Miguel Bonneyfoy : de l’exil au voyage

Wiebke Mason

Né en France, Miguel Bonneyfoy a grandi au Venezuela et au Portugal. En 2009, il a remporté le Grand Prix de la Nouvelle de la Sorbonne Nouvelle avec La Maison et le Voleur. Il a ensuite publié Quand on enferma le labyrinthe dans le Minotaure (edizione del Giano, Rome, 2009) et Naufrages (éditions Quespire, Paris, 2011) remarqué au Prix de l’Inaperçu 2012. En 2013, Prix du Jeune Ecrivain avec Icare et autres nouvelles (Buchet-Chastel, Paris, 2013). Le Voyage d’Octavio (Rivages, Paris, 2015) son premier roman, fut finaliste du Prix Goncourt du Premier Roman, Prix Edmée de la Rochefoucauld, Prix L’Ile aux Livres, Prix de la Vocation, Mention Spéciale du Jury au Prix des Cinq Continents et Prix Fénéon. En 2016, il a publié Jungle aux éditions Paulsen.

PORTRAITS

Q : Vous décrivez des situations et des personnages “exotiques”, comme dans le Voyage d’Octavio, pensez-vous que l’usage du français exotise votre analyse et vous positionne en observateur ?

R : En effet ce n’est pas nouveau que la langue française soit au service de la tropicalisation des termes. Quand on lit par exemple le Père Labar, Césaire, ou certains écrivains antillais, je pense par exemple à Lyonel Trouillot, on peut retrouver là, un français qui est tropicalisé, qui est exotisé. Un français dans lequel on trouve des termes qui essaient de rendre à la langue plus de fasteté, plus d’étendue, qui ramifie qui flexibilise le français en lui donnant, notamment avec les nouveaux termes, mais également avec une sorte de manière de tordre le français pour pouvoir le soumettre à une nature qui ne rassemble pas à la nature européenne. Donc, peut-être que dans Le Voyage d’Octavio on peut retrouver cet héritage. Il peut se positionner dans cette lignée de roman qui essaie de prendre le français pour parler de terres, d’une nature, de climats, de situation qui n’ont peut-être rien avoir avec la France. Alors, en effet, Le Voyage d’Octavio se trouve à ce niveau-là. Je ne pense cependant pas avoir inventé grand chose, mais tout simplement avoir pris des termes d’un français parfois désuet et l’avoir croisé avec un imaginaire vénézuélien, un imaginaire caribéen, comme on le retrouve dans énormément de livres.

Q : Les titres de vos romans font souvent appel au voyage ou à l’évasion “naufrage, Icare, labyrinthe, voyage”, pensez-vous que votre voix (dans le sens de la voix de l’auteur) est celle d’un éternel voyageur ?

R : Sans doute. Je pense qu’on écrit d’abord sur ce qu’on connaît. Moi, je connais le voyage, puisqu’il a constitué ma vie comme pour beaucoup de personnes. Alors au moment, bien entendu, de faire des fictions, des autofictions ou même de faire des structures ou des édifices narratifs avec d’autres personnages fictifs et bien il est évident que le voyage revient, que l’idée de l’ailleurs, que l’idée du départ, que l’idée de l’exil est sans cesse au centre de la préoccupation. Donc, il peut y avoir là dans les titres qu’on retrouve, et bien un écho, un reflet de ce qu’il y a dans les livres. Cependant, moi je ne suis qu’à l’aube de ma plume, à l’orée d’un chemin, donc je pense que ça va finir probablement par changer et que les prochains titres auront quelque chose de plus immobile.

“Entre les murs”, enseigner c’est renforcer les rêves

Entre les murs est un drame français de Laurent Cantet, sorti en 2008, qui met en scène François Bégaudeau dans le rôle de Francois Martin, un jeune professeur de français qui enseigne des écoliers dans un collège difficile.

Le film est inspiré d’un livre du même titre, écrit par François Bégaudeau en 2006. Les scènes du film sont presque toujours dans la salle de classe pour focaliser non seulement sur la relation entre les étudiants et le professeur mais aussi sur la pédagogie. Jean-Luc Douin déclare que « la magie du film est là, dans…, cette vie bouillonnante entre quatre murs, ce brouhaha permanent, la honte de soi des uns et la tchatche des autres… » Pour rendre le film plus réaliste la plupart des acteurs ont gardé leurs propres noms. Douin révèle aussi que « Entre les murs filme la guerre de la parole. » Fondé sur la méthode de Socrate, « le film rend hommage à ce prof capable d’amener ses élèves à décoder le savoir en leur parlant comme à des adultes” en posant des questions sur ce qu’ils pensent, croient, et font. »

Un homme est assis dans un café avant d’aller à l’école, il fait dos à la caméra. Il tourne la tête et la camera fait le point sur lui pendant quelques secondes. Il pense. Les seuls sons que l’on entend sont ceux des voitures dehors. Il n’a mis ni sucre ni lait dans sa boisson. Il a regardé dehors par la fenêtre et a fini son café. Après l’avoir fini, il est allé au collège. La caméra, restée dans le café, observe l’homme qui traverse la rue. Il sourit enfin en rencontrant ses collègues. Le film va  présenter les problèmes qui peuvent affecter l’éducation, la culture, l’identité et l’intégration des étudiants dans les écoles à haute diversité ethniques.

En dehors de l’aspect multiculturel, un de ses problèmes est la langue. Il y a une barrière établie au début du film entre le prof et les étudiants ; car le rôle social ici est d’enseigner et d’apprendre. Cependant « la question de la langue est centrale », et de l’argot au français classique, le sens d’un mot diffère dans chaque registre langagier.

Ce film, qui propose une étude psychologique, évoque les sentiments de chacun au travers de leurs actions. J’adore le film et il a m’inspiré à devenir un prof qui offre des outils de motivation et croit en chaque étudiant. Pour lui comme pour moi, enseigner c’est aider chaque écolier à atteindre ses rêves.

murs

Dans cette photo, le focus est sur le personnage principal, Marin qui est prof. Les étudiants sont flous. La photo communique ainsi une impression de chaos mais aussi renforce l’effet de pouvoir du prof dressé au milieu, net, soutenu par les lignes des fenêtres, qui rappellent celles d’un cahier.

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/05/27/un-acteur-d-entre-…

http://www.lemonde.fr/cinema/article/2008/09/23/entre-les-murs-la-g…

http://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/entre-les-murs/

Taxe sur le sucre : une taxe contre l’obésité ?

par Wiebke Mason

Taxe sur le sucre : une taxe contre l’obésité ?

En 2012 la France a adopté une taxe sur le Coca-Cola pour s’attaquer à l’obésité.

En 2015, pour la première fois, les ventes de bouteilles d’eau ont surpassé celle de cola (toutes marques confondues). Le marché français pour l’eau apporté 1.8 milliards d’euros contre le 1.7 milliards pour les colas. Il existe de nombreuses raisons pour expliquer la baisse des ventes (France Info, radio public, 13/01/2016).

Dans son article « plus de bouteilles d’eau vendues l’année dernière que de colas, » publié sur le site France Info (radio public) du 13 janvier 2016, Dominique Loriou déclare qu’en 2012, la France a passé une taxe[1] sur les sodas. L’article «Coca-Cola accuse la taxe soda de peser sur ses ventes » de Keren Lentschner (Le Figaro, Droite, 03/10/2012) explique que depuis six ans, Coca-cola est le leader mondial du soda. L’entreprise a vendu pour plus de 2 millions d’euros de sodas, sachant que la taxe a augmenté les prix de vente de 25% chez les grandes marques. Du coup Coca Cola est en perte de vitesse, et sa baisse de marché profite à son concurrent Orangina-Schweppes[2] qui est numéro deux.

Il faut savoir qu’entre 2009 et 2012 il y a eu une augmentation de 0,5 % de l’obésité. En 2012, 15% de la population adulte est obèse, comparée à 8% en 1997. La consommation de toutes les boissons sucrées en France continue d’augmenter, avec 57 litres par an et par habitant en 2006 à 66 litres en 2011 (Le Figaro, Droite, 24/09/2012).  Selon France tv info, en 2013, 23,8% des hommes et 22,6% des femmes des pays développés étaient obèses.[3] mais en France, le chiffre est inférieur, puisqu’environ 20% des Français sont obèses. Si la progression continue le pourcentage de l’obésité augmentera, de 16 % en 2010 à 29 % en 2030 chez les femmes  et de 14 % en 2010, à environ 25 % en 2030 chez les hommes.

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Une épidémie massive d’obésité menace l’Europe, Le Monde 07.05.2015

Prévision de personnes obèses et en surpoids en 2030 à partir des informations en 2010.  AFP / Paul Benkimoun

En 2015, France Info explique que les députés[4] ont adopté un amendement qui interdit les fontaines à sodas pour combattre l’obésité. Les boissons avec ajout de sucres ou d’édulcorants de synthèse sont interdites dans les lieux ouverts au public. Par ailleurs, depuis 2007, la loi fixe les conditions relatives aux informations à caractère sanitaire devant accompagner les messages publicitaires en faveur des aliments et des boissons. Les publicités doivent comporter, les messages suivants : Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour” ; Pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière” ; Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé” ; Pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas”.

Selon Le Figaro, une étude indique qu’il y a 20 sucres et 400 kilocalories par litre de sodas, pourtant le cerveau classe le soda comme la consommation d’eau. Dr Laurent Chevallier dans l’article déclare que les sensations de rassasiement et de faim sont confuses, donc on peut penser que l’on est rassasié après avoir bu une boisson sucrée sans avoir mangé et inversement.

 En comparant les sources, il devient clair que les Français tendent à taxer ce qui est dangereux pour le public sans se focaliser sur l’obésité. Par exemple, d’après le Parisien « feu vert pour le paquet de cigarettes neutre », en mai 2017 les paquets de cigarettes deviendront neutres. C’est-à-dire qu’il n’y aura ni couleurs ni logo, en revanche, au revers de chaque paquet il y aura une photo décrivant les effets nocifs de la nicotine. Alors, si cette loi marche pour les cigarettes alors peut-être, devrait-elle être utilisée pour le sucre en général et les sodas, en particulier.

[1] Le marché des boissons non alcoolisées a chuté de 0,8 % dans les huit premiers mois de 2012 dans les supermarchés, mais les ventes de Coca-Cola ont chuté de 3 %. (Le Figaro, Droite, 03/10/2012).

[2] Orangina-Schweppes utilise uniquement le sucre naturel pour ses boissons et n’ajoute pas de conservateurs. La boisson se compose d’eau, de 12 % de jus, de 2 % de pulpe et d’huiles essentielles. En savoir plus sur http://www.oranginaschweppes.fr/index.html#societe

[4] Les députés sont les membres de MEP (membre de Parlement européen).

 

Sources :

http://www.franceinfo.fr/vie-quotidienne/consommation/article/plus-…

http://www.lefigaro.fr/societes/2012/10/03/20005-20121003ARTFIG0031…

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/10/16/19295-lepidemie-dobes…

http://www.franceinfo.fr/actu/politique/article/les-fontaines-sodas…

http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/verdict-final-pour-le-…

http://www.francetvinfo.fr/sante/cinq-chiffres-qui-montrent-que-l-o…

http://www.lemonde.fr/sante/article/2015/05/07/une-epidemie-massive…

 

Photo :

http://www.lemonde.fr/sante/article/2015/05/07/une-epidemie-massive…