses extrêmes crée une situation instable pour les autres qui ne veulent rien de plus que vivre en paix. Ceux qui s’intègrent à la fusion culturelle et religieuse ont l’espoir que leurs manifestations religieuses seront bien reçues par la population en général, soit religieuse soit non-religieuse. Tandis qu’une sous-minorité d’extrémistes cherche toujours une justification pour déclencher des actes de terrorisme.

À travers l’histoire, il y a de temps en temps de grands penseurs qui voient dans le futur et dans un sens prédisent les menaces contre la paix dont l’origine vient des extrémistes. C’est-à-dire qu’en réaction à la législation mise en œuvre par le gouvernement, se déclenche une guerre idéologique. En fait ce qui est choquant c’est qu’en 1956, André Malraux ministère des affaires culturelles en France avait prédit cette émergence des extrémistes religieux dans la France moderne et laïque annonçant:

C’est le grand phénomène de notre époque que la violence de la poussée islamique. Sous-estimée par la plupart de nos contemporains, cette montée de l’islam est analogiquement comparable aux débuts du communisme du temps de Lénine. Les conséquences de ce phénomène sont encore imprévisibles. À l’origine de la révolution marxiste, on croyait pouvoir endiguer le courant par des solutions partielles. Ni le christianisme, ni les organisations patronales ou ouvrières n’ont trouvé la réponse. De même aujourd’hui, le monde occidental ne semble guère préparé à affronter le problème de l’islam. (Miribel)

Quand j’ai lu cette citation pour la première fois j’ai pensé qu’elle était récente. Mais je me suis rendu compte qu’il avait été dite il y a plus de soixante ans. Le fait qu’il a prédit la guerre idéologique qui se passe aujourd’hui est intéressant. Même s’il connaissait l’histoire de l’Islam et du monde occidental, sans savoir quelles en seraient les « conséquences », il est frappant que ce soit un spécialiste de la culture et de l’éducation, un laïque convaincu, qui ait dévoilé ce phénomène religieux.

Alors dans le débat, la majorité des enseignants ne prend pas de position pour ou contre la laïcité. Par exemple, Bernard Girard, professeur d’histoire, présente les deux côtés du débat. Il dit que la Charte de la laïcité est une « overdose de grands principes » (Lindell). Il questionne la notion de l’égalité produite par la Charte. On voit qu’avec son commentaire, il présente la laïcité comme excessive, car la signification des principes a été altérée pour mieux s’adapter avec la laïcité.

L’argument est que la laïcité aide à la formation d’une France moderne au risque de créer une inégalité pour certains groupes religieux ethniques ou sociaux-économiques. Il n’est jamais discuté du fait que la laïcité est directement liée à l’histoire entre la France et la religion et avec des événements historiques comme les Croisades par exemple. « Dès l’époque médiévale et jusqu’à aujourd’hui, l’idée laïque a fait son chemin, connu de grandes étapes et des évolutions. On peut ici en relever quelques étapes parmi les plus importantes » (Hossein). À travers l’histoire de France, la laïcité a toujours eu une place. Elle a aussi connu de grandes étapes et de grandes évolutions. Bien que sa définition et ses particularités aient changé, à chaque moment dans l’histoire, sa signification a toujours été pertinente pour son époque.

On voit la difficulté d’exécuter une loi qui plaise à tous. On ne peut pas avoir tout ce que l’on veut et penser que tout le monde sera d’accord. Le gouvernement doit jongler avec les intérêts de chacun pour le bien de tous. Oui, certains groupes se sentent dégradés à cause de la laïcité mais, tous les citoyens ont une certaine paix de vivre dans un pays où ils peuvent aller à l’école ou en public sans subir les influences des autres. En même temps, ils peuvent pratiquer leur religion chez eux sans que d’autres se moquent d’eux. Peut-être y-a-t-il d’autres pays qui pensent que la laïcité enlève les droits humains de chaque citoyen. Mais ils n’ont pas l’histoire tumultueuse de la France ni non connu la lutte que la France a menée.

Quand on regarde la laïcité comme un Américain on voit une différence entre nos lois et notre manière de vivre. Aux Etats-Unis on n’a pas de règles pour la laïcité mais l’on voit qu’il y a environ 1% de musulmanes contre plus de 10% en France. La liberté d’expression est différente, en France la diffamation contre la religion n’a pas des faits, c’est leur liberté d’expression, en revanche on ne peut pas avoir un discours qui inspire la haine. Mais de toute façon, il est difficile pour un Américain de comprendre complètement la laïcité et ses effets sur la société. À mon avis, après tout ce que j’ai lu et étudié, il y a une grande différence entre la France et les Etats-Unis. En France quand on parle d’intégration on parle de fusion tandis qu’aux Etats-Unis il s’agit de superposition. C’est cette différence qui marque la raison pour laquelle la laïcité est absolument nécessaire en France. En d’autres termes, on ne peut pas traduire le mot « laïcité », ce n’est pas « sécularité », car elle a un sens abondamment plus profond. La laïcité est formée à travers plusieurs parties qui sont liées à l’histoire, les temps modernes, les droits de l’homme et la paix.

J’ai présenté l’histoire de la laïcité française, ses raisons, ses effets sur nombreux groupes ainsi que l’éducation de la laïcité à l’école. Après avoir écrit cet essai j’espère qu’un non-Français peut avoir une meilleure idée et une meilleure connaissance du « tableau » de la laïcité. À la surface, la laïcité semble ambiguë et compliquée, mais avec une connaissance de l’histoire de France à travers les siècles, quelqu’un qui ne sait rien de la laïcité pourra je l’espère éduquer les autres. Avant de juger cette « invention française » il faut la comprendre. À mon avis, je crois que la laïcité face aux écoliers français communique non seulement une manière de montrer la fierté de l’héritage mais aussi le fait que la France a réussi par des longs efforts à égaliser et maitriser ses citoyens en ce qui concerne le maintien de l’avenir de la tradition républicaine française. Alors, je dis oui la charte de la laïcité communique parfaitement avec les écoliers en France.

 

 

 

 

 

 

Œuvres Cités

Airiau, Paul. Cent Ans de Laicite Française: 1905-2005. Paris: Presses de la Renaissance, 2005.

Balibar Etienne. Faut-il qu’une Laïcité Soit Ouverte ou Fermée ?. Dans: Mots, juin 1991, N°27. M Laïc, laïque, laïcité. pp. 73-80. M url : /web/revues/home/prescript/article/mots_0243-6450_1991_num_27_1_1608

Berger J., Rosenholtz S. J., Zelditch M. (1980). – Status Organizing Processes. Annual                 Review of Sociology, 6, p. 479-508.

Bernanos, Georges, and Pierre Gille. La Liberté, Pour Quoi Faire?Paris: Gallimard, 1995. Print

De Girardin. Journaux et journalistes: La Presse. Par Alfred Sirven, Journaux et Journalistes. Paris F. Cournol, Librarie-Éditeur, 20 Rue De Siene, 20. 1866

Eudscol. “eduscol, Portail national des professionnels de l’education.” Ministere de L’education Nationale, De L’enseignement Superieur et de La Recherche. 5 Mars 2015. Web. 15 Mars 2015. <http://eduscol.education.fr/cid73652/charte-de-la-laicite-a-l-ecole.html&gt;.

Hossein, Iken. “Ecole et laïcité : Réflexion autour de la charte de la laïcité.” Reseau National De Lutte Contre Les Discriminations A L’Ecole, 23 Mars 2014. Web. 3 Mars 2015 <http://reseau-lcd-ecole.ens-lyon.fr/spip.php?article81&gt;.

Jaurès, Jean. La liberté souveraine de l’esprit. 1895.

Langeron P. (1986). – Liberté de conscience des agents publics et laïcité. Aix-en-Provence, Presses universitaires d’Aix-Marseille.

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Lorcerie Françoise. Laïcité 1996. La République à l’école de l’immigration?. In: Revue française  de pédagogie. Volume 117, 1996. L’école et la question de l’immigration. pp. 53-85. url : /web/revues/home/prescript/article/rfp_0556-7807_1996_num_117_1_1185

Malesherbes La Liberté de la Presse. 470 Revue Contemporaine Library of the Ohio State University. 1861 Bureaux de la Revue Contemporaine Rue Du Pont-De-Lodi

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Montesquieu. De la Constitution d’Angleterre. Chapitre VI du livre XI de l’Esprit des lois. 1748 p. 192

Saget, Joel. Menus de substitution: “hystérie” selon la mosquée de Paris, “hérésie” pour le grand rabbin. 24 Mars 2015. Web : 24 Mars 2015. <http://www.afp.com/fr/info/menus-de-substitution-hysterie-selon-la-mosquee-de-paris-heresie-pour-le-grand-rabbin&gt;.

 

 

 

Youtubeurs… une nouvelle forme de communication ?

Billet d’humeur de Patrick Magwood

L’implication des youtubeurs : changent-ils le divertissement ?

En 2008, le phénomène des youtubeurs français s’est lancé avec quelques personnalités de DailyMotion, qui sont aujourd’hui riches et célèbres.

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 Dans un article du Monde du 11 août 2015, Pascale Krémer déclare que les “youtubeurs” sont peut-être plus populaires que certaines vedettes de films. C’est très facile à comprendre, quand les top trois, Cyprien, Norman, et Squeezie, ont près de 19 millions d’abonnées sur leurs chaînes (Le Monde, centre droit, 8/11/15). Norman, par exemple, a plus que 7 millions d’abonnés (Wikipédia), et a fait ses débuts sur Youtube en 2008, et son audience s’élargit constamment, d’ailleurs en 2014, on a enregistré que “le temps passé sur Youtube était en hausse de 60%, avec 31 millions de visiteurs uniques” (Le Monde).

 À côté de celles des humoristes, les chaînes les plus populaires de YouTube en France sont aussi celles qui traitent des jeux vidéo, plus particulièrement celles qui mettent en scène un animateur. Selon Chloé Woitier dans un article dans du Figaro de 19/6/13, une grande partie des Youtubeurs, ont moins de 20 ans. Il y a une relation directe entre l’appartenance à une tranche d’âge et le source des succès qui permet une identification (Le Monde).

De plus, les moyens de transmettre leurs idées et créations s’étend  au-delà de Youtube, grâce à l’Instagram, Vine, Snapchat, Facebook et Twitter, et les animateurs se métamorphosent de “Youtubeur” à “Socialtubeur” (Le Monde). Alexandre Malsch, créateur de Melty, suggère ce changement de titre, en disant aussi qu’ils ne sont pas juste des vedettes de vidéos, mais avant tout “des talents sociaux”, parce qu’ils utilisent d’autres plate-formes afin de communiquer plus et d’interagir directement avec leurs admirateurs (Le Monde).

 Antoine de Tavernost, journaliste au Monde, affirme que “les gens sont saturés de messages descendants… eux [les socialtubeurs] parlent vrai, sans langue de bois, de choses qui concernent les ados et auxquels les plus de trente ans ne comprennent rien”. C’est aussi le cas pour le Joueur de Grenier, et d’autres “Youtubeurs” qui traitent des jeux vidéos, et “attirent une audience à peine plus âgée qu’eux” (Le Figaro). Parce que finalement, et selon Krémer, les “Youtubeurs” incarnent un certain modèle de réussite démocratique qu’il attribue aussi à leur succès.

 À part YouTube et DailyMotion, le fait que les “Youtubeurs” utilisent d’autres réseaux sociaux pour toucher des admirateurs sert à les raccorder au monde ; de plus, ils sont capables de produire plus de contenu par semaine que les séries  télé. Ils bénéficient principalement de leur jeune âge, ce qui leur permet de rester plus facilement en contact avec les adolescent et jeunes adultes, qui forment la base de leur groupe d’admirateurs. Avec un large éventail de disciples, on suppose qu’il faudra juste quelques années avant qu’ils surpassent les grandes vedettes traditionnelles du cinéma, où peut-être qu’ils les auront complètement remplacées.

Ils sont vraiment en train de révolutionner le divertissement et la manière dans laquelle il nous touche.

1. Un internaute publiant des vidéos sur le site de partage YouTube et qui exerce cette activité à titre principal et en tire une rémunération notamment via les recettes de publicité en ligne. Les plus connus utilisaient d’abord le site DailyMotion pour poster des vidéos, mais ils utilisent maintenant YouTube; les plus connus ont des millions d’abonnés.

2. Dailymotion est une entreprise française proposant, sur le site web du même nom, un service d’hébergement, de partage et de visionnage de vidéo en ligne. Elle a été créee le 5 août 2005 par Benjamin Bejbaum et Olivier Poitrey.

3. Un sondage fait par Le Journal de Mickey trouve que Norman et Cyprien sont les célébrités préférés des enfants de 7-14 ans. Norman se trouve en premier place, suivi de Cyprien en deuxième, puis Maître Gims, un rap-star en troisième place. La même recherche affirme que 43% des 7-14 regardent des vidéos comme première activité sur Internet.

4. Norman Thavaud est un humoriste et acteur français né le 14 avril 1987 à Arras. Il se fait connaître en publiant ses vidéos sur internet et en les relayant sur les réseaux sociaux, à l’instar de Cyprien, Mister V, Hugo Tout Seul, Natoo ou Jérme Niel, la nouvelle génération d’humoristes utilisant ces outils. Il a fait ses début sur internet en 2008 en faisant parti du groupe “Velcrou” avec Hugo Dessioux. La plus populaire de ses vidéos est “Avoir un chat”, a presque 23.000.000 vues.

 

  1. http://www.lemonde.fr/pixels/article/2015/11/08/les-youtubers-plus-forts-que-les-rockstars_4805441_4408996.html?xtmc=les_youtubeurs&xtcr=18

  2. http://www.lefigaro.fr/jeux-video/2013/06/18/03019-20130618ARTFIG00386-les-youtubeurs-nouveau-business-du-jeu-video.php

  3. https://fr.wikipedia.org/wiki/Youtubeur

  4. https://fr.wikipedia.org/wiki/Norman_Thavaud

  5. http://www.lepoint.fr/ces-gens-la/celebrites-norman-et-cyprien-personnalites-preferees-des-7-14-ans-08-03-2016-2023954_264.php

  6. http://www.franceinfo.fr/emission/le-17-20-numerique/2015-2016/youtubeurs-premieres-sanctions-attendues-avant-l-ete-08-03-2016-14-55

 

Cybersécurité : Les hackers peuvent-ils être au-dessus des lois?

Un billet de Jakob Hahn

Cybersécurité: Les hackers peuvent-ils être au-dessus des lois?

France, janvier 2016, un amendement protégeant les hackers qui signalent des failles informatiques a été rejeté par la commission des lois.

 Cyber-terrorisme : Les 7 femmes arrêtées récemment sont des lycéennes et des étudiantes, Nov2015, Business News

Cyber-terrorisme : Les 7 femmes arrêtées récemment sont des lycéennes et des étudiantes, Nov2015, Business News

Depuis l’incident d’Edward Snowden (un ancien informaticien de la C.I.A. et du N.S.A. qui a révélé des informations concernant plusieurs programmes de surveillance de masse), le sentiment selon lequel tous les citoyens ont le droit à l’information a gagné en popularité.

Avec cette notion s’est généralisée l’idée que l’Internet n’est pas sans danger. Le 14 janvier 2016, la commission des lois a rejeté un amendement défendu par le député Patrice Martin-Lalande visant à protéger les «lanceurs d’alertes». Le conseil de l’Europe définit le lanceur d’alerte comme: « toute personne qui fait des signalements ou révèle des informations concernant des menaces » pour l’internet. En effet, il s’agissait de défendre ceux qui trouvent des failles informatiques sur le net afin que les propriétaires des sites Web fragilisés puissent les corriger (Le Monde, centre gauche, 14.01.16). La raison de ce refus est que l’article proposé offre une faille avec laquelle les cybercriminels peuvent se défendre en cas de procès.

 

Heureusement, l’Assemblée Nationale a finalement voté le 21 janvier 2016 une disposition en faveur des lanceurs d’alertes, néanmoins « il n’est aucunement question d’introduire une exemption pénale qui permettrait à des personnes délibérément hostiles de se voir exonérées de toute responsabilité » (Le Monde, 25.01.16).

Qu’en est-il ? Il s’agit de considérer que certains experts peuvent identifier les failles du Web pour maintenir un internet plus sûr et ainsi d’éviter que des criminels volent de grandes sommes d’argent, des informations cruciales ou même ne déclenchent des incidents plus graves. Ces contre-hackeurs fournissent un nouveau service et renforcent la sécurité des entreprises. Quelques grandes multinationales, comme United Airlines ou Microsoft utilisent déjà les «lanceurs d’alertes» et les «chapeaux blancs» (les professionnels de la sécurité informatique) qui leur font économiser sur des frais élevés de système de protection et de défense contre les attaques hostiles d’hackeurs (Le Monde, 25.01.16). Grâce à ce partenariat, les entreprises bénéficient de l’aide d’un allié de poids contre les hackers car, qui peut penser comme un hacker sinon qu’un hacker?

 

Depuis le 21 janvier, il y a donc un service en France qui met en relation les hackeurs et les entreprises pour mettre en place des campagnes de recherche de vulnérabilités des entreprises (Next Inpact, informatique, 21.01.16). Cette plate-forme, B0unty Factory a été fondée pour relier les entreprises et les bons hackers et renforcer leur présence sur l’Internet. Une entreprise qui décide de s’affilier avec cette plate-forme transmet des informations à l’attention des hackeurs bien intentionnés pour détecter et corriger les failles éventuelles (Le Monde, 25.01.16).

Ce service est essentiel parce que beaucoup de transactions se produisent en ligne où les informations personnelles d’un client peuvent être volées. Les dangers que courent tous les mécanismes de la vente en ligne sont trop graves pour être ignorés et peuvent ruiner une entreprise, ses produits, sa réputation ou les données de ses clients. Il est donc indispensable que les sociétés cibles mettent en place toutes les mesures possibles pour assurer la sécurité et la tranquillité d’esprit de leurs clients.

C’est pourquoi un amendement qui protégerait les «lanceurs d’alertes» doit être ajouté, sinon, la France risque de subir les conséquences d’un Internet dangereux où même les vigiles du système sont traités comme des hors la loi. Il est louable que la France ait finalement choisi d’adopter une législation innovante. Les bienfaits semblent largement dépasser les éventuels inconvénients. Par ailleurs, cette disposition donne aux hackers la possibilité de faire de nouveaux choix dans leur vie. Ils pourront dorénavant se recycler et opter pour une vie de justice au lieu d’une vie de l’infamie.

Malheureusement, puisque les entreprises ne savent pas autant sur l’Internet que les hackers, on ne peut pas être certain que les« lanceurs d’alertes » soient toujours honnêtes. Cette décision pose vraiment une arme à double tranchant. Mais si tous les intervenants se font confiance et renforcent les dispositifs de protection des données, peut-être que l’Internet peut devenir plus sûr et participer à la communautarisation d’un espace parallèle au monde réel qu’il domine de plus en plus.

 

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/01/25/cybersecurite-la-france-tend-la-main-aux-hackeurs-bien-intentionnes_4853386_4408996.html?xtmc=les_hackeurs&xtcr=1

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/01/14/un-amendement-prote…

http://www.nextimpact.com/news/98176-b0unty-factory-plateforme-euro…

Terrorisme Islamiste : La France doit-elle aider ses anciennes colonies africaines ?

billet de Jonah Crisanti

Terrorisme Islamiste : La France doit-elle aider ses anciennes colonies africaines ?

Dans les pays africains en voie de développement, les groupes terroristes profitent de l’absence de fortes armées nationales. Dans plusieurs cas, la France est devenue une sentinelle. Tôt le matin du 28, au Mali, des islamistes ont tué  deux soldats de l’ONU et un civil ainsi que blessé de nombreuses victimes [1].

 

Le Monde Afrique, Au Mali, les attaques contre l'armée se multiplient dans le Nord, 2013
Le Monde Afrique, Au Mali, les attaques contre l’armée se multiplient dans le Nord, 2013

Située au nord-est du Mali [2], la base de l’ONU à Kidal a été attaquée par des terroristes islamistes. L’attaque a pris place à 4 heures du matin, elle a été perpétuée par des membres du groupe djihadiste Ansar Dine [3]. Les assaillants ont utilisé des roquettes dans leur attaque qui a touché gravement deux soldats guinéens et un civil. Vingt personnes ont été blessées, mais leur état est stabilisé.

 

Le groupe Ansar Dine revendique la responsabilité de l’attaque en réponse à la violation de leurs terres par les ennemis de l’islam (France 24, 29.11.15).

 

Dès 2013, la France a joué un grand rôle dans les affaires du Mali [4] surtout celles concernant le terrorisme et la sécurité nationale de la France. Selon le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, on ne peut pas laisser se développer un état terroriste aux portes de l’Europe (Le Figaro, 14.1.13).

Hors, les radicaux qui se situent généralement dans les régions désertiques du nord menacent le pays. L’intervention française est une action préliminaire contre le mouvement des adeptes d’Ansar Dine vers la capitale, Bamako (Le Monde, 15.7.14). Donc, lancée le 11 Janvier 2013, le but de l’opération Serval est de  stopper les extrémistes dans leur conquête du pays en aidant la force militaire malienne (Le Monde, 15.1.13).

 

Al-Qaida au Maghreb Islamique (A.Q.M.I.) veut imposer la loi charia sur le peuple Malien contre leur volonté. Dans une autre attaque au grand hôtel Radisson Blu [5], les participants d’AQMI ont tué 27 personnes tandis qu’ils en ont gardé plusieurs en otage (Le Parisien, 20.11.15). Les forces militaires maliennes ne sont ni assez nombreuses ni assez fortes pour combattre efficacement ces fanatiques, ce ne sont pas les seuls, d’ailleurs, dans une lettre au président sénégalais, le président François Hollande déclare que la France sera à leurs côtés pour identifier et arrêter les commanditaires de cette attaque terroriste (L’express, 14.12.13).

 

On peut penser que si la zone du nord du pays est contrôlée par l’ONU, les militaires maliens, et les forces françaises, les radicaux devront disparaître ;  ce n’est cependant pas le cas. Plusieurs des anciennes colonies de la France, comme le Burkina Faso par exemple, ont besoin de l’aide militaire et économique que le gouvernement français leur propose. Par rapport à ce qui est passé à Kidar, une puissance neutre est nécessaire comme les français et l’ONU pour garantir la paix. Ces pays ne sont pas assez établis militairement et l’aide internationale peut les aider à protéger leurs citoyens.

 

 

 

http://www.france24.com/fr/20151128-mali-attaque-terroriste-camp-on…

http://www.lefigaro.fr/international/2013/01/13/01003-20130113ARTFI…

http://www.lemonde.fr/afrique/chat/2013/01/15/pourquoi-la-france-in…

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2014/07/13/l-operation-serval…

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/mali-au-moins-deux-s…

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/mali/presentation-du…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tourisme_au_Mali

http://www.bobodioulasso.net/auteurs/mali.htm

http://www.leparisien.fr/international/mali-attaque-terroriste-cont…

 


[1] Le Mali a une histoire riche qui commence à l’époque médiévale (VIIIe siècle) quand des grands empires y ont été établis. Dès 1855, le pays a été colonisé par la France, il a acquis son indépendance en 1960. Le premier président de la République du Mali, Modibo Këita avait installé un régime autoritaire. Il a été remplacé par Moussa Traoré qui a instauré une dictature militaire. Le Mali connaît une période de stabilité et d’approfondissement de la démocratie dans les années 1990 et 2000. Mais la reprise de la rébellion touarègue provoque une grave crise en 2012 (diplomatie.gouv.fr)

[2] Le secteur le plus productif de l’économie malienne est l’agriculture qui représente 38,5%. du PIB (Produit Intérieur brut), il est suivi de près par les services (37%) et puis l’industrie (24,4%). En 2014, il y avait environ 17 millions habitants, dont 95% étaient musulmans. Les ressources nationales sont les minéraux et les produits agricoles. Le pays est le troisième producteur africain d’or (85% de ses exportations). (diplomatie.gouv.fr)

[3] Ansar Dine est un des trois groupes extrémistes implantés dans la région. Au nord du pays, le groupe force les gens à suivre la loi charia (le système juridique de base de l’Islam qui suit fermement le coran et les hadiths) (Le Figaro).

[4] Le taux d’alphabétisation est faible (seulement 33,4%). Depuis le début des années 2000, tourisme a connu une croissance significative dans tout le pays . Cependant, dès l’insurrection islamique récente, le tourisme a baissé.

Un des plus grands écrivains malien, Mamadou Ouane, a publié un livre internationalement connu, Les Dogons du Soudan (1938).

[5] Le grand hôtel Radisson Blu se situe à Bamako, la capitale du pays.

Les attentats : ont-ils changé Paris ? #jaimeParis

Un billet de Jenna Moxley

Les attentats : ont-ils changé Paris?

À  la suite des attentats du 13 novembre, la destination Paris a été affectée dans les aéroports, l’hôtellerie, et la restauration.

jesuisparis 

À la fin novembre, le tourisme parisien était en difficulté car l’image de la capitale avait été un peu ternie après les attentats du 13 novembre1. Les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration, et les compagnies aériennes ont subi des chutes sensibles de la fréquentation et s’inquiétaient des répercussions à long terme. L’article « Paris : l’activité touristique a chuté de 30 à 50 % après les attentats » (Le Parisien, centre-droite, 24/11/2015) cite Nicolas Lefebvre, directeur général de l’office de tourisme de Paris, lorsqu’il déclarait « Les événements dramatiques du 13 novembre ont eu un impact très significatif sur l’activité touristique. »

En effet, pendant la deuxième quinzaine de novembre, le nombre de passagers a diminué de 6 % dans les aéroports de Paris. Ce sont 123 000 passagers de moins comparé à la même période en 2015. De la même façon, les réservations de vols internationaux vers Paris prenaient un retard de 17 % par rapport à l’année précédente (Le Figaro, centre-droit, 19/01/2016). Le porte-parole d’Air France déclarait qu’une baisse des réservations avait été constatée, mais que cela ne révélait pas l’ampleur du repli de son trafic passager. Le 23 novembre, de son côté, le département d’État américain a adressé « une mise en garde » aux touristes américains leur conseillant une vigilance accrue (Le Monde, centre-gauche, 25/11/2015).

Bien que les voyages d’affaires ont recommencé assez vite dans les hôtels haut de gamme, il y avait moins de touristes étrangers. Les grands hôtels ont d’ailleurs enregistré beaucoup d’annulations de touristes étrangers, surtout les clients américains et asiatiques (France Info, 21/11/2015)

Dans l’hôtellerie parisienne, la COP212, la Conférence de Paris de 2015 sur le climat du 30 novembre au 11 décembre, a amorti l’impact des attentats, grâce à cette réunion internationale, certains hôtels étaient encore pleins. Néanmoins, la reprise est bien timide pour le reste de l’hôtellerie (Les Échos, libéralisme économique, 15/12/2015), par exemple, certains palaces ont connu une chute de l’activité de 50 %. Didier Le Calvez, PDG du Bristol et président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie s’attend, « lors des trois à six prochains mois [donc au premier semestre 2016], à une baisse significative de l’activité. »  Si les palaces sont touchés, les hôtels des catégories inférieures souffrent aussi. « Le revenu par chambre disponible [indicateur-clé du secteur] a chuté de 15 points dans les hôtels quatre étoiles et de 25 points dans les hôtels trois étoiles », a annoncé Franck Trouet, directeur général du Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs (Le Monde). Pour les fêtes de fin d’année, le taux d’occupation hôtelier a baissé de -16,3 points entre le 22 et le 24 décembre. La baisse cumulée du taux d’occupation hôtelier pour le 30 et le 31 décembre a atteint -24,8 % (l’Office du Tourisme et des Congrès de Paris, site touristique, 01/01/2016).

Le monde de la restauration s’est également retrouvé en difficulté. Le marché était en baisse de 20 % en moyenne, surtout le soir, où les tables se sont vidées. (France TV Info, 15/12/2015) La baisse de fréquentation à Paris était pour novembre 2015 de 40 % comparativement à la même période en 2014. Christian Navet, responsable de la branche restauration pour l’UMIH Paris et l’Île-de-France déclarait, « Nous avons subi une vague d’annulations immédiate catastrophique » et il prenait l’exemple s’un restaurateur parisien qui a fait « 60 couverts dans ses trois établissements pendant le week-end suivant les attaques, contre plus de 450 habituellement ». Évidement le taux des réservations dans la restauration a lui aussi baissé (La Croix, journal catholique, 26/11/2015).

Pour atténuer les impacts des attaques terroristes, les restaurateurs et hôteliers ont lancé une campagne sur les réseaux sociaux. L’objectif de cette campagne est de rassurer les touristes et de renforcer l’image de Paris. Une association, Alliance 46.2, regroupe les entreprises liées au tourisme et fournit un réservoir d’idées sur la politique touristique. Il y a aussi le fameux hashtag #ParisWeLoveYou avec lequel les amoureux de la capitale peuvent attacher des photos ou des mots bienveillants (La Croix, journal catholique, 16/12/2015).

Alors, malgré tout, il y a de bonnes nouvelles. Même si les attentats de novembre ont affecté la fréquentation de la fin d’année, la France est restée la destination favorite des touristes en 2015. Taleb Rifai, le secrétaire général de l’O.M.T. a assuré, « Le tourisme international continue à croître fortement » et « il n’y aura pas d’impact à moyen et long terme» après les attaques terroristes (Le Figaro, centre-droit, 19/01/2016).

Tout comme le 11 septembre 2001 (qui a  été la pire attaque terroriste des temps modernes) avait secoué le monde et découragé les touristes de voyager, les évènements de novembre 2015 peuvent avoir des implications similaires sur la France. Mais comme New York, Paris va montrer sa force et va améliorer son image. Rappelons-nous qu’après les attentats de Madrid en 2004 ou de Londres en 2005, l’activité économique n’avait pas été durablement affectée.

La fréquentation touristique reviendra rapidement à Paris.

 

 

[1] Dans la soirée du 13 novembre 2015, il y a eu une série de fusillades et d’attaques-suicides meurtrières qui ont été perpétrées à Paris et dans sa périphérie. Elles ont été  revendiquées par l’organisation terroriste État Islamique. Une première attaque a eu lieu à Saint-Denis, aux abords du Stade de France, pendant un match de football. D’autres attaques ont ensuite eu lieu à Paris, dans plusieurs rues des 10e et 11e arrondissements. L’attaque la plus meurtrière a eu lieu dans la salle de spectacle du Bataclan où 1.500 personnes assistaient à un concert.

 

[2] La France a accueilli la 21e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Ce sommet international a abouti à un accord universel sur le climat dont l’objectif est de contenir la hausse des températures pour lutter contre le réchauffement climatique. La COP21 a eu lieu au Parc des expositions de Paris-Le Bourget et a réuni 195 pays.

Sources

http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-l-activite-touristique-a-ch…

http://www.lesechos.fr/paris-climat-2015/actualites/021557729117-ap…

http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/attaques-du-13-n…

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/01/19/20002-20160119ARTFIG0…

http://www.la-croix.com/Actualite/Economie-Entreprises/Economie/Des…

http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/11/25/les-effets-des-at…

http://presse.parisinfo.com/etudes-et-chiffres/tableau-de-bord

http://www.franceinfo.fr/emission/le-mot-de-l-eco/2015-2016/le-mot-…

http://www.la-croix.com/Actualite/Economie-Entreprises/Economie/Att…

Décrochage scolaire : peut-on acheter l’intérêt des étudiants ?

Billet d’humeur par Ashton Green

Peut-on acheter l’intérêt des étudiants ?

France, 2015 : le chiffre du décrochage scolaire à chute de 20% en 5 ans 

Une épidémie qui touche le monde occidental : le décrochage scolaire.

Ministère de L'Education
Ministère de L’Education

Dans l’entretien « le nombre de décrocheurs à chute de 20% en cinq ans »[1] Delphine Bancaud renocntre la ministre de l’Education : Najat Vallud-Belkacem, pour le journal 20 minutes (11.30.2015), la ministre a commenté sur l’épidémie du décrochage scolaire et la raison de la diminution et lance un défi : « diviser par deux le nombre de décrocheurs d’ici à 2017 ».

Le décrochage scolaire, c’est quand un jeune au collège ou au lycée, quitte l’école sans un diplôme. Il y a beaucoup de facteurs qui expliquent le décrochage : le plus important est le « désintérêt » de la matière et il s’accompagne le plus souvent d’un environnement démotivant, d’une vie quotidienne déséquilibrante, d’une vie scolaire déséquilibrée, et de l’élève qui décroche (20 minutes). Le décrochage est aussi le résultat du cycle de la pauvreté et des problèmes familiaux (20 minutes). Une grande majorité des « décrocheurs » sont des jeunes, en fin de collège on en début de lycée (20 minutes). Souvent, ils ont 15-18 ans et quittent l’école sans diplôme, sans métier, ni outils pour postuler à un travail.

En novembre 2014, la ministre avait créé un nouveau budget de 50 millions d’euros par an pour lutter contre le décrochage scolaire. Le plan associé au nouveau budget voulait donner la confiance aux étudiants en même temps que produire de l’intérêt. Par exemple, elle a mis en place « le numéro vert » (c’est à dire un numéro de téléphone gratuit), pour les jeunes « décrocheurs » qui ont des questions, qui cherchent de l’aide pour revenir à l’école, ou qui veulent juste des conseils. Le budget a aussi construit des « micro-lycées » et des programmes de service avec l’armée (20 minutes). Néanmoins, aujourd’hui, malgré le succès des programmes, il y a des écoles qui ont besoin de plus d’aide pour sauver les élèves du décrochage (26% des décrocheurs sont les jeunes de 16 ans ou moins).

 

Selon Marie Piquemal, il y a un grand nombre de gens qui sont pauvres, et sans métier, dans les quartiers Nord de Marseille (Libération, 21.1.2016). Les profs dans les quartiers Nord de Marseille, racontent le fait que certaines écoles sont en ruine et dans « un état désastreux » (Libération). Enfin, une autre enseignante explique que certains élèves ont des vies catastrophiques, et que la situation globale se reflète sur l’état des écoles du nord de Marseille.

En général, le budget de 50 millions d’euros était un grand avancement contre le décrochage scolaire, mais, le problème ici est le fait que l’argent ne peut pas acheter l’intérêt d’un étudiant. Il faut changer l’instruction ou le sujet des cours au lycée et au collège pour continuer la lutte et à mieux motiver les jeunes. C’est la raison pour laquelle les micros-lycées et les services militaire et civique sont importants, ils apportent aux jeunes de l’expérience professionnelle [2]. Les jeunes peuvent alors suivre des classes alternatives qui leur donnent une autre opportunité de réussir le bac parce que ces nouveaux examens se concentrent sur de matières diverses comme : la technique, les arts, l’industrie, l’hôtellerie, etc.[3]. Quand on réussit son bac technique, on peut plonger dans le monde des métiers grâce à l’expérience.

 

Alors est-ce qu’il est vraiment nécessaire d’étudier dans un lycée traditionnel ? Si on a besoin de travailler en même temps qu’on étudie à l’université, un baccalauréat technologique est une garantie pour un poste ou un stage. Les décrocheurs ont raison, les micros-lycées donnent plus d’opportunités que les lycées traditionnels et on a la chance de gagner sa vie.

 

 

 

Les Sources :

http://www.liberation.fr/france/2016/01/21/quand-tu-vois-dans-ta-cl…

http://www.20minutes.fr/societe/1485199-20141121-education-50-milli…

http://www.20minutes.fr/societe/1741135-20151130-exclusif-nombre-de…

http://www.education.gouv.fr/cid147/le-baccalaureat-technologique.html

http://www.education.gouv.fr/cid2555/le-certificat-d-aptitude-profe…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Lycée_professionnel

http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATTE…

http://www.digischool.fr/actualites/decrochage-scolaire-chiffres-cl…

 

IMAGE : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/11/21/01016-20141121AR…

 

 

 


[1] « Alors qu’en 2010, 136.000 jeunes décrochaient chaque année et que ce chiffre sonnait comme une fatalité depuis dix ans, on estime aujourd’hui les décrocheurs à 110.000, soit 26.000 de moins « en flux ». » Najat Vallud-Belkacem, 20 minutes. Le journal gratuit des grandes villes.

[2] Le certificat d’aptitude professionnelle (CAP) donne aux étudiants des outils pour un métier déterminé dans les secteurs industriels, commerciaux et des services. Les participants suivent un rôle d’apprenti en même temps qu’ils continuent leurs études au lycée. On peut obtenir ce certificat dans un lycée professionnel (LP) ou l’enseignement est professionnel en relation aux métiers manuels ou du secrétariat. Le but est donc d’acquérir des compétences et des savoir-faire dans un domaine professionnel.

[3] Le bac technologique et technique prépare les étudiants pour trouver un emploi immédiatement. Après deux ou trois ans pour l’hôtellerie et les techniques de la musique et de la danse par exemple, on peut recevoir une licence professionnelle. Il y a huit séries du baccalauréat technologique : sciences et technologies du management et de la gestion, sciences et technologies du design et des arts appliques, sciences et technologies de l’industrie et du développement durable,  sciences et technologies de laboratoires, sciences et technologies de la santé et du social, l’agronomie, technique de la musique et de la danse, et de l’hôtellerie.

 

Selon INSEE (l’institut national de la statistique et des études économiques) « À la rentrée 2014, 2,5 millions d’étudiants sont inscrits dans l’enseignement supérieur en France métropolitaine et dans les DOM, soit une hausse de 1,7 % par rapport à la rentrée 2013 (+ 40 800 étudiants) (1). Les effectifs inscrits dans l’enseignement supérieur en France ont ainsi augmenté pour la sixième année consécutive » Tableau et chiffres des étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur en 2014.

 

C’est le titre qui fait le journal

Billet d’humeur par Lucas Judson

Une comparaison du reportage sur la crise d’immigration1 en Janvier, 2016 par le Figaro et Libération.

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http://www.touteleurope.eu – Demande d’asile par pays 2014-2015

Les journaux, Liberation.fr2 et Figaro.fr3, sont, plus ou moins, idéologiquement opposés. Ce qui apparaît dans leur traitement de l’information en particulier sur des sujets à forte connotation politique. Ainsi, alors que Libé se focalise sur le terme “migrants,” le Figaro donne plus de poids à “immigrants” et ces choix ne sont pas sans effet sur l’image de ces journaux.

Premièrement le Figaro communique plus sur l’immigration que Libération : au mois de Janvier, le Figaro a publié vingt-six articles rattachés au mot « immigration ». Chacun offre un titre aux connotations négatives et correspondent à, plus ou moins, quatre catégories:

Calais:

« Calais : «Les No Borders donnent les instructions par téléphone ou talkie-walkie aux migrants» [26/01/16] ; « Calais : Hollande « doit venir voir la situation par lui-même » [25/01/16] ; « La France éloigne de moins en moins de clandestins » [25/01/16] ; « La nouvelle loi sur l’asile bridé par un système engorgé » [22/01/16] ; « Ouverture d’un camp en dur pour les migrants de Calais » ;

 

Les problèmes politique:

« Cameron et l’UE en quête d’un contrat » [29/01/16] ; « Hollande et Merkel en panne d’inspiration » [18/01/16] ; « Crise des réfugiés: Tsipras en appelle à la solidarité internationale » ; « Marine Le Pen à Milan, ou l’autre visage du FN à l’étranger » ; « Le projet danois de confisquer bijoux et objets de valeur des réfugiés fait scandale » « Crise des réfugiés : dans les Balkans, un voyage interminable » ; « Le procès du Britannique qui avait aidé une jeune Afghane s’ouvre » ; « l’Europe a une prise limitée sur les États Arabes » [13/1/16]

Le contrecoup:

« Cologne : Des centaines d’hommes nous ont traitées comme du gibier » [12/01/16] ; « Agressions sexuelles à Cologne : Angela Merkel demande l’expulsion des réfugiés condamnés » ; « La statue de De Gaulle souillée par les ultras de l’immigration » [24/01/16]  ; « Police ou Daech ? Je ne sais pas qui Abdeslam fuit le plus » [22/01/16] ; « Le gouvernement, maître en désinformation » [11/01/16] ; « Marion Maréchal le Pen – les viols de Cologne sont le résultat d’une folle politique migratoire » [14/1/16]

Les migrants eux même:

« Scolarité, religion, racisme, sentiment d’appartenance : le visage de l’immigration française » [08/01/16] ; « Immigration: les failles du système scolaire face aux primo-arrivants » [08/01/16] ; « Le racisme, une expérience vécue par une majorité d’enfants d’immigrés » [08/01/16] ; « L’école, vecteur d’émancipation pour les filles » [08/01/16] ; « Coup de projecteur sur les enfants de l’immigration » [08/01/16] ; « La Grèce s’angoisse de devenir une prison à ciel ouvert pour migrants » [21/01/16] ;  4

Le Figaro a tendance à poster des entretiens avec des politiciens qui expriment et offrent des suggestions sur la lutte contre l’immigration clandestine. Mais le choix des personnes interrogées est également important. « Marion Maréchal le Pen – les viols de Cologne sont le résultat d’une folle politique migratoire » [14/1/16] est un extrait d’une interview sur France 2 ou elle dénonce le gouvernement Valls, le Président François Hollande et l’Union Européenne. On peut aussi trouver une interview de François Heisbourg, un auteur et administrateur français sous le titre, « l’Europe a une prise limitée sur les États Arabes » [13/1/16]. Heisbourg a travaillé pour l’ONU et a pris part à la divulgation de l’allégation américaine selon laquelle Saddam Hussein avait des armes de destruction massive, principale raison pour l’invasion de l’Irak, en 2003. Il en ressort que le but de ces titres est de montrer quelles sont les conséquences négatives des politiques Européennes. Ils font clairement appel à la raison (raison collective) des lecteurs pour évoquer une réaction cynique.

À l’inverse Libération a créé une rubrique “migrants” sur son site web qui s’intéresse principalement au côté humain. Les titres sont révélateurs de leur tendance politique, par exemple : « Nouvelle journée noire en mer Égée pour les migrants » [22/1/16], « Douze migrants dont plusieurs enfants noyés en Méditerranée » [21/1/16], « Agressions, exploitation, harcèlement sexuel : le lot des femmes réfugiées en Europe » [18/1/16] ou « Migrants: l’UE se ferme et se fracture » [4/1/16]. Le but de ces titres est de montrer les difficultés rencontrées par les fuyards de la guerre qui se retrouvent rejetés en Europe. Ces titres font clairement appel au pathos, c’est-à-dire qu’ils cherchent une réaction émotionnelle du lecteur (l’émotion collective).

Les deux sites sont particulièrement soucieux du langage utilisé dans leur « titrologie » et de ce qu’ils traduisent afin d’attirer le plus grand nombre de lecteurs possible en définissant une direction officielle qui suit les idées politiques auxquels ils sont fidèles. Mais c’est là où les similarités s’arrêtent lorsque Libération souligne la tragédie humaine, le Figaro met en lumière les aspects politiques des problèmes issues de l’immigration “clandestine.” Il est logique qu’un journal de tendance socialiste insiste sur la souffrance humaine tandis qu’un journal plus conservateur mette l’accent sur les échecs politico-économiques d’un gouvernement auquel il s’oppose naturellement (puisque issu du courant socialiste).

L’affiliation politique des journaux et leur traitement rappellent la citation de Churchill, « si quelqu’un n’est pas un socialiste à 20 ans, il n’a pas de cœur. S’il n’est pas capitaliste à 30 ans, il n’a pas un cerveau ». Bien sûr, il faut comprendre la politique qui se cache derrière une crise si énorme. Il est impossible de trouver une solution sans comprendre que l’ensemble de ces chiffres et de ces statistiques correspondent à des vies humaines perdues dans une situation tragique. Toutefois, si les seules statistiques dont nous entendons parler sont le nombre de noyées en Méditerranée ou le nombre d’incidents liés à l’immigration,  alors nous ne serons pas en mesure de résoudre le problème et d’accueillir ces personnes.

1. Le «printemps arabe» se propage de la Tunisie aux pays de la ligue arabe en 2010 en réaction à des décennies de violations des droits de l’homme par les dictateurs autocratiques. Certains d’entre eux choisissent d’accepter la réforme. Cependant, les protestations ont conduit à l’agitation généralisée, suivie par les coups d’État et des guerres civiles. Les guerres les plus destructrices sont en Irak et en Syrie. Face à cette situation de crise et aux violences entre les nombreux groupes rebelles et les armées, des millions de personnes fuient la région. En y ajoutant les Libyens, Égyptiens et autres nationalités qui suivent ce mouvement vers l’ouest, il y a plus de 6 millions de personnes qui tentent d’entrer en Europe. Ce grand mouvement migratoire génère une crise humanitaire que les gouvernements européens ne savent pas comment traiter.

2.  Libération, appelée populairement. Libé, a été fondé en 1973, par Jean-Paul Sartre, le philosophe de l’existentialisme, avec d’autres écrivains qui se situent dans les mouvements de gauche. De l’extrême gauche, du Maoïsme comme Jean-Claude Vernier, Benny Lévy et Serge July après les événements de Mai 68. Après le départ de Sartre en 1974 le journal a évolué sa ligne éditoriale plus au centre de l’échiquier. Aujourd’hui, il est plutôt centre-gauche, ou gauche social-démocrate, mais n’est pas rattaché à un parti politique.

3. Le Figaro a été créé en 1826 sous le règne de Charles X. Son nom vient d’un personnage des Lumières créé par Pierre Beaumarchais qui déclarait « sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ». Le journal satirique des premières années reflète l’importance de cette citation, mais depuis 1866 il devient un quotidien et s’assagit. De fait, le Figaro a beaucoup évolué en deux siècles. Aujourd’hui, il est le deuxième plus grand journal de France, derrière le Parisien et devant le Monde. Depuis 2004, il y a eu des controverses sur l’indépendance journalistique après son appropriation par l’industriel et Sénateur U.M.P. Serge Dassault.

4. Les articles du Figaro qui ne comportent pas de date sont des vidéos, est la date de publication pour les vidéos n’est pas donnée sur le site web.

5. Dictionnaire Larousse.fr définit un migrant(e): « qui effectue une migration ». Le mot «migration» a deux définitions pertinentes: « Déplacement volontaire d’individus ou de populations d’un pays dans un autre ou d’une région dans une autre, pour des raisons économiques, politiques ou culturelles. » et « déplacement massif de populations. » Le choix d’utiliser ce mot implique des forces extérieures au-delà de l’action humaine ainsi qu’une temporarité. Par contre, Larousse.fr définit un immigrant simplement « qui immigre dans un pays étranger au sien». Ce choix implique que les gens qui viennent ont choisi de le faire eux-mêmes pour des raisons diverses et plus permanentes.

Taxi vs. VTC : La Guerre des Transports aura-t-elle lieu ?

Un billet de Jonah Crisanti

 Taxi vs. VTC : La Guerre de Transports aura-t-elle lieu ?

Fin janvier de cette année, les chauffeurs de taxis en grève ont manifesté à Paris contre les VTC[1]. Les manifestants dénoncent la concurrence déloyale des VTC, notamment, Uber[2].

 

Loi Thévenoud
Loi Thévenoud 2016

L’Union Nationale des Taxis (L’UNT) avec d’autres syndicats comme (FO, CFDT, SDCTP[3]) ou associations (Taxis de France) se sont mobilisés en réponse au nouveau mode de transport; les VTC (Libération/28.1.16). Ils opposent la baisse de leurs recettes dès l’arrivée des VTC. Ces sociétés telles qu’UberPop et Snapcar assurent un transport qui est beaucoup plus facile et efficace [4].

 

Bien que les taxis aient commencé le mouvement de grève, les VTC ont suivi rapidement derrière. Ce mouvement a été le plus fortement ressenti à Paris le vendredi 5 février, lorsque les VTC contestataires se sont opposé au soutien que le gouvernement offre aux taxis. Ces grévistes ont manifesté à l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, un des grands aéroports parisien (Le Parisien/6.2.16).

 

Dans une autre partie du monde francophone, les chauffeurs de taxis québécois ont suivi les actions de leurs correspondants européens. Des centaines de voitures de taxis ont bloqué la route vers l’aéroport Pierre-Elliot-Trudeau (La Presse.ca/10.2.16) Les événements ont escaladé le 26 janvier quand un conducteur Uber a frappé un chauffeur de taxi à la tête. L’homme blessé s’est vite stabilisé, mais les tensions ne se réduisent point (Le Parisien/26.1.16). Les chauffeurs de taxis demandent des réformes sur le contrôle des VTC. Ils déclarent que les VTC prennent leurs clients.

Le CEO d’Uber en France, Thibaut Simphal avait accueilli favorablement l’initiative d’un médiateur entre les deux groupes. Cependant, les taxis demandent une compensation monétaire pour les dommages causés par la nouvelle organisation (Liberation/14.10.15). Selon le patron de la plateforme VTC Snapcar, Yves Weisselberger, «C’est un marché qui est en croissance et il faut créer les moyens de satisfaire cette croissance» (Le Parisien/5.2.16).

Récemment, le premier syndicat de VTC contre Uber, l’Unsa SCP-TVC était  fondé (Le Figaro/2.11.2016). Il a été établi pour clarifier les bases règlementaires concernant les lois du transport. Même les chauffeurs d’Uber se sont organisés afin de se protéger contre les méfaits de leur employeur. Les manifestants font valoir qu’Uber opère sur une plateforme quasi-monopolistique.  La société a baissé son taux minimum de 8 euros à 5 euros. Les protestataires sont furieux qu’Uber ait fait ce changement sans les consulter. Ils affirment qu’ils ne seront plus en mesure de fournir des équipements tels que l’eau embouteillée avec cet abaissement des tarifs (Libération/14.10.15).

 

On peut voir la validité des arguments des deux parties. Bien que les taxis sont en train de perdre une grande part de leurs revenus, les VTC offrent une nouvelle façon de voyager qui est avantageuse car ils ouvrent la voie à un transport abordable à tous. Donc, pourquoi garder un système obsolète  ? Les VTC comme Uber sont la voie du futur. Bien que les taxis aient raison de se révolter, ils devraient travailler aux côtés d’Uber pour assurer leur mode de vie. Le gouvernement français doit continuer à agir en tant que médiateur pour établir une relation mutualisme entre eux.

 

http://www.liberation.fr/futurs/2016/01/28/taxis-vers-un-apaisement…

http://www.force-ouvriere.fr/le-controle-des-vtc-sera-renforce?lang=fr

http://cdft.fr

http://www.lapresse.ca/actualites/201602/10/01-4949096-taxi-manifes…

http://www.leparisien.fr/economie/taxis-et-vtc-sur-le-pied-de-guerr…

http://www.leparisien.fr/chessy-77700/chessy-un-chauffeur-uber-pris…

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2015/11/02/97002-20151102FILWWW003…

http://www.liberation.fr/futurs/2015/10/14/les-chauffeurs-uber-se-r…

http://registre-vtc.developpement-durable.gouv.fr//accueil

http://www.force-ouvriere.fr/taxis-vtc-loti-qui-peut-faire-quoi?lan…

http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/06/25/guerre-des-taxis-cow…

 

 

 

[1] VTC (Voiture de Transport avec Chauffeur ou Voiture de Tourisme avec Chauffeur).  Le nombre de conducteurs de ces services a augmenté de façon exponentielle au cours de la dernière année. En février 2014, il y avait 7.212 exploitants de VTC par rapport à 13.354 personnes au 1erpremier septembre 2015 (http://registre-vtc.developpement-durable.gouv.fr//accueil). Le service profite des paiements électroniques via les téléphones mobiles. Ils offrent des rafraîchissements tels que l’eau en bouteille en route vers votre destination.

[2] Uber est une compagnie de transport internationale assez nouvelle qui offert une façon plus économique pour se déplacer en ville (force-ouvriere.fr). L’origine de cette société est basée en Californie, aux États-Unis, mais il existe plus de 250 villes dans lesquelles ils opèrent (journaldunet.com). Il y a beaucoup de controverse en cours sur la légalité de leurs pratiques d’opération.

[3] FO : Force Ouvrier,  (Syndicat Force-Ouvrière.fr), CFDT; Centre Départementale de Formation des Taxis (cdft.fr), SDCTP; Syndicat de Défense des Conducteurs du Taxi Parisien (sdctp.fr). Les VTC ne sont pas autorisés à prendre des passagers comme les taxis. Il y a près de 60.000 chauffeurs de taxi en France dont un tiers sont à Paris. Ils ne sont pas autorisés à exploiter les zones proches des aéroports ou des gares (Force-Ouvrière.fr)

[4] UberPop est née en 2014 à Paris et ses banlieues. Ce service est offert dans 6 villes françaises : Lyon, Lille, Bordeaux, Toulouse, Nice, et Paris. Ces conducteurs suivent la loi Thévenould qui définit la principale obligation pour les chauffeurs est de justifier d’un certificat d’assurance pour le transport de personnes à titre onéreux mais cette obligation ne rentre en vigueur qu’au 1er juillet 2015 et une formation à partir de 2016>> (fr.wikipedia.org). Le problème avec UberPop est que les particuliers peuvent transporter les gens sans formation de chauffeur ou d’assurance. Pour ces raisons, François Hollande avait demandé leur dissolution et leur service a été suspendu en France à partir du 3 juillet 2015(LeMonde.fr/25.6.15).

 

Révolution : le féminisme avait-il sa place en 1968 ?

Par Hannah Martin

Révolution : le féminisme avait-il se place en 1968 ?

Les événements de Mai 1968 et la  progression des droits des femmes.

En Mai 1968, les révoltes se généralisent en France. Comme pour  les mouvements de “Occupy Wall street“ aux États-Unis, ces manifestations en France étaient menées par la jeunesse qui désirait un changement dramatique. Une partie de la révolte a été prise en main par des étudiants parisiens de la Sorbonne qui se sont levés contre le capitalisme et la société de consommation.

MLF
Les femmes en 68, anonyme

 

Les manifestations ont duré pendant plus de deux mois, au cours desquels il y a eu une miriade d’événements dramatiques en France, parmi lesquels 11% des travailleurs français ont fait la grève, le président de la République, Charles de Gaulle a dû démissionner, les étudiants ont brûlé des voitures, la grève générale a engendré une pénurie d’essence et le pays a été paralysé pendant près de deux semaines. Dans l’article “Mai 68 : le féminisme introuvable” publié par le journal du Parti de Gauche (22 01 2016), Josette Trat revisite ces événements sous une lumière féministe. Bien que les femmes aient inévitablement participé aux manifestations, puisque elles représentaient une grande partie des étudiants et des ouvriers, la révolte était avant tout liée aux problèmes sociaux. Elle ne se focalisait pas sur les droits des femmes. Pourtant, à peine 2 à 4 ans après 1968 la révolution féministe s’est propagée dans les mêmes milieux qui s’étaient révoltés contre le système traditionnel. Parce qu’en déstabilisant la société conservative et les inégalités, les mouvements ont fait ressortir des idées féministes sur l’avortement par exemple. Donc, Mai 68 a démarré une révolution souterraine la force dont le mouvement féministe avait besoin.

La femme française des années 1950 était attachée à des valeurs précises. Passés sur l’attention à sa famille, sa vie domestique mais aussi  son travail – car contrairement aux États-Unis les femmes françaises sont partie prenante du monde professionnel, d’ailleurs, jusqu’à 60% des françaises travaillaient déjà dans les années 1960. Donc, en Mai 68, les femmes du Baby-boom espèrent un bouleversement, et dès les années 1960 “…réussir ses études pour exercer une profession de son choix devient possible pour un cercle de femmes de plus en plus large”, néanmoins l’influence et le jugement de la religion et de la société restent forts. (Patrie de Gauche, Josette Trat, 22/1/16).

Aussi, les événements qui se sont passés durant ces deux mois, ne sont pas dirigés par des femmes et elle en reste le stéréotype. D’un autre côté, Martine Fournier, du journal Sciences Humaines (4 10 2008) qui analyse la présence du corps féminin dans le débat soixante-huitard  ajoute qu’au début des années 1970, les femmes commençaient à utiliser leur corps et leur sexualité pour déstabiliser la conformité. Ces apparitions représentaient un désir de réclamer leur propre pouvoir. “Car c’est aussi à travers les corps que se manifeste la contre-culture qui signale, selon l’historienne Florence Rochefort, « l’imbrication du culturel et du politique (5) ». (Mai 1968 et la libération des mœurs, Martine Fournier, (10.04.2008.)

Ce sont donc les jeunes hommes qui ont mené ce mouvement de Mai 68. Malheureusement, cela ne peut pas être une surprise puisque les hommes ont la réputation d’être plus agressifs et combatifs. “Les « héros » de l’époque, du moins dans les lycées et les universités, sont les jeunes hommes qui ne cessent de raconter leurs exploits lors des affrontements avec la police dans les rues de Paris notamment.” (Patrie de Gauche, Josette Trat, 22.01.2016)

Ce mouvement peut aussi être vu comme un mouvement qui plaçait l’oppression la plus “critique” ou la plus “pertinente” en premier. Critiquer l’état arrive en premier, critiquer les sources d’argent en second -c’est donc avant tout une lutte contre le capitalisme. “De plus, dans les groupes politiques d’extrême gauche (pourtant en dissidence avec le PCF) domine l’idée suivant laquelle la lutte des classes est prioritaire, toutes les autres oppressions étant censées trouver leur solution dans la révolution.” (Patrie de Gauche, Josette Trat, 22/1/16)

 

Donc lorsqu’on parle du féminisme, on ne peut pas voir de vrai progrès jusqu’au commencement des années 1970 avec la naissance du MLF (Mouvement de Libération de la Femme) et la montée de femmes de pouvoir comme Arlette Laguiller (à gauche) ou Simone Veil (à droite). En fait, Arlette Laguiller, une politicienne communiste, est devenue la Présidente du Parti des travailleurs en 1968 et la première femme candidate à l’élection présidentielle en 1973. En plus, l’apparition du MLF dans les années 1970 reflète le besoin pour des démarches et manifestations séparées.

Le MLF ou le Mouvement de libération des femmes est composé des plusieurs groupes. Leur objectif est de lutter pour les droits des femmes et de combattre toutes les formes d’oppression et de misogynie “des revendications à l’égalité de tous les droits, moraux, sexuels, juridiques, économiques, symboliques.”

Comme dans chaque révolution, on a l’impression que le temps ne peut pas attendre. Dans ce cas, l’action précédait la pensée. Les luttes de 68 montraient du doigt les idéologies déjà établies. Les femmes de mai 68 sont donc des femmes de gauche qui luttent contre le capitalisme avant de lutter pour le féminisme. Cette époque autorise le développement d’un mouvement féminin dont la revendication est avant tout corporelle. D’ailleurs en 1974 Simone Viel offre aux femmes le droit à la contraception et à l’avortement gratuits.

1) Mai 1978 “Ces événements constituent une période et l’une des ruptures marquantes de l’histoire contemporaine , caractérisés par une vaste révolte spontanée anti-autoritaire, de nature à la fois culturelle, sociale et politique, dirigée contre la société traditionnelle, le capitalisme, l’impérialisme et, plus immédiatement, contre le pouvoir gaulliste en place.”

2)  Simone Veil : 1979 à 1982, première présidente du Parlement européen, nouvellement élu au suffrage universel. Ministre d’État, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement Édouard Balladur, puis siège au Conseil constitutionnel de 1998 à 2007.

http://www.gauchemip.org/spip.php?article6266

http://www.zones-subversives.com/2014/11/mai-68-moment-de-politisation.html

Mai  68, un pavé dans leur histoire, Événements et socialisation politique,Julie Pagis, Presses de Sciences Po | Académique

Gaspillage Alimentaire : les Français sont-ils prêts ?

Billet d’humeur par Jenna Moxley

Gaspillage Alimentaire : les Français sont-ils prêts  ?

http://www.lefigaro.fr/conso/2014
http://www.lefigaro.fr/conso/2014

Le 9 décembre 2015, l’Assemblée nationale française a voté pour lutter contre le gaspillage alimentaire

 

Chaque année, les Français jettent en moyenne 1,2 million tonnes de nourriture à la poubelle. Le gaspillage alimentaire d’une famille de quatre personnes représente 100 kilos d’aliments par an et 15% du gaspillage national vient des restaurants. L’article « L’Assemblée dit stop au gaspillage alimentaire » publié dans le journal Le Point (journal centre-droite) du 10 décembre 2015 raconte que pour lutter contre le gaspillage alimentaire, l’Assemblée nationale a voté à l’unanimité des mesures et déclaré que « la France deviendra le pays le plus volontariste d’Europe. »

En comparaison, aux États-Unis, 40% de l’alimentation disponible est jetée. Le gaspillage alimentaire d’une famille américaine représente 640 $ de nourriture par an. Les consommateurs américains jettent environ un cinquième de tout ce qu’ils achètent au supermarché. Bien que les Américains gaspillent beaucoup d’aliments, il n’y a pas de lois importantes pour les en empêcher (Le Monde, Centre Droit, 10/12/2015).

Il existe de nombreuses stratégies possibles pour lutter contre ce problème croissant. En France, il sera interdit aux grandes surfaces de jeter ou détruire de la nourriture consommable, et elles auront l’obligation de signer un protocole avec une association de solidarité pour faciliter les dons alimentaires. En juin 2013 en France, alors ministre délégué à l’agro-alimentaire, Guillaume Garot, reprenait l’objectif du parlement européen de réduire de moitié le gaspillage alimentaire avant 2025. Il commençait un Pacte national de lutte contre le gaspillage. (Le Monde)

Pour les grandes surfaces, le meilleur moyen est de mettre en place des sections dédiées aux produits à date courte. Les consommateurs peuvent installer sur leur téléphone portable l’application, Zéro-Gâchis, qui fait des promotions sur les produits proches de leur date d’expiration. Chaque jour, les consommateurs peuvent consulter la liste des promotions sur zero-gachis.com ou sur l’appli, et retrouver les produits dans les zones installées dans les supermarchés partenaires. Cela leur permet d’acheter dess légumes abîmés à bas prix, par exemple. En plus, il est possible de transformer la nourriture invendue en granules pour nourrir les animaux ou de les transformer en méthane pour créer de l’énergie (L’Express, Centre Gauche, 07/01/2016).

À la maison, un peu d’organisation dans la cuisine est très importante. Si l’on prépare des menus à la semaine, cela permet d’éviter les achats compulsifs. On peut placer les produits qui ne tiendront plus longtemps devant les autres dans le réfrigérateur. Enfin, il est important d’apprendre à cuisiner avec ce que l’on a, plutôt que d’acheter constamment et de jeter (L’Express).

 

Une des autres stratégies est le « doggy bag. » L’Union des métiers et des Industries de l’Hôtellerie affirme que le «doggy bag» est une solution recommandée. C’est un phénomène très américain mais malheureusement, le doggy bag n’est pas un réflexe français. Il est vrai qu’en France, les restes que l’on trouve dans les assiettes ne représentent qu’une petite part de ce qui finit à la poubelle car contrairement aux États-Unis, les restaurateurs français ne servent pas de grandes portions (Le Parisien, Centre Droit, 04/01/2016).

La France fait beaucoup avec l’écoemballage pour réduire l’impact des emballages sur l’environnement. « Eco-Emballage » est une entreprise privée, créée il y a vingt ans qui est agréée par l’État. Depuis le début de l’année, cette entreprise a financé une campagne de communication sur les vertus du recyclage et l’achat de 410 nouveaux recup’verre gris qui seront installés pour une augmentation de trente pourcents du verre recyclés. (La Dépêche, Centre Gauche, 12/02/2016).

Les « Disco Soupes » sont organisées régulièrement dans plusieurs villes de France pour sensibiliser au gaspillage alimentaire. Né à Paris en mars 2012, c’est un mouvement solidaire et festif qui s’approprie l’espace public. Citoyens et militants organisent ces fêtes pour transformer les restes de nourriture en des plats offerts à tous gratuitement ou à prix libre. C’est une expérience pour cuisiner ensemble et utiliser les rebuts ou invendus (fruits, légumes…). (L’Express)

Toutes ces méthodes sont largement répandues et implémentées en France. Aux États-Unis, les  Américains ne portent pas assez d’attention au gaspillage alimentaire. Ils ont cependant examiné d’autres problèmes importants dans le gaspillage, comme les nouveaux emballages qui sont moins nuisibles pour l’environnement, mais peut-être devraient-ils suivre l’exemple de la France. La nouvelle loi française va dans la bonne direction et les Français semblent prêts pour une nouvelle ère anti-gachi.

Sources:

http://www.lepoint.fr/societe/l-assemblee-dit-stop-au-gaspillage-al…

http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/12/10/gaspillage-aliment…

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/pour-lutter-contre-le-gasp…

http://www.leparisien.fr/environnement/alimentation/gaspillage-alim…

http://www.ladepeche.fr/article/2016/02/12/2275558-les-recup-verre-…

Taxis français, un système désuet ?

par Julie Arnheim

Taxis français, un système désuet ?

La reprise des manifestations des taxis dans les grandes villes françaises, le 23 janvier 2016, attire l’attention sur la concurrence des VTC qui grignote leurs revenus

Le Monde Twitter, Grève des taxis, janvier 2016
Le Monde Twitter, Grève des taxis, janvier 2016

Dans son article « Taxis – VTC – la guerre sans frein » publié dans Libération (gauche, 26.01.2016), Christophe Alix énumère les problèmes d’une concurrence déloyale des VTC (véhicules de transport avec chauffeur) que la loi Thévenoud de 2014—ou un manque de son application–n’est pas réglée. Serge Metz, le PDF de G7, déclare que l’État « n’a pas les moyens; ou alors la volonté politique de dire qu’il s’agit du développement d’emploi »  des jeunes des quartiers défavorisés. Les chauffeurs de G7 témoignent que les VTC prennent les clients dans la rue sans réservation, font du racolage dans les aéroports et, de plus, bénéficient plus des nouvelles technologies (comme les applications de la téléphonie mobile). Les conducteurs de taxi ont mobilisé et exercé des pressions sur le public et le gouvernement. Un médiateur nommé par Manuel Valls1 s’occupera des problèmes, en particulier le prix de leur licence qui coûte jusqu’à 240.000 Euros lorsque le permis de VTC coûte 500 Euros au maximum.

Une victoire éclatante pour les syndicats de taxi annonce l’article de Sébastien Pommier (l’Express, gauche, 29.01.2016).  Les plate formes des VTC doivent immédiatement se déconnecter des milliers de conducteurs de LOTI communique Alain Vidalies, secrétaire d’État chargé des Transports, dans une lettre aux sociétés des VTC.  Choqué par l’action rapide de soutien des taxis, Joseph François, président de l’Association Mobilité Transport, explique que « Les taxis et surtout le G7 qui depuis 35 ans a un quasi-monopole sur la clientèle d’affaires, demandent la tête des LOTI…ce sera les VTC tout court ».  Depuis que 10 à 40% des 8000 VTC conduisent les voitures de capacitaire LOTI, engager un taxi devient plus difficile pour le consommateur.

L’absence de concurrence comme modèle économique pour l’entreprise

de taxi en France est soutenu par le coût et la disponibilité des licences. C’est un système datant de 1920 qui a été renforcé par la loi, mais qui ne marche plus dans un monde du GPS et du Smartphone.  La plupart des conducteurs de taxi ont payé cher pour une licence (entre 40.000 et 350.000 Euros).  Le nombre des licences est limité et les taxis les revendent pour subvenir à leurs besoins en retraite. Seulement, aujourd’hui, ils n’arrivent plus à les vendre à un bon prix, car les nouveaux  chauffeurs  préfèrent travailler en tant que VTC.  Guillaume Allègre, économiste à l’OFCE, SciencePo, et Jacques Delpa, économiste à l’Université de Toulouse, ont proposé quelques solutions potentielles qui aideront à régler les problèmes des conducteurs et de l’État, selon l’article de Marine Rabreau (Le Figaro, centre droit, 03.07.2015)

La profession de chauffeur de taxi avec des licences chères ou des délais jusqu’à 18 ans pour obtenir un permis gratuit était déjà identifiée en 2008 comme une profession trop réglementée par la Commission Attali2.  Mais de compliquer ou d’interdire la concurrence libre entre les taxis et les VTC ne résoudra pas le problème immédiat de l’indemnisation des licences. L’action de l’État pour réduire la quantité de chauffeurs VTC diminue l’accès au transport fiable à coût accessible au consommateur qui est désavantagé.  À Paris, les citadins apprécient le confort des services de VTC comme Snapcar, Chauffeur Prive, LeCab, Allocab et SuperShuttle mais ceux-ci risquent d’être affectés.

 

source le Point, http://www.lepoint.fr/images/2015/06/26
source le Point, http://www.lepoint.fr/images/2015/06/26

1 Manuel Valls, né à  Barcelone en 1962, est le Premier ministre de France depuis 31 mars 2014 et l’ancien Ministre de l’Intérieur.

2 Jacques Attali, économiste et conseiller spécial de François Mitterrand, a présidé à la Commission pour la libération de la croissance française

SOURCES:

http://www.liberation.fr/futurs/2016/01/26/taxis-vtc-la-guerre-sans…

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/taxis-vtc-la-fin-des-loti-…

http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/decryptage/2015/07/03/2…

 

1) Établi en 1905, la flotte des Taxis G7 comprend 7.700 conducteurs et 10.000 taxis partenaires dans plus de 100 villes françaises, c’est aussi une compagnie certifiée à ISO 9001 qui respectent l’environnement. http://www.taxisg7.fr/qui-sommes-nous

2) La Loi d’Orientation des Transports Intérieurs (LOTI) de 1982, qui règle tous les services publics de transport en France, contrôle la concurrence légitime entre les taxis et les VTC.

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT0000…

3) Le nombre de taxis parisiens atteint 17.770 soit ~2,7 taxis pour 1.000 habitants à Paris, un ratio qu’il est multiplié par 5 à New York et par 3 à Londres. On avait déjà 14.000 taxis à Paris dans les années 1930.

http://www.prefecturedepolice.interieur.gouv.fr/Demarches/Professio…

Calais peut-il sonner le glas des accords de Schengen ?

Un billet de Julie Arheim

Calais peut-il sonner le glas des accords de Schengen ?

Des milliers d’illégaux venants d’Afghanistan, du Pakistan, de Syrie et d’Afrique du Nord arrivent jusqu’à Calais pour franchir illégalement la Manche vers la Grande-Bretagne.

La Jungle d'Alpha, artiste à Calais, 2016
La Jungle d’Alpha, artiste à Calais, 2016

 

Xavier Bertrand, président du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais-Picardie accuse la Grande-Bretagne de « dumping pur et simple ».  Ces déclarations sont rapportées par Pierre Breteau et Jérémie Baruch dans leur article « Comment fonctionne la politique migratoire entre le Royaume-Uni et la France ? » Le Monde (3.08.2015).  Parallèlement, la presse britannique accuse la France d’assouplir le traité du Touquet et de ne pas punir les migrants qui tentent la traversée de la Manche.1

Le fait est que contrairement aux pays de l’Union européenne continentale, la Grande-Bretagne ne participe pas à l’espace Schengen.2  En conservant le droit de ne pas appliquer les mesures européennes concernant les visas, l’asile et l’immigration de Schengen, elle résiste à l’entrée des migrants qui se massent à Calais. Pourtant, ils sont nombreux à être attirés par le miroir aux alouettes occidental et se sentent proche du Royaume-Uni principalement pour des raisons historiques (notamment suite à la présence coloniale britannique au Moyen-Orient et en Asie), et les traces laissés par le colonialisme (en particulier la langue). Aussi, lorsque la Grande-Bretagne refuse un migrant, la France doit le reprendre. Donc la France seule doit résoudre le problème croissant de l’assistance aux migrants et de leur installation à Calais (3.000-6.000 mille personnes).

 

Selon Haydée Sabéran, correspondant à Lille (Libération,  09.01.2016), la Jungle à Calais, campement spontané créé au printemps 2015, avec ses avenues de commerce, ses restaurants et ses mosquées, doit disparaître. L’État vise à réduire le nombre de migrants à 2.000.  Fabienne Buccio, la Préfète du Pas-de-Calais a annoncé,  « La lande de Calais n’est ni un lieu d’hébergement ni un projet de vie.»  125 conteneurs de métal installés en janvier 2016 au milieu de la Jungle hébergeront 1.500 personnes (12 chacun).

Le geste d’entraide s’est néanmoins transformé en désaccord. Et la résistance des migrants contre l’état français s’est intensifié au sujet de la prise des empreintes individuelles, procédé obligatoire aux entrants de l’espace Schegen. Les migrants s’y opposent car ce code morphologique peut les suivre s’ils entrent clandestinement en Grande-Bretagne.

Alors ils ne quittent pas volontairement leur Jungle boueuse où ils ont construit un monde dans un espace qui bien que propre et chauffé, n’offre pas l’eau courante pour la douche ni pour cuisiner. Et puis, que faire avec les 2.000 à 4.000 autres clandestins qui y campent ou avec les 200 nouveaux qui arrivent chaque jour ?

 

Parallèlement, les riverains, les entreprises et les commerçants de Calais subissent eux aussi la situation et ont demandé que l’état de catastrophe économique exceptionnelle soit déclaré pour la région (La Voix du Nord, 24.01.2016). Néanmoins, l’esprit de solidarité est plus fort que la peur de l’autre et tous participent à des gestes généreux pour adoucir les conditions extrêmes de vie dans la jungle. D’ailleurs, Guillaume Goubert dans la Croix (journal catholique, 21.10.2015) fait un appel humanitaire vibrant au nom de tous à propos de ceux qui sont affectés. Il demande de lutter en urgence comme en cas de catastrophe naturelle disant que la Grande-Bretagne boucle ses accès et agit sur un registre répressif qui dépasse aussi les autorités françaises.  « Nous le devons à ceux qui fuient la guerre et la misère et croient en l’Europe…à ceux (de) Calais…à notre humanité.»

 

La situation à Calais s’aggrave malgré les mesures d’urgence mises en œuvre. Il s’agit de disperser ces migrants sur toute la France pour les convaincre d’y demander l’asile, mais cela n’aide qu’à court terme. L’accord Schengen de 1985 n’avait pas prévu une tragédie humaine qui pouvait dégénérer en catastrophe sociale, humanitaire et économique. La solution parfaite n’existe pas, mais les pays de l’Union européenne collaborent entre eux et avec les pays d’origine et de transit pour développer une véritable politique migratoire fondée sur des critères justes, clairs et non discriminatoires.  Depuis le 13 novembre 2015, la France a réintroduit des contrôles temporaires de six mois aux frontières (Monde, 14.11.2015). Cinq autres pays de Schengen ont fait de même.  On se demande si l’accord Schengen survivra à cet événement imprévisible des migrants qui cherchent leur sécurité en Europe.

 

________________________

1Conclu en 2003 entre Paris et Londres, le « traité du Touquet » visait à renforcer les contrôles sur les côtes de la mer du Nord et la Manche pour protéger l’île de l’immigration clandestine.  http://www.senat.fr/rap/l03-008/l03-0080.html [vu 10.02.2016]

2L’accord de Schengen prévoit l’absence de contrôle douanier entre les pays signataires dans le but de favoriser la libre circulation des biens et des personnes. Le nombre de pays participants est passé de cinq à vingt-six.  http://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=URISERV%3Al33020 [vu 10.02.2016]

 

Sources :

http://abonnes.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/08/03/comment-…

http://www.liberation.fr/france/2016/01/09/a-calais-en-transit-dans…

http://www.la-croix.com/Debats/Editos/Migrants-a-Calais-inhumanite-…

http://www.lavoixdunord.fr/region/calais-service-d-ordre-maximal-ce…

http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/11/14/la-france-va-ferme…

1) Du pain, des roses…et une carte SIM.  Chaque jour des dizaines de réfugiés s’installent chez des bénévoles de Calais pour recharger la batterie de leur téléphone.

http://www.humanite.fr/blogs/du-pain-des-roses-et-une-carte-sim-583750

 

2) Dans la Jungle à Calais, une petite «école des arts et métiers » fleurit à la maison d’un mauritanien, Alpha, où une trentaine d’artistes participent à un parcours d’art et y trouvent un petit bout d’utopie et un symbole positif de la bonté humanitaire. Alpha, artiste mauritanien polyglotte, installé depuis un an à Calais, fait office de conciliateur entre migrants et population locale.

 

Peinture « Alpha/Basquiat » de Corine Pagne

http://www.lemonde.fr/culture/article/2015/11/27/dans-la-jungle-de-…

 

3) « Il y a plein de petits gestes de la part de gens ordinaires: une boulangère qui donne son pain, des habitants qui laissent un garage ouvert l’hiver…Ça prouve que la société n’est pas en si mauvaise santé que cela » atteste un correspondant Libé des habitants de Calais.

http://www.liberation.fr/societe/2015/08/20/les-engages-de-paris-a-calais_1366675

Notre identité nous appartient-elle ?

L’invention de soi.identité

Notre identité nous appartient-elle ?

 De nos jours, nous avons la possibilité de modeler notre vie de la manière que nous voulons afin de devenir celui que nous voulons être. En comparaison aux générations passées, nous ne sommes plus contraints par nos liens familiaux, sociaux ou religieux. L’identité est alors l’ensemble des données de fait et de droit qui permettent d’individualiser quelqu’un (date et lieu de naissance, nom, prénom, filiation, etc.), la reconnaissance de ce qu’il est, par lui-même ou par les autres.

Nul ne peut nier l’influence que l’environnement social, culturel, familial exerce sur la construction de l’identité sexuée de chaque individu. En d’autres termes, dès son jeune âge, l’enfant est profondément inspiré par un environnement familial portant le sceau de la culture dans lequel il baigne largement. D’autant que l’identité se définit, en même temps, par rapport à soi et par rapport à autrui: Cependant, il convient d’indiquer que nous ne pouvons pas dissocier l’identité sexuée de l’imaginaire du groupe communautaire où évolue l’individu en question et du patrimoine propre à sa culture.

Les expériences vécues contribuent grandement à la construction et à l’amélioration de l’avenir d’un individu pour l’obtention de son propre idéal. Avec le temps, nous apprenons qui nous sommes. En surmontant les épreuves de la vie nous nous développons et nous grandissons. C’est alors que nous nous exposons à des expériences positives qui aident à notre épanouissement. Comme nous le dit Julien Lucas blogueur pour Libre et Heureux, “nous pouvons alors renforcer les choses à propos de nous-mêmes afin de devenir la personne que l’on désire être.”

Ainsi, atteindre ce que nous voulons devenir est le but idéal de chacun d’entre nous. Pour cela, il nous faudra parcourir un long chemin fait de questionnements, d’illusions et d’erreurs pour pouvoir enfin mieux nous connaitre et parvenir à trouver notre vraie personnalité. Mais il nous faudra faire attention car certains d’entre nous n’arriveront pas à trouver leur propre identité et d’autres ne feront que constamment copier sur les autres. Sans plaisir, ni espoir, et nombre d’entre eux ne seront que des spectateurs de leur propre vie.

Références :

1. http://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Personnalite/Articles-&#8230;

2. http://www.libres-et-heureux.com/grandir-devenir-question-attention

 

Melissa Martelly

Télécharger la musique : droit ou délit ?

Aujourd’hui, tout le monde écoute la musique et veut l’écouter à un prix raisonnable. Mais ce mouvement cause des problèmes, surtout quand il s’agit de télécharger la musique illégalement. Le téléchargement vous permet d’écouter plus de musique mais dans ce monde moderne et technologique, il est difficile de le réguler et contrôler et c’est parfois un délit.

Le téléchargement légal représente un grand budget en France, le 4ème grand marché du monde pour la musique. “Le téléchargement en France en [2005] a totalisé 20 millions de chansons pour une valeur de $23.2 millions dont 4.7 millions en musique digitale.” L’iTunes fournit un « iTunes Store » où on peut acheter la musique à peu de frais. Il y a beaucoup de musique et il est facile de trouver ce qu’on veut. La chanson la plus téléchargée sur iTunes (en 2011) est « Elle me dit » de Mika (€1,29). Mais il y a d’autres façons légales de télécharger la musique. Une « carte musique » est vendue en France ; elle contient €50 de musique et est aidée financièrement par le gouvernement. La cible sont les 12-25 ans, la tranche d’âge qui est la plus probable de télécharger la musique illégalement.

Et le téléchargement illégal est un grand problème. Il y a 18 millions de pirates de la musique en France, 29% de la population : le gouvernement essaie d’installer une politique justice. Cependant, seulement dix personnes ont été pénalisées avec une amende de « 1.500 euros et la coupure de leur connexion Internet. »  Mais les punitions deviendront plus strictes dans l’avenir. Il n’y a pas encore assez de motivations pour télécharger la musique légalement. Peut-être qu’en baissant le prix on pourra arriver à une vraie solution.

http://www.nytimes.com/2006/03/17/technology/17ipod.html&gt;;;.

http://www.wired.com/epicenter/2010/10/half-off-france-fights-pirac&#8230;;.

http://www.fastcompany.com/1766992/29-of-the-french-population-are-&#8230;;.

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2011/07/12/l-hadopi-devo&#8230;;.

 

Télécharger la musique: droit ou délit?

(AP photo/Christophe Ena, file)

Dans ce photo de 12 mai 2009, Ministre Culturel Christine Albanel est vue à l’Assemblé National à Paris avant un vote pour créer une agence gouvernemental pour punir ceux qui téléchargent illégalement la musique et filme sur l’internet  et de couper leur connection d’internet. Ce projet de loi a passé 296 à 233 dans un spectacle de force par les conservateurs de Président Nicolas Sarkozy après un échec initial le mois avant.