Ibrahima Wade, Mémoires Francophones d’Indochine

Docteur Ibrahima Wade est professeur et chair du Départmeent de Francophonie et Etudes Méditéranéennes au Colorado Collège à Colorado Spring. Ses recherches actuelles se sont orientées vers les mémoires Francophones d’Indochine, rédigées principalements par les femmes et les filles es tirailleurs sénégalais, venus avec les Français combattre Ho-Chi-Minh.

Une interview avec Dr. Ibrahima Wade

Beth : Pouvez-vous nous expliquer votre recherche sur l’Indochine. S’il vous plait.

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Professeur Ibrahima Wade

Dr. Ibrahima Wade : Donc, cette recherche, elle est intéressante. Elle a été accentuée par cette expérience que j’ai eue avec une de mes étudiants. J’avais une étudiante qui était d’origine américano-vietnamienne. Donc elle est née ici mais ses parents sont Vietnamiens. Elle s’intéressait à la diaspora vietnamienne à travers le monde et surtout elle s’intéressait, à la diaspora vietnamienne en l’Afrique. Je savais qu’il y avait une diaspora, peut-être pas seulement vietnamienne mais indochinoise en Afrique et comment est-ce que cette diaspora est arrivée en Afrique, c’était à travers la guerre franco-indochinoise. Pourquoi ? Parce que dans l’armée française il y avait des bataillons militaires de soldats africains. J’étais très curieux de savoir ce qui s’est passé et de capter la mémoire des tirailleurs parce que pour la plupart ce ne sont pas des gens qui ont fait l’école, le lycée  ou l’université. C’est des gens qui ont initiés à l’écriture française donc ils n’ont pas écrit – personne n’a recueilli leurs mémoires etc. Et  moi, je voulais recueillir leurs mémoires et ensuite essayer de faire cela partie ou de mettre cela ou de contribuer cela à l’histoire francophone en général et l’histoire franco-africaine. C’est compliqué ! C’est encore inexact, mais j’en suis au niveau des données, mais je trouve que c’est quelque chose n’est-ce pas ? Oui devrait exister parce que finalement, il faut dire qu’il y a pas beaucoup de traces de la rencontre afro-asiatique à travers l’expérience coloniale. Donc, j’espère que ce que je fais va essayer d’ouvrir le chemin un peu plus vers la compréhension de cette rencontre, non seulement militaire et historique mais aussi culturelle.

   BK : Comme il n’y avait pas beaucoup de documentation pendant cette période, existe-t-il une littérature francophone indochinoise ?

IW : Il y a une littérature francophone indochinoise, mais elle est dans la diaspora. C’est-à-dire que c’est en dehors de l’Indochine. Il y a pas mal d’auteurs et de cinéastes vietnamiens, surtout cambodgiens – mais en France, en Europe, ou  aux États-Unis, peut-être, ou au Canada, mais pas en Indochine et en Indochine, il y a en a même très peu. Je crois que la partie la plus importante se trouve en dehors de l’Indochine. Je me suis basé surtout sur l’écriture des femmes. Les femmes indochinoises ou les femmes dont les mères étaient indochinoises et qui ont écrit sur leur expérience ou l’expérience de leur maman en Indochine étant mariée ou fiancée avec un soldat africain.

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   BK : Si l’écriture existante est générée par les femmes, quel types d’idées sont vues le plus souvent ?

IW : Au niveau de sa culture d’origine, une fois que le couple reviens dans la culture d’origine de l’homme, l’homme dans son milieu naturel, redevient, l’élément naturel, qu’il était avec son comportement et bien sur les femmes sont vraiment choquées, parce que cet homme, qu’elles ont devant elles en Afrique, ce n’est pas l’homme qu’elles ont épousé au Vietnam, au Laos, ou au Cambodge. Il y a ce thème qui revient dans l’écriture féminine francophone indochinoise, il y a ce thème, le comportement de l’homme. Comment les femmes éprouvent le sentiment d’avoir été trahies, un sentiment de trahison de la part de l’homme comment l’homme naturellement évoque ses droits d’homme africain – qui peut être polygame, qui peut faire le libertinage de manière impunie et évoque, la religion musulmane !

   BK : Avez-vous d’autres objectifs que celui de préserver l’histoire d’Indochine ?

IW : Pour revenir à ma motivation et aussi à ce qui m’a poussé à creuser d’avantage pour peut-être déterminer différentes choses, d’abord la relation franco-indochinoise, comprendre cette relation française dans cette partie du monde, et son impact socioculturel et économique et politique éventuellement, mais aussi comprendre cette expérience qui a été vécue par les Africains qui n’a pas été documentée et dont la France ne parle jamais.

Jean-François Lamarque, parlons du réchauffement de la planète.

Lyrana Deirdre Hughes

Jean-François Lamarque, parlons du réchauffement de la planète.

Docteur Lamarque a un PhD en Physique 1993. Il est chercheur (Scientifique III) à NCAR(National Center for Atmospheric Research)  à Boulder au Colorado.

Lyrana Hughes : On dit que le changement climatique est le problème d’aujourd’hui, il aura de grandes répercussions et on ne les connaît pas encore toutes. Une de vos missions est de faire des modèles, est-ce qu’ils nous informent sur ce qui va nous arriver ?

Dct JF Lamarque

Lamarque : Ils nous informent jusqu’à un certain point. Les modèles ont des capacités de reproduire certains phénomènes et d’autre pas. Ils sont surtout liés aux manières dont les processus sont représentés et aussi le degré d’échelle que le modèle  peut représenter. Donc il y a certaines choses qu’un modèle peut faire d’une manière assez représentative et des choses qu’il ne peut pas faire. Et donc un des problèmes à l’utilisation d’un modèle c’est de savoir quelle est la partie qu’on peut accepter et quelle est la partie qu’on ne peut pas accepter. Et donc on a besoin de le comparer beaucoup aux observations et donc ça nous donne une évaluation (en tous cas par rapport à ce qu’on connait maintenant et aussi au système présent) comment un modèle se comporte dans la représentation de certains phénomènes.

 

Hughes : Quelle sera votre contribution au cinquième Rapport d’évaluation du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et quel est le but de ce document ?

Lamarque : Alors, ma contribution sera dans le chapitre 8 sur ce qu’on appelle le forçage radiatif. Le forçage radiatif c’est en gros essayer de définir comment l’atmosphère va être poussé vers un réchauffement ou un refroidissement en fonction du changement de concentration d’espèces chimiques. Donc par exemple si on change le CO2 dans l’atmosphère on peut calculer quelle est la quantité d’énergie solaire ou venant du sol qui va être absorbée dans l’atmosphère par le CO2.

 

Hughes : Si un citoyen ordinaire, voulait faire un changement positif dans sa vie pour atténuer le changement du climat Quel est le geste de tous les jours qui a le plus d’impact ?

Lamarque : Une chose qu’on discute beaucoup dans ces temps-ci, c’est en fait que n’importe quelle quantité de CO2, dioxine carbone, qui est émise dans l’atmosphère va conduire à un réchauffement. Et en fait c’est quelque chose qui va être là pour…cet impact va durer pendant des dizaines, des centaines, et jusqu’à un certain point des milliers d’années. Donc tout ce qu’on fait maintenant qui requiert une utilisation de fuel, va avoir un impact bien bien bien après l’époque où on sera mort et nos enfants et leurs enfants et leurs enfants. Donc je crois que toute limitation d’utilisation d’hydrocarbure est bonne. En tant que personne, on peut essayer de limiter autant que possible les émissions qui sont liées au carbone. Mieux isoler sa maison, moins conduire, d’une certaine manière acheter des produits locaux, tout ce qui peut réduire une consommation de fuel peut aider.

Patricia Mosele, la phonétique française, histoire d’u et d’ou.

L’interview de Patricia Mosele, la phonétique française

F:En quoi l’étude de la phonétique est importante pour l’acquisition d’une langue ?

PM:L’étude de la phonétique est importante dans l’acquisition d’une langue seconde parce que la bonne prononciation facilite la communication. Si les étudiants prononcent bien le français ils ont plus de chance pour se faire comprendre et pour pouvoir comprendre ce que disent les français quand ils sont en train de discuter. Ça c’est la raison la plus important.

F:Quels sont les sons les plus difficiles pour les étudiants américains ?

PM: En général (pas de ), il y a des sons qui existent en français qui n’existent pas en anglais… ça pose parfois des problèmes. Par exemple le “r” francais; tout à fait différent comparé au “r” anglais. Et puis il y a des voyelles qui sont similaires à des voyelles américaines mais pas tout à fait la même chose. Donc ça pose des problèmes aussi. Le “e” le “u” qui n’existe pas en anglais et le “ou.” Qui n’existent pas en anglais mais il y a des sons similaires

F:Quelles sont les découvertes les plus intéressantes que vous avez faites lors de vos recherches?

PM:Il y avait certains choses très intéressant du point de vue phonétique. C’est à dire, les américains ont plus de mal a produire la voyelle “ou” en français comparé à la voyelle “u” en français. C’est la raison pour laquelle c’est une distinction à faire, c’est que le “ou” existe en anglais c’est une voyelle très similaire. Pour une raison ou un autre on ne sait pas exactement parfois les sons qui sont plus similaires sont plus difficiles à prononcer. On a tendance à reproduire le son qu’on a dans la langue maternelle. Tandis que le “u” n’existe pas en anglais. C’est quelque chose que les étudiants peuvent percevoir beaucoup plus facilement que les sons similaires.

F:Est-ce que vous faites d’autres recherches?

PM: Je fais des recherches en pédagogie. Je fais des recherches aussi en culture… Tout ce qu’il y a faire avec l’apprentissage des langues secondes. Dans un pays comme les États-Unis où on n’a pas de contact avec la langue cible. Par exemple ici, si on étudie l’espagnol, on peut trouver des gens qui parlent espagnol et il est très rare de trouver des gens qui parlent français. Je me spécialise dans ce domaine-là.

F:Si vous aviez des conseils à donner aux étudiants américains qui étudient le français, quels seraient-ils ?

PM:À mon avis, la meilleure chose à faire c’est de vraiment apprendre à parler français. C’est d’avoir le plus de contacts avec la langue naturelle que possible. Regarder les films, lire les journaux, les magazines, etc. Ce qu’on appelle en anglais, “input”: “natural input.” Aller dans un pays francophone, mettez-vous à la place des gens qui parlent français tout le temps et comme ça vous allez l’apprendre !

Philippe Alexandre : gros plan sur les fans

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Alexandre Philippe est né à Genève et a reçu un master en écriture dramatique à l’Université de New York. Maintenant, il est réalisateur et est plus particulièrement connu pour le film « The People vs George Lucas ». Il a récemment fait un documentaire intitulé « The Life and Times of Paul the Psychic Octopus », qui traite de Paul, une pieuvre qui est devenue célèbre pendant la Coupe du Monde de football en 2010 pour c’est huit prédictions corrects. Il a créé sa propre compagnie de production située à Denver.

Transcript:

Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir la voie cinématographique ?

Je voulais vraiment être écrivain et je suis allé à New-York, New-York University programme de l’écriture dramatique où j’ai vraiment commencé à apprendre à écrire des scénarios. C’est comme ça petit à petit que je suis vraiment rentré dans le monde du cinéma. J’ai déménagé à Denver il y a onze ans et puis j’ai créé ma propre compagnie de production. Maintenant, je fais beaucoup de films et j’ai beaucoup de projets futurs.

 

Quel est élément essentiel entre les fans d’un film culte comme « La Guerre des étoiles » et son réalisateur ?

Ce qui est vraiment  fascinant est que trente ans plus tard, quand un film ou en fait je dirais même une peinture, toute forme d’art qui est vraiment adulé par le public à ce point, on peut vraiment se demander, se poser la question est-ce que cette œuvre d’art appartient uniquement à son créateur ou est-ce qu’elle appartient également au public. C’est vraiment la question fondamentale que je voulais examiner dans le film. parce que bien évidemment, légalement ça appartient à George Lucas mais quand un public est tellement énorme, puissant et passionné, et finalement a fondé car c’est quand même eux qui ont payé pour tout ça.  On peut vraiment se poser la question, est-ce que ça leur appartient aussi. C’est là que cette dynamique entre le créateur et les fans devient être intéressante parce que les fans disent cet univers il est à nous,  il nous appartient et on peut en faire ce qu’on veut. On peut le changer et faire nos versions à nous-même, si on en a envie. C’est ça la problématique.

 

Est-ce qu’il y a quelque chose de l’extrémité des réactions qui vous intéressent ?

Quand il y a des réactions extrêmes, pour moi  il y a déjà un drame qui est au sein de l’histoire. Il y a d’amour, de la passion, de la folie, de la haine. Il y a toutes ces choses. Je suis très intéressé par le pop-culture, très intéressé par tout ce qui se passe dans ce domaine et pas seulement dans le cinéma, mais toutes les choses dans le pop-culture qui poussent les gens à avoir des réactions fortes, extrêmes. … C’est toujours des thèmes j’ai exploré dans mes films et je continuerai à explorer. Je fais d’autres types de film, mais enfin sur le plan du documentaire c’est principalement la chose qui m’intéresse le plus.

 

Quels conseils donneriez-vous à nos lecteurs qui souhaitent devenir cinéastes ?

Un conseil que je donnerais toujours c’est de commencer par un court métrage. Un court métrage qui dure 5 minutes, qui soit très bien fait et très bien ficelé, puissant, et d’essayer de le faire rentrer dans les festivals de films. Il suffit vraiment, dans un certain sens, de faire un court métrage qui marche très bien et qui gagne quelque prix, pour commencer à se faire remarquer, pour commencer à avoir des bourses, pour voir des gens et des producteurs qui s’intéressent suffisamment pour vous financer un premier long métrage, il faut finalement, et ce n’est pas unique au cinéma, je pense que c’est vrai pour toutes les carrières, il faut être acharné. Il faut vraiment le vouloir et il faut le vouloir parce que vous aimez ça. Parce que finalement si vous aimez pas travailler autant, il y a plein de jobs qui sont beaucoup plus faciles que faire du cinéma. Donc, à partir du moment, s’il y a cette envie, cette étincelle,  il faut simplement suivre la voie.

Frédéric Pichon, art – chitecture …

Frederic Pichon est peintre et architecte. C’est un artiste qui nous vient du Havre, en Normandie. Il a reçu son diplôme de l’école d’architecture de Paris Belleville. Maintenant, il habite à Denver et ses peintures s’exposent à la Spark Gallery..

Votre peinture “supernova” est fantastique. Quelle est son histoire?

Dans trois milliards d’année, le soleil va exploser et va se transformer en supernova. Euh, il va complètement englober une grande partie du système solaire euh, et la terre sera brûlée. Donc c’est dans 3 milliards d‘années, donc ça nous laisse un petit peu de temps euh, en anglais c’est « three billion » euh, mais donc, en fait, j’imaginais que dans trois milliard d’années, il y aurait encore des humains, et que il y aurait encore de l’architecture et en particulier l’architecture que j’aime aujourd’hui au 21ème siècle. Euh et que donc, comme la terre sera brûlée, les humains seront obligés de s’enterrer en profondeur parce qu’il fera beaucoup trop chaud et qu’il n’y aura plus d’eau, et voilà c’est l’idée de la peinture. Donc en fait c’est une coupe sur l’écorce terrestre. Le ciel est ici, ça c’est le terre et les humains vivent dans des tunnels qui sont creusés dans la terre. Dans les tunnels il y a de l’eau et il y a des bâtiments d’architecture que j’aime aujourd’hui et que les humains on démontés et recréés dans les galeries souterraines pour se protéger du soleil qui a explosé. Voilà une idée de que les artistes on pour le futur dans trois milliards d’années.

Que voulez-vous communiquer ou partager avec vos peintures ?

Quand je travail, je fais beaucoup de choses sur l’ordinateur et j’ai besoin de travailler avec mes mains, j’aime le contact tactile entre autre chose, et la peintures ça permet faire ça. Et aussi la peinture ça fait quelque chose de physique, quelque chose de matériel. Euh, quand on peut bouger, quand on peut regarder, il y a quelque part que peut-être que je suis un peu traditionnel pour ça. Mais pour moi, ça a plus de valeur que quand c’est juste une image sur un écran, parce que pour moi la peinture c’est quelque chose d’important, j’ai toujours aimé ça.  J’ai toujours été dans des musées. J’ai toujours beaucoup aimer ça, même aller dans des musées et regarder, j’ai passé des heures quand j’étais étudiant à regarder les peintures pour moi c’est important.

2.  L’architecture, est-ce qu’elle vous donne le même exutoire créatif que l’art ?

Non, ce n’est pas du tout la même chose. D’abord, l’architecture c’est beaucoup plus long, comme processus, c’est le processus sur un bâtiment, ça peut prendre des années, parfois entre le moment où on commence à le concevoir et le moments où il est finalement, réalisé, construit, parfois, ce coule de cinq, dix ans. C’est pas du tout la même chose, c’est un processus évolutif, dans lequel le projet change beaucoup, entre les premières esquisses qu’on fait et est-ce qui réalisé finalement. Et il y a généralement un grand différance. On passe par plusieurs phases on passe par plusieurs étapes, très souvent on refait le projet, parce qu’il y a tout une règlementation qui impose de faire des changement qu’on avait pas prévus au départ, donc dans le projet d’architecture c’est quelque chose, c’est un processus beaucoup plus long. La peinture, c’est presqu’immédiat, on sait ce qu’on veut faire et on le réalise.

3. Où trouvez-vous l’inspiration pour l’art et l’architecture ?

J’ai beaucoup été dans des musées, j’ai beaucoup vu de peintures. ça m’a beaucoup inspiré,  il y a plein d’artistes que j’aime, et je me dis tient, ça c’est vraiment bien, j’aimerais bien faire la même chose. Euh, Je lis, ça me donne des idées, euh les textes parfois me donnent des idées, euh, et puis je suis quand même quelqu’un de très graphique quand je vois des images, ça enclenche un processus de réflection, une image en créé une autre et euh je fais des recherches, j’en trouve une autre, j’en trouve en autre, et finalement ça me donne une idée pour faire une peinture. Pour faire des bâtiments, c’est un peu la même chose, sauf qu’on est beaucoup plus contraints, on est contraints par le budget, par la demande des clients, par la réglementation donc on essaie de faire ce qu’on a dans la tête.

Philippe Marsé, l’alliance française plus que la langue

Philippe Marsé est le directeur de l’alliance française à Denver. Il vient du sud de la France où il a aussi obtenu ses certificats de pédagogie. Avant qu’il ne vienne au Colorado, il a travaillé comme directeur de l’alliance française à Adelaïde (Australie Méridionale) 2007-2011. Il a aussi été professeur d’économie et de gestion, et conseiller en formation continue puis directeur du centre de langues Sophia Antipolis jusqu’en mars 2007.


J : Alors, qu’est-ce que l’alliance française et sa mission ?

PM : Alors, la mission de l’alliance française en général et donc de l’alliance française de Denver en particulier. L’alliance française comme vous le savez a été fondée en 1883, par un groupe de, on va dire de penseurs français dans lequel y avait des gens comme Ferdinand de Lesseps, comme Pasteur ces gens-là avaient été très choqués de la guerre de 1860 et ils ont pensé qu’il fallait faire une organisation pour favoriser, on va dire, l’amitié entre les peuples et la grande idée c’est ça au départ. Donc, en fait une alliance française et bien c’est une structure qui travaille pour l’amitié entre les peuples, l’idée c’est, bien entendu, de promouvoir la culture française mais surtout la culture francophone. C’est à dire, ce n’est pas uniquement la France mais c’est aussi la culture des autres pays qui parlent la langue française. Donc, quand vous êtes dans une alliance française il y en a des gens qui vont promouvoir dans des cours de français et puis aussi il va y avoir des activités culturelles, il va y avoir des activités sociales et on va aussi avoir comme enjeu de proposer des livres et des films pour les gens qui sont intéressés par cette culture.

J : Croyez-vous que les alliances soient efficaces pour promouvoir la culture et la langue française ?

PM : Je pense que nous sommes un vrai levier de promotion de la culture, de la langue française, ça j’y crois beaucoup. Je pense qu’en fait les alliances sont vraiment des très bons leviers. Vous savez on a beaucoup de petites activités culturelles que ce soient des présentations de films, on promeut aussi par des dégustions de vin, on travaille sur des pièces de théâtre, on peut venir regarder des films, on peut emprunter des dvds, on peut emprunter des livres dans notre bibliothèque, on peut participer à des clubs de conversation, on peut … uh il y a beaucoup de possibilités, toutes n’ont pas été exploitées. Nous sommes très ouverts, c ‘est à dire que toutes les personnes qui se sentent concernées par la langue française … qu’ils soient Français, étrangers, qu’ils soient Belges ou Canadiens, des pays d’Afrique francophone, ou d’ailleurs bien entendu nous les accueillons avec plaisir et  puis nous sommes prêts à travailler avec eux pour monter des projets communs  et pour aussi revoir comment ensemble on peut promouvoir, si vous voulez, les idées, des philosophes des lumières, parce que, peut-être j’ai oublié de le dire tout à l’heure,, mais quand Pasteur et Ferdinand de Lesseps et ces gens-là se sont réunis c’était aussi pour promouvoir les idées de liberté, d’égalité, de fraternité des philosophes du 18e siècle.

J : Est-ce que vous pensez que les alliances fassent une différence avec les relations internationales de la France ?

PM : Alors, je crois que vous posez une excellente question. Si on parle de diplomatie d’influence, les alliances à mon sens, sont un des outils essentiels de la présence française à l’étranger. Tous simplement, parce que exactement ce que vous venez de dire, à savoir que les alliances sont maillées sur tout le terrain il y a un peu partout aux États-Unis, vous savez qu’il y a un peu près 1000 alliances autour du monde dans pratiquement tous les pays. Et donc, par rapport à ça, je crois que c’est quelque chose qui fait que, ce qu’on appelle on va dire la « soft- diplomatie », vous savez ?  Un contact qui est souple, qui se fait effectivement :  ça promeut certainement très bien une image de la France sur le terrain parce que, dans la mesure où il y a beaucoup de choses qui se passent dans les alliances; je pense qu’on est un bon outil au service de la diplomatie française et au service des relations internationales.

Kevin Bodkin rencontre Juliette Bourdier, parlons de Bruit de Moquette !

 

Kevin Bodkin rencontre Juliette Bourdier

KB : Juliette Bourdier enseigne à Cu, elle a construit le projet bruit de Moquette pour ses étudiants.
Alors Bruit de Moquette, c’est quoi votre idée de départ ?
JB : Tout a commencé quand le département m’a confié l’enseignement de French 3500 dont les caractéristiques sont d’enseigner la composition et la conversation au niveau 3000. En général, le cours consiste en la lecture et l’analyse de textes, l’observation de l’actualité etc. Alors je me suis dit : et si je demandais à mes étudiants de faire l’actualité ? Et puisque j’en étais là, j’ai pensé, on va créer un magazine !

KB : Donc votre projet c’est quoi ?
JB : Et bien, mon projet a consisté en la création d’un magazine, papier et en ligne, via l’enseignement du journalisme à la française. Nous avons utilisé le Manuel de Journalisme (Yves Agnès), analysé des films et documentaires français sur la presse, et, bien entendu, fait des recherches sur différents sujets, les avons présentés par écrit, donc sous forme d’article, puis oralement, et avons débattus sur les idées ainsi abordées. Nous avons interviewé des personnes expertes dans leur domaine et réalisé des vidéocasts. Bref, je n’avais pas une classe d’étudiants mais un service de presse de 20 journalistes.

KB : Pédagogiquement ça veut dire quoi ?
JB : Ça veut dire que nous avons étudié d’un côté les usages du journalisme : de l’investigation, de l’enquête, de la vérification des informations et de l’interview. De l’autre nous avons appliqué les règles de la rédaction d’un article : comment introduire son sujet, valoriser graduellement ses idées, capturer l’intérêt du lecteur, on écrit pour le lecteur n’est-ce pas, et puis valoriser sa conclusion, les normes d’une interview, etc. Aussi, nous avons travaillé sur la recherche de la rédaction parfaite : mieux construire ses phrase, enrichir son vocabulaire, améliorer sa grammaire etc. Enfin, nous avons appris à utiliser la technologie, pour faire des recherches, poster notre travail, filmer nos interviews en direct ou via l’internet, mettre en forme nos vidéos.

KB : Ça fait un programme vraiment chargé pour un semestre, non ?
JB : Holala, oui, vous avez raison, c’était un projet très ambitieux. Nous avons tous eu un semestre incroyable, très intense, plein de rires et parfois de pleurs, oui, on a beaucoup travaillé. Mes journalistes ont réalisé un travail prodigieux. À la fin du semestre nous étions absolument épuisés ! Quand je prends du recul et regarde le semestre passé, je n’en reviens pas, vous savez, toute cette superbe énergie… c’est le principe de toute création, c’est merveilleux mais aussi douloureux. Avant CU, j’étais directeur de domaine, chef de projet, je connais le processus de la création, la mise en place d’un système, mise en commun des ressources, arriver à faire travailler des équipes. Les étudiants ont des intérêt et motivations différentes. Ce n’était pas évident, mais j’ai eu la chance d’avoir une équipe absolument étonnante ! C’était une belle aventure… Et puis regardez le résultat…
KB : C’était bien, hein ?
JB : Oui c’était bien, c’était notre projet.

Carmen Grace, le plaisir d’enseigner

Madame Carmen Grace est

 

 

Carmen Grace
  1. Quels conseils donneriez-vous aux élèves du département de français ici, à CU ? (en particulier à ceux qui souhaitent devenir Prof de français)

C’est une excellent question et je dirais que la chose la plus importante à comprendre c’est qu’appr

endre une langue c’est un marathon. Ce n’est pas un sprint. Et les Américains adorent faire des choses en vite. Et quand on regarde la publicité à la télévision pour « Rosetta Stone » par exemple, on dit que, bof, en trente minutes on peut parler une autre langue et ce n’est pas exactement comme ça que l’on apprend une langue. C’est difficile pour les étudiants de comprendre combien de travail il faut faire et donc nous sommes là pour encourager et pour faire comprendre qu’il y a des avantages quand on fait son travail. Donc c’est un travail long, c’est compliqué, mais qui donne beaucoup de satisfaction.

 

  1. Qu’est-ce que qu’apporte la maîtrise de la langue française dans la vie professionnelle ?

Pour les professeurs de français, apprendre une langue est une chose merveilleuse. D’abord parce que pour enseigner il faut connaître la culture profondément. Il faut comprendre la culture francophone partout dans le monde. Il faut bien connaître la langue et pour faire ça il faut consacrer toute une vie à faire cette chose q

ui donne beaucoup de plaisir au professer. À tous les professeurs de français que je connais, ça fait énormément plaisir. C’est un travail mais c’est une chose que l’on fait avec tant de plaisir.

Les bavardages du mercredi ont été mis en place pour aider les étudiants, pouvez-vous m’en dire plus ?

Oui, autrefois dans le passé on invitait des francophones qui connaissaient bien une partie du monde pour parler aux étudiants. Donc les experts parlaient et les étudiants écoutaient. C’était intéressant mais ça ne faisait pas progresser nos étudiants, donc on a changé le structure de bavardage et maintenant on crée beaucoup d’activité pour faire communiquer… mais avec plaisir, avec plaisir. Et je vois que ça marche et que ça marche bien ce semestre.

Carmen Grace, les bavardages français

 

  1. Pensez-vous que ce genre d’activité soit vraiment efficace et pourquoi ?

Oui, je vois combien c’est bon et c’est efficace pour nos étudiants parce que je pense que c’est une grande différence entre les bavardages et le cours de français. On parle face à face à une personne au bavardage et les étudiants viennent parce qu’ils veulent utiliser le français. Et donc, normalement, il y a 5 ou 6 ou 7 professeurs donc qui parlent avec 2 ou 3 étudiants à la fois, et les étudiants adorent. Ils adorent pouvoir s’exprimer et dire en français les choses qu’ils voulaient dire en cours mais c’est une peu intimidant de parler devant 27 camarade de classe, ça fait une peut peur et donc les étudiants ne parlent pas si souvent en cours qu’on le veut. Mais au bavardage l’ambiance est détendue, c’est relax, les étudiants s’amusent je crois, tout en travaillant et ils progressent énormément en une heure. J’entends des étudiants qui parlent un français meilleur chaque semaine, qui est différent parce que ça devient leur français pas le français du professeur ou des gens qui le parlent.

Je pense que c’est ça qui motive les étudiants à venir et chaque semaine la salle est pleine, pleine d’étudiants qui veulent utiliser le français. Ça fait plaisir.

Vous avez plus de 30 ans d’expérience, qu’elles sont, d’après-vous, les activités qui permettent aux étudiants de progresser le plus ?

Je parle souvent aux étudiants qui parlent bien le français et je leur demande qu’est-ce qui vous aide ? Comment pouvez- vous expliquer comment votre français est devenu très bon et quand on y pense on dit toujours trouve toujours la même réponse : Plus ils parlent, plus ils s’expriment, mieux ça va. Donc quand les étudiants doivent dire quelque chose, ils veulent dire quelque chose, normalement, à quelqu’un qui est intéressé et qui écoute avec attention et avec plaisir. Je pense que parce que ça donne un résultat immédiat on voit que le camarade/ la camarade comprend, on voit que le prof qui est là écoute et veut en savoir plus. Ça stimule et ça motive les étudiants à venir. Et il y a des étudiants qui viennent toutes les semaines et qui progressent énormément. Parler une heure de français chaque jour ça c’est parfait. Je dirais que : souvent on dit qu’il faut manger une pomme chaque jour pour être en bon santé, je pense qu’il faut parler au moins une heure de français chaque jour pour être en bon sante au point vue de son français. Il y a des étudiants qui le font et je suis ravie de voir le progrès.

 

  1. Beaucoup d’instructeurs sont impliqués dans ces activités, quelle est leur motivation ?

Je pense que tous les enseignants qui viennent au bavardage le font parce que nous sommes une famille et sans nos étudiants on n’a pas de raison pour vivre, pour être là. Pour réussir dans notre travail. Il faut absolument établir un bon rapport avec nos étudiants, voir qu’est-ce qui marche bien, qu’est-ce qui marche moins bien. Et des enseignants ne pensent qu’à ça. Comment aider le étudiants à montrer ce que la France et le français représentent pour eux dans leur vie et ça devient quelque chose non pas à l’extérieur de chaque personne de chaque étudiant. Mais ça fait partie de leur personnalité de leur expérience à l’université. Et je pense que ça les change un peu et ça ajoute quelque chose je crois à l’expérience universitaire. Ça nous donne, à tous, à tous, les enseignants, Ça nous donne une satisfaction énorme et un grand plaisir à voir un étudiant qui dit quelque chose et qui attend et qui voit que son  public le comprend et qui dit « oui ! Oui ! Ça va ! » Nous sommes tous ravis, ravis de voir que de tels moments arrivent et cela arrive, c’est souvent, je toi dire. Grâce à nos étudiants, la vie est très belle ici. Nos étudiants vont bien et c’est fantastique !

Juliette Bourdier, le problème sur une péniche : c’est la rouille !

Juliette Bourdier,  a acheté sa première péniche en 1990. Elle a le permis sport, le permis mer et le permis bateau fluvial P (elle peut donc piloter des péniches jusqu’à 60 mètres). Après avoir vécu sur la Jonque, , Freycinet rallongée de 45 mètres sur 7m, pendant 6 ans, elle a acquis, en 1996, un brise-glace (brise-glace, remorqueur-avitailleur) fluvial, en acier à fond plat, construit en 1914 qui mesure 24 mètres sur 5 (72ftx15). Elle s’occupe, elle-même, du carénage de son bateau qui vient d’avoir son certificat européen renouvelé en août 2011 et pour dix ans.

Sa péniche est navigante, c’est à dire qu’elle peut larguer les amarres et se promener avec son bateau dès que possible.

 

Juliette Bourdier

Katherine : Mon petit doigt m’a dit que vous habitiez sur une péniche ? est-ce vrai ?

Juliette Bourdier : Et bien oui, effectivement, je vis sur des péniches depuis près de 20 ans. Autrefois j’avais une Freycinet de 45 mètres de long sur deux étages, aujourd’hui que j’habite entre le Colorado et Paris, j’ai un brise-glace en acier qui date de 1914 qui mesure 24 mètres sur 5 mètres, à peu près, sur un seul étage (donc très navigable qui peut passer sous tous les ponts et dans les toutes les écluses).

K : Est-ce que vivre sur un bateau c’est comme vivre sur une maison ?

JB : En fait il existe deux façons différentes de vivre sur un bateau. Il y a ceux qui ont choisi une maison flottante, c’est à dire que leur péniche ne peut pas naviguer, qu’elle est totalement dépendante de la terre (électricité, eau etc.) et ceux, comme moi, qui ont choisi de vivre, sur ce que j’appellerai un bateau, c’est à dire une péniche qui se déplace (dont le moteur fonctionne) qui est parfaitement équipée pour cela , qui a une certaine autonomie, donc qui peut se connecter à la terre, mais n’en a pas besoin. Alors là, effectivement, tout se complique

et la vie de tous les jours s’éloigne passablement de la vie en appartement.

K : Bon d’accord, alors quelles sont les différences entre votre vie ici au Colorado et quand vous êtes à Paris?

JB : Et bien, vous savez quand vous rentrez chez vous, il y a le chien qui attend devant la porte et bien moi, ce sont mes cygnes qui m’attendent. Le matin, avant d’aller à l’université je fais de la marche, hum, à Paris je fais un tour en kayack ou (s’il y a du vent) en planche à voile. Quand je veux voir mes amis, je ne prends pas ma voiture, je prends mon bachot, quand mes amis veulent me voir, ils viennent avec leur bateau, passer le weekend à couple de moi. Vous diner avec vue sur le jardin, je dine avec vue sur la seine.  Vous vous regardez les Flat Irons, moi je regarde la Tour Eiffel. Et quand j’ai envie de partir pour le week-end, j’emmène ma maison avec moi … c’est beaucoup plus sportif car il faut passer les écluses, faire les amarrages…mais c’est top !

K : C’est super, donc c’est rien que du Bonheur ?

JB : Et bien pas tout à fait, en fait, dès que l’on se penche sur les problèmes d’intendance, ça se complique… j’ai équipé mon brise-glace, avec un groupe électrogène au fuel, une éolienne et une série de panneaux solaires, et quand je navigue j’ai une turbine dans mon moteur qui recharge mes batteries (évidemment je peux aussi me connecter au quai. De la même façon j’ai plusieurs circuits électriques sur tout mon bateau, donc un circuit en 220v connecté à la terre et mon groupe, un circuit en 24 volts connecté aux batteries . Donc dans chaque pièce j’ai des lumières et des prises avec les deux intensités. Et puis j’ai des convertisseurs qui transforme le courant (ainsi je peux utiliser tout mon appareillage quel que soit les conditions).

K : Et pour l’eau vous faites comment ?

sortie de la cale moteur après quelques réglages

JB : Pour l’eau, et bien il faut créer la pression donc j’ai un hydrophore, il faut purifier l’eau qui ne vient pas du quai, j’ai donc une station avec un osmoseur qui me permet d’utiliser l’eau de la seine, et puis, bien entendu, pour les eaux usées, j’ai une station d’épuration qui nettoie l’eau avant de la rejeter. J’ai beaucoup d’autres appareils comme ceux-ci, tout cela est un peu compliqué … mais cela fait partie de la vie sur un bateau.

K : Et le plus grand problème sur les bateaux c’est quoi ?

JB : Et bien c’est la rouille, le cancer des bateaux c’est la rouille. Alors chaque année il faut entretenir, gratter et repeindre… oui le problème, c’est la rouille.

K : Et alors quand on vit sur un bateau, c’est humide ?

JB : Et oui, c’est humide, surtout l’hiver, on a bien entendu l’humidité de la Seine, comme n’importe qu’elle habitation située près de l’eau mais l’hiver on a l’ennemi des gens qui vivent sur les bateaux… la condensation ! c’est terrible, je pourrais vous parler de la condensation pendant des heures mais on va éviter… et puis la condensation… c’est la nourriture de la rouille….

K : Donc vivre sur une péniche c’est bien ?

JB : Si vous êtes bricoleur et un peu sportif, C’est génial de vivre sur un bateau…en fait ce serait parfait, s’il n’y avait pas la rouille….

 

Chris Braider, parlons journalisme

Une interview avec M. Braider

Professeur Christopher Braider est le Directeur du Programme de Journalisme à CU. Il a reçu son « Ph.D. » en littérature française au Trinity College, de Dublin en Irlande. Il a écrit de nombreux  livres sur la littérature. Il est Professeur à CU Boulder depuis 1992 et il a présidé le département de français et italien à CU en 1994-96 et 2001-2004. Il est très actif dans de nombreuses associations académiques.  En 2010, il a reçu le prix « Boulder Faculty Assembly Prize for Excellence in Service» pour son travail comme Professeur à CU.

 

Laura : En tant que le directeur du département de Journalisme à CU, comment définiriez-vous le journaliste du XXIe siècle ?

M. Braider :    Tout d’abord le journaliste du XXI siècle est à un certain point de vue tout a fait comparable, à celui du passé. Il lui faut évidemment, poursuivre la vérité, sur les faits en questions, chercher et confirmer ses sources. Les différents avis qu’on lui propose. Ce qui a changé se sont surtout les plateformes. Alors, qu’au départ, dans le passé la presse c’était quand même la presse dans la mesure où on imprimait des articles sur papier pour circuler ensuite sous cette forme physique. Maintenant de plus en plus souvent on présente des choses sur l’internet, soit sous forme de websites, soit sous forme d’applications. Que l’on peut, consulter par exemple, voir sur son portable. Donc les plateformes ont changé. Et avec les plateformes, les modèles commerciaux ont changé. Comment est-ce qu’on va tout même se payer pour son travail, se faire payer pour son travail de journaliste dans l’absence des annonces et des publicités bien connus du bon vieux temps. Ça pose encore des difficultés, ce qui fait que les nouveaux journalistes doivent aussi bien s’informer sur les conditions commerciales de leur travail, que sur les conditions intellectuelles, épistémologiques, méthodologiques. Donc de ce point de vu là, beaucoup a changé. Mais en ce qui concerne ce qu’on espérerait être à l’essentiel, la poursuite de la vérité, la poursuite de sources, la validation des sources, tout le reste tout a fait pareil.

 

Laura : Y a-t-il un avenir pour le journalisme, avec l’envahissement des technologies, le développement des blogs, de la téléphonie cellulaire…en particulier si l’on tient compte du financement?

M. Braider : Non, j’imagine que l’avenir doit passer par la conquête du commerce nouveau et des conditions nouvelles de commerce créés par les blogs, les portables, les applications, et tout le reste. Car en fin de compte pour être journaliste, pour faire un bon travail de journaliste il faut c’est comme être cœur et arme, n’est-ce pas ? C’est un vrai travail et on ne peut pas travailler sans être payer.  Ça ne serait donc être gratuit à moins que le gouvernement, par exemple, qui paye mais dans ce cas là : comment est-ce que on peut empêcher le gouvernement de dicter les actualités donc la « vérité » n’est-ce pas ? Donc, il faut passer par le commerce. Il faut passer par les conditions nouvelles de commerce. Mais, je crois que justement on a commencé à comprendre comment on peu, à la fois, exporter les nouvelles ressources technologiques et s’assurer une vie. C’est excellent pour vous de savoir qu’il existe chez nous dans notre programme un organisme qui s’appelle « The Digital News Test Kitchen. » Et leur tâche fondamentale c’est justement de tester les différentes technologies de manière à voir à la fois comment on peut les exploiter pour des fins d’information et comment on peut les exploiter afin de gagner sa vie. Donc je crois qu’on va quand même trouver le moyen, mais beaucoup de travail reste à faire pour y arriver.

 

Benoit Guin, Anticipez : Amélie Company, une longueur avance

“Anticipez : Amélie Company, une longueur avance”

Il y a plus de 2.500 agences publicitaires au Colorado, alors comment distinguer les meilleures ?  On peut remarquer celles qui offrent plus. Amélie Company située à Denver est une agence qui propose plus que du service, elle est la seule à être bilingue au Colorado, opérant en français et en anglais. Elle a donc des clients des deux côtés de l’atlantique, du gouvernement local à TV5 France. En conséquence, j’ai interviewé son gérant, Benoît Guin, pour obtenir un aperçu d’une industrie en perpétuelle évolution.

J : Joseph Chehouri

B : Benoît Guin

1 J : Premièrement, vous avez des clients trans-atlantiques comme TV5 – comment est-ce qu’ils se diffèrent des clients américains ?

B : Par différentes façons. La première c’est que ce sont déjà des clients fidèles. Les deux clients français que j’ai actuellement, sont des clients que j’avais, quand j’ai créé l’agence il y a dix ans. Ce sont toujours les mêmes. Alors, c’est vrai qu’Amélie offre un positionnement ..

J : C’est seulement TV5 ?

B :  TV5 et TV5 Monde de la chaîne de télévision. Et l’autre c’est Babolat. Le fabricant de raquettes de tennis qui est notamment utilisé par Rafael Nadal, Andy Roddick et… Donc, voilà.

B : On a toujours ces mêmes clients, il y a dix ans quand on a commencé avec eux, et ceux-ci sont restés toujours avec nous. Donc, c’est la raison je pense essentielle lorsque un, qu’ils continuent à très bien marcher, donc ils ont bien pénétré le marché américain et ils gagnent de l’argent maintenant. Ça c’est la première bonne raison.  Et la deuxième c’est qu’Amélie propose une note de service qui est assez différente dans la mesure où on a une équipe qui est parfaitement francophone ici et qui peut donc accueillir les briefs-clients en français, qui comprend bien la culture et les problématiques d’un client français. Et évidement de par le fait qu’ils vivent sur le continent américain arrivent parfaitement bien à adapter le message pour un public américain. Il n’y a pas beaucoup d’agences de publicité aux États Unis qui peuvent offrir ça.

2 J : Comment votre nationalité influence votre perspective professionnelle de la publicité ?

B :   J’ai changé heureusement, sinon je ne serais pas allé très loin mais… Il y a beaucoup de choses qui sont autorisées en publicité en France qui ne le sont pas ici. Par exemple : La nudité sur les affiches publicitaire ou dans les…

J : Ah. Haha. Ça c’est assez différent…

B : Je dirais, dans un contexte culturel  assez puritain comme celui qu’on a aux États Unis. C’est quand même très difficile de faire ce genre de choses… Mais enfin mis à part ça, ce qu’apporte la culture, je dirais française ou européenne, c’est un autre regard sur les problèmes. Et parfois ce regard peut être intéressant pour développer un message publicitaire. Disons que, on a pas d’idées préconçues quand on est un Français qui débarque aux États-Unis, on se doit d’être ouvert – “open minded” – d’être flexible, de beaucoup écouter, de beaucoup, de regarder avant de commencer à ouvrir sa, sa bouche. C’est exactement le principe qu’on demande à un publicitaire, c’est de comprendre avant de commencer à répondre.

3 J : Actuellement, quel est le plus grand défi de votre industrie, c’est à dire en un mot, quel est le défi ?

B : En un seul mot le challenge…Si je devais dire un seul mot…

J : Oui, un seul mot.

B : Un seul mot. C’est anticiper.

J : Anticiper ?

B : Anticiper. Voilà.

Monsieur Benoit Guin, source JChehouri